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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 19:45

Conquétois mort dans les armées de mars à fin juin 1940.

 

Version provisoire, qui pourra être complétée avec les informations fournies par les lecteurs.

 

Suite des deux articles précédents : les victimes conquétoises entre mars et fin juin 1940, ces hommes ont été déclarés « Morts pour la France » :

 

Claude Le Stang décédé le 13 mars 1940 à l’hôpital maritime de Brest. Aucune information.

 

Marcel Théophile Menguy, demeurant quai du Drellac’h, quartier-maître mécanicien disparu avec le sous-marin Doris.  La Doris en patrouille au large de la côte hollandaise a été surprise en surface, puis torpillée et coulée par le sous-marin allemand U.9, dans la nuit du 8 au 9 mai 1940. La Doris était commandée par le capitaine de corvette Favreul. L’épave a été retrouvée en 2003. (De nombreux livres et sites Internet commémorent la tragédie de la Doris)

 

Goulven Marie Larsonneur, du 241e R.I

Le 241e Régiment d’Infanterie composait avec le 270e, le 271e R.I, et le 50e Régiment d’Infanterie Divisionnaire,  la 60e Division d’Infanterie. Mal pourvue en cadres, mal équipée, la 60e D.I restera pourtant après le retrait de la 7e Armée, le 17 mai 1940, dans la région de Torhout pour soutenir l’armée belge.  Goulven est mort à Dixmude en Belgique le 29 mai 1940.

 

Olivier Le Treut, 29 ans, prêtre. Il était maréchal des logis au 72e Régiment d’Artillerie. Son unité se trouvait à Formerie dans l’Oise quand la ville fut attaquée et violemment bombardée par la Luftwaffe les 6-7et 8 juin 1940. Les troupes françaises présentes se défendirent vaillamment et en représailles, lorsque les Allemands s’en rendirent maîtres, Formerie fut pillée et incendiée. Olivier Le Treut a été tué le 6 juin 1940.

 

Michel Lesvenan de Kerlohic, second-maître, 30 ans, il est décédé le 10 juin 1940 pendant son transfert à l’hôpital d’Escoublac-La Baule, (en Loire-Inférieure à l’époque). Pas d'autre information.

 

Claude Léon, il est mort le 15 juin 1940 à Rosoy dans l’Yonne. Rosoy est une commune détachée récemment de la ville de Sens. Le département a été envahi par les Allemands les 15 et 16 juin 1940. Les troupes françaises présentes ont livré quelques combats pour défendre les ponts de Sens. Est-ce dans ces circonstances qu’est décédé Claude Léon ?

 

Yves Quéré, il était sergent au 11e Régiment Etranger d’Infanterie. Il a été tué, âgé de 39 ans, le 17 juin 1940 à Commercy dans la Meuse.

 

Le 11e R.E.I avait été créé le 1er novembre 1939 au camp de la Valbonne (Lyon), avec des légionnaires venus d’Afrique, des réservistes ayant servi dans la Légion et des volontaires étrangers. (Les volontaires étrangers, et parmi eux les volontaires juifs, ont été sans doute parmi les 

rares à se battre jusqu'au bout. Car, plus que tous les autres, ils savaient ce que signifierait pour la France, pour eux et pour leur famille, la défaite)

 

Le 10 mai 1940, le 11e R.E.I est intégré à la 6e Division nord-africaine à Stenay. Le 27 mai l'ennemi attaque mais sans arriver à l'affaiblir, il se retire. Affecté au secteur de Sedan, au sein de la 6e DINA, il résiste héroïquement dans le bois d'Inor les 27 et 28 mai 1940 où ses pertes sont estimées à 300 hommes. Le 18 juin 1940, pour briser l'encerclement lors de la retraite, il perd la quasi totalité du second bataillon dont son commandant. Le régiment se rend le 23 juin, il ne compte plus alors que 800 hommes (pour 3 000 au départ). Les rescapés sont envoyés en captivité en Allemagne. (Pour mémoire, Hitler paradait à Paris le 14 juin (Compilation de différentes sources Internet).

 

Yves Marie Hunaut, garçon à bord du paquebot Champlain, né au Conquet le 15 août 1901, âgé de 38 ans, il fut l’une des victimes du naufrage du bateau qui a sauté sur une mine le 17 juin 1940 en sortant de La Pallice (port de La Rochelle).

 

A cette liste il faut ajouter les deux victimes conquétoises du Vauquois, Yves Marie Jean et Jean Théophile Bernugat.

                                                                       JPC 17 juin 2010

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 16:32

 

 

En ce mois de juin 2010, on commémore l’invasion de la France par les Allemands, il y a 70 ans, et l’appel historique du général Charles de Gaulle.

 

A cette occasion voici un extrait de la brochure « Le Conquet dans la guerre 1939-1945 » publiée le 10 septembre 1994, pour le 50e anniversaire de la libération du Conquet.

 

Rédacteur Jean Pierre Clochon, avec la collaboration de messieurs Christian Couture, Jacques Bazire, Armand Cudennec, Joël Provost et Georges Cureau.

 

 

Suite de l'article précédent.

 

Dans le même ouvrage mais en fin de document :

 

Un Conquétois dans les Forces Françaises Aériennes Libres (FAFL)

 

Jean Auguste Le Bris  

Fils de Yves Le Bris, marin-pêcheur et de Françoise Falhun, demeurant venelle du Drellac’h, Jean Auguste Le Bris est né au Conquet en 1920. Engagé au début 1940, il est élève à l’école de pilotage de l’Armée de l’air à Ploujean-Morlaix. L’avance allemande contraint l’école à se replier vers l’aérodrome de Quimper-Pluguffan.

 

Jean Le Bris tient alors un cahier journalier (qui nous a été prêté en 1994, ainsi que quelques documents par la famille Le Bris, lors de la rédaction de la brochure) dont nous donnons ici des extraits.

 

 

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Le départ de Ploujean

Les convois se forment avec une lenteur désespérante. Nous sommes entassés dans des camions avec nos armes, chacun a un fusil « Gras » et six balles en plomb de 11m/m. Nos Lucioles, nos Moths, nos Potez 60, nous survolent et nous précèdent à Pluguffan (près de Quimper). Dans ce vieux bourg ou j’ai passé d’heureux jours, je vis maintenant des heures angoissantes. L’ennemi pénètre en Bretagne par le nord de Nantes qui est prise. Nous voilà serrés dans son étau qui se fait d’heure en heure, de minute en minute plus pressant. Enervés comme des fauves en cage qui sentent la mort avancer, nous attendons des ordres qui ne viennent pas. Nous sommes le 18 juin.

 

Le voyage vers l’Angleterre

Notre commandant a pris une décision, enfin ! Avec moins d’inquiétude et davantage de foi en notre étoile, nous embarquons sur le Trébouliste, un dundée mauritanien, tout le matériel que nous pouvons. Le reste fait la joie des Douarnenistes qui se jettent dessus en silence, avec fébrilité. Toute la place est nettoyée plus vite que nous le voulons. Me voilà sur le pont d’un bateau qui doit m’emmener vers la liberté et … les aventures. Sous un clair de lune sinistre et par instants obscurci par de bas nuages, nous levons l’ancre. Les voiles montent lentement dans la  mâture, les poulies grincent, le cabestan résonne sous la chaîne qui en frappe régulièrement le tambour. Le moteur chauffé depuis déjà un moment halète plus sourdement. Lentement, lentement, le bateau lourdement chargé glisse sur une mer d’huile. Une brise fraîche suffit à peine à gonfler légèrement les lourdes voiles tannées. A une heure et demi nous passons devant le môle où nous distinguons des ombres. Quelques voix nous parviennent. Puis une vibrante « Marseillaise » jaillit de nos poitrines.

 

C’est notre dernier adieu au sol de France. Je ne dirai pas que le repos qui suivit fut des plus réconfortants, mais je me suis quand même allongé et j’ai pendant quelques temps pu fermer mes yeux alourdis par la fatigue de la journée précédente. Cela ne m’a pa empêché de voir les longues flammes rouges qui dévoraient les réservoirs du Poulmic. Pauvre Bretagne, toi aussi tu connais les horreurs de la guerre ! Le matin nous surprend, comme le Trébouliste avance lentement, devant la pointe Saint-Mathieu. Ainsi c’est en Angleterre que je vais, chose que j’ignorais quand j’ai embarqué.

 

Devant mes yeux encore alourdis de sommeil, défile la côte du Conquet. Evidemment c’est loin, la brume est légère et un grand nuage noir venant de Brest obscurcit l’atmosphère, mais je puis quand même distinguer la tour blanche du phare de Kermorvan ; je devine les maisons du Conquet. Je vois, mais c’est plutôt par la pensée le toit rouge de « chez nous », maman devant la porte. Le petit bateau là-bas, n’est-ce pas papa qui ramasse ses casiers ? En tout cas c’est un Conquétois ou un Molénais. Si je pouvais seulement lui donner un message pour mes parents. Mais le destin m’emporte plus loin. Le phare des Pierres Noires est perdu de vue. Molène et Ouessant défilent, derniers remparts de la terre bretonne contre les assauts de la Manche, derniers rochers du Finistère et de la côte où s’est passée la plus heureuse part de mon existence. »

 

Le Trébouliste débarquera le lendemain ses passagers à Falmouth à savoir, 2 officiers, 21 sous-officiers, et 85 caporaux et soldats de l’école de pilotage numéro 23, sous les ordres du capitaine Pinot et accompagnés de leur aumônier l’abbé Godard.

 

De l’Angleterre  à la Syrie

 

Jean Le Bris va alors avec ses camarades séjourner dans différents camps avant d’être affecté en juin 1941 à Shawbury où il reprend le pilotage sur bimoteur Airspeed Oxford.

Sergent-chef de l’armée de l’air, il obtient son brevet militaire de pilote d’avion le 6 septembre 1941. En janvier 1942 il est envoyé en Afrique à Fort Lamy, puis en Syrie.

 

 

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La mort de Jean Le Bris

Pilote de la France Libre, sergent-chef au groupe Picardie, Jean Auguste Le Bris est mort en service aérien le 4 août 1944 à Petah-Tiqva en Palestine. Inhumé d’abord à Rayak au Liban, son corps a été ramené au Conquet en 1950.

 

Concernant le langoustier Trébouliste et l’école de pilotage.

 

Document : Source : René Pichavant, Clandestins de l’Iroise, (1940-1942), Editions Morgane, 1982.

Dans la nuit du 18  au 19 juin 1940, répondant à l’appel du Général de Gaulle, les 115 élèves des écoles de Pilotage du Mans et de Vannes ont embarqué par canots au port de Douarnenez pour l’Angleterre sur le Trébouliste, un langoustier de 118 tonneaux, dont le patron était François L’Helguen. Le 20 juin, le langoustier mouille à Newlyn avant de rejoindre Falmouth. Les élèves et moniteurs constitueront l’ossature des unités de des Forces Aériennes Françaises libres et 35 d’entre eux disparaîtront au Champ d’honneur. C’est le lieutenant Edouard Pinot  (surnommé Bouboule car il avait été le mécanicien de Guynemer) qui commandait l’école élémentaire de pilotage du Mans replié à Morlaix devant l’avance allemande. Il réussit à rassembler ses moniteurs et les élèves ainsi que tout son armement défensif. En Angleterre, il fit fonction d’instructeur des pilotes. Edouard Pinot est Compagnon de la Libération.

 

Autre document source  Internet : « Chemins de Mémoire.gouv »

L'odyssée du «Trébouliste»

Le lieutenant de réserve d'aviation Pinot, ancien combattant de 14-18, commandait l'école élémentaire de pilotage du Mans. Sous la contrainte des événements, l'école dut se replier à Morlaix. Face à l'avancée allemande, le lieutenant Pinot entraîna alors ses élèves vers le Finistère. Sans instruction, il décida d'éviter à tout prix la capture de ses hommes. Il prit donc contact avec un patron pêcheur de Douarnenez, François Lelguen, disposant d'un langoustier à voiles de 50 tonneaux, équipé d'un moteur auxiliaire de 60 CV, prêt à gagner l'Angleterre. L'aventure était risquée car un sous-marin allemand avait envoyé par le fond un autre langoustier de Douarnenez 15 jours auparavant. 115 élèves-pilotes décidèrent de suivre leur chef et embarquèrent le 18 juin 1940 à 23 h 15 à bord du «Trébouliste».

 

Le 20 juin, à midi, le bateau mouillait au large de Newlyn, avant de gagner Falmouth. Les hommes du «Trébouliste» seront parmi les premiers éléments des futures Forces Aériennes Françaises Libres. 36 d'entre-eux tomberont au combat, dans les cieux d'Angleterre, de France, d'Allemagne, mais aussi sur le front russe.

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 15:49

En ce mois de juin 2010, on commémore l’invasion de la France par les Allemands, il y a 70 ans, et l’appel historique du général Charles de Gaulle.

 

A cette occasion voici un extrait de la brochure « Le Conquet dans la guerre 1939-1945 » publiée le 10 septembre 1994, pour le 50e anniversaire de la libération du Conquet.

