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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 21:51

 

FROSTIN ADOLPHE FREDERIC LOUIS

 

 

  mam-ct.jpg

                         Le premier au Monument aux morts du Conquet 

 

Né à Audierne le 18 novembre 1878.

Le jeune homme fait ses études au lycée de Lorient, ville où résident ses parents, et se destinant à une carrière militaire intègre « Saint-Cyr » en 1897.

(Travail de recherche en cours sur les anciens élèves du lycée de Lorient, communiqué par madame Evelyne Cattin).

Lieutenant au 62e régiment d’Infanterie, il devient conquétois par alliance en épousant la fille du maire Levasseur.

Le mariage est célébré au Conquet en grandes pompes le 15 octobre 1902 et rapporté ainsi sur le registre d’état-civil :           

 

Frostin Adolphe Frédéric Louis, 23 ans, lieutenant d’infanterie, est autorisé à contracter mariage par décision du général commandant le XIe corps d’armée, en date du 30 juin 1902. Demeurant à Lorient, fils de Frédéric Marie Frostin, commissaire principal de la Marine en retraite, chevalier de la Légion d’honneur et de Julia Augustine Mayaud son épouse, tous deux domiciliés à Lorient.

Avec :

Levasseur Céline Eugénie Jeanne Alexandrine, célibataire, sans profession, 21 ans, née au Chevain dans la Sarthe, fille de Hippolyte Honoré Levasseur, manufacturier, officier d’académie, et de Marie Alexandrine Rousselin de Corbeau de Saint-Albin.

Mariage en présence de nombreuses personnalités  et de Charles Bizard, colonel au 62e RI, de la comtesse de Kergariou demeurant en son château de Trébabu, de Charles Victor  Berger, maire de Brest, d’Isidore Marfille président du Tribunal et de la Chambre de Commerce (promoteur de la ligne du tramway électrique en cours de réalisation entre Brest et Le Conquet). Mariage célébré par François Le Roy, adjoint-maire.(Le maire Levasseur ne pouvant officier pour le mariage de sa propre fille)

 

Le couple Frostin-Levasseur est domicilié d’abord au Conquet puis à Brest, paroisse Saint-Louis, Adolphe Frostin était alors lieutenant au 19e régiment d’Infanterie, caserne d’Estrées (château de Brest). Des enfants naissent : une fille en 1907, un garçon en 1908, une fille en 1912.

 

 

adolphe-frostin.jpg

  Photo d'Adolphe Frostin, publiée avec l'aimable autorisation de monsieur

Hubert Cottin. (Site Généanet)

 

Une carte postale du 24 août 1913 expédiée par Louis Mathieu Petton de Plougonvelin à sa famille, présente au recto la compagnie du capitaine Frostin (118e régiment d’Infanterie) et au verso, le jeune conscrit a écrit au retour d’une manœuvre d’exercice avec le 116e R.I de Vannes dans la région d’Auray : « 396 jours à faire et la fuite au galop … le capitaine (Frostin) n’est pas méchant mais il nous a passé  salement en revue pendant que nous étions là-bas. J’ai entendu dire que la femme du capitaine est du Conquet, peut-être vous la connaissait, c’est la fille de monsieur Le Vasseur… »  Document association « Phase », pour l’exposition sur la guerre 14-18 présentée à Plougonvelin en 2008.

  Carte-postale-de-Quimper.jpg

  (Louis Petton ne reverra pas Plougonvelin, il sera tué à La Boisselle dans la Somme la veille de Noël 1914).

 

A la veille de la guerre, Adolphe Frostin est donc bien capitaine au 118e régiment d’Infanterie en caserne à Quimper.

N° matricule au corps 650, classe 1898 Versailles

N° matricule 365 au recrutement de Quimper

La devise du régiment est : « Peg ebarz » « Croche dedans »

    

Mobilisation et départ pour le front :

 

Historique du 118e RI, et les détails de la bataille de Maissin  voir la version  numérisée par Julien Prigent.

 Résumé...

« Le 118e RI  est cantonné à Quimper pour les 1er et 2e bataillons, à Landerneau pour le 3e. Aux ordres du colonel François il embarque dans des trains le 8 août et débarque les 9 et 10 août dans les Ardennes à Autry et Challerenge. Il se compose de 55 officiers, 3 320 hommes plus 12 éclaireurs montés du 2e Chasseurs de Pontivy et possède 186 chevaux.

