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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 16:52

Les morts mystérieuses de l’hôtel de Bretagne

 

L’hôtel de Bretagne est tenu en 1865 par Auguste Joubert et sa femme Virginie Catherine Pétrement. L’établissement assure aussi le service des dépêches et offre deux places de voyageurs entre Le Conquet et Brest dans une voiture à deux roues. En 1872, madame Joubert est veuve quand elle fait construire une aile nord à l’hôtel.

 



L'hôtel de Bretagne dans la Grand-Rue















Au recensement de 1881, Louis Désiré Besson, est gardien de batteries, il habite avec  son épouse Eugénie Menguy et ses enfants, Grand-Rue au Conquet. (On sait seulement de lui qu’il a été condamné par un tribunal des Armées en 1862 pour vol d’effets militaires). Entre 1881 et 1885, le couple achète l’hôtel  de Bretagne pour l’exploiter. Virginie Aimable Joubert et sa mère « veuve Joubert » sont parties au bout de la rue,  tenir l’hôtel du Lion d’Or.

 


Ci-dessous, l'hôtel du Lion d'Or à une époque plus récente quand il était tenu par Mr Forest
.



















En 1885, Besson a 47 ans, il est hôtelier, sa maisonnée se compose de lui-même, de sa femme, 38 ans, de ses deux fils Paul et Jules et d’une domestique Eugénie Marie Roussel âgée de 17 ans.

 

Un client de l’hôtel disparaît, on retrouve son corps presque deux ans plus tard.

 

Dans la première quinzaine de juillet 1885, un maquignon normand, marchand de chevaux, séjourne au Conquet pour affaires, il a pris pension à l’hôtel de Bretagne quand, sans raison, le 12 du mois,  il disparaît.  « On » sait  qu’il avait alors une grosse somme d’argent sur lui, deux mille francs, soit pour acheter des bêtes, soit le produit de la vente d’animaux ?

L’histoire ne le précise pas.

 

En l’absence de tout témoignage, de tout indice, l’enquête des gendarmes est vite close, deux années ou presque passent.

 

Le 3 mai 1887, vers 5 heures du soir,  Jérôme Leizour cultivateur à Kerzoniou (commune de Plougonvelin, secteur de Toul an Ibil) fait, non loin de sa ferme, dans une petite garenne sur le bord du chemin qui conduit à la route N°12 (Brest-Le Conquet), une macabre découverte : des restes humains.

 

Il s’empresse de prévenir le garde-champêtre Jean François Grall. Alerté le procureur de la République arrive à Plougonvelin le soir même ou le lendemain et ouvre une enquête. Au vu de la blouse bleue remarquable des marchands de bestiaux, qui enveloppe encore les ossements, les gendarmes pensent immédiatement être en présence des restes de Le Hoult – Courval, disparu du Conquet en 1885.

 

Ils en ont rapidement la certitude puisque le registre des décès de Plougonvelin porte sans équivoque,  à la date du 5 mai 1887, l’inscription du décès du maquignon :   « un squelette humain reconnu comme étant celui de Le Hoult Eugène Emeric dit « Courval », disparu du Conquet le 12 juillet 1885… né à Sap canton de Vimoutiers dans l’Orne, âgé de 53 ans, fils de défunt Théodore et de Le Charpentier Nathalie Eugénie, époux de Bouteiller Désirée Florence… signé Keriguy, maire »

 

L’examen de la dépouille par un médecin légiste n’apporte rien. Le Hoult est inhumé dans le cimetière de Plougonvelin et les gendarmes se bornent à constater que la sacoche contenant les deux mille francs et qui aurait dû accompagner le corps, a disparu. Louis Besson ne semble pas avoir été soupçonné.

 

 

Les années passent, Louis Besson fait en 1896 de grands travaux à l’hôtel de Bretagne qu’il agrandit. (déclaration de construction d’une maison Grand-Rue, en remplacement d’une autre maison section A282, entrepreneur Migot) Et comme l’argent ne lui manque semble-t-il pas, il achète en 1898 au propriétaire Guillaume Quiniou, l’hôtel Sainte-Barbe et des terrains y attenant.

 

 

L'hôtel Sainte-Barbe
vers 1900













La mort de madame Besson, suicide ou crime ?

 

On peut lire dans le journal  « Le Finistère » du 12 juillet 1899 : Le Conquet.- Est-ce un crime ?

 

 « Le parquet de Brest a fait la semaine dernière une descente au Conquet sur la réquisition du maire. La dame Besson, femme du propriétaire de l’hôtel de Bretagne est décédée le 5 juillet, dans des conditions qui ont paru singulières. Son mari a averti le maire qu’il l’a découverte pendue. Le médecin a déclaré l’avoir trouvée couchée sur le lit, la tête dans les oreillers. Une corde coupée pendait à côté du lit, attachée à un portemanteau. Des ecchymoses nombreuses ayant été constatées sur le cadavre, le parquet a fait mettre au secret le mari de la défunte.

