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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 16:36

J'ai eu l'occasion de relater deux faits divers assez sinistres advenus dans l'hôtel de Bretagne tenu par la famille Besson (voir "les morts mystérieuses de l'hôtel de Bretagne dans ce blog")

Voici maintenant, se situant chronologiquement entre les deux évènements précédemment cités, un épisode plus souriant.


Extrait et résumé  de la revue :

 

Les Cahiers de l’Iroise, octobre-décembre 1961

 

Léon Durocher au Conquet, par Léon Dubreuil.

 

Léon Dubreuil, historien né en 1880 à La Verroie, est mort en 1967 à Bain de Bretagne. Il a écrit de nombreux articles à caractère historique sur les Côtes du Nord (actuelles Côtes d’Armor). Une rue de Perros-Guirec lui est dédiée.

 

Léon Joseph Marie Duringer est né à Napoléonville (Pontivy), en 1862, fils de brasseur. Après de brillantes études au lycée de Pontivy, ami de Charles Le Goffic, il suivit à Paris les cours de « Louis Le Grand », puis de la « Sorbonne »  et entra dans l’enseignement.


Parallèlement il s’était mis à écrire des poèmes, à se produire dans des « dîners littéraires » et à publier certaines de ses œuvres, qu’il signa à partir de 1880 d’un pseudonyme : Léon Durocher.  Quand le cabaret du « Chat Noir » se créa en 1886, il fut l’un des premiers à y faire entendre des poèmes délicats et nostalgiques qui appelaient, comme une nécessité, leur mise en musique. (Ce qui se fit).

 

Durocher à l’hôtel de Bretagne :

 

Venant régulièrement en vacances en Bretagne et particulièrement sur les côtes, c’est en 1895 ou 96 qu’il jeta son dévolu sur Le Conquet, petit port de pêche, où quelques propriétaires de Brest avaient leurs maisons de vacances.

 

Trois hôtels s’y étaient créés : l’hôtel du Lion d’Or, l’hôtel de Bretagne et son annexe l’hôtel Sainte-Barbe. La clientèle de l’hôtel Sainte-Barbe était la plus « select ». On a conservé de l’époque où Léon Durocher vint prendre pension à l’hôtel de Bretagne, le souvenir des De Brimont et des Fitz-James, dont l’occupation favorite était de louer une barque pour aller dans les îles voisines, chasser les oiseaux de mer.

 

L’hôtel de Bretagne était le plus achalandé. On y voyait surtout avec quelques voyageurs de commerce, de jeunes peintres gais lurons et amis de la bonne chère. La table d’hôte était bruyante.  Léon Durocher y fut bientôt le véritable boute-en-train. Mais alors que les peintres se répandaient dans la campagne et sur la côte, Durocher restait le plus souvent à rêver à la terrasse de l’hôtel.

 htel-bretagne-vve-besson.jpg


L'hôtel de Bretagne, carte postale postérieure à 1900.














C’est là qu’en 1898, il rencontra l’aventure qu’il n’avait pas cherchée. Les propriétaires de l’hôtel, les Besson, avaient engagé comme serveuse une jolie fille de 19 ans, Marie-Yvonne-Angélique Le Moigne, née à Kerjacob en Lampaul-Plouarzel, d'une famille de cultivateurs.  Quoique ses prénoms usuels eussent été ceux de Marie-Yvonne (Maryvonne), on l’appelait Léonie.


Léon Dubreuil précise ici qu’il a obtenu ces renseignements du directeur de l’Ecole Publique du Conquet, monsieur Ollivier, qui venait de prendre son poste en 1956.

 

Monsieur Ollivier a même pu reconstituer quelques uns des couplets d’une chanson que Léon Durocher composa sur l’hôtel où il venait en vacances depuis trois ou quatre ans. Les voici :

 

Quand les ardeurs de la température

Vous font mouiller par jour trente gilets,

Le Parisien s’en va dans la nature,

Dans la Bretagne, chercher l’ombre et le frais.

 

Madame Besson est une femme aimable,

Monsieur Besson est un ex-artilleur

Qui sait pointer dignement vers la table

Des pièces de vin, d’un vin supérieur.

 

Léonie passe, et galamment sait faire

Sous votre nez courir le saucisson.

C’est dans cet esprit que je lève mon verre

Et que je bois au vieil hôtel Besson.

 

Il faut croire que Léonie ne se contentait pas de passer et qu’elle s’attardait volontiers auprès du Parisien sur la terrasse, puisque leur mariage eût lieu à Paris le 17 avril 1899.

 

vue-prise-de-hotel-de-B.jpg

Vue prise de l'Hôtel de Bretagne vers les Blancs-Sablons
(autour de 1910)













Le couple n’est semble-t-il jamais revenu au Conquet. Léon Durocher ayant fixé sa résidence de vacances à Ker-Ninoc’h en Trégastel. Il est mort à Paris en 1918.

 

Son œuvre :

On doit à Léon Durocher, des poèmes dont certains ont été mis en musique comme « L’Angélus de la Mer : (1894) »

Refrain :

Au loin c'est l'Angélus, c'est l'Angélus qui sonne, / A genoux donc sous le ciel bleu, à genoux donc et priez Dieu, /  Laboureurs de la mer et que le jour rayonne, /  C'est l'Angélus, c'est l'Angélus, c'est l'Angélus !


C’est lui également qui a fondé :leon_durocher-1-.jpg

 

Avec Charles Le Goffic l’Association des Bretons de Paris 1894


L’ « Union régionaliste bretonne » 1898


Le « Pardon Breton » 1899 (ci-contre, buste souvenir de Léon Durocher à Montfort-L'Amaury)

 

En 1908, il est propriétaire et rédacteur de la revue « Le Fureteur Breton ».

 




L’année 1937, un médaillon représentant le poète et chansonnier Léon Durocher a été apposé sur un rocher à Saint-Anne en Trégastel. Ce lieu est l’objet d’un pèlerinage culturel annuel.

                                                             

getatt[1]

JPC janvier 2010




 

 

 

 

 

 

 

 

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