22e DI du XIe corps d’armée, 44e brigade avec le 19e RI

 

Le 2e bataillon est commandé par le chef de bataillon Bouvier, la 7e compagnie est commandée par le capitaine Frostin.

Cantonnements : le 10 à la Croix-aux-Bois,  les 11-12-13 à Saint-Pierremont, le 14 à Berlière, à Buiton le 15 et arrive à Francheval le 16. Du 16 au 20 il occupe la croupe 289 en liaison avec le 116e RI vers 280, chemin de Francheval à Pourru-aux-Bois. Le 21 août il progresse par Dohan, Les Hayons, jusqu’à Auby en Belgique où il cantonne (au-delà de la Semoy, nord-est de Bouillon)

Le 22 août le bataillon quitte Auby à 4h45 et entre à 8h30 dans la colonne formée par la division (22e DI) à Bellevaux. Le 19e RI est en avant-garde, le 118e est en tête du gros de la colonne. Par une forte chaleur les soldats atteignent Paliseul à midi.  Deux kilomètres plus loin le bruit de la fusillade est pour la première fois entendu. A 12h17 le 2e bataillon du 118e est dirigé vers la ferme de la « Réunion des Laboureurs », en soutien du 19e RI qui est arrêté par des feux violents à la sortie sud du village de Maissin. Le combat s’engage, c’est le baptême du feu. Les officiers chargent sabre au clair, les soldats à la baïonnette. Ils  se heurtent à des positions ennemies défendues par des fils de fer et des mitrailleuses. Le 19e  subit de grosses pertes et ne peut dépasser la ferme de Bellevue. Cependant avec l’aide de l’artillerie et la venue de renforts, les Français sont maîtres de Maissin à 16h, mais l’ennemi se reprend, à 17h30 l’ordre est donné de battre en retraite vers Paliseul ».

 

Le 2e bataillon compte ses morts, ses blessés, ses disparus présumés morts ou prisonniers, le bilan est très lourd.

 

Adolphe Frostin pour qui c’était aussi le premier jour au feu, est mort à la tête de sa compagnie ce 22 août 1914. Un document où Maissin est remplacé par Ethe, le signale « disparu ». A l’état-civil du Conquet c’est Maissin qui est porté (la régularisation de 1920, rend officielle sa disparition) et dans l’historique du régiment c’est bien « tué » qui figure. ..       Alors??

 

Jugement de décès rendu le 6 mai 1920 à Brest

Transcrit au Conquet, dernier domicile connu, le 7 mai 1920.

ETAT-CIVIL LE CONQUET : Régularisation.

 

P1060341.JPG

 

P1060346.JPG

 La première partie du document porte la signature de Joseph Taniou adjoint-maire

 La seconde partie porte celle d'Hortensius Tissier, maire, et de fait beau-frère du défunt par sa demi-soeur Céline Levasseur.

 

Dans le cimetière franco-allemand de Maissin regroupant les tombes individuelles ou communes de plusieurs milliers de combattants de la 1ère guerre mondiale, tombés là les 21-22 août 1914, juste après le « calvaire du Tréhou », une croix porte le nom Frostin, capitaine, 62e RI.

 

A-2014-DEBUT-1335.JPG

Cimetière de Maissin, les stèles au second plan sont celles de soldats allemands. (Photo JPC 2008)

 

Il n’y a pas eu d’autre capitaine Frostin tué à l’ennemi en ce lieu ce même jour qu’Adolphe Frostin qui fut un temps lieutenant au 62e RI. Réputé disparu sur le champ de bataille, on peut imaginer que son corps a été retrouvé plus tard, et identifié à tort comme du 62e RI régiment qui combattait aussi à Maissin ce jour-là.

 

Sont morts le même jour à Maissin les Conquétois : Jean Marie Podeur, aide-cultivateur à Lochrist, du 118e  RI et Jean Marie Auffret cultivateur à Kernaffrant, du 19e RI, j'en reparlerai.

  

ANNEXES  :  

 

La mort d'Adolphe Frostin a suivi seulement de quelques jours celle de sa belle-mère..