 « L’affaire se complique encore, écrit le journaliste,  car on se rappelle qu’en 1885, un riche maquignon normand disparut au cours d’une nuit passée à l’hôtel de Bretagne. On retrouva son cadavre 27 mois plus tard dans un bois voisin. Une somme de 2 000 francs lui avait été soustraite. On prétend que Besson ne serait pas étranger à l’affaire. On explique même le meurtre de sa femme, très expansive et menaçante quand elle avait bu, par le désir de la faire taire à jamais sur cet ancien crime. »

 

Louis Besson est arrêté, puis son procès commence

 

Emprisonné donc début juillet 1899, Besson est devant la cour d’assises du Finistère à Quimper le 5 janvier 1900.

 

Rappel des faits et audition des témoins

 

Compte-rendu extrait du journal « Le Finistère »  du 8 janvier et jours suivants.

-7e affaire –

Les époux Besson tenaient un hôtel au Conquet. Depuis plusieurs années ils vivaient en mésintelligence. La femme avait pris l’habitude d’intempérance et s’enivrait presque journellement. Pour cette raison, son mari semble parfois s’être livré sur elle à des voies de faits. A diverses reprises Besson lui avait dit : « crève donc, crève donc ! », à quoi elle répondait « tuez-moi, tuez-moi ! ». Aussi le domestique Jézéquel avait-il dit à la cuisinière : « Tout ceci finira par un malheur et vous verrez que nous serons appelés comme témoins. »

Le mercredi 5 juillet, vers 1 heure 30 de l’après-midi, la femme Besson se trouvait encore sous l’influence de la boisson. Une querelle s’éleva entre elle et son mari. Celui-ci lui dit : « tu ne mérites pas d’abri, vermine. La mer serait ta place ! » Il ajouta qu’il regrettait de ne pas avoir son revolver.


Jules Besson, le fils, monta sa mère dans sa chambre au premier étage où, il l’enferma comme on en avait l’habitude quand elle était ivre. Le domestique Jézéquel et la femme Pastol, la cuisinière, intervinrent, prirent Besson père par le bras et l’empêchèrent de suivre sa femme. Il voulut à ce moment descendre à la cave où l’on a découvert depuis le rouleau de corde dont une partie semble avoir été coupée, pour suspendre le corps de la victime. Jézéquel et la cuisinière l’ayant retenu, il s’écria « quatre autres à ma place seraient au bagne maintenant ! ». (Phrase pour le moins sibylline). Louis Besson fit alors monter par son fils du cognac à sa femme en lui disant « porte lui cette bouteille, qu’elle crève au moins ! ». Mais il ne paraît pas que la femme Besson ait bu de son contenu puisque l’autopsie de son corps pratiqué quatre heures plus tard a démontré qu’il n’existait dans son estomac aucune trace d’alcool.

Environ une demi-heure plus tard, Besson prit la clé de la chambre de sa femme que son fils avait remise en place, et s’y rendit. Un instant après qu’il y eut pénétré, on entendit au rez-de-chaussée un bruit lourd comme la chute d’un corps. L’accusé ne  nie pas avoir jeté sa femme à terre mais, c’était à ce qu’il prétend, en ouvrant brusquement la porte derrière laquelle elle se trouvait. Il redescendit bientôt après avoir fermé la porte à clé.

Les domestiques le virent un peu plus tard aller à la cave puis remonter une seconde fois à l’étage où il resta environ 8 minutes. Redescendu de nouveau, il resta seul pendant quelques temps dans une salle du rez-de-chaussée de l’hôtel et, entre 2 heures et demi et 3 heures moins le quart, il monta une troisième fois, pénétra dans la chambre de sa femme et presque aussitôt se mit à crie en appelant son garçon (d’hôtel) : « Jean Marie, Jean Marie, venez vite, venez vite ! »

Jézéquel se doutant bien qu’un malheur était arrivé ne voulut pas monter sans la cuisinière. Dans un cabinet noir attenant à la chambre et dans lequel Besson avait l’habitude de coucher, ils aperçurent, à la tête du lit, le cadavre de la femme, le dos tourné vers la porte, reposant sur la jambe gauche qui était repliée sous le corps, tandis que la jambe droite était allongée en avant. Les deux bras pendants étaient appuyés sur le matelas. La tête un peu renversée en arrière était retenue par une corde dont une extrémité passait par dessous le menton sans faire le tour du cou et dont l’autre extrémité s’enroulait aux patères d’un portemanteau fixé dans la cloison au-dessus du lit. Besson coupa alors la corde, le corps retomba sur le lit et l’accusé prit alors l’attitude d’un homme vraiment peiné.