 

Rédacteur Jean Pierre Clochon, avec la collaboration de messieurs Christian Couture, Jacques Bazire, Armand Cudennec, Joël Provost et Georges Cureau.

 

                                Premier Chapitre

 

LE CONQUET A LA VEILLE DE LA GUERRE

Population, activités, municipalité

 

                           Recensement de 1936:  1 922 habitants

 

Population agglomérée:                   1 308

Population éparse:                              598

Résidents temporaires:                        16

Absents lors du recensement:             16

 

Population des îles (incluse dans la population éparse) : 77

Béniguet      25

Quéménes    23

Trielen         23

Balanec        6

 

Les activités principales de la commune sont l'agriculture et la pêche:

 

Agriculture: un peu moins de 70 exploitations agricoles, essentiellement fermes familiales se livrant à l'élevage bovin (viande et lait) et aux cultures de céréales, de pommes de terre, de trèfle, de luzerne.

 

Pêche: 76 pêcheurs se livrent à cette activité, les crustacés: langoustes et homards sont les espèces les plus recherchées. Depuis 1930-35, les Conquétois ont abandonné la pêche au large, c'est donc à bord de petites unités qu'ils pratiquent leur métier, ne s'éloignant pas plus loin qu'Ouessant.

 

L'industrie est représentée au Conquet par deux usines de produits chimiques : l'usine Tissier et l'usine Cougny. Leur production est liée au traitement des algues pour l'obtention de l'iode et de divers sels de soude et concernant Cougny, de matières premières pour pour l’aliment du bétail.    

                                   

LA MUNICIPALITE EN PLACE résulte des élections de 1935 :

     

        Maire:            Joseph Taniou, né à Laberildut en 1875

      Adjoint:         Alfred Jules Sartre, né à Lambézellec en 1892

      Conseillers :


:                           Hobé Jean Marie

                            Cornen Joseph

                            Gendrot Louis

                            Jourden Joseph

                            Léon Yves Marie Gabriel

                            Cann Jean

                            Appriou Yves

                           Quellec Jacques

                            Hamon Yves

                            Menguy Théophile

                            Minguy Charles Jean Louis

                            Kersaudy Guillaume Marie

                            Lahalle Jean René

                            Floch Jean René


 

          

 

DE LA MOBILISATION GENERALE à MI-JUIN 1940

 

Le 1er septembre 1939:  Le gouvernement décrète la MOBILISATION GENERALE.

 

Le   3  septembre 1939:   La FRANCE  DECLARE  LA GUERRE à l'ALLEMAGNE.

 

DEFENSE DU LITTORAL

Des troupes affectées à la défense du littoral, viennent prendre position sur les côtes.

Au 20 octobre 1939, sont répartis entre Brest, Le Conquet et Ouessant:

-Le 4e et le 6e bataillons du 248e Régiment d'Infanterie

-La 207e compagnie de mitrailleuses de position du 248e Régiment d'Infanterie

-Le 11e groupe de canons de 75 du 10e Régiment d'Artillerie.

 

Les troupes s'installent dans les forts et les batteries côtières, mais la place manque et la ville du Conquet doit accueillir en garnison chez l'habitant la 1ère compagnie du 6e bataillon du 248e R.I et la 33e batterie du 10e Régiment d'Artillerie. Les hommes, leurs chevaux et leur matériel sont logés dans les écoles, les maisons particulières, les fermes....

Pour exemples :

Maison Desparmet      :  14 sous-officiers et soldats, 10 officiers, 6 chevaux.

Ker an Aod                   :  30 sous-officiers et soldats, 6 chevaux.

Lhostis (Ker ar Stang)  :  30 sous-officiers et soldats, 6 chevaux.

 

Le 9 décembre, l'amiral de la Flotte, commandant en chef des Forces Maritimes Françaises, estimant l'improbabilité de toute opération ennemie sur les côtes de la Manche et de l'Atlantique, ordonne la réduction des effectifs dont l'utilité n'est pas évidente sur le littoral.

 

L'essentiel des troupes quitte Le Conquet. Les commerçants font le bilan des factures impayées, les logeurs dressent la liste des dégradations.

-Chez madame Faulle : plaques d'évérite cassées, électricité endommagée, madriers coupés, pavé de ciment à refaire...

-Hôtel Léon : parquet de chêne détérioré...

-Ecole St Joseph :  30 matelas dégradés, 3 planchers à refaire, 6 tables et 12 bancs à réparer...

-Chez  madame René Floch : des trous à boucher dans le mur de l'atelier… etc…

 

               L'ETAT DE GUERRE, INCIDENCES SUR LA VIE QUOTIDIENNE

 

Les hommes touchés par la mobilisation rejoignent leurs unités, destabilisant l'économie locale : ateliers qui ferment, bateaux privés de patrons et de matelots, problèmes de main-d'oeuvre dans les exploitations agricoles.

 

Les rationnements commencent, principalement  celui de l'essence dont la délivrance ne peut se faire que par "bons".

 

Les réquisitions agricoles se mettent en place, le 6 novembre 1939, dix éleveurs du Conquet sont avisés d'avoir à livrer chacun une vache à la commission du ravitaillement à Saint-Renan.

 

                                                 LES DEBUTS DE LA GUERRE

 

                                       Repères chronologiques ..             

                      10 mai 1940 :    Invasion des Pays-Bas et de la Belgique

                      14 mai 1940 :    Percée des lignes françaises à Sedan

                                                La débâcle de l'armée commence

                   26 mai - 4 juin :    Evacuation des troupes anglo-françaises par Dunkerque

                              13 Juin :     Prise de Paris

 

L'EXODE

Les populations quittent les zones de combats,  l'exode jette sur les routes des milliers de familles qui fuient souvent sans but,  vers le sud ou vers l'ouest... Depuis la déclaration de guerre Le Conquet accueille des réfugiés.  Avec l'entrée en France des troupes allemandes les arrivants se font de plus en plus nombreux.... leur hébergement commence à poser problème.

 

Le Conquet, cité d'accueil pour les réfugiés :

Les autorités civiles se sont inquiétées en pensant que Brest, à cause de son port militaire, pourrait devenir une cible privilégiée des attaques allemandes, et en particulier par des bombardements aériens. Un "plan de dispersion lointaine de la population brestoise", en cas d'évacuation de la ville, a été confectionné sur ordre du préfet. Le Conquet  y est désigné pour recevoir 1 421 personnes de Recouvrance et Saint-Pierre.

Mais les évènements se précipitent. Il n'est pas question d'évacuer Brest et c'est de la France du Nord que les réfugiés arrivent en masse. La municipalité est soumise à des problèmes majeurs quant à l'hébergement des arrivants.

Le 8 juin, le maire délègue tous pouvoirs à monsieur Cornen pour visiter les immeubles de la commune encore susceptibles de recevoir des réfugiés. A la lecture de son rapport on constate que beaucoup de réfugiés occupent déjà appartements ou chambres et que la plupart des locaux encore libres sont  retenus pour des arrivants imminents.

A la veille de l'arrivée des Allemands, un document municipal recense 340 réfugiés,  en majorité  venus des départements du nord et de l'est de la France ainsi que trois familles belges.

 

 

                        DOCUMENT (Archives de la Mairie du Conquet)

                                Deuxième quinzaine de mai 1940

                               Problèmes pour l'hébergement des réfugiés

 

                         Le Maire du Conquet  à  monsieur le Sous-Préfet de Brest

 

               J'ai l'honneur de vous adresser la réponse à votre lettre du 22 mai 1940.

 

Je me permets de vous faire savoir que le 22 mai au soir, une réunion a été organisée par la municipalité afin d'étudier avec les habitants la possibilité de loger le plus grand nombre possible de réfugiés et d'organiser des quêtes pour aider à la réception de ces personnes. Quatre cents habitants du Conquet assistaient à cette réunion ainsi que quelques réfugiés.

Afin de calmer cette assemblée,  j'ai promis de vous transmettre ainsi qu'à monsieur le Préfet et aux élus du canton la protestation suivante :

Les habitants du Conquet et les réfugiés arrivés depuis une quinzaine de jours dans la commune protestent contre la fermeture permanente de l'immeuble appartenant à la ville de Brest (Beauséjour). Ils ne peuvent admettre la décision prise par la municipalité de Brest de ne pas ouvrir immédiatement et temporairement cet immeuble aux réfugiés.  Il est très regrettable que des familles doivent faire des sacrifices immédiatement, alors qu'une grande propriété avec parc et nombreuses dépendances pouvant servir de refuge, reste fermée. Les bâtiments fermés à l'entrée de la ville attirent  l'attention des passagers qui ne peuvent admettre que ces portes ne soient pas ouvertes aux réfugiés. Les personnes présentes demandent à la municipalité d'agir immédiatement près des pouvoirs publics et des élus du canton pour que cette situation cesse.

A la suite de cette réunion, un comité a été constitué. Ce comité recevra des dons, et d'accord avec la municipalité accueillera les réfugiés à leur arrivée dans la commune et les dirigera vers les logements réservés. Tout sera fait pour que les réfugiés aient le plus de confort possible.

 

Je dois vous exposer également...

1/ que depuis la mobilisation, sont arrivés tous les mois de nouveaux habitants au Conquet (femmes de militaires affectés à Brest ou dans la région). D'autres personnes sont venues résider temporairement au Conquet craignant que les évènements ne les mettent en péril chez eux (de Paris, Metz, Châlons sur Marne ...etc..)

2/ des familles habitant Brest possèdent des villas au Conquet. Ces immeubles sont donc des habitation secondaires. En cas d'évacuation de Brest, ces familles ont l'intention de s'y retirer. Or l'évacuation de Brest n'est pas envisagée. Je me permets donc de vous demander si oui ou non nous devons réquisitionner entièrement ou partiellement ces villas ainsi que les hôtels.

Bien des familles de Bordeaux, Dijon etc... sont arrivées au Conquet  il y a quelques jours et ont occupé des garnis avant la saison d'été afin d'être certaines d'avoir un logement saisonnier pour juillet-août. Les loueurs réalisent ainsi des bénéfices importants alors que d'autres Conquétois se soumettent à la réquisition. Devons-nous refouler ces familles de Bordeaux, Dijon et autres villes non menacées?

Les habitants qui font de grand coeur le sacrifice nécessaire pour admettre chez eux des réfugiés, protestent contre les cas exposés ci-dessus. Les uns font des bénéfices, d'autres conservent un logement secondaire pour l'été, ce qui ne change rien à leur train de vie du temps de paix. Les charges ne sont alors pas réparties équitablement. Les réfugiés eux-mêmes qui sont sans domicile, trouvent cela étrange.

Si la réquisition partielle ou totale des villas et hôtels, et le refoulement des estivants sur leur domicile sont autorisés par vous, Le Conquet pourra recevoir un nombre de réfugiés plus important.

        

*

JUIN 1940, quelques repères chronologiques

 

-14 juin : les Allemands entrent dans Paris déclarée "ville ouverte".

-15 juin : le général De Gaulle quitte Brest pour l’Angleterre à bord du torpilleur Milan

-16 juin : les Britanniques évacuent Brest en abandonnant leur matériel au bord des routes et sur les quais. Cependant c'est un beau dimanche, les gens se promènent entre les alertes aériennes. Ces alertes sont fréquentes, depuis le 14 les avions allemands sèment des mines en Iroise, dans le Goulet  et même en Rade de Brest.

-17 juin : Reynaud transmet à Pétain ses fonctions de « Président du Conseil ».

-17 juin matin :  Le général Charbonneau reçoit une lettre officielle de service lui confiant la défense du camp retranché de Brest.

 

Les Allemands entrent en Bretagne...

18 au matin, 10h45 : Le général Robert Altmayer, chef de la Xe Armée, installé à Rennes, téléphone au vice-amiral Traub à la Préfecture Maritime « Les Allemands, une vingtaine de motocyclistes et quelques auto-mitrailleuses défilent en ce moment sous mes fenêtres. Attendez- vous à les voir arriver à Brest dans la soirée. »

La flotte de guerre reçoit l'ordre d'appareiller.

 

 

Le port de Brest se vide

 

A 8 heures du matin le 18 juin 1940 l’armée allemande commence à traverser Rennes et fonce vers l’ouest. A Brest c’est la débandade, soldats et marins embarquent à la hâte sur les navires de guerre et cargos en partance. Ceux qui restent sabordent les bateaux incapables de prendre la mer, incendient les dépôts de carburant et détruisent tous les matériels militaires qui pourraient servir plus tard aux Allemands.

 

L’or de la Banque de France (900 tonnes) entreposé dans un bunker au Portzic  est embarqué du 16 juin au soir au 18 juin à 18 heures sur les croiseurs-auxiliaires (paquebots armés) El Djezaïr, El-Kantara, Ville-d’Alger, Ville- d’Oran et sur le Victor-Schoelcher.

 

Les avisos de la Défense du littoral reçoivent l’ordre de prendre à leur bord les marins des batteries côtières et une partie des archives du 2e dépôt de la Marine.