 Alexandrine Marine Rousselin de Corbeau de Saint-Albin, née à Paris le 27 mai 1840 de Marie Philibert Hortensius Rousselin de Corbeau de Saint-Albin et de Céline Louise Alexandrine Le Bouvier-Duhameau , veuve en première noce de Fréderic Tissier et épouse en seconde noce de Honoré Levasseur, décédée le 19 août 1914 en son domicile rue Poncelin au Conquet. Certificat de décès par François Le Roy, adjoint-maire.

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(Rue Poncelin) La maison à volets bleus construite en 1866 par l'architecte A. Marie, pour  Frédéric Tissier)

 

La Dépêche du samedi 22 août 1914 : vendredi ont eu lieu les funérailles de madame Levasseur, née Marie de Saint-Albin, femme du maire du Conquet, président honoraire de la chambre de commerce de Brest. Tous les hommes non mobilisés et les femmes de toutes classes se pressaient dans le cortège. En temps de paix, l’église eut été trop petite. On peut dire en toute vérité que tout Le Conquet et particulièrement les nécessiteux de la région ont perdu une admirable bienfaitrice qui, au moment de Noël, des hivers rigoureux, et des maladies, distribuait d’une main large, des vêtements et des secours d’argent. Les officiers de la région se sont unis au deuil général et ont présenté leur sympathie douloureuse à monsieur Levasseur et à la famille Tissier. Le corps traversant Brest s’acheminera sur le château du Chevain (Sarthe) où se fera l’inhumation dans un caveau de famille.

 

En fait elle n'a été inhumée au Chevain que le 15 mai 1915, soit peu de temps avant le décès de son époux, Hippolyte Levasseur, de plus en plus absent du Conquet et mort  en cours de mandat en 1915, à 78 ans, dans son château du Chevain dans la Sarthe.

 

 

A propos du château du Chevain (Sarthe), il a été habité par Alexandre Charles, Omer,  Rousselin de Saint-Albin, commissaire de la Convention à Troyes, grand-père de madame veuve Tissier, épouse Levasseur, qui en avait vraisemblablement hérité. Le père d'Alexandrine, Hortensius, Marie, Philibert Rousselin de Corbeau de Saint-Albin député de la Sarthe, décédé en ce fameux château en 1878, hors la politique s'était fait connaître par un ouvrage "poétique" publié en 1862, intitulé "Les tablettes d'un rimeur" que l'on peut consulter sur Internet.

  

220px-Chateaux_du_chevain-1-.jpg

Le château du Chevain dans la Sarthe, image Wikipédia.

Actuellement mairie et école du village (637 habitants)

 

 

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Céline Levasseur-Frostin  n'était sans doute plus au Conquet en cette fin août 1914. Pour mémoire, on sait qu'elle a mis en location pour servir de bureau de poste à la commune du Conquet la grande maison au bout sud de la rue Poncelin, un bien qui lui avait été donné en dot par son père l'année de son mariage. Elle a fini par vendre le bâtiment à la municipalité en 1928,. son demi-frère Hortensius Tissier étant  maire du Conquet à cette époque.

Elle est décédée à Paris en mai 1938 et repose au cimetière de Bayeux. 

 

Fin provisoire de l'article, je renouvelle mes remerciements à madame Evelyne Cattin et à monsieur Hubert Cottin.

J'y ajoute ma reconnaissance à monsieur Henri Saint-Cernin, conseiller municipal au Chevain qui m'a communiqué de précieux et indispensables renseignements.

 

Le nom d'Adolphe Frostin, quasi inconnu des Conquétois, figure aussi dans l'église du Chevain sur une plaque commémorative des morts de 1914-18.

 

Un "plus", madame Monique Toulminet du Lycée de Lorient, vient de localiser la fiche militaire de synthèse de la carrière d'Adolphe Frostin aux archives départementales du Morbihan. Merci à elle de nous en avoir communiqué les références.

 

Registres matricules de Lorient  (numérisés), année 1898, registre 1215, vue 262.

En voici une syntèse :

                                              

 Frostin Adolphe Frédéric Louis

- .Né à Audierne, canton de Pont-Croix le 28 novembre 1878 

- Engagé volontaire pour trois ans du 28 octobre 1897, élève à l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr, canton de Versailles Seine et Oise.