 

Le docteur Pethiot, officier de l’Etat-civil appelé pour constater le décès eut, après l’examen du cadavre, la certitude que la femme Besson venait d’être tuée par une main étrangère et, cette conviction, il l’a nettement exprimée à plusieurs reprises au cours de l’information.

La justice immédiatement avertie se transporta au Conquet et il fut procédé à l’autopsie. Elle permit au médecin légiste d’affirmer que la mort était due à l’asphyxie pulmonaire et que cette asphyxie n’avait pas pour cause unique et principale la strangulation au moyen de cette corde, qui n’avait laissé sur le cou, d’un seul côté, qu’un sillon peu profond et de 11 centimètres de longueur. L’instruction n’a fait que confirmer cette opinion.

 

Appelé à se prononcer à nouveau après avoir pris connaissance du dossier, le médecin expert a énergiquement soutenu qu’il était impossible que la strangulation au moyen de la corde eut, à elle seule, amené la mort et que, des circonstances et constatations matérielles, on devait forcément conclure que la corde avait été placée autour du cou par une main étrangère et criminelle.

 

Bien que la femme Besson ait à trois reprises différentes, antérieurement, tenté de se suicider,  mais alors elle était sous l’emprise de la boisson (et il est certain qu’au moment de sa mort, elle n’était pas ivre), on ne saurait admettre la version de Besson  qui nie énergiquement le crime dont il est accusé et qui prétend que la mort de sa femme est liée à une pendaison volontaire. Elle a été tuée, et lui seul qui l’a approchée dans les conditions qui viennent d’être rappelées depuis le moment où elle est montée dans sa chambre, peut être l’auteur de sa mort.

 

A ce moment du procès d’assises, le journaliste n’a pas le moindre doute, l’instruction et les rapports médicaux sont concordants, Besson est coupable. Il ne reste à la dernière audience qu’à prononcer la sentence.

 

Mais toutes les certitudes de notre journaliste sont balayées en un rien de temps. Dépité, il bâcle son compte-rendu du verdict en quelques lignes.

« Avant l’ouverture de la séance, une scène émouvante se passe entre Besson et ses deux fils. Ils se dirigent brusquement vers  leur père qui les étreint avec effusion en disant « mes pauvres enfants, mes pauvres enfants ! » Ils pleuraient,  tous les trois gémissaient, les enfants disaient « mon pauvre père ! ». L’aîné des fils s’est trouvé mal pendant ces moments. »

 

Louis Besson est acquitté

 

Monsieur Bouessel, procureur de la République représentant le ministère public,  commence l’interrogatoire, Besson nie toutes les accusations contre lui et soutient que sa femme s’est suicidée. On entend ensuite les témoins à charge et à décharge. Trois médecins déposent, deux dans le sens du meurtre, le troisième, le docteur Bremaud penche pour le suicide. Après une plaidoirie de maître Maurer, avocat de Besson, le jury se retire pour délibérer. Il rentre quelques minutes plus tard : Besson est acquitté ! En descendant du banc des accusés, Besson en larmes s’écrie : « Je suis innocent ! » et il étreint ses enfants qui le serrent. La scène est vraiment touchante. Le vieillard (il a 62 ans) quitte le tribunal en s’appuyant sur ses enfants. L’émotion lui paralysant toutes ses forces.

 

  

Louis Besson laisse, semble-t-il, la direction de ses deux hôtels à son fils Paul, dès son retour au Conquet. Paul Besson est alors âgé de 24 ans. Quelques semaines après le procès de son père, le 18 février 1900,  il épouse Marie, fille du boulanger Prosper Roué, la mariée n’a que 16 ans. L’extension de la propriété à Sainte-Barbe continue, le 28 juin 1900, la mairie cède à Paul François Besson un vague communal de 450 m² à la pointe,  entre les chemins vicinaux 1 et 2.


Le malheur continue à s’abattre sur la famille car Paul décède le 18 octobre 1903.

Voilà Marie Roué veuve à 19 ans et maîtresse de deux hôtels au Conquet. Une courte existence pour la jeune femme car elle meurt âgée seulement de 26 ans en 1910 ( V. note). L’hôtel de Bretagne est alors repris par  François Le Bars propriétaire de l’hôtel du Commerce.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 






--


 Quant au second fils du couple Louis Besson / Eugenie Menguy, Jules Louis Besson, né au Conquet en 1881, cuisinier à l'hôtel de Bretagne, ne voulant sans doute pas travailler avec son frère et sa belle-soeur, il préfère s'engager volontaire dans la Marine en 1902. Il a alors 21 ans.
Apprenti-marin à Toulon, il est condamné à deux ans de prison par le Conseil de Guerre le 8 avril 1905 pour faux en écriture et vol d'argent au détriment d'un autre marin. Les faits se sont déroulés à bord de la "Marseillaise". Gracié du restant de sa peine en juillet 1906, Jules Besson est incorporé dans le 2e bataillon d'Infanterie légère d'Afrique à Laghouat en Algérie. De retour au Conquet, le jeune homme y décède le 3 septembre 1908. 
                                                                         JPC 09/2009
Note, ajoutée le 22 avril 2011.