 

La deuxième escadrille d’avisos de la Défense du littoral est composée des navires : Somme, Suippe, Vauquois, Coucy, Elan, Commandan -Duboc et Commandant-Rivière.

 

 A 16h45 la Suippe quitte Brest et se poste pour attendre le reste de la flottille près de la Vandrée. A 19h45 elle est rejointe par la Somme et le Vauquois. Une demi-heure plus tard, sans nouvelles des autres navires, deux des avisos mettent le cap vers le chenal du Four destination l’Angleterre, tandis que le commandant de la Somme décide de se joindre à un convoi de 14 sous-marins escortés par le Jules-Verne, convoi qui arrivera à  Casablanca quelques jours plus tard.

 

Le Vauquois saute sur une mine : cet accident est déjà évoqué sur ce blog, s’y reporter.

 

 

LES ALLEMANDS SONT AUX PORTES DE BREST

 

Les Allemands s'arrêtent le 18 au soir près de Guingamp.

Le général Charbonneau installe ses maigres troupes équipées de quelques mitrailleuses et d'une douzaine de canons anti-chars, en barrages sur les routes principales d'accès à Brest.

 

Le 19 à 3 heures du matin, le vice-amiral Cayol rend compte à Charbonneau que toute la flotte de commerce et de guerre a quitté Brest et que lui-même s'en va à bord du torpilleur Mistral.

Les Allemands viennent de quitter Guingamp, Charbonneau gagne son PC de Guipavas.

L'avant-garde allemande s'est scindée en deux colonnes, chacune se composant de quelques motocyclistes, une dizaine d'auto-mitrailleuses et d'une centaine de camions. La première prend la route de l'intérieur par Carhaix (elle poursuivra par Quimerc'h vers Crozon), la seconde traverse Morlaix vers 7 heures et se heurte au barrage de Landivisiau (un canon de 75 et quelques mitrailleuses dont les servants après avoir épuisé leurs munitions prennent la route du Conquet par Gouesnou). Sans tenter de forcer le passage les Allemands le contournent pour rattraper la route de Landerneau où ils trouvent un nouveau barrage. La colonne remonte alors vers Lesneven puis Plabennec d'où le général qui la commande demande la reddition de Brest.

 

19 juin 1940,   

EVACUATION DES DERNIERES TROUPES PAR LE CONQUET

 

Le 16 ou le 17 juin 1940, l'Amiral "Ouest" prescrit au Préfet Maritime à Brest de préparer un plan d'évacuation de tout le personnel militaire et des marins combattants, en utilisant tous les bâtiments de guerre et de commerce présents. Cette évacuation se fera sous la protection des troupes de défense du littoral qui, lorsqu'elles seront obligées de se replier embarqueront au Conquet ou à Camaret pour être regroupées à Ouessant.

 

Dans la nuit du 18 au 19, les personnels des batteries des Rospects et de Créach'meur rallient à pied l'anse de Perzel près de Bertheaume. Les Rospects sont à 4,5 km du point d'embarquement. "Cette marche fut malheureusement mise à profit par un certain nombre d'hommes pour boire outre mesure, ce qui rendit l'embarquement de plage laborieux". Laborieux en effet, car il se passait en plusieurs temps : des youyous venaient prendre les soldats sur la plage pour les amener au Monique-André, chalutier converti en dragueur auxiliaire, mouillé sur rade de Bertheaume. Une navette par le petit remorqueur Frêne les conduisait ensuite par bordées sur le cargo Gravelines mouillé plus au large. L'opération s'est terminée vers 6 heures du matin, le Gravelines a  appareillé ayant pris à son bord 17 officiers et 550 hommes environ. Le Frêne rallie  alors Le Conquet.

 

Le torpilleur Mistral quant à lui appareillait de Brest le 18 juin à 16h30,  un quart d'heure avant le Vauquois. Mais dans le goulet, le capitaine de corvette de Toulouse-Lautrec  recevait l'ordre de revenir sur rade. Dans la soirée et la nuit montaient à bord du navire environ 250 passagers supplémentaires et vers 5h du matin le 19 le vice-amiral Cayol et son chef d'état-major, derniers embarquants donnaient  l'ordre d'appareiller.

Cayol, "amiral secteur" était chargé d'assurer et de protéger l'embarquement des troupes qui devaient se replier sur Camaret et Le Conquet et de les évacuer par Ouessant, et de prolonger le plus tard possible la patrouille en Iroise.

A l'aube du 19, le Mistral qui est devant Camaret, détache une chaloupe à moteur vers Le Conquet. A bord le capitaine de frégate Duroché de la Préfecture Maritime et l'enseigne de vaisseau De Vauquelin ces deux officiers ont pour mission d'organiser le départ des troupes dirigées sur Le Conquet. En route Duroché réquisitionne deux voiliers et un remorqueur le Cherbourgeois IV qu'il déroute vers Le Conquet. Cayol lui enverra en renfort un petit cargo le Placidas Faroult aux ordres du capitaine de corvette de réserve Valteau.

Toute la journée des marins et des militaires arrivant par petits groupes au Conquet vont être embarqués sur tous les moyens flottants et expédiés vers Ouessant. Le petit remorqueur Frêne dont le commandant le lieutenant de vaisseau Dauphin, s'était mis aux ordres de Duroché, effectue plusieurs rotations entre Le Conquet et le Mistral qui croise toujours à l'entrée de l'Iroise pour interdire à tout navire venu du large d'aller vers Brest.

A 17h30, un coup de téléphone de la Préfecture Maritime prévenait Duroché que des négociations étaient en cours avec les Allemands qui encerclaient Brest, et que tous les embarquements devaient être terminés pour 19 heures.

A 19 heures le général Charbonneau et son état-major arrivent au Conquet et informent Duroché qu'il n'y a plus de troupes à attendre, l'évacuation est terminée.

 

Les derniers jours vus par le général Charbonneau:

Venant d'Indochine, Jean Charbonneau débarque en France le 19 mai, et rejoint Brest le 29,  nommé adjoint au vice-amiral d'escadre, préfet maritime et gouverneur de Brest. Dans un livre "L'envers du 18 juin", il brosse un tableau pitoyable de Brest, une pagaille gigantesque autour de l'arsenal et dans les services de la marine et de l'armée. Chacun ne pensant qu'à partir ou à capituler après avoir détruit matériels et documents. « L'ambiance générale écrit-il, n'est pas à la résistance, la mentalité de la population civile apparaît lamentable,  pour les troupes c'est pire. Chaque soir et tard dans la nuit se font entendre à travers les rues les brailleries de bandes de matelots avinés. La ville est encombrée d'ivrognes, ouvriers de l'arsenal et matelots à demi-vêtus qui beuglent indifféremment la Marseillaise et l'Internationale ».

 

Brest capitule..

A la Préfecture Maritime le conseil de défense, vice-amiral Traub, général Charbonneau et général Picard-Claudel, accorde aux parlementaires allemands la capitulation de la ville. Charbonneau s'éclipse par une porte de service et fonce vers  Le Conquet.

 « En quittant la Préfecture Maritime le 19 juin à 17h45, le problème est pour moi de gagner de vitesse les Allemands et de parvenir avant eux à la pointe Saint-Mathieu, pour tâcher de m'y embarquer. Je ne me donne pas plus de 10% de chances de réussir. Aussi ma voiture file-t-elle à toute allure par la route qui longe le littoral. J'arrive bon premier au Conquet, tout étonné que pendant leur halte de plusieurs heures devant Gouesnou, les Allemands n'aient pas détaché quelque flanc-garde rapide de ce côté.

Avec mes officiers d'Etat-Major, je saute dans un chalutier, le seul et dernier qu'abrite ce petit port! et nous gagnons la haute mer. C'est une splendide fin de journée d'été. Quel apaisement. »

 

 Charbonneau n'est pas un marin, l'embarcation où il monte et  qu'il qualifie de chalutier,  n'est en fait qu'un petit sloup de 4 ou 5 mètres. Lorsqu'il  arrive à la cale avec son aide de camp, quelques personnes sont en discussion avec l'officier chargé de l'évacuation des troupes par Le Conquet. Dans le groupe se trouve monsieur Le Goasguen, fils du maire de Plougonvelin, qui se souvient : « Avec quelques amis nous devions partir sur la gabare d’un Kérébel de Lampaul surnommé  l'Amiral, mais le bateau n'est pas venu au rendez-vous près de Bertheaume, il avait fait route le 18 au soir, directement vers l'Angleterre. Aussi toute la journée du 19 j'ai couru la côte en voiture entre Le Trez-hir et Lampaul pour trouver un bateau sur lequel partir. Au Conquet le matin c'était la cohue,  je me suis fait refouler par le lieutenant de vaisseau chargé des évacuations : "on ne prend pas les civils"!  Cet officier était débordé, on lui annonçait l'arrivée de 5 000 hommes de troupe qui devaient assurer la défense d'Ouessant et il n'avait pas assez de navires pour faire la navette. Finalement il  est monté dans ma voiture et nous sommes allés essayer d'en trouver vers Laber-Ildut. En vain! au retour je l'ai déposé au Conquet et je suis rentré chez moi à Plougonvelin. Vers 17 heures, une dame venant du Conquet m'a appris qu'on y embarquait tous ceux qui voulaient. Mon père a sorti sa voiture et nous voilà à nouveau en route pour Le Conquet, avec court arrêt à Saint-Mathieu le temps d'y prendre les frères Lunven et un séminariste dont j'ai oublié le nom. L'agitation du matin s'était dissoute, le port était vide, les rues calmes. Plus un bateau, plus rien...! Et puis si, mon lieutenant de vaisseau était toujours là, près de la cale où était accosté un petit sloup. A mon indignation concernant mon éviction du matin il ne pouvait que répondre : les troupes attendues ne sont pas venues, ou n'ont jamais existé, alors il y avait de la place pour qui voulait...

Après quelques palabres il a accepté de nous voir embarquer sur le  sloup en partance pour Ouessant si les autorités attendues n'étaient pas trop nombreuses et si elles acceptaient notre présence. Quant à lui l'évacuation terminée, il allait regagner l'Amirauté à Brest.

 

Le général Charbonneau arrive en effet peu avant 19h en compagnie de son aide de camp.

Nous sommes trois à l'accompagner sur le bateau : l'aîné des Lunven, le séminariste et moi. Le torpilleur Mistral nous recueille en route. Epuisé je m'endors près d'une tourelle. On me racontera plus tard que les servants des pièces anti-aériennes ont dû tirer pour éloigner un Dornier allemand qui devenait menaçant.   Débarqué comme tous les civils à  l'escale d'Ouessant c'est à bord du Frêne que je poursuivrai mon exil vers l'Angleterre. »

 

Suite du commentaire de Charbonneau...

« A 20h30, nous sommes recueillis au large par le torpilleur Mistral, à bord duquel je retouve le vice-amiral Cayol et de nombreux officiers de marine. Ce bâtiment a croisé depuis le matin devant l'entrée du goulet de Brest, en "chien de berger", pour empêcher tous les bateaux français ou alliés venant du large et ignorant les événements d'y pénétrer. Il vient d'essuyer, sans dommage, le feu de la batterie de Camaret, occupée depuis quelques heures par les Allemands. »

Le Mistral fait route sur Ouessant où le vice-amiral Cayol va organiser un convoi qui, le lendemain au petit jour, se dirigera vers l'Angleterre.

Cette traversée s'effectue d'ailleurs sans aucun incident, et contrairement à toute prévision le convoi qu'escorte le Mistral ne rencontre ni sous-marin, ni avion allemand. C'est ainsi que nous atteignons le soir même le port de Plymouth »

 

 A 20 heures donc, le 19 juin, les dernières embarcations ont quitté Le Conquet d'où 2 000 hommes environ, 1/3 de marins et une cinquantaine de jeunes gens civils, avaient été évacués.

Ouessant n'est qu'une étape, le 20  vers 4 heures du matin, la flottille hétéroclite dans laquelle on reconnait les Monique-Andrée, Frêne, Mutin, Placidas Faroult, Cherbourgeois IV, Gravelines... fait route l'Angleterre sous escorte du Mistral et du Commandant Duboc.

 

Le Frêne: C'est un vieux remorqueur de 370 tonneaux, construit à Lorient en 1918, une machine alternative de 480cv le propulse à une vitesse maximale de 10 noeuds. Pour l'heure il ne remorque rien, il transporte. Comme tous les autres navires du convoi il est bondé d'hommes, femmes et enfants qui ont choisi de fuir la France. Monsieur Le Goasguen a trouvé refuge contre une porte dans une timonerie déjà saturée. Heureusement la traversée est tranquille, une houle longue sur une mer calme. Pas d'alerte aérienne ou sous-marine, c'est une chance  car le navire ne posséde sur le toit de la passerelle qu'une mitrailleuse (démontée) pour tout armement. A Plymouth tous les civils sont débarqués avant que le Frêne n'entre dans la zone de l'arsenal militaire. Avec d'autres compagnons, monsieur  Le Goasguen sera dirigé ensuite sur un camp près de Londres.