- Elève de 1ère classe du 28 mars 1899

- Promu sous-lieutenant au 62e RI, (régiment caserné à Lorient), par décret du 9 septembre 1899,

- Rayé des contrôles de l'Ecole le 1er octobre 1899, jour de sa sortie, 312e sur 528

- Lieutenant au 62e RI au 1er octobre 1901.

- Passé à Brest au 19e RI le 24 mars 1905, toujours lieutenant.

- Nommé capitaine le 23 juin 1913 et affecté au 118e RI à Quimper le même jour

 

Disparu à Maissin (Belgique) le 22 août 1914, avis 4093F du 9 novembre 1914

 

                                                                                JPC / juin 2014.

 

Concernant l'usine d'iode Tissier et les maires du Conquet (trois "Tissier", Levasseur...), il y a  d'autres articles sur ce blog.                                                

 

Prochainement divers articles concernant les Conquétois et la guerre 14-18.  "Les morts de la guerre" et les "înscrits-maritimes" du Conquet face à la mobilisation".

 

 

 

  

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 16:44

Lors de la « Foire à la Brocante » du Conquet le 22 juillet 2010, j’ai fait l’acquisition d’une carte postale représentant le contre-torpilleur Etendard. (Edition CH et G). La carte a été expédiée de Rochefort le 21 janvier 1910 par un marin du bord à l’un de ses amis à Nantes.

 

Jusque là rien à voir avec Le Conquet.

 

Présentons quand-même le navire :

L’Etendard est un contre-torpilleur, c’est-à-dire un navire destiné à défendre une escadre, un convoi ou un port contre les attaques de torpilleurs ennemis. Celui-ci est un navire de la classe Branle-Bas, d’une longueur de 58 mètres, pour un déplacement de 339 tonnes.

L’Etendard est propulsé par deux chaudières, entraînant deux machines « Compound », actionnant deux hélices. La puissance est de 6 800 cv, la vitesse de 27 nœuds.

Son armement de guerre consiste en un canon de 65 mm, 6 canons de 47 mm et deux tubes lance-torpilles de 450 mm . L’équipage est de 75 hommes.     

  etendard ct  

 Le contre-torpilleur a été construit à Bordeaux : mis sur cale en décembre 1905, lancé le 20 mars 1908 et admis au service seulement en février 1909.  Un délai bien long pour un petit bateau, sauf si plusieurs  navires identiques étaient en construction en même temps. (Les spécialistes confirmeront).

 

Le lien avec Le Conquet se trouve gravé sur le Monument aux Morts de la commune, année 1917, où est mentionné le décès d’Yves Mazé, « mort pour la France ».

 

Sa famille : le père Yves Marie Mazé, est originaire de Saint-Pierre Quilbignon. Avant de s’installer au Conquet il a épousé Marie-Yvonne Leven, peut-être de Plougonvelin ?

Yves Mazé a 28 ans quand son épouse met au monde, le 23 février 1876, un garçon que l’on prénomme aussi Yves Marie.

Yves Mazé père meurt jeune, à 37 ans, il est alors cultivateur et demeure dans une ferme à Kernaffrant. L’enfant n’a pas dix ans. Je ne sais pas ce que sa mère et lui deviennent par la suite.

 

COMPLEMENT D'INFORMATIONS, communiqué début juin 2011, par Stéphane Vaillant, extraites de sa généalogie maternelle :

Mariage à Plougonvelin des parents d'Yves Marie Mazé : le 22 août 1873 de Mazé Yves, majeur, âgé de 24 ans, né le 4 juillet 1848 à Saint-Pierre Quilbignon, cultivateur, demeurant au Conquet, fils de  Mazé Pierre Marie, cultivateur et de Marie Yvonne Cloatre (décédéee le 24 février 1860 à Plouarzel)  et de  Leven Marie Yvonne, majeure, âgée de 30 ans, cultivatrice, née le 11 mars 1843 à Ploumoguer, demeurant à Plougonvelin, fille de Leven Jean Louis, décédé le 13 février 1853 à Îles du Salut, Guyanes Françaises, et de Jézéquel Marie Françoise, décédée le 25 octobre 1846 à Ploumoguer.

Témoins au mariage : Ollivier Mazé cousin du marié 23 ans, cultivateur à St Pierre Quilbignon, Jacques Le Meur, beau-frère du marié, 59 ans, cultivateur au Conquet, Tanguy Kermaïdic, beau frère de la mariée 35 ans, cultivateur à Plouarzel.