Dans les annonces du journal "Ouest-Eclair" daté du 3 février 1910.

Etude de M. Vichot, avoué licencié à Brest, 24 rue de Siam et de Mtre Andrieux notaire au Conquet.

Vente par licitation judiciaire

En l'étude et par le ministère de Mtre Andrieux, notaire au Conquet, le lundi 21 février 1910 à 2 heures de l'après-midi.

Désignation

1er lot, en la ville du Conque, l'Hôtel de Bretagne , comprenant vaste maison à usage d'hôtel, avec caves, deux grandes salles à manger, café, débit, petite salle, cuisine, billard, 25 chambres, water-closets, grande cour, deux écuries, deux remises, salle de plonge, puits, citerne, lavoir.

Contenance 1000 mètres carrés.

Loué jusqu'au 29 septembre 1918, moyennant 1 500 francs l'an, moitié des impôts en sus.

Vue magnifique sur la mer, situation exceptionnelle pour tout commerce.

Mise à prix 25 000 francs.

2e lot, maison contiguë à l'hôtel, bien située pour un petit commerce, revenu annuel 180 francsMise à prix 2 000 francs.

3e lot, Terrain à bâtir au Conquet, près de l'hôtel Sainte-Barbe, situation pittoresque, 125 m². mise à prix ? francs.

                                                 Voir les affiches. E. Vichot.

 

Dans le même quotidien le 20 février 1910 : vente reportée en raison du décès de madame veuve Besson.

 

L'annonce sera remise en page dans le quotidien du 24 avril 1910.   JPC

 

 

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 14:44

UNE AFFAIRE D’ASSASSINAT AU CONQUET

 

En 1979, je posais dans le bulletin communal du Conquet, à la suite de ma petite chronique historique, une question aux lecteurs. « Quelqu’un sait-t-il pourquoi un nommé « Goulven Helegoen* » du Conquet a été condamné à mort et exécuté en 1859 ? »

 

Cette curiosité me venait d’un feuillet trouvé dans des papiers d’archives municipales. Daté du 18 juin 1859, il portait l’en-tête de l’Administration de l’Enregistrement et des Domaines, bureau de  Saint-Renan et était adressé au maire du Conquet. On y lisait  … « [concernant] Goulven Helegoen, condamné à la peine de mort, quels sont ses héritiers, en quelle situation est leur fortune personnelle ? ».

 

La question est restée sans réponse pendant plusieurs années, quand la lecture du journal « L’Océan » de 1858 m’a éclairé sur le sinistre fait divers. Voici donc l’histoire telle que j’ai pu alors la reconstituer :

 

Du soc de la charrue au couteau de la guillotine

 

Le 6 décembre 1858, triste lundi matin froid et humide, Guillaume Kerlédan agriculteur à Plougonvelin, emprunte avec sa charrette un petit chemin creux près du hameau de Trémeur pour se rendre aux champs. La voie est étroite, boueuse,  le cheval peine à tirer l’attelage, quand soudain Kerlédan l’arrête. Ce n’est pas une ornière plus profonde qui  motive son geste mais la présence d’une masse sombre à même le sol, à l’ouverture d’un champ. En maugréant, et inquiet en même temps, Kerlédan met pied à terre et s’approche prudemment de « la chose ». Bientôt ses cris alertent quelques paysans déjà au travail dans les champs voisins. Un petit groupe d’hommes et de femmes entoure ce qui s’avère être le cadavre ensanglanté d’un homme manifestement assassiné. Un badaud plus courageux que les autres retourne le corps qui porte une vilaine plaie à la nuque. Tous reconnaissent « Locrouan » surnom de Jacques François Thomas, journalier agricole et à l’occasion marchand de cochons.

Quelqu’un court jusqu’au bourg prévenir et chercher de l’aide. Le docteur Leseleuc arrive sur les lieux quelques temps plus tard et note dans son rapport que « le dénommé Thomas a été frappé par derrière à l’aide d’un objet pointu comme un coin en fer, la violence du coup a été telle que le crâne s’est brisé en de nombreux fragments, plusieurs esquilles s’en sont détachées ».

 

L’enquête des gendarmes démontre que Thomas n’était pas connu pour avoir des ennemis, une vengeance est écartée comme mobile possible. Par contre tout le monde savait qu’il avait l’habitude de garder sur lui ses économies. Thomas devait payer vers la mi-décembre, les deux-tiers d’une maison dont il faisait l’achat. On pouvait donc penser qu’il avait dans ses poches les 600 francs du futur règlement. La fouille des vêtements du mort n’ayant pas livré le moindre centime, les gendarmes concluent que le vol a motivé le crime.