Le remorqueur confisqué par la Royal Navy sous le matricule HMS Z201 reviendra en France en 1945 et quittera le service en 1949.

 

Le Mistral est à quai à Plymouth le 20 à 19h30, son commandant, le capitaine de corvette de Toulouse-Lautrec demande l'autorisation d'appareiller pour faire route sur le Maroc, Cayol refuse. Saisi le 3 juillet par la Royal Navy pour la durée de la guerre, le bateau sera rendu à la France à la Libération, pour être désarmé en 1950.

 

Quant à l'aviso Commandant Duboc, il repart de Plymouth pour Ouessant le 21 au matin avec des vivres, des mitrailleuses et des munitions et le capitaine de frégate Robert qui est débarqué au Stiff où il prend le commandement de la garnison.

 

Le 22 juin 1940 la France capitule, la cessation officielle des hostilités entre la France et l’Allemagne est fixée au 25 juin à 0h35, heure française d’été.

 

Ouessant privée de liaisons téléphoniques avec le continent, est toujours en guerre. Le 29 juin, le téléphone est rétabli, le C.F Robert entre en contact avec la préfecture maritime, il est convoqué à Brest. Arrivé au Conquet il attend à la poste en bavardant avec le receveur monsieur Berthou,  qu'une voiture allemande vienne le chercher.

Après de longues négociations avec les Allemands, le commandant d'Ouessant obtient qu'à leur reddition ses soldats ne seront pas faits prisonniers.

Les 6 et 8 juillet, 210 hommes et 7 officiers débarquent au Conquet, se rendent à Brest où ils sont démobilisés sur place.

 

Sources:

Etat Major Général, Les Forces de l'Ouest, Capitaine de Frégate Caroff, chef du service historique. 1954.

Brest Porte Océane, Amiral Lepotier, France Empire. 1968.

L'Envers du 18 juin, Général Jean Charbonneau, Desroches Editeur 1969.

S et G, Hilarion, capitaine de vaisseau Philippon, France Empire 1957.

Monsieur Le Goasguen du Mémorial de Montbarey, témoignage oral

           

LES JOURNEES DES 17-18-19 JUIN 1940

(Témoignages ).

 

Carnet de route du capitaine Leblanc de l’Infanterie Coloniale (trois feuillets concernant ces journées communiqués par sa famille – cette contribution ne figure pas dans la première édition de la brochure).

Au début de juin 1940, le capitaine Leblanc du BPC n°631 à Beyrouth est en congé de convalescence à Saint-Brieuc, où il a retrouvé sa famille. Le 18 juin, les Allemands sont à Rennes, Leblanc quitte Saint-Brieuc par le dernier train à 17h, pour Brest où il pense rejoindre la garnison coloniale la plus proche..

Arrivé à Brest vers 21 heures, il trouve des rues désertes, par contre le port est encombré de matériel abandonné par les Anglais, autos-mitrailleuses, tanks légers, voitures sanitaires, camions chargés de vivres et d’équipements. La plupart des véhicules ont été mis hors d’usage. Incendies à la gare, dépôt d’essence en feu, fourrages…

A 21h30, Leblanc arrive à la DIC n°118, au moment où cette division évacue la caserne Fautras. Le personnel, sauf quelques officiers et quelques hommes laissés sur place, est embarqué en camions vers Le Conquet. Le dépôt abandonne presque tous ses approvisionnements  (armes, vivres, effets, pièces de drap…)

Dès son arrivée, le capitaine Leblanc reçoit du lieutenant-colonel commandant le dépôt, le commandement de la 1ère compagnie. Il est chargé d’organiser la défense du Conquet. Instructions : protéger les embarquements de troupes prévus pour le lendemain (DIC 118, marins de l’arsenal, rescapés divers), avec comme moyens : 3 sections de F.V à 20 hommes et 1 section de mitrailleuses.

A 23h30, la 1ère compagne arrive au Conquet. Installation sommaire à l’entrée de la ville, prise de mesures de sûreté pour la nuit.

 

19 juin matin, reconnaissance du terrain, organisation d’un point d’appui. Puis plus tard, embarquement pour l’Angleterre, via Ouessant, des troupes ayant évacué Brest. Ordre d’embarquement donné par le vice-amiral, préfet maritime, commandant la place de Brest, et notifié par le général Charbonneau, commandant la défense. Opérations dirigées par un capitaine de frégate.

Les Allemands sont à Brest, venus par voie ferrée ; ils ont quelques éléments motorisés à 8 km du Conquet.

Vers 15 heures, sa mission étant remplie, la compagnie de protection reçoit à son tour l’ordre de partir pour Ouessant. Elle quitte Le Conquet avec l’état-major de la DIC 118, sur des voiliers de pêche. Arrivée à Ouessant à 17 heures.

Le 20 juin, entre 2 heures et 8 heures, embarquement de l’état-major et des troupes du dépôt 118 sur des chalutiers. La 1e compagnie quitte Ouessant en dernier lieu.

Le 21 juin, vers 7 heures,  le « Pourquoi-Pas », (canot de sauvetage de Molène), transportant la 1ère compagnie, arrive en rade de Plymouth… etc…

 

 

Mademoiselle Paule Jestin, 18 juin, « début de soirée, comme les jours précédents, des réfugiés arrivent encore, madame Taburet et mademoiselle Paule Jestin ont de plus en plus de mal à leur trouver des logements. Une voiture s'arrête devant l'épicerie familiale dans la Grand-Rue, ce sont des gens du nord, le véhicule est lourdement chargé, matelas roulés sur le toit... Mademoiselle Jestin s'interroge : où les héberger, tout est plein!. Elle pense à la grande maison de Ker an Aod, chez madame de Blois. Une chance, il y reste une petite chambre, tout là haut sous les toits. Mademoiselle Jestin, à la fenêtre, montre aux nouveaux arrivants le panorama de la mer et des îles, les bateaux qui passent... quand soudain dans un bruit terrible, elle voit un navire exploser.. c'est le Vauquois qui vient de sauter sur une mine! "j'ai laissé là les réfugiés, j'ai dévalé les escaliers et je suis partie en courant vers Sainte-Barbe. En passant sur la corniche de Portez, quelqu'un m'a dit: les Allemands arrivent, les Allemands arrivent... après je ne me rappelle plus de ce qui s'est passé, j'étais affolée, nous étions tous affolés... »

 

René Le Treut, (écolier 13 ans), « j'étais en classe à Dom Michel. En fin d'après-midi le 18 juin, on nous avait réunis dans l'église pour une messe et à l'issue de la cérémonie, le recteur avait dit à l'assistance : les Allemands arrivent, demain ils seront là mais aujourd'hui nous pouvons encore chanter la Marseillaise… le chant national a aussitôt été repris en choeur par l'assemblée. C'est après la sortie de la messe qu'on a entendu dire qu'un bateau venait de sauter à Kermorvan. J'ai vu une partie de l'épave encore hors de l'eau et des silhouettes qui s'agitaient.. Je me souviens d'un avion arrivé pendant que le canot de sauvetage débarquait les blessés dont un avait la tête fendue, en sang. Les gens disaient en voyant ses cocardes que c'était un avion anglais, en tout cas il n'a fait que passer. »

 

Albert Berthou (19 ans), « les soldats en débandade sont arrivés le 19 au matin, je me souviens d'un camion arrêté devant le Lion d'Or, il était chargé de barriques de vin. Les militaires y puisaient et buvaient jusqu'à plus soif. Ils étaient complètement saoûls pour la plupart.. Autour de Sainte-Barbe c'était plein de véhicules militaires, d'armes, de munitions... Dans la journée pendant que d'autres Conquétois cherchaient à s'embarquer, je suis allé avec mon frère et le syndic Riou faire des navettes avec un canot pour jeter armes et munitions à la mer, il ne fallait rien laisser aux Allemands. Parmi ceux qui s'en allaient, je me souviens de Gérard de Blois qui disait : « Moi je ne veux pas aller planter des patates en Poméranie! » (Sous-lieutenant au Bataillon d'Infanterie de Marine du Pacifique, il est mort pour la France le 23 août 1944 dans la région de Hyères).

                          

Récit de Joseph Floch (17ans), « le 19 au matin nous étions au moins une dizaine de Lochrist à être descendus au port voir ce qui se passait. Des canots amenaient à des navires de guerre mouillés à l'extérieur de Sainte-Barbe les soldats qui se trouvaient là, ils n'étaient pas très nombreux, buvaient beaucoup et jetaient leurs armes dans le port avant de partir. Les civils ne pouvaient pas embarquer. Quelques hommes du Conquet ont rejoint les bateaux de guerre en utilisant un canot. » (Joseph Floch s'éloigne alors du port, trouve une voiture anglaise, genre fourgon avec une croix-rouge, réussit à la mettre en route et s'en va se promener avec. Plus tard il la céde à un militaire qui, ayant trouvé des vêtements civils voulait tenter de rejoindre sa famille à Nantes.).

 

Récit de Jean Marie Le Bris (10ans), « les soldats arrivaient, il y en avait partout, ils cherchaient à s'embarquer mais il n'y avait rien. Porsliogan était couvert de camions, le parking de Sainte-Barbe pareil.... des camions, des motos... des soldats venus à vélos les jetaient ... Beaucoup de matériel a été lancé à la mer...  Dans la journée, la gabare Paul Georges (à Prosper Gouachet) a fait la navette entre le port du Conquet et des bateaux de guerre qui attendaient.  Les militaires français et anglais partaient les premiers... Plusieurs Conquétois sont partis aussi, dont un matelot à mon père : Armand Toquin, mort de maladie plus tard (à Damas en Syrie). Beaucoup qui le voulaient n'ont pas pu embarquer à cause du syndic Riou qui leur barrait le chemin au bout de la digue, sifflait et criait sur le Paul Georges pour le faire revenir à quai débarquer ses passagers civils. Parmi les camions abandonnés, certains étaient équipés de projecteurs et renfermaient batteries et groupes électrogènes... nous les gosses, avant l'arrivée des Allemands on a pu récupérer pas mal de plomb (pour la pêche). »

 

Récit de François Le Bris (15ans), « Les troupes ont commencé à arriver  la veille de l'accident du Vauquois… Aucun bateau ne les attendait pour les embarquer…

Riou, le syndic du Conquet,  est venu réveiller mon père le matin pour qu'on aille avec notre bateau envoyer des soldats à Ouessant… Avec notre canot de 5 mètres l'Asta-Buen, ce n'était pas possible. Le syndic a dû aller frapper à d'autres portes mais finalement aucun bateau du Conquet n'est parti.

Le 19 juin, les soldats ont pu embarquer et avec eux sont partis beaucoup de Conquétois : Jopic Menguy, Yffic Vaillant,  Yves Meneur, Paulic Kerebel etc... Ils sont montés à bord d'un remorqueur qui attendait sur rade du Conquet. J'étais sur la cale de sauvetage attendant mon tour, quand le syndic m'a écarté: "tu es trop jeune toi!".. alors que Marcel Goaster qui avait le même âge que moi (15 ans) était déjà en bas de la cale et montait dans un canot. »

 

Jean Louis Lannuzel de Trébabu, (19 ans), était à couper du foin au moulin de Kerleo quand sa voisine, madame Uguen, est venue lui dire de rentrer tout de suite à la maison. De retour à Kermaria, deux jeunes gens l'y attendaient avec leurs bagages : Joseph André de Kermergant et Le Hir de la ferme de La Haie. Ils avaient entendu dire que les Allemands approchaient et voulaient partir en Angleterre. Jean Louis Lannuzel rassemble quelques affaires et le trio descend vers Le Conquet. En passant par Keruzou Vraz, ils entraînent Iffic Lannuzel avec eux. Bientôt arrivés au port du Conquet ils reconnaissent des parents ou des amis parmi ceux qui embarquent sur les quelques bateaux présents sur rade. Partis sans rien, ils jugent prudent d'aller acheter en ville quelques provisions; quand ils reviennent au port, on leur dit qu'on ne peut pas les prendre sur les bateaux, il faut faire d'abord embarquer les prioritaires. Découragés ils rentrent à Trébabu.

 

Note: Les maires et les autorités maritimes avaient reçu du gouvernement des instructions pour empêcher tout civil de quitter le territoire français. Le syndic des gens de mer a appliqué strictement ces consignes en un premier temps. Puis comme les officiers de marine chargés de l'évacuation des troupes par Le Conquet décidaient en cours de journée de laisser embarquer quiconque le voulait, Riou cessa de faire obstruction. D'où des témoignages contradictoires sur le  comportement de ce fonctionnaire le 19 juin 1940.