   

Rien de plus, jusqu’à retrouver Yves Marie Mazé, matricule N°836 au Conquet, embarqué sur le contre-torpilleur Etendard en 1917, quartier-maître fusilier à 41 ans. (A l'occasion je chercherai son dossier militaire aux Archives départementales à Quimper)

 

Le drame de la nuit du 24 au 25 avril 1917


L’Etendard  qualifié « torpilleur d’escadre », affecté à la flottille de patrouille de la Mer du Nord, est alors commandé par le lieutenant de vaisseau Pierre Auguste Georges Mazaré. En patrouille dans les bancs de Flandre,  il a essayé de s’opposer seul, à un raid de torpilleurs allemands visant le port de Dunkerque. Touché par un projectile dans sa soute à munitions, il a explosé tuant ou noyant tout son équipage.  Quelques corps ont été retrouvés les jours suivants dont celui du commandant le 11 juillet, mais pas celui d’Yves Mazé. Le navire a été perte totale. Son épave a été localisée entre Dunkerque et Nieuport, par 51.06N 002.29W, par huit mètres de fond

(Voir carte sur le site //dkepaves.free.fr/html/etendard/htm)

 

Le jugement concernant régularisation de la mort des marins de l’ « Etendard » a été prononcé par le Tribunal de Rochefort le 12 février 1918 et transcrit à la mairie de Rochefort le  21 février 1918. C’est donc là que se trouve la liste des disparus. 71 ou 75 hommes selon les sources.

La transcription du décès d’Yves Marie Mazé dans le registre d’état-civil du Conquet, (année 1917) est réduite à une simple mention marginale.

 

Sources : Etat-civil Le Conquet, fiche SGA Mémoire des Hommes, pré-dossier concernant Pierre-Auguste-Georges Mazaré composé par Rémy Le Martret (vice-président association Aux-Marins) et bien sûr le forum http://pages14-18.mesdiscussions.net dans lequel j’ai mentionné l’existence d’un livre « L’épopée de l’Etendard » probablement écrit par le chanoine Pol Aubert, aumônier de l’Ecole Navale, paru aux éditions « Livre du Marin » Paris VIIe,   mais dont je n’ai vu qu’une copie de la couverture

 

*** Additif : 8 juin 2011 : Stéphane Vaillant, passionné d'histoire du Conquet,  petit-fils et neveu de deux patrons de canots de sauvetage du Conquet, Alexis et Marcel Vaillant, fidèle lecteur de ce blog, a déniché une édition originale de l'ouvrage "L'Epopée de l'Etendard", en a fait l'acquisition et a eu l'aimable attention de me l'offrir.

 

L'ÉPOPÉE   DE   L'   «  ÉTENDARD » par Pol Aubert 

 EXTRAITS PAGES 9 à 11

 Les « 300 tonnes » déjà vieillis à la déclaration de la Grande  Guerre, mais où il faisait bon vivre , en raison de l’esprit de corps étroit qui régnait dans les flottilles furent employés à bien des besognes, convoyages, escorte, garde du littoral.  C'est dans l'accomplissement de cette dernière mission que l'Etendard trouva une fin glorieuse, au large de Dunkerque  dans la nuit du 24 au 25 avril 1917. Le récit de ce drame rapide est ainsi, exposé dans le rapport du chef de division des flottilles de la mer du Nord :

L’Etendard, qui était de garde assez loin de Dunkerque, mais assez près de la côte, aperçut dans les ténèbres des navires qui venaient de la direction de Dunkerque. Etait-ce l'ennemi qui venait de bombarder la ville? Etait-ce une force alliée poursuivant l'ennemi ou cherchant à lui couper le chemin du retour? Dans le doute, le devoir était de faire d'abord le signal de reconnaissance, signal lumineux qui décou­vrait l'Etendard, puis, si la réponse se faisait attendre, de lancer le signal d'alerte et d'en­gager le combat. Le commandant Mazaré n'hésita pas, et, en fait, les deux signaux de reconnaissance et d'alerte furent aperçus de différents observateurs à terre et en mer. Main le signal d'alerte fut fait au milieu d'une trombe de feu, réponse immédiate de l'ennemi au signal de reconnaissance. Une torpille atteignit l'Etendard sous sa passerelle, une colonne de flammes monta jusqu'à 100 mètres de haut. L'ennemi stoppa un moment dans le but de capturer des survivants, mais nos renforts arrivaient et il prit la fuite. Des recherches immédiates furent faites sur les lieux et tout autour. La douzaine de corps que nous avons retrouvés et parmi lesquels celui de Perrichon sont ceux du personnel