 

L’enquête s’oriente dans ce sens, un témoin livre un détail important. Le témoin c’est Etienne, un gamin de sept ans, fils de Jacques François Thomas, qui vivait seul avec son père dans une petite maison de la rue « Marie Lagadec » au Conquet. L’enfant rapporte qu’il a été réveillé dimanche matin,  bien avant l’aube, par des coups frappés à la porte. Il a entendu son père se lever, puis parler à un certain Goulven, s’habiller et quitter la maison avec ce visiteur matinal. Depuis le gamin ne l’a pas revu. Goulven… Goulven… le bruit court vite, on murmure, on chuchote, on se rappelle d’une histoire vieille de quatre ans, quand Goulven Hélégoët avait forcé la porte d’entrée de la maison de Marie-Jeanne Le Cloâtre, puis les battants de son armoire pour lui voler ses économies. Et puis les langues se délient, d’aucuns vont raconter aux gendarmes que Thomas et Hélégoët se fréquentaient pas mal ces derniers temps, certains « savaient » que  Locrouan avait demandé à son compère de lui avancer les 300 francs qui lui manquaient  pour  l’achat de la maison, révélant par là qu’il possédait le principal de la somme.

 

Sans preuves, mais accréditant ces rumeurs, les gendarmes arrêtent Goulven Hélégoët. Celui-ci niant farouchement toute participation au crime, c’est sur sa femme que s’acharne le juge de paix de Saint-Renan. Accusée de complicité, menacée de prison ou pire, Marie-Anne Le Bihan ne résiste pas longtemps. Elle avoue que son mari lui a raconté avoir commis le meurtre, que l’argent est dans un sabot caché dans leur grange et qu’il a emporté le cadavre au loin avec sa charrette. Goulven Hélégoët, confondu par la dénonciation, innocente son épouse qui est aussitôt relâchée et raconte sa première version des faits :

« Le dimanche 5 décembre, je me suis levé vers 3 heures du matin et je me suis rendu chez Thomas. A 4 heures nous sommes partis pour chercher des porcs à Plougonvelin. Arrivés près du village de Trémeur nous avons dû passer dans un champ pour éviter la boue dont le chemin était rempli. Lorsque Thomas escalada le fossé, je lui assenai un vigoureux coup de bâton sur la tête qui le renversa, puis je le frappai de deux autres coups lorsqu’il fut à terre. Pensant qu’il était mort, je lui ai pris son argent que je suis venu cacher chez moi ».

 

Cette déposition ne satisfait pas le juge de paix car le rapport du docteur mentionnait qu’autour du cadavre la terre n’était ni éboulée, ni remuée ou piétinée et que les vêtements du défunt n’étaient pas en désordre. Le docteur mis au courant de la déclaration d’Hélégoët certifie alors que « trois coups de bâton, même vigoureusement assénés ne pouvaient pas casser une boîte crânienne d’une aussi horrible façon »

 

A nouveau interrogé, sans doute au tribunal correctionnel à Brest,  Goulven Hélégoët  livre alors la vérité : « sur sa demande, j’avais promis à Thomas de lui prêter 300 francs que je tenais cachés dans une grange à Kermergant, nous pouvions, s’il le voulait,  passer les prendre en allant à Plougonvelin. Sans se méfier Thomas est entré avant moi dans le pen-ty ». La suite est horrible, digne d’un film d’épouvante : Hélégoët a ramassé sur le sol un soc de charrue et maniant avec une violence inouïe cette arme peu commune, il a fracassé le crâne de son comparse. Puis après l’avoir délesté de ses 600 francs, il l’a transporté avec sa charrette dans le chemin de Trémeur où il a été découvert par Kerlédan.

 

Le procès d’assises se tint à Quimper en avril 1859. Sans hésiter, les jurés réclamèrent la tête du prévenu. Hélégoët qui n’avait plus dit mot depuis ses aveux, semblait indifférent à tout le tapage fait autour de sa personne. Il ne réagit pas plus quand le président du tribunal énonça la sentence de mort. Le samedi 4 juin 1859, à six heures du matin, Goulven Hélégoët, cultivateur âgé de quarante-quatre ans, a été accompagné à la guillotine par l’abbé Téphany, secrétaire de l’évêque et aumônier de la maison de justice. Le journaliste de « L’Océan » écrit dans son compte-rendu du 6 juin : « Hélégoët est mort dans les sentiments les plus chrétiens, il ne cessait pendant le trajet de la prison à l’échafaud, de demander pardon à Dieu et aux hommes, du crime affreux qu’il avait commis ».

 

Notes :

 

-Sauf pour le billet de la mairie  "Helegoen", j’ai adopté l’écriture Hélégoët pour l’ensemble du texte, sachant que l’on trouve le nom écrit sous diverses formes : Alégoët, Alégoat, Hellégoët, Halégoët etc... venant à l’origine de Haleg : le saule et Coat : le bois.