 

   ADDITIF :

 

Yves Guéna

"J'étais en ce soir de 18 juin, résolu à quitter le pays avant qu'il fût occupé"

Yves Guéna, jeune engagé dans les Forces françaises libres, ancien Président de la Fondation Charles de Gaulle



"J'arrivai à Brest alors que la ville, surprise de sentir soudain l'approche de l'ennemi, était survolée par quelques avions allemands, recevait ses premières bombes et entendait claquer les canons anti-aériens de la marine. Mon père restait à Brest. Je partis avec ma mère et mon jeune frère dans la petite maison au bord de la mer, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de la ville, où nous passions chaque année les vacances d'été. C'est là que j'appris la demande d'armistice ; il y avait déjà en raison des événements, quelques estivants dans cette station balnéaire ; la première réaction autour de moi fut, je m'en souviens bien, l'incrédulité et, sinon le désir de résister, du moins le refus de cette lamentable issue. Le lendemain 18 juin, dans la journée, nous sûmes que les Allemands avaient dépassé Rennes. A la nuit tombée, je fus averti que les troupes anglaises et françaises - pour celles-ci, il s'agissait du corps expéditionnaire récemment revenu de Norvège - s'embarquaient pour l'Angleterre - donc qu'on ne défendrait pas l'extrême pointe de la Bretagne - et aussi qu'un général venait de lancer à la radio de Londres un appel à poursuivre la lutte. (…) J'étais en ce soir de 18 juin, résolu à quitter le pays avant qu'il fût occupé. (…) Je sautai dans un remorqueur de la marine commandé par un vieil officier marinier bienveillant et nous appareillâmes pour Ouessant. C'était le 19 juin 1940."


Le temps des certitudes, 1940-1969
, Flammarion, 1982 (Source Internet)

 

 

20 JUIN 1940, DEBUT D'APRES-MIDI

LES PREMIERES TROUPES ALLEMANDES  ARRIVENT AU CONQUET

 

Les Allemands sont entrés dans Brest le 19 en soirée, dès le lendemain ils ont commencé à occuper les sites stratégiques autour de la ville.

 

Des petits groupes de reconnaissance arrivent à Lochrist et au Conquet le jeudi 20 juin en début d'après-midi.

 

Deux motos à side-cars, soient 4 soldats en tout, arrivent sur la place de Lochrist et demandent le nombre d'habitants du hameau. Joseph Floc'h à qui ils s'adressent leur répond  « une cinquantaine  de personnes » et ils s'en vont.

En fin d'après-midi, arrivée d’un contingent de soldats avec camions et matériels, ceux qui traversent Lochrist vont directement sur la hauteur à Kéringar monter un camp.

 

D'autres motards ont circulé dans Le Conquet, en missions de repérages et d'observation.

 

François Le Bris, Alexis Vaillant et d'autres… « quand les Allemands sont arrivés,  le parking de l'hôtel Sainte-Barbe était plein de véhicules abandonnés… nous étions plusieurs à essayer de jeter une voiture dans la grève du Paradis, car le bruit avait été répandu qu'il ne fallait rien laisser d'utilisable aux Allemands. C'était en début d'après-midi, deux ou trois motos avec des Allemands en uniformes noirs  sont passées là, nous avons eu très peur mais ils n'ont fait aucune remarque.»

 

Pierre Daniel, « nous n'avions pas école, donc c'était bien jeudi, j'étais à Sainte-Barbe quand des motocyclistes allemands sont arrivés, ils ont mis pied à terre, ont tiré leurs casques pour se détendre, et se sont mis à bavarder avec des réfugiés alsaciens qui se trouvaient là... plus tard un command-car est passé. »

 

Mademoiselle Paule Jestin, «  je n'ai pas vu arriver les Allemands car nous en avions une peur bleue.. mes parents tenaient un commerce, une épicerie dans la Grand-Rue, ils avaient fermé les volets et avec mon amie Jeanne Treut, nous étions terrées dans le jardin. En fin d'après-midi on entendait tourner des véhicules sans arrêt. La curiosité l'a emporté et nous sommes sorties voir. C'étaient toujours les mêmes engins qui passaient, en fait les Allemands ce jour-là n'étaient pas très nombreux, du moins en ville. »

 

Albert Berthou, « Une dame de Valenciennes réfugiée avait tellement affolé ma mère que chez nous aussi (à la poste, mon père était receveur) les volets étaient tirés. »

 

François Cam du Bilou, « un groupe d'une dizaine d'Allemands à motos et motos à side-cars s'est arrêté à la ferme vers 15/16 heures, a demandé à manger, puis après s'être restaurés, les soldats ont payé et sont partis. »

 

 

René Le Treut, « j'étais du côté de Sainte-Barbe dans l'après-midi avec d'autres garçons à casser des voitures anglaises quand trois petits engins blindés sont arrivés… les Allemands qui en sont descendus étaient très décontractés, ils ont offert des cigarettes aux adultes présents... Je me rappelle aussi, mais ceci a dû se passer quelques jours plus tard, ... monsieur Mazé, un vieil homme très pittoresque portant toujours un chapeau breton à guides, se trouvait du côté de Sainte-Barbe, répondant à des questions d'officiers allemands ; il désignait le bras tendu Beniguet ou Molène. Un photographe allemand opérait discrètement. Quelques jours plus tard la photo est parue dans les journaux: "un Breton montre à nos troupes les côtes anglaises. »

 

Dès ce jeudi soir, les premières troupes d'occupation arrivées au Conquet ont réquisitionné la salle de cinéma du patronage,  une classe, un dortoir et une salle vide à l'école libre et à l'école laïque une classe. Mais il semble au souvenir des  témoins, que le gros des troupes n'a investi Le Conquet et ses environs que le samedi 22 juin 1940.

Le détachement commandé par un nommé Müller, ingénieur dans le civil et habitué avant-guerre de l'hôtel Sainte-Barbe, s'est installé au Conquet  ce jour-là.  Alexis Auffret nous précise qu'il se composait d'une compagnie de DCA équipée de canons de 90 m/m et d'une compagnie d'artillerie équipée de canons de 100/105 m/m.

Quelques semaines plus tard Müller laissant la DCA  et ses servants à Beauséjour, (réquisition officielle de la propriété appartenant à la ville de Brest le 25 juin), est parti vers Saint-Nazaire avec sa compagnie d'artillerie. Son détachement fut attaquée par des avions à La Roche-Bernard, l'ingénieur allemand y aurait trouvé la mort.

 

Les pelotons motocyclistes allemands ont parcouru les chemins de campagne de Trébabu également le jeudi 20. Anne Yvonne Lhostis de Créac'h an Ilis revenait à bicyclette du Cran où elle avait été laver son linge quand elle les a rencontrés, elle se souvient avoir eu très peur.

La famille Bergot de Ty Soul était occupée à ramasser du foin quand les motos sont arrivées. Le soir à la ferme, l'appétit coupé, personne ne touchait au repas.

Louis Marc du moulin de Kerléo, (12 ans), se rappelle bien d'une moto descendant vers Kerléo puis faisant demi-tour, la remontée vers Ploumoguer étant impraticable.

 

Au Cosquies, qui deviendra plus tard le foyer de détente des sous-mariniers allemands, Gilles Miriel rapporte qu'un officier des groupes de reconnaissance a fait aligner la famille devant le perron de la maison pour en tirer … des photographies.

 

On pourrait multiplier à loisir les relations de témoignages, les fillettes de l'époque se souviennent que les Allemands voulaient distribuer des bonbons aux enfants… des "La Pie qui Chante" mais qu'il était interdit de les manger car les parents disaient qu'ils étaient empoisonnés.

 

Une certitude se dégage de ces quelques exemples, l'installation des Allemands au Conquet s'est faite sans heurts ni violences, et sans résistance aucune de la part d'une population en état de choc.

 

Fin de l’extrait.

 

 

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                                                                                JPC. 15 juin 2010.

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 11:05

 Le Conquet dans la guerre 1939-1945

Ouvrage publié pour le 50e anniversaire   de   la libération de la ville. Septembre 1994. (Epuisé).

Rédaction : Jp Clochon avec la collaboration de
Jacques Bazire, Christian Couture, Armand Cudennec
Joël Provost et Georges Cureau.









En réponse à des questions sur la stèle commémorative de la plage de Porsliogan, voici extrait de cet ouvrage :

5/6 juillet 1943

Le crash du WELLINGTON X, anglais. Ho630 Sh8c

 

Le port de Brest où sont basés les grands navires de guerre allemands qui écument l'Atlantique, constitue une cible prioritaire pour l'aviation alliée.


La mission

Le registe d'opérations du 466e groupe de la R.A.F, rapporte que le 5 juillet 1943, huit bombardiers britanniques Wellington X décollent entre 22h05 et 22h11 de la base de Leconfield, pour aller mouiller des mines au large de la pointe du Toulinguet. Le Wellington X est un bombardier standard, équipé de deux moteurs Hercules de 1 675cv chacun, doté d'une vitesse maximale de 483 km/h, son autonomie est d'environ 3 000 km pour un plafond de 6 710 mètres. Il peut emporter 2 250 kg de bombes, son armement consiste en 4 mitrailleuses.


L'équipage habituel d'un Wellington est de 6 hommes, mais pour cette mission ils ne sont que 5... à savoir :

Pilote :           Lieutenant-colonel J.J Owen  (Anglais)

Navigateur :   Lieutenant E.H Swain            (Anglais)

Bombardier :  Lieutenant  F. Darbyshire      (Anglais)

Radio :           Sous-lieutenant A.M Long    (Canadien)

Mitrailleur :    Sous-lieutenant J.F Ray         (Anglais)

 

Cette nuit-là, la visibilité est bonne, environ 25 km, les côtes françaises parfaitements identifiées, le groupe de bombardiers largue ses mines à la position prévue entre 1h17 et 1h27 puis fait demi-tour pour regagner l'Angleterre. 7 avions rentrent sans problèmes à Leconfield (75 km à l'est de Leeds), le 8e est porté manquant. (HF 601 ou H0 630 selon les sources)



Un bombardier Vickers Wellington X.
(Image Internet)















Le crash à Porsliogan

Pourquoi cet avion, venant du Toulinguet ou environ est-il venu se poser sur l'eau  et sombrer à Porsliogan, après avoir survolé Lochrist à très basse altitude? Nous n'avons pas de réponse à cette question. Avion touché par la DCA du côté de Camaret, avaries de moteurs, erreurs de navigation, l'ayant amené au-dessus des DCA vers Berheaume, puis au-dessus de Kéringar?


Les souvenirs des témoins (collectés en 1990-94)

Un habitant de Lochrist, rapporte avoir été réveillé par des tirs de DCA et le bruit de moteur d'un avion volant très bas, le 6 juillet vers 1h30 du matin. S'étant levé, il dit avoir vu un appareil pris dans des  faisceaux de projecteurs, être touché de plein fouet par des tirs allemands et s'abattre dans la mer.


Joseph Floc'h : « j'ai entendu un avion passer très bas au-dessus de chez moi à Lochrist, puis plus rien, le bruit de moteur s'était arrêté..

 Le lendemain, je suis allé à la grève de Porsliogan par le petit chemin du Bilou. Dans la crique au nord de Porsliogan, là ou arrive le ruisseau, il y avait un canot en caoutchouc, orange, avec autour un liquide jaune orange, (liquide fluorescent utilisé pour se faire repérer en cas de naufrage au large)..

On m'a dit alors, mais je n'ai rien vu, que le seul homme vêtu d'une combinaison d'aviateur s'était tué en tombant de la falaise qu'il essayait d'escalader. Les autres étaient en tricots et caleçons, ils avaient été provisoirement enterrés dans le sable..

J'ai vu quelques jours plus tard le train d'atterrissage de l'avion exposé par les Allemands à l'entrée de la cour de l'école Dom Michel. »

 

Jean Le Bris, « parlant des trois aviateurs en sous-vêtements, Hervé Cléach (menuisier à Lochrist) qui les a mis en bière, disait qu'ils avaient été tués par balles. Le quatrième vêtu en aviateur s'était tué en tombant, il avait tenté de monter par le côté droit de la faille, très escarpé, alors que le gauche était en pente douce.. De Kérivin on a vu l'avion passer en feu, puis le bruit de moteur s'est arrêté mais on n'a pas entendu de crash.... par contre on entendait les soldats allemands qui hurlaient.

Le lendemain Jean Lucas a remorqué avec son bateau le train d'atterrissage qui flottait, il n'avait qu'un 5/7 cv et n'arrivait pas à gagner. Il a attendu la renverse, mais avec le flot il a failli partir de l'autre côté de Kermorvan, heureusement les vents sont venus nord et il a pu rentrer au port. »

 

Essai de reconstitution de l'évènement

Le 6 juillet donc, les Allemands enfouissent 4 corps en haut de grève, dans le sable. On peut semble-t-il reconstituer la fin de la mission du bombardier ainsi :


Touché par la D.C.A ou moteurs en avaries il passe très bas au-dessus de Lochrist et continue à perdre de l'altitude tout en restant parfaitement horizontal. Les aviateurs savent que dans quelques minutes tout au plus l'avion va se poser sur l'eau et que le rivage est proche. Il va falloir s'y rendre : soit avec le radeau en caoutchouc, soit à la nage. Trois hommes se déshabillent, le quatrième (mais peut-être est-ce le pilote toujours aux commandes, reste en combinaison de vol), on ne sait pas ce que fait le cinquième. L'avion touche l'eau sans violence (pas de crash disent certains témoins). Dans la baie de Porsliogan l'épave est à l'abri des tirs à longue portée allemands avant l'arrivée d'éléments motorisés munis d'armes légères. Il fait nuit, les quatre ou cinq hommes mettent le radeau à l'eau, et pagayent vers la plage avec l'énergie du désespoir. Avant d'atteindre le bord, ceux qui sont dévêtus se jettent à l'eau et finissent à la nage au moment où les Allemands arrivent par le haut de la plage, ils font des cibles parfaites et sont abattus dès qu'ils prennent pied sur le sable. Dans leur précipitation les Allemands n'ont pas vu le quatrième qui avait abordé avec le radeau dans la crique au nord. Celui-là dit-on s'est tué en tombant de la falaise qu'il essayait d'escalader.