dont le poste de combat était à l'arrière (1). Le navire est coupé en deux. L'avant, com­plètement couché sur le côté, n'est plus qu'un amas de débris de tôles. Il n'y a plus de passe­relle et les scaphandriers n'ont pas pu encore dégager les corps qu'enferme ce chaos. L'arrière est droit ; l'extrémité du mâtereau émerge seule portant le pavillon national; nous avons recueilli, détaché de la coque et flottant près du pavillon, le tableau portant l'inscription : « Honneur et Patrie! »

L'Etendard fut cité à l'ordre de l'armée; voici la citation qui parut au Journal officiel du il mai 1917 : Le torpilleur d'escadre Etendard, sous l'action énergique de son commandant, le lieu­tenant de vaisseau Mazaré, s'est toujours dis­tingué par sa belle tenue militaire et son ardeur. A péri glorieusement dans un combat inégal contre plusieurs destroyers allemands dans la nuit du 24-25 avril 1917.

Sur un navire si simple, le comman­dant était tout, et la valeur du ba­teau dépendait directement de la sienne propre. L'Étendard fut favorisé sur ce point… etc… (127 pages)

(1) Voici les noms de ces marins ; Charles Perrichon, enseigne de vaisseau de 2° classe; Yves-Marie Cleck, second-maître; Alain Kerichard, second-maître; Marcel Vandenbusche, quartier-maître four­rier; Maurice Poulard, quartier-maître T. S. F.; Jean Boulic, quartier-maître chauffeur; François Caroff, matelot mécanicien; Ange Bolorel, matelot torpilleur; Eugène Thomas, matelot fusilier; Pierre Grabey, chauffeur breveté; Eugène Grand, quartier-maître électricien ;|Albert Boisson, mécanicien principal de 2e classe ; Louis Victor Couraux, matelot fusilier ….etc..

 

 

Sur le monument aux morts de la commune de Plougonvelin est gravé le nom de Claude Barbu, né à Brest le 17 février 1891, quartier-maître canonnier à bord de l’Etendard et qui a aussi disparu dans l’explosion du navire.

 

TORP-CL-BB2.jpg

 

 

 

 

 

                                                                      

               Un autre torpilleur de la classe Branlebas, l 'Oriflamme.

 

 

                                                         JPC 25 juillet 2010/complément 8 juin 2011 

 

 

 

 

 

 

 

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 18:12

FÊTE DE LA VICTOIRE 1914-1918

 

La paix signée, les politiques et le haut Etat-Major de l’armée,  pensent qu’il est temps de rendre hommage aux soldats et marins qui ont combattu et vaincu l’envahisseur. De grandes cérémonies sont organisées avec des défilés de troupes françaises et alliées dans les villes grandes et petites, et en particulier le 14 juillet 1919 à Paris, où le défilé militaire est grandiose.

 

La date du 14 juillet pour la commémoration, n’est pas celle retenue partout en France. Nous avons quelques photos réalisées au Conquet, sans doute l’été 1919, mais sans certitude du jour. La foule est massée sur les trottoirs de la Grand-Rue,  le long et en face de la grille de Beauséjour.

 Le cortège avec en tête un porte-drapeau suivi d’hommes portant des bouquets de fleurs, passe sous un arc de triomphe fleuri, portant la dédicace « Hommage aux vainqueurs », sur la droite des « décorés » qui précèdent les marins, on distingue des musiciens. Plus loin dans la rue une banderole rend « Honneur aux poilus »






Ci-dessus, photo collection Roger Coguiec





Photo : collection Pauline Rivoallon dont le père portant
    un chapeau breton se trouve à gauche sur le cliché         





 




                                    

                                    
   

 
 Ci-contre, détail du groupe des personnalités, le monsieur à grande barbe blanche serait Fernand Ferron,             propriétaire du "manoir du Cruguel", pointe des Renards.