 

-Quel besoin avait Hélégoët de venir à pied à 4h du matin au Conquet chercher Thomas pour aller à Plougonvelin, puisqu’il dit qu’ils avaient convenu d’aller ensemble à Plougonvelin chercher des porcs. Un rendez-vous vers Trovern aurait été plus cohérent.

Kermergant est un hameau proche de la pointe de Penzer.

Donc : Hélégoët se lève à 3h, quitte presque aussitôt  Kermergant et arrive au Conquet à 4 h, après plus 2 km de marche à travers la campagne. Puis il propose à son compère de repasser par Kermergant,  (ce qui fait un détour), avant d’aller à Plougonvelin.

 

-La rue « Marie Lagadec », (entre le haut du casse-cou et la rue Saint-Christophe), actuelle rue Aristide Briant. Je n’ai jamais trouvé la moindre information concernant cette « Marie Lagadec ».

 

-Hélégoët prétend qu’ils allaient chercher des porcs à Plougonvelin, à pied.  Ils les auraient ramenés comment ?

 

-Surnom Locrouan : peut-être une déformation de Locournan, nom local de Saint-Renan

 

-La durée : La scène se passe le dimanche 5 décembre 1858 à partir de 3h du matin. L’agriculteur Kerlédan est dit trouver le cadavre le 6 au matin., donc Hélégoët l’a transporté avec sa charrette de Kermergant au chemin de Trémeur dans la nuit du 5 au 6.

Trémeur est un hameau de Plougonvelin proche de la route Plougonvelin - Saint-Mathieu, vers l’ancien centre émetteur de Radio-Conquet.

 

-« Mort en… demandant pardon … » phrase journalistique usuelle dans ces circonstances.

 

 

Jean Pierre Clochon

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 17:18

Sous Louis XV, un vol dans l’oratoire Dom Michel.

 

Dom Michel Le Nobletz, prêtre missionnaire breton originaire de Plouguerneau est mort au Conquet le 5 mai 1652, « en odeur de sainteté », dans une modeste maisonnette transformée rapidement en oratoire puis plus tard en chapelle.

 

Dans le contexte de notre propos,  la maison servant d’oratoire, dédiée à la mémoire du Bienheureux Michel Le Nobletz se compose d’une seule pièce, pavée de pierres plates, plafonnée de planches de sapin en demi-cercle. Elle renferme  un maître-autel, et deux petits autels joignant les deux bouts, un à droite, l’autre à gauche, elle possède également un grand tableau, joignant le pignon de la dite maison au nord, représentant la Sainte-Trinité et le couronnement de la Sainte-Vierge, et deux moyens tableaux, l’un représentant la Cène, l’autre le bienheureux Dom Michel ainsi que plusieurs autres petits et grands tableaux en différents endroits. Une petite cassette est fixée au mur servant de tronc.

    Vue de la chapelle vers 1900


Nous sommes un jour de début novembre 1739, vers 6 heures du soir. Une liasse de documents des Archives Départementales du Finistère, série 11B, procédures civiles 1738-1740, nous relate un fait divers que j’ai mis en forme pour une compréhension plus facile.

 

En bref : la fermeture de la petite cassette citée plus haut a été fracturée et l’argent du tronc a été volé. Le présumé coupable est un certain Lhostis, vagabond sans travail, âgé de 16 ans, originaire de Landéda.

 

Il raconte être arrivé au Conquet par la rue du port en compagnie d’un nommé Pasquier, puis il est remonté vers le bourg et s’est trouvé dans une rue avec à sa gauche une petite maison ruinée et (en face ?) une petite maison qui est la chapelle oratoire Dom Michel. A l’intérieur  dit-il, se trouvaient deux femmes en robes de chambre et coiffes frisées. Il affirme être accusé à tort de vol, ajoute avoir été poursuivi et arrêté dans la grève, puis conduit chez la demoiselle de Kervisien et plus tard enfermé dans un colombier près du bourg où il resta trois semaines. Ensuite il a été conduit en prison à Pontaniou.

 

L’instruction ne commence que plusieurs mois plus tard, Lhostis est accusé par les témoins d’avoir pillé le tronc de l’oratoire, soit 7 livres et 18 sols, en novembre 1739. Le 14 juillet 1740 et les jours suivants, le magistrat royal fait comparaître les témoins qui, en breton ou en français, décrivent ce qu’ils ont vu ou n’ont pas vu.

 

Citation des  témoins 14 juillet 1740

 

Catherine Jourdain, épouse de noble homme Michel Lannuzel, sieur de Kervisien, dépose en français. On a amené Lhostis chez son mari commandant de la milice au Conquet, c’est lui qui l’a fait mettre au colombier.