Du cinquième, le corps n'a pas été retrouvé, mais peut-être était-il déjà mort dans l'avion, touché par la DCA (?) 

(Certains témoins assurent aujourd'hui que les corps ne portaient pas de traces de balles, ce qui démentirait le scénario imaginé ci-dessus, mais alors comment expliquer l'arrivée groupée des cadavres? Si les aviateurs s'étaient noyés en quittant l'épave de l'avion, leurs corps entraînés par les courants n'auraient pas étés retrouvés le jour même et sûrement pas à Porsliogan.)

 

Donc les Allemands enfouissent  les corps dans le sable ce 6 juillet 1943, et interdisent l'accès de la plage à la population, sans doute recherchent-ils encore des survivants éventuels. Le train d'atterrissage de l'avion soulevé par ses gros pneus s'arrache de la carlingue et remonte en surface dans la journée. Il sera remorqué au Conquet comme nous l'avons dit plus haut et exposé à la population dans la cour de l'école.

L'inhumation des aviateurs

 

Le maire Louis Simon, demande aux Allemands l’autorisation d'inhumer les corps des aviateurs alliés au cimetière communal. Comme ils ont abandonné les investigations autour de la grève, ils accordent la permission demandée le 8 juillet au matin. 

 

             Le maire convoque une équipe pour mener à bien l'opération.

               Feuillet mairie, (note de frais).       Travaux du 8 juillet 1943

               Cercueils et mise en bière à Porsliogan  : Hervé Cléach

               Transport de Porsliogan à Lochrist        : Hervé Lannuzel

               Creusement de la fosse                          : Laurent Ropars

 (Certains témoins affirment que les corps ont été transportés de Porsliogan à Lochrist par le camion de madame Magueur).

 

Inhumation des aviateurs le 8 juillet à 14 heures, en présence du maire Simon, du garde-champêtre Pierre Paugam et d'une foule recueillie.

Mademoiselle Paule Jestin :  « j'étais au cimetière avec bien d'autres Conquétois, la cérémonie de l'enterrement était commencée quand un peloton d'Allemands en armes est arrivé. Nous avons eu très peur, on croyait qu'ils allaient nous fusiller.  En fait ils venaient rendre les honneurs militaires aux aviateurs. »

 

      Identification des corps, document mairie du Conquet : 
           4 corps ont  été inhumés à Lochrist dans 4 tombes différentes en 1943
Deux sont identifiés, JJ Owens, matricule 26062 et Swain,  matricule 119477, les deux autres sont notifiés "inconnus".
              
 

Le cimetière de Lochrist abrite toujours les tombes blanches des 4 aviateurs, elles portent les noms de Owen, de Swain, de Long et de Ray. Sans doute les corps ont-ils été exhumés après la guerre pour rendre l'identification possible et déclarer que le corps du disparu était celui du lieutenant Darbyshire.

Le nom du flying-officer Frank Darbyshire figure au tableau du Runnymede Memorial (Egham Surrey) suivi de la mention "assumed lost at sea", 6 july 1943.


       

                            

Une interrogation subsistera toujours, si les Allemands ont tiré sur les aviateurs, on peut se poser la question du "pourquoi"? A cette époque, ce n'était pas dans leurs habitudes, d'éliminer des ennemis désarmés et surtout avant de les avoir questionnés.




 






A la mémoire des aviateurs de la R.A.F
morts pour notre liberté sur ce site,
le 6 juillet 1943

















La DCA allemande abat un avion allemand (sans date)

 

A une date que les témoins ne peuvent préciser, un avion allemand a été abattu par la DCA allemande. René Le Treut qui se trouvait à la fontaine de Portez a vu deux Messerschmidt arriver de la mer, puis lâcher leurs fusées de reconnaissance. Sans doute trop tard car la DCA des Renards tirait déjà. Un des avion, touché, est allé s'écraser vers le fond de l'étang de Kerjan, en bas de Kervinny.


                                                       JPC 

 

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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 18:51



1/ 18 JUIN 1940 : le drame du Vauquois

 

 

Extrait de Le Conquet dans la guerre 39-45

De l’Occupation juin 1940 à la Libération septembre 1944

(Jean Pierre Clochon)

 

JUIN 1940, quelques repères chronologiques

 

-14 juin : les Allemands entrent dans Paris déclarée "ville ouverte".

-15 juin : le général De Gaulle quitte Brest pour l’Angleterre à bord du torpilleur Milan

-16 juin : les Britanniques évacuent Brest en abandonnant leur matériel au bord des routes et sur les quais. Cependant c'est un beau dimanche, les gens se promènent entre les alertes aériennes. Ces alertes sont fréquentes, depuis le 14 les avions allemands sèment des mines en Iroise, dans le Goulet  et même en Rade de Brest.

-17 juin : Reynaud transmet à Pétain ses fonctions de « Président du Conseil ».

-17 juin matin : Le général Charbonneau reçoit une lettre officielle de service lui confiant la défense du camp retranché de Brest.

 

Les Allemands entrent en Bretagne...

 

18 au matin, 10h45 : Le général Robert Altmayer, chef de la Xe Armée, installé à Rennes, téléphone au vice-amiral Traub à la Préfecture Maritime « Les Allemands, une vingtaine de motocyclistes et quelques autos-mitrailleuses défilent en ce moment sous mes fenêtres. Attendez- vous à les voir arriver à Brest dans la soirée. »

La flotte de guerre reçoit l'ordre d'appareiller.

 

 

Le port de Brest se vide

 

A 8 heures du matin le 18 juin 1940 l’armée allemande commence à traverser Rennes et fonce vers l’ouest. A Brest c’est la débandade, soldats et marins embarquent à la hâte sur les navires de guerre et cargos en partance. Ceux qui restent sabordent les bateaux incapables de prendre la mer, incendient les dépôts de carburant et détruisent tous les matériels militaires qui pourraient servir plus tard aux Allemands.

 

L’or de la Banque de France (900 tonnes) entreposé dans un bunker au Portzic  est embarqué du 16 juin au soir au 18 juin à 18 heures sur les croiseurs-auxiliaires (paquebots armés) El Djezaïr, El-Kantara, Ville-d’Alger, Ville- d’Oran et sur le Victor-Schoelcher.

 

Les avisos de la Défense du littoral reçoivent l’ordre de prendre à leur bord les marins des batteries côtières et, une partie des archives du 2e dépôt de la Marine.

 

La deuxième escadrille d’avisos de la Défense du littoral est composée des navires : Somme, Suippe, Vauquois, Coucy, Elan, Commandant-Duboc et Commandant-Rivière.

 





L'aviso le Vauquois












 
A 16h45 la Suippe quitte Brest et se poste pour attendre le reste de la flottille près de la Vandrée. A 19h45 elle est rejointe par la Somme et le Vauquois. Une demi-heure plus tard, sans nouvelles des autres navires, deux des avisos mettent le cap vers le chenal du Four destination l’Angleterre, tandis que le commandant de la Somme décide de se joindre à un convoi de 14 sous-marins escortés par le Jules-Verne, convoi qui arrivera à  Casablanca quelques jours plus tard.

 


Le Vauquois saute sur une mine

 




















21h00: Le Vauquois qui navigue à 4/500m sur l'arrière de la Suippe et à 40 mètres plus à l'est, est secoué par une violente explosion. Il vient de toucher une des mines magnétiques dérivantes lâchées la veille par des avions allemands. Le navire se trouve alors à l'ouvert du port du Conquet, très près de  la tourelle de la Vinotière. Le bâtiment se casse en deux à la hauteur de la cheminée, l'avant coule presque instantanément, l'arrière chavire et s’engloutit deux minutes plus tard tandis que les chaudières explosent.

 


La Suippe a stoppé aussitôt et ses embarcations descendent à la mer pour tenter de sauver les naufragés qui se débattent dans les épaves et le mazout.

la Suippe, dessin publié dans Mers et Colonies.





Le commandant du cargo Henry-Mory (de l’Union Industrielle et Maritime) vient de recevoir à son bord 14 marins qui lui ont été envoyés du Conquet La Ouessantine vedette des Phares et Balises : « … aussitôt après l'explosion, la Suippe est venue sur la gauche a mouillé à 21h09 à 1 300m dans le 315 de la Vinotière et à 1 000m environ de l'épave, et a mis à l’eau ses embarcations ».

 

L’intervention du Nalie Léon Drouin 

 

Au Conquet de nombreuses personnes ont été témoins du drame, d'autres se sont précipitées à Sainte-Barbe au bruit de l'explosion, le canot de sauvetage a été aussitôt lancé aux ordres du patron Morvan, qui remplace Aristide Lucas malade. La marée basse retient les autres bateaux échoués. Seul un petit canot de 4/5m, appartenant à un marin de Tréglonou pourra être glissé jusqu'à l'eau et armé par des volontaires, il ira se joindre aux recherches.

 


Le canot de sauvetage "Nalie Léon Drouin" sur sa rampe de lancement.











Onze survivants sont recueillis par la Suippe, l'un d'entre eux décédera à l'hôpital de Falmouth. (La Suippe, aviso de 1918, 604 tonneaux, 76m, 5 000 cv, 20 noeuds, 4 pièces de 100mm, 2 de 65mm)

 

 

21h55, une nouvelle déflagration fait bouillonner l’eau là où le Vauquois a disparu, ce sont sans doute ses grenades sous-marines qui ont explosé. Le capitaine de corvette Lewden, commandant la Suippe, considérant qu'il n'y a plus d'espoir de recueillir des hommes vivants, et  conscient que son navire est lui-même très exposé, rappelle ses canots et s'éloigne vers l'Angleterre. (La Suippe touchée par une bombe allemande coulera le 14 avril 1941 devant Falmouth).

 

La difficile hospitalisation des rescapés

 

Le canot de sauvetage Nalie-Leon-Drouin rallie Le Conquet  avec 8 naufragés et accoste à la Pierre Glissante. Monsieur Jean Taburet vice-président et secrétaire du comité  de sauvetage rédige le rapport de la sortie du canot : « Les blessés, l’équipage et le pont du canot sont couverts de mazout. Avec d’infinies précautions le docteur H. Taburet du Conquet et le docteur Gay de Brest débarquent les marins du Vauquois et leur donnent les premiers soins. Sur des brancards on les porte dans le hall de l’hôtel Sainte-Barbe en attendant qu’à minuit, deux ambulances de la Marine les mènent à l’Hôpital Maritime à Brest. Sur ces huit blessés dont un seul pouvait se tenir debout, sur ces huit blessés sans ceintures de sauvetage, qui presque tous présentaient des fractures, combien sans l’extraordinaire rapidité des secours, combien auraient rejoint les quelques cent vingt hommes qui à un mille de terre dorment de leur dernier sommeil ? Le patron Morvan et ses hommes, sauveteurs de profession : Guillimin, Abily … ou d’occasion, ont bien mérité de l’humanité et de la France. »

 

 

Version du journal La Dépêche :

« Le canot de sauvetage ramena au Conquet huit marins plus ou moins blessés, qui reçurent les soins du docteur Taburet. Celui-ci ordonna leur transfert à l’Hôpital Maritime de Brest. Les difficultés de communication obligèrent l’autocar qui les transportait à s’arrêter à Saint-Renan où les blessés reçurent les soins dévoués des religieuses, puis furent conduits le lendemain à l’Hôpital Maritime ».

 

 

 

Deux témoignages 

 

Monsieur Albert Berthou : « avec mon frère nous avons aidé à sortir les blessés du canot de sauvetage accosté à sa cale de lancement. A l’aide de civières on les portait sur le camion Magueur. Soudain des avions sont arrivés. Nous avons tous eu peur et nous sommes partis en courant, tandis que certains des blessés criaient : « …ne nous laissez pas, ne nous laissez pas ! » Les avions allemands se sont éloignés sans tirer. »

 

Mademoiselle J. Magueur :   Les blessés ont reçu les premiers soins du docteur Taburet et dans la soirée, ma mère madame Magueur a pris la décision de les transporter avec son camion de livraisons jusqu’à un hôpital de Brest. Madame Degroote l’accompagnait. En chemin elles ont appris que l’ennemi était aux portes de Brest, qu’entrer dans la ville était dangereux, voire impossible. C’est donc vers Saint-Renan que se sont dirigées les deux dames avec leurs malheureux blessés. Les religieuses ont d’abord refusé d’admettre les marins, leur hôpital étant déjà saturé… enfin, après de multiples difficultés, mesdames Magueur et Degroote ont réussi à les convaincre et les victimes du Vauquois ont pu recevoir des soins. »

 

Un transfert providentiel

 

Il concerne monsieur Emile Estrade, médecin militaire,  qui a reçu en un premier temps l’ordre d’embarquer sur le Vauquois.  C’est donc sur ce navire qu’il a déposé ses bagages personnels. Un contrordre de dernière minute l’a affecté au Jules Verne  ravitailleur de sous-marins.