Les provinces retrouvées

Une photo montre un groupe d’enfants du Conquet, portant des costumes bretons, alsaciens et Lorrains. La photo a été donnée au musée du Conquet il y a une douzaine d’années, par Sœur Jacqueline Andrieux, communauté de Saint-Jean, Saint-Brieuc. Dans son courrier, elle précisait être née en 1916 et avoir environ 3 ans sur ce cliché, donc cela confirme la date 1919.

Jacqueline Andrieux est repérée par le numéro 3, sa sœur Anne-Marie (Nico), numéro 2 et sa sœur Georgette, numéro 1.  Deuxième rangée à droite, elle croit reconnaître Louis Taburet,

 

   



                                        

                                                    
                                                    
Sur la dernière photo,  la foule a envahi la rue. Au premier plan : trois fillettes, la plus grande au milieu est la France avec son bonnet phrygien, à sa droite portant un bonnet blanc c’est la Lorraine, et à sa gauche portant la coiffe noire à cocarde, voici l’Alsace. Trio symbolique du retour à la France des deux provinces de l’est, confisquées par les Allemands après la guerre de 1870.

Photo communiquée par monsieur Granjean 








(Photos disparues) rétablies 19/10/2009


Peut-être avez-vous en votre possession d’autres photos de cette journée, ou bien en connaissez- vous la date exacte? Merci de me le signaler. JPC

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 19:22

Le Monument aux Morts, inauguration

J’ai plusieurs fois écrit que le Monument aux Morts du Conquet datait de 1921. Or je retrouve dans un dossier, la copie d’un article du journal le « Courrier du Finistère » du samedi 17 juillet 1920 relatant l’inauguration du monument.

 

En voici la retranscription :

« Ce fut par un dimanche ensoleillé (11 juillet) et devant une foule recueillie qu’eut lieu au Conquet l’inauguration du monument aux morts pour la Patrie. Ce fut devant l’église, à quelques mètres à peine de la vaste mer et du carrefour nautique où passèrent et repassèrent les navires de guerre dont plusieurs ne sont pas revenus. Le port de pêche du Conquet pleure à la fois des marins et des soldats et leur mémoire a été célébrée dignement

 

A 9 h ½, arrivaient les délégués brestois de l’Union des Combattants, venus apporter leur sympathie à leurs camarades du Conquet. En tête du cortège marchaient le porte-drapeau et les délégués, puis la section conquétoise de l’U.N.C, avec son président, le capitaine de Rodellec, suivis des autorités de la ville, des fonctionnaires, et retraités, et à leur suite la foule grave des assistants, tous défilant par les rues dans un ordre impressionnant. Sur le passage du cortège, des femmes qui ont perdu leur époux ou leurs fils, maîtrisaient à peine leur émotion ;

A l’église, trop petite pour contenir tout le monde, eut lieu la cérémonie religieuse, sous la présidence de monseigneur Roull, archiprêtre de Brest. Monseigneur prononça un éloquent discours patriotique où il associa au sacrifice et à la gloire de nos morts le nom de Jeanne d’Arc, dont la statue couronne le monument. De ce beau discours, il faut au moins citer quelques courtes phrases : «  Nous Bretons nous devons être d’autant plus fiers de tant d’exploits que pour les réaliser, Jeanne s’est beaucoup appuyée sur des Bretons, le duc d’Alençon, le connétable Arthur de Richemont, le premier neveu, le second frère de notre duc Jean V. Je ne cite que les plus illustres. A l’appel de ces chefs, un grand nombre de nos compatriotes s’enrôlèrent sous la bannière de Jeanne, qui put les compter parmi ses meilleurs soldats… ».

Oui recevez mes félicitations pour avoir unis le souvenir de Jeanne d’Arc à celui de nos morts.

 

Après le service religieux eut lieu la prise de possession du monument par le maire, monsieur Hortensius Tissier, au nom de la commune. Devant le monument et la façade de l’église, avait été disposée une estrade garnie de verdure et d’oriflammes. Sur cette grande estrade montèrent monseigneur Roull et le recteur du Conquet. Ils y furent reçus par monsieur Tissier, assisté du capitaine de Rodellec, de monsieur l’administrateur Bignon délégué du préfet maritime, et de monsieur Gouesnou, représentant de l’UNC brestoise.