 

Gabriel Petton, aubergiste, demeurant sur le port. Etant dans une forge à trois portes au-dessus de sa maison, il entendit crier au voleur. Caporal de la milice bourgeoise garde-côtes, il va chez lui prendre son fusil, puis ayant vu du haut de la montagne qui borde le rivage du port du Conquet du côté du Blanc-Sablon, que le jeune homme que l’on poursuivait avait été arrêté sous une roche sur la même grève du Blanc-Sablon, c’est lui qui avec une escorte de deux mousquetaires de la dite milice bourgeoise,  l’a amené à la prison sur ordre de Kervisien.

 

François Provost, pilote au service du roi, 41 ans, n’a rien vu, étant chez Lannuzel au moment où on y a amené le prisonnier.

 

Tanguy Fourdilis, maître cordonnier, confirme que l’arrestation a eu lieu sous une roche dans le port du Conquet, côté Blanc-Sablon, il a aidé à mettre les fers aux pieds du jeune homme dans le pigeonnier.

 

Jeanne Elisabeth Le Veil, 30 ans, épouse de Noël Pohon, maître de barque. Étant sortie pour dire ses prières à 5 – 6 heures du soir dans la chapelle Dom Michel Le Nobletz, proche de chez elle, elle rencontra  le jeune homme, sortant quand elle y entrait. Elle aperçut le tronc ouvert et courut après lui en criant au voleur !

 

Marguerite Debosq, en français, 17 ans, fille de défunt Claude Debosq, maître de barque et de Françoise Mareau, vit en allant dire sa prière, un petit garçon agenouillé près de la balustrade qui sortit tout après et la demoiselle Le Veil (citée plus haut) entra, puis sortit en courant.

 

François Lamarche, aubergiste, 40 ans, en français, demeurant au bourg du Conquet. Gabriel Petton vint le prendre comme soldat de la compagnie garde-côtes pour amener le prisonnier au colombier.

 

Paul Joseph Gourio de Refuge, capitaine de la milice garde-côtes du Conquet, seulement cité.

 

Le sieur de Kerjan-Trouaisin ( ?), major garde-côtes du dit canton, s’étant trouvé au Conquet chargé de rapporter (faire un rapport) à monsieur le marquis de Coatmain commandant des 4 évêchés de Basse-Bretagne et de la ville et château de Brest, donna l’ordre de transférer le prisonnier à Pontaniou.

 

Jean René Le Goaneur, en français, matelot, se promenant sur le Drellac’h qui est le port du Conquet, courut aussi après le fuyard.

 

Ecuyer Jean Joseph Michel , Sr, chevalier de Kervenny, 27 ans, demeurant avec sa mère au bourg du Conquet, sortit de chez lui au bruit de la populace, c’est lui qui a fait fouiller la poche du jeune homme.

 

Antoine Brigant, 24 ans, pilote de profession, demeurant au Conquet. Revenant de Dunkerque, étant à loger du bois dans une barque appartenant au nommé Yves Jaffredou, pour la provision de son bord, il entendit crier « au voleur », quitta son travail et la marée étant basse courut à travers le port, trouva le jeune homme et le prit au collet (et sans doute le remit à ses poursuivants), et revint finir son travail.

 

Auditions du 31 aout 1740, sans doute après publication des « réagraves » dans de nombreuses paroisses alentour, par les recteurs, aux prônes des grands messes.

(Réagraves : en gros si vous ne témoignez pas de ce que vous savez ou avez vu, vous êtes considérés comme complice et poursuivis par la loi)

 

Quelques marins ne peuvent se présenter à l’assignation, étant sur les vaisseaux du Roi

 

-René Glazren ou Glazron, pilote côtier sur le vaisseau l’Amazone à 27 livres, commandé par monsieur de Monpipeau, capitaine de vaisseau.

-Jean Campion, maître de chaloupe sur le Bourbon (26 août, 1740)

-Jean du Quesnay le Normand, matelot sur le vaisseau le Bourbon, commandé par monsieur de Radouay, chef des escadres de Sa Majesté. (12 avril 1741, le Bourbon a péri près du cap Finistère, on est sans nouvelles de du Quesnoy)

-Jean Trouin, matelot sur le vaisseau du Roi  la Parfaite aux ordres de monsieur le commandeur Destourmel, capitaine de vaisseau

 

Jacques Menou, gardien de batterie à la pointe de Kermorvan, n’a rien à dire

 

Marie Françoise Campion, maîtresse d’école, 42 ans, n’a rien à dire

 

Marie Le Verge, femme de Laurent Créac’h maître de barque, a été voir le prisonnier au colombier par charité.

 

Marie Anne Moal, femme de Jean Le Mao, en français, maître de barque, 40 ans, arrivée à la chapelle après l’événement. Est allée au colombier voir le prisonnier par charité.

 

Jean Toby, maître de barque, 60 ans, en allant prier a vu le tronc ouvert (dit ne pas savoir signer)

 

Pierre Lostec cordonnier, n’a rien vu

 

Jeanne Françoise Le Gléau, femme de Baptiste Erraud (Ayraud) père, pilote côtier sur un vaisseau du Roi, est allée au colombier apporter de la soupe et du pain au prisonnier.