C’est ce qui explique qu’un sac à son nom ayant été récupéré à la côte du Conquet quelques temps après le naufrage du Vauquois, sa famille ait été informée de sa probable disparition.

 

 

Bilan officiel du drame 

 

Morts ou disparus :

-         7 officiers dont le capitaine de  corvette Villebrun, commandant du navire.

-       21 officiers-mariniers

-     107 quartiers-maîtres et marins dont beaucoup des services à terre de l’Arsenal.

 

Deux personnes du Conquet ont trouvé la mort dans cette tragédie : Jean Yves-Marie, 39 ans, maître-principal fourrier à bord du Vauquois, et Bernugat Jean-Théophile, 28 ans, quartier-maître chef à bord du Vauquois, la mer a rendu son corps le 30 juin 1940.

D’autres corps ont été retrouvés en mer ou sur les grèves les jours suivants, dont celui de Roger Martial Villebrun, le commandant de l’aviso.

 

Le Vauquois

Le Vauquois construit en 1918 par les « Chantiers de la Loire » à Saint-Nazaire et mis en service le 12 août 1919. Du type aviso classe « Amiens », il porte le nom d’une commune de l’Argonne martyre de la guerre 14-18.

Principales caractéristiques :

850 tonnes, 72 mètres de long (ou 74,90 mètres selon les sources) pour 8,70 mètres de large, et 3,20 mètres de tirant d’eau. Puissance 5 000 chevaux fournie par deux chaudières au mazout, entraînant deux hélices. Vitesse 20 nœuds. Armement : deux canons de 138 mm, (ou de 145 mm selon les sources) un canon anti-aérien de 75 mm, quatre mitrailleuses et  une vingtaine de grenades sous-marines.





En 1931, alors que le Vauquois était affecté à l’entraînement des élèves de l’Ecole Navale, l’amicale des anciens combattants du 46e RI dont le siège est toujours à Vauquois (Meuse), a obtenu de devenir la marraine du navire.

 

Le Vauquois était au Havre, en représentation officielle de la Marine,  le 21 mai 1935 pour l’inauguration du paquebot Normandie.

 

Pendant la guerre civile d’Espagne, le Vauquois a escorté des convois, et assuré la libre circulation dans le sud du golfe de Gascogne pour les navires marchands.

 

 







Le quai  « Aviso Vauquois » 

 

Le nouveau quai du Conquet inauguré le 16 septembre 1990 a été baptisé « Aviso Vauquois » en mémoire du dramatique naufrage survenu cinquante ans plus tôt. Le Vauquois avait été cité à l’ordre de l’armée de mer par l’amiral Darlan, à Vichy le 16 mai 1941 : « Sous le commandement du capitaine de Corvette Villebrun, a assuré pendant dix mois de guerre (septembre 1939 - juin 1940) le dur service de surveillance des abords de Brest et de la protection des convois militaires anglais. A sauté sur une mine magnétique dans le chenal du Four, le 18 juin 1940, lors de l’évacuation de Brest et a disparu avec la plus grande partie de son équipage et de ses passagers. »  Une plaque a été dévoilée en présence de l’amiral Ferri, adjoint au préfet maritime, et de nombreuses personnalités. Un détachement de marins en armes ainsi que la musique des équipages de la flotte participaient à cette cérémonie qui connut un moment d’intense émotion lorsque le patrouilleur Chacal sortit en mer pour déposer une gerbe sur le lieu même du naufrage du Vauquois.

 

 

Ce qui reste du Vauquois aujourd’hui 

 

Des recherches sous-marines par des plongeurs de l’association Archisub, menées en 1998, ont retrouvé l’épave à proximité de la Grande-Vinotière, dans son nord-ouest. Les plongeurs ont inventorié un certain nombre d’éléments du Vauquois : un canon avant, une chaudière, des structures métalliques de l’avant, divers matériels et des douilles d’obus, des structures de la partie arrière, le canon arrière, les hélices etc…  Une tentative pour ramener en surface un certain nombre d’objets provenant de l’aviso, destinés à être exposés au public avec les commentaires de circonstance, s’est perdue dans le dédale des autorisations administratives.

  

Voir le site de François Floch

http://www.pagesperso-orange.fr/vauquois.sno

            

 

2/ L'épave du Vauquois et le projet de stèle commémorative

 

En fin d'année 2005, Michel Cloâtre et François Floch, plongeurs d’Archisub,  m'ont fait part, connaissant mon intérêt pour l'histoire locale, de leur désir de relancer une action en mémoire des disparus du Vauquois. L'idée nouvelle étant de remonter une hélice du navire et de l'exposer sous forme de stèle commémorative, en un lieu proche du site du naufrage.

 

L’état des lieux :

Mercredi 25 janvier 2006.

Je me suis rendu sur le site de l'épave du Vauquois avec les deux plongeurs d'Archisub.

Michel Cloâtre et François Floch à bord de la vedette de ce dernier.

Coefficient de morte-eau 38-40, étale de basse-mer 13h, hauteur d'eau 19m.

Les hélices ayant été balisées par eux la veille, les bouées sont apparues en surface vingt

minutes avant la renverse de courant. Les deux plongeurs ont pu travailler au fond pendant les 40 minutes où le courant s'est annulé.

L'opération consistait ce jour-là, à contrôler l'état des arbres d'hélice, mesurer leur diamètre et tenter de dégager la pale de la seconde hélice en partie enfoncée dans le sol.

Les hélices sont des « quatre pales » ayant une envergure d’environ 2,20 mètres.

 

Bilan : les arbres font 20 cm de diamètre, ils tiennent aux hélices et disparaissent à l'autre extrémité dans des parties métalliques de machine. Il n'a pas été possible de dégager complètement (à la pioche) la pale en partie enfouie, le sol tassé est trop dur. L'arbre de cette hélice porte à environ trois mètres de sa bague, une forte entaille régulière, comme faite au chalumeau. (On s'est alors souvenus avoir lu que dans les années 50-60,  un ferrailleur avait demandé la concession de l’épave pour en récupérer les métaux nobles. Le matériel de plongée de l'époque devait être insuffisant pour mener à bien l'entreprise.)

 

Je ne décrirai pas ici toutes les démarches effectuées par les porteurs du projet de stèle, à savoir l’association Archisub et l’association Aux Marins (en la personne de son président l’amiral Léaustic),  pendant le premier semestre 2006.  Mais je puis dire que les accords de principe et/ou la proposition d’aide technique, du DRASM (Département des recherches archéologiques subaquatiques et  sous-marines), de la Préfecture Maritime, du Groupement des Plongeurs Démineurs, du Club local de Plongée, du personnel maritime des Phares et Balises etc…) étaient acquis au 31 août 2006. 

 

Ce jour-là le maire du Conquet écrivait au président du Conseil Général : « Vous m’obligeriez en me faisant connaître votre point de vue quant à l’opportunité de réaliser ce projet, et en diligentant vos services afin que nous étudions ensemble le site d’érection de la stèle, sur le terre-plein « commerce » du port départemental, quai Vauquois, ou terre plein situé au sud de la digue Sainte-Barbe… certain de pouvoir compter sur votre soutien pour mener à bien une démarche de mémoire chère au cœur des Conquétois… »

 

Et puis « silence radio », tout s’est arrêté là de façon incompréhensible.

 

                                                                     JPC

Le cénotaphe de la pointe Saint-Mathieu honore la mémoire de 17 morts ou disparus  du Vauquois, en compagnie d'environ 700 autres marins morts pour la France. 
                               
www.auxmarins.com  


 

 

 

 

 

 

 

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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 11:26

EN COMPLEMENT DE L'ARTICLE SUR LE DRAME DU VAUQUOIS, VOICI UNE LISTE (INCOMPLETE) DE MORTS, DISPARUS ET SURVIVANTS DE L'AVISO COULé DEVANT LE CONQUET LE 18 JUIN 1940.

Cette liste que j'ai établie à partir de divers documents et témoignages peut réceler des erreurs ou des inexactitudes, je vous prie de me les signaler. Egalement vous pouvez m'aider à la compléter.

J'ajoute que 17 des marins du Vauquois ont trouvé leur place au cénotaphe de la Pointe Saint-Mathieu    www.auxmarins.com,
Vous souhaitez peut-être y voir honorer un marin de vos proches, mort pour la France, contactez l'association "Aux Marins", par l'intermédiaire de son site Internet, ou directement à son siège à Plougonvelin.



VAUQUOIS  au départ de BREST : équipage théorique, 4 officiers, 99 sous-officiers et hommes d’équipage.

Passagers : monsieur le médecin principal, le commissaire principal, Royer de Véricourt,  un officier des équipages de 1ère classe et tous les fourriers de la Défense du Littoral de Brest, soient environ 50 hommes. (Dans la liste suivante, DL identifie officiellement des passagers de la  Défense du Littoral.

 

 

1-ABAUTRET- JEAN FRANCOIS MARIE- 12/10/1909- KERLOUAN- Quartier-maître cuisinier, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

2-ABIVEN-J OSEPH - 11/07/1917 -LAMBEZELLEC- Second-maître mécanicien. Célibataire, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

3-ALLANIC- ALFRED- 08/10/1916-  PLUMELIN- Maître canonnier, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

4-AMOURET- JOSEPH MARIE- 18/07/1920- PLUZUNET-Second maître mécanicien Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

5-ARMAND- MARCEL ANTOINE- 06/09/1920- ST MARTIAL DE GIMEL- Quartier maître radio Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

6-AUBERT- MAURICE- 05/05/19- PARIS- Matelot, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

7-BEQUET- ALCIDE MARIE- 28/05/1906- DINARD- Maître secrétaire, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

8-BERNARD - GILBERT- 13/08/1913- MANTES-GASSICOURT- Matelot fourrier, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

9-BERNUGAT- JEAN  THEOPHILE- 14/06/1912- LE CONQUET- 28 ans, quartier-maître chef, son corps a été rendu par la mer le 30 juin 1940.

10-BILLANT-LOUIS MARIE- 20/11/1901- PLOUGASTEL-DAOULAS- Maître fourrier, corps non retrouvé, Défense du littoral. Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

11-BLAISE-R-- BREST- Maître tailleur

12-BLEUNVEN- FRANCOIS- 11/11/1915- GUIPAVAS- Matelot cuisinier, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

13-BLONDEAU - GEORGES LEON- 03/02/1919- PARIS - Matelot cuisinier, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

14-BOS - FRANCOIS-30/01/1880- PLOUESCAT- Célibataire, Officier de première classe des équipages de la flotte, de réserve, fourrier. Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

15-BOTCAZOU- LUCIEN-- COTES D ARMOR- Information communiquée par son petit-fils  (2006)

16-BOUCHARE- EMILE MARIE- 11/03/1922- ROSCANVEL- Matelot électricien,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

17-BRAME -LOUIS--- Matelot électricien, corps retrouvé à Quéménès

18-BRAULT-JULES ALEXANDRE- 28/10/1918- LOUVIGNE DU DESERT- Matelot fusilier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

19-BUSAILLE-JOSEPH FRANCOIS-16/12/1919- TADEN- Matelot timonier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

20-CARLES -ADRIEN JEAN DESIRE- 17/02/1908- PLERIN-Matelot, Maître d’Hôtel, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

21-CASTEL- JEAN LOUIS- 08/11/1920- KERNILIS- Quartier-maître chauffeur,   Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

22-CATELAIN -JEAN ARTHUR ANTHIME- 26/09/1919-PARIS- Matelot mécanicien,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

23-CHAVIGNY-  Communication de sa famille.