 

Monsieur Tissier dans son discours rendit un hommage tout particulier aux soldats et aux marins de sa commune, morts pour le pays, et proclama la nécessité de l’idée de patrie, au-dessus et en dehors de toutes les opinions. Il associa à la mémoire des morts, le nom des chefs glorieux qui nous assurèrent la victoire. L’héroïsme dit-il, est une plante qui pousse toujours vivace sur le sol breton et sur nos côtes tout particulièrement. Ici il y a une sorte d’école de dévouement, puisque chaque jour, nos marins et pêcheurs vont au péril de leurs vies au secours des navires en détresse. C’est de cet esprit là que furent animés les soldats et marins que nous commémorons.

Le capitaine De Rodellec, d’une voix forte, proclama les noms de tous les morts glorieux inscrits autour du piédestal, et un murmure de sympathie courut dans l’assistance quand il épela le nom de son fils, lieutenant tombé sur le front**. Quand vos enfants apprendront à lire s’écria-t-il, faites leur épeler sur ce monument les mots sacrés : « Morts pour la Patrie ». Si, ce qu’à Dieu ne plaise, le tocsin venait à sonner encore, si la France devait s’opposer à nouveau à une lâche agression, la génération nouvelle, avec le même élan que se devanciers, accourait à son appel sans défaillance. »

Un des délégués brestois apporta à son tour son tribut d’hommage et de confraternité d’armes, et montrant le drapeau déployé de la section, il dit aux veuves : «  Venez à nous et craignez pas de vous adresser à l’UNC, pour y trouver renseignements, appui et réconfort. En prenant en main les intérêts des veuves et des orphelins de la guerre, nous ne faisons qu’acquitter une dette de reconnaissance envers nos camarades qui tombèrent victimes du devoir.

 

C’est dans une parfaite harmonie, et dans une concordance absolue, entre les autorités civiles et religieuses, qu’eut lieu l’inauguration, et les discours furent écoutés avec une attention pieuse. Puis la foule s’écoula lentement dans un sentiment de patriotisme recueilli.

 

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**De Rodellec du Porzic,  Yvan Alexis Anne Marie, né le 19 avril 1893 à Vouziers (Ardennes)

Fils de de Rodellec du Porzic Alexis Pierre Anne Marie, et de Bréart de Boisanger Louise Marie Margueritte Thérèse.

Matricule N°7683 au corps, classe 1913

Matricule N° 2172 au recrutement à Brest

 

Incorporé au 64e RI  3e Cie, régiment caserné à Saint-Nazaire en 1914.

Yvan De Rodellec du Porzic y a été mobilisé comme lieutenant.

Son acte de décès porte la mention : chevalier de la Légion d’Honneur

 

Mort des suites de ses blessures de guerre à la Croix-en-Champagne (Marne) le 22 novembre 1915 à 6h.  Acte dressé par Mérienne Lucien Arthur, officier d’administration chargé de la gestion de l’ambulance 5 du XIe Corps d’Armée, assisté de deux infirmiers comme témoins.

Sa tombe se trouve, ornée des armoiries de sa famille dans le cimetière de Lochrist.

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Dans le même journal que plus haut, on relève dans le numéro du 18 février 1922 : "Trophées de guerre, en plus des quatre obus allemands octroyés à notre ville, la municipalité a reçu deux mitrailleuses de petit calibre, prises aux Allemands pendant la guerre. Ces trophées viennent d'être placés dans la salle du conseil municipal.

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Le 90e anniversaire de l’armistice de 1918 a été célébré dans toute la France, le 11 novembre dernier. Pendant un an, j’ai essayé (en vain) d’intéresser les Conquétois à cette époque douloureuse de leur histoire. Avec l’association « Phase » de Plougonvelin, nous avons cependant monté une exposition que le public a jugé « de qualité », relatant en textes et photos, et par des objets « de terrain », l’implication des communes de Plougonvelin, Le Conquet, Trébabu et Locmaria-Plouzané dans la Première Guerre Mondiale. Cette exposition inaugurée le 8 novembre 2008 a duré un mois et a connu un succès populaire gratifiant. Maintenant les panneaux sont rangés jusqu’en 2018.

J’ai recueilli pour la plupart des 59 « morts pour la France » inscrits sur le monument les circonstances de leur engagement et de leur décès ou de leur disparition au front ou en mer. Est-ce que cela vaut la peine que j’en fasse la relation dans ces colonnes ? Je l’ignore.  JPC

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