 

Yves Menou, n’a rien vu

 

Suzanne Le Borgne (en breton), est venue plus tard faire sa prière, n’a rien vu.

 

Marie Causeur,  (en breton) servante chez Catherine Deniel au bourg, est allée de la part de sa maîtresse porter à manger au prisonnier.

 

Marie Margueritte Le Mao, fille de Jean, maître de barque, 17 ans, a été de la part de sa mère faire des aumônes au prisonnier, elle était aussi passée mais plus tard dans la soirée faire ses prières dans la petite chapelle (au niveau des maisons, sans clocher ni cloche). Elle signe.

 

Marie Le Saouzanet, femme de Guillaume Perez, matelot au bourg du Conquet, a été porter des aumônes…

 

Catherine Le Gléau, fille de défunt Cézar Le Gléau, de son vivant maître pilote au service du Roi, demeurant avec Catherine Moal sa mère au bourg du Conquet, a été faire ses prières plus tard, a été porter des aumônes.

 

Guillaume Cottin, maître perruquier au bourg, est allé le soir même à 8 heures, avec Petton et Lamarche porter de la soupe au prisonnier.

 

Christophe Pellé,  fils de Prigent, ménager de Kerinou, a seulement entendu parler de l’affaire.

 

Demoiselle Marie Floc’h, en français,  épouse de maître Cézar Le Gléau, a été faire ses  prières plus tard.

 

Maître Cézar Le Gléau, notaire, quand il a été visiter le prisonnier, il a trouvé beaucoup de monde autour du colombier.

 

Michel Salaun, en français, canonnier au service de Sa Majesté, 70 ans, n’a rien vu

 

Plus tard :… René Glazren, pilote côtier au service du Roi, 42 ans, absent au premier interrogatoire,  car embarqué sur le vaisseau « Lorganotte » (l’Argonaute), commandé par monsieur le comte de Monpipeau, se promenait sur le quai du Conquet, dit en français qu’il a aussi couru dans le port après le fugitif.

 

Marie Le Verge, femme de Laurent Créac’h, proche voisine de l’oratoire est chargée de la clé de la cassette.

 

Laurent Ely, maître-serrurier, 64 ans, dit en français que le tronc et la serrure étaient en bon état.

 

Jacques Jourdain, maître-serrurier, 60 ans, fait la même déclaration en breton.

 

Fin de la liasse, on ne sait pas la suite.

 

L’intérêt de ce document est de nous donner une image vivante de des  activités de la population  conquétoise, un soir d’automne au milieu du XVIIIe siècle.

 

Un bâtiment est de nombreuses fois cité, il s’agit du colombier : ar c’houldry. Il a très longtemps servi de prison, Barthélemy Le Hir, syndic du Conquet y sera enfermé en 1762. Pendant la Révolution il servira de cachot pour des prisonniers qui y recevront des visiteuses du soir etc…. A l’origine, c’était le pigeonnier du manoir de La Rochedurant, on le situe facilement sur le cadastre de 1841, parcelle 555 : « parc ar c’houldry », à gauche du chemin menant de la Croix de Sainte-Barbe au terrain de la batterie.

 

                                                                                                  Jean Pierre Clochon

Communication de monsieur Norbert L'HOSTIS, que je remercie vivement, concernant le jeune "pilleur du tronc" de l'oratoire Dom Michel

J'ai pu consulter aujourd'hui votre excellent blog sur le Conquet et j'ai pu
y découvrir vos informations sur le vol du tronc de la chapelle dédié à
Michel Le Noblez.
Ces éléments complètent largement mes recherches sur François L'Hostis. Je
m'étais un peu intéressé à lui car il était originaire de Landéda comme
certains de mes ancêtres. Je ne sais pas si vous êtes intéressé par des
informations complémentaires, mais voici ce que j'avais trouvé concernant sa
condamnation :
François L'Hostis, né le 26 mars 1721 à Landéda, fils de François et Marie
Léon. Condamné à 20 ans de bagne pour vols. Condamné le 14 août 1741 à
séjourner au bagne de Marseille, il a été libéré à Toulon le 18 août 1761.
J'avais aussi trouvé de manière très succinct dans "La semaine religieuse du
diocèse de Quimper" de 1907 qu'un procès criminel était intenté le 11
juillet 1740 pour le vol "des deniers du tronc mis dans un oratoire ou
chapelle dédiée à Michel Le Noblez...fait dans une maison au bourg du
Conquet".
En revanche, je n'ai pas réussi à trouver ce qu'il est devenu après sa
libération du bagne de Toulon. Je constate qu'il avait apparemment vingt ans
lors de son procès.
Sincères salutations
Norbert L'Hostis

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