24-CHEVER-LOUIS JEAN MARIE- 19/07/1914- LOCTUDY- Matelot sans spécialité Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

25-CLOAREC-J-- GUIPRONVEL-  Quartier-maître fourrier

26-COADOU-YVES MARIE--- Corps retrouvé à Quéménès

27-COLAS -JEAN--- Matelot sans spécialité, rescapé (Suippe) cité par Lemaire

28-COLNEY-MICHEL JULES--RONCHAMP- Quartier-maître secrétaire, de Trégastel, corps retrouvé près du Conquet

29-COSTAOUEC-ALBERT---Secrétaire. Corps retrouvé le 6 juillet 1940, identifié par le gendarme Le Quellec du Conquet, permis d’inhumer délivré par le docteur Taburet . Enterré à Lochrist, le corps a été exhumé en 1945 et transféré au cimetière de Moélan-sur-Mer

30-COURTOIS-FRANCOIS--- Matelot sans spécialité, rescapé (Suippe) cité par Lemaire

31-CUZON-J-- PENHORS- Quartier-maître

32-DESMET-R-- VERSAILLES-

33-DOUGUET----Matelot maître d’hôtel, rescapé après s’être jeté à l’eau

34-DURAND-MARCEL CORENTIN MARIE- 13/11/1916- PLOMEUR- Matelot sans spécialité,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

35-DUCHMANN-ROBERT ARMAND- 10/05/1919-PARIS- Matelot mécanicien,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.
36-ERMAKOFF - SERGE VLADIMIR- 07/05/1901- ODESSA- Enseigne de vaisseau de 2e classe de réserve, demeurant à Paris. Jugement de décès, registres de l’Etat-Civil de Brest.

37-FLECHER- JULIEN GERMAIN CHARLES- 04/01/1910- MOELAN SUR MER- Second-maître radio,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

38-FOUREL- FRANCIS EUGENE MARIE- 19/01/1912- PACE- Matelot secrétaire,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

39-FOURMY-GERARD YVES GASTON- 2/05/1920 - ETALLEVILLE- Matelot secrétaire, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

40-GASSOT-JEAN MARIE JULIEN- 16/10/1909-VIVIER SUR MER-Quartier-maître timonier  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

41-GAUME-ALBERT LUCIEN AUGUSTE- 10/01/1912-RENNES- Matelot sans spécialité, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

42-GAUTIER-HENRI GUILAUME- 17/08/1907- ETABLE SUR MER- Enseigne de vaisseau de réserve , corps rendu par la mer le 4 juillet 1940, retrouvé par Jean Le Ven patron du bateau Liévin, dans le chenal du Four.
43-GAUTIER-ANDRE  LOUIS MARIE- 30/09/1919- RENNES- Matelot fourrier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

44-GOURVES-ALAIN GUILLAUME- 07/04/1908- LOGONNA DAOULAS- Second maître canonnier, corps non retrouvé Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

45-GRALL- JOSEPH--- 1er maître fourrier, cité par Richard, rescapé, DL

46-GUEGANTON-J-- SAINT-PABU- Quartier-maître infirmier

47-GUIAVARCH- JEAN MARIE- 21/01/1921- KERSAINT PLABENNEC- Matelot canonnier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

48-GUICHAOUA- HENRI JOSEPH- 16/02/1920- AUDIERNE- Matelot chauffeur,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

49-GUILLAMET-PAUL RENE- 26/11/1911- AUDIERNE- Quartier-maître mécanicien, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest

50-GUILLAUME-ARMAND--- 2nd maître fourrier, cité par Richard, rescapé, DL

51-GUILLOU-FRANCOIS MARIE- 23/08/1916-PRAT- Matelot canonnier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest. 
52-HABERT- MARCEL EUGENE- 16/04/1910- LE MANS- Matelot sans spécialité , Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

53-HEDER-PAUL MARIE- 19/07/1897- TREGUIDEL- Premier-maître commis,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

54-HELARY- JOSEPH-24/04/1915- GUERLESQUIN- Second-maître fourrier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest

55-HERNOT-A---Rescapé

56-HERROU-FRANCOIS MARIE -22/08/08- PLOUGASTEL-DAOULAS-  Quartier maître électricien, corps non retrouvé, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

57-JEAN-YVES MARIE- 11/11/1900- SAINT-RENAN- Fils de Jean-Marie et de Marie Jeanne Pauline Le Moigne, veuf de Lesvenan Marie, demeurant au Conquet. Maître principal fourrier. Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

58-JOLIVET- FRANCIS LOUIS ANGE- 14/05/1909- PAIMPONT- Matelot, maître d’Hôtel,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

59-JOSSELIN-M-- PARIS- Maître-cordonnier

60-KERGALL-LOUIS JOSEPH- 09/03/1915- PLEUMEUR-GAUTIER- Quartier maître, corps retrouvé le mercredi  10 juillet à 11h dans le chenal du Four, déclaré par un marin pêcheur de Portsall. La victime a é déposée dans l’abri du canot de sauvetage de Portsall et identifiée à sa plaque d’identité. Louis Kergall était porteur d’un masque à gaz. Inscrit au Monument aux Morts de Lanmodez.

61-KERNEIS-FRANCOIS MARIE- 06/12/1919- LOGONNA- Quartier-maître armurier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

62-LABAT- CHARLES FRANCOIS-01/08/1913- SAINT-COULOMB- Quartier-maître fourrier, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

63-LAGNION-R--BREST- M secrétaire

64-LANSONNEUR-J--PLOUARZEL- Matelot

65-LARHANTEC-FRANCOIS MARIE-01/01/1914-LANNEANOU- Quartier-maître torpilleur  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

66-LE BERRE-A-- TREFFIAGAT- Quartier-maître d’hôtel

67-LE BLAY-MARCEL LOUIS ANGE MARIE-31/01/1917-LOYAT- Matelot sans spécialité  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

68-LE BOUDER-YVES MARIE-28/11/1906-POMMERIT JAUDY- Maître canonnier  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

69-LE CLEACH-JEAN LOUIS- 10/07/1915- LE GUILVINEC- Matelot sans spécialité  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

70-LE GOFF-YVES MARIE-20/01/1913- AUDIERNE- Second-maître fourrier  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

71-LE GUEN-TOUSSAINT FRANCOIS- 19/04/1915- SAINT-PIERRE JERSEY- Quartier-maître fourrier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

72-LE GUEN-JEAN PIERRE- 25/01/1916- BREST- Matelot mécanicien,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

73-LE GUEN-P---Quartier-maître (Communication de la famille Quiviger à Montbarey)

74-LE HEDER----1er maître commis, cité par Richard

75-LEMEILLAT- YVES JEAN- 30/08/1920-PARIS- Matelot commis,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

76-LEMESLE- MAURICE- 30/06/1903- COSSE LE VIVIEN-  Second-maître mécanicien,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

77-LE MOIGNE- VINCENT- 24/03/1917- LOCMARIA-PLOUZANE- Quartier-maître chauffeur, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

78-LE NORET - JEAN- 01/09/1919- OUESSANT- Quartier-maître charpentier. Monument aux morts d’Ouessant  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

79-LE PLAPOUX- PIERRE MARIE- 24/07/1912- PENVENAN- Quartier-maître canonnier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

80-LE PRIOL-JEAN MICHEL--- 2nd maître fourrier, cité par Richard, rescapé, DL

81-LE RALLEC- ALBERT MARIE- 13/12/1912-PLOUGUIEL- Quartier-maître chauffeur,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

82-LE ROUX- FRANCOIS MARIE LUCIEN- 13/12/1910-PLEURTUIT- Second-maître fourrier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

83-LE ROY-YVES MARIE - 23/10/1918- SAINT-LAURENT- Quartier-maître de manœuvre,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

84-LE SAILLOUR -L--- Quartier maître, cimetière de Saint Pol de Léon

85-LE SAUX-EUGENE-- ROSCOFF- Matelot gabier, cité par Richard, rescapé à bord de la Suippe, gravement blessé, mort à l’hôpital de Falmouth  le 23 juin 

86-LE VAILLANT-LOUIS- 21/11/1917-PLEUBIAN-  Matelot  sans spécialité,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

87-LEON-JOSEPH-24/04/1917-GUILERS-  Matelot chauffeur,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

88-LOXQ-J-- AUDIERNE-

89-LUCAS-YVES MARIE-2 1/10/1914- LE JUCH-  Second maître secrétaire,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

90-MAHE- YVES MARIE JOSEPH- 30/03/1888-  PORDIC-  Maître secrétaire,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

91-MAOUT-ETIENNE- 02/08/1916- PENMARC’H- Matelot mécanicien , Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

92-MARHIC-FRANCOIS MARIE- 10/06/1913- IRVILLAC- Quartier-maître fourrier  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

93-MARIE-MAURICE FELIX DOMINIQUE- 14/04/1914- CHERBOURG- Second-maître armurier, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

94-MARREC-JEAN--BREST- Matelot-tailleur, corps retrouvé trois semaines plus tard

95-MARTEL-Y-- COUSNON-  Matelot

96-MARTIN-Y-- POULLAOUEN-  Quartier-maître fusilier

97-MEVEL -VICTOR---  Second-maître fourrier, corps retrouvé sur une plage du Conquet

98-MICHARD-L--ROHAN- Quartier-maître fourrier

99-MILLINER-ANDRE MARIE- 21/04/1907- AUDIERNE- Enseigne de vaisseau, 1e classe, corps non retrouvé. Milliner était capitaine au long-cours, pilote à la station de Brest. Son nom a été donné à une vedette de pilotage «Pilote-Milliner » en septembre 1947, puis à une seconde vedette « André-Milliner » en juin 1948, puis à nouveau à une vedette « Pilote-Milliner » en 1959 Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

100-MONNIER-JOSEPH- 19/02/1920-VIRY-  Matelot chauffeur, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

101-MORLET- ROBERT OCTAVE- 14/09/1918-PARIS-  Matelot mécanicien,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

102-NICOLAS- EUGENE-  28/04/1917- LANNILIS- Quartier-maître chauffeur, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

103-OLLIVIER- ARMAND- 26/12/1913- CARANTEC-  Quartier maître canonnier, célibataire, corps non retrouvé. Jugement de décès du tribunal de Brest du 19 novembre 1942, transcrit sur le registre de la commune de Carantec 11 décembre 1942. Inscrit au Monument aux Morts de Carantec. Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

104-PAVIOT- ANDRE FRANCOIS AUGUSTIN- 26/12/1913- ISSOUDUN- Quartier-maître canonnier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

105-PENNARUN- HERVE JOSEPH - 23/12/1919- EDERN-  Matelot canonnier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

106-PERES-FRANCOIS--- Quartier maître chauffeur, cité par Richard, rescapé (Suippe)

107-PERON-L-- BREST- Premier-maître mécanicien, corps retrouvé quarante-cinq jours plus tard, inhumé à Saint-Marc.

108-PESTELLE -YVES LUCIEN- 15/11/1917- BREST-  Matelot mécanicien,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

109-PRIOL-JEAN MICHEL--- Second-maître fourrier, rescapé, décédé en 1971

110-PROTARD-ALBERT JOSEPH-16/11/1914-BREST- Quartier-maître électricien  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

111-RICHARD-AUGUSTE--- 1er maître pilote, rescapé (Suippe), fait un rapport de l'évènement le 12 septembre 1940, à Casablanca

112-ROUILLON-ERNEST---Matelot gabier, cité par Richard, rescapé (Suippe)

113-ROYER- MARCEL JEAN MARIE- 22/03/1914- RENNES- Quartier-maître fourrier  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

114-ROYER DE VERICOURT-BERNARD--- Commissaire de 1ère classe, affecté à la Défense du Littoral, passager à bord du Vauquois, corps retrouvé près du Conquet

115-SAILLOUR-Y-- BREST- Quartier-maître de 1e classe

116-SAILLOUR-L-- SAINT POL DE LEON- Quartier-maître mécanicien

117-SALAUN- JOSEPH- 12/02/1909- LOGONNA-DAOULAS- Second-maître de manœuvre,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

118-SALMON-ALPHONSE MARIE- 06/10/1899- PLELAN LE GRAND- Quartier-maître fourrier,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

119-SANQUER-R-- IRVILLAC- Quartier-maître commis

120-SEGALEN-J--- Quartier-maître chauffeur (famille Segalen-Montbarey)

121-SEGALIN- ROGER EMILE- 11/06/1912- TRIGAVON- Chauffeur  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

122-SIMONET- RODOLPHEN EUGENE MARIE- 01/05/1917- GORGES- Matelot chauffeur, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

123-STEPHAN-JOSEPH MARIE- 03/11/1894- BREST- Maître fourrier, Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

124-TALLEC- PIERRE MARIE- 29/08/1919- YVIAS-  Matelot clairon,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

125-TANIOU-ALBERT--- Quartier-maître fourrier, cité par Richard, rescapé, DL

126-THEPAUT-F-- PLOUGUERNEAU- Quartier-maître boulanger

127-TOULLEC-JEAN--- Quartier-maître télémétriste, cité par Richard, rescapé (Suippe)

128-TOURBIN- CHARLES LOUIS -23/03/1907- BREST-Second-maître, inhumé au cimetière de Kerfautras

129-TRETOUT-CHARLES - 19/03/1917- BREST- Matelot mécanicien,  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

130-TROADEC- MARCEL GUILLAUME- 15/12/1914- PLOUEZOCH- Quartier-maître fourrier  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

131-VALLEE- FERNAND EUGENE HENRI JULES- 21/05/1911- CRAON- Quartier-maître boulanger  Jugement de décès, registres de l’Etat civil de Brest.

132-VILLEBRUN-ROGER MARTIAL--BEZIERS- Commandant du Vauquois, corps retrouvé non loin du Conquet.

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