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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:54
CHARLES X

 

 

Municipalité

LE HIR-QUEREON FRANCOIS GUILLAUME

1824-1828

 

Riche bourgeois, négociant et propriétaire, il est né à Blaye en Gironde en 1793,  où son père armateur et négociant conquétois avait des biens obtenus par mariage en 1784 avec une riche héritière de négociant en vins du lieu, Jeanne Thérèse Barriou. Jean René Le Hir-Quéréon est revenu habiter Le Conquet en l’an II avec sa femme, sans doute juste après la naissance de leur fils François. Les Le Hir-Barriou possèdent bateaux, maisons et terres et en particulier le manoir du Prédic en Plougonvelin.

François Le Hir-Quéréon, est nommé maire en janvier 1824 à seulement 31 ans. Il  est démissionnaire en 1828, il disparaît de la vie communale, sans que l’on ait à noter quelque chose d’important pendant son court mandat, sauf que, fait rarissime pour l’époque, le maire était célibataire.

En 1858, il figure au troisième rang derrière François Tissier et Emile Le Vessel des plus imposés de la commune.

Décédé à 77 ans,  en 1869 (vérifier) toujours célibataire, en son domicile du quai du Drellac’h, dans la maison qui deviendra l’hôtel et restaurant du port, jouxtant « la maison à créneau » et un grand magasin dans l’angle en face de la maison des Seigneurs.

 

 
CHARLES X – LOUIS PHILIPPE

 

 

Municipalité

Le Guerrannic Jean-Marie

2e retour

 

 Après à peine quatre ans d'interruption, il est  nommé  en 1828 par le préfet pour remplacer Le Hir-Quéréon démissionnaire. C’est l’époque où François Tissier vient s’installer au Conquet et devient directeur de l’usine Guilhelm de Poulconq qui extrait des sels de soude des cendres de varec’h, ces produits chimiques sont exportés vers la Normandie où il sont employés dans la fabrication du verre. Tissier amène avec lui le procédé de la fabrication industrielle de l’iode sur lequel il va bâtir sa fortune et faire de l’usine du Conquet la plus importante de France. Cette activité industrielle va réveiller Le Conquet dont la situation est déplorable si l’on en croit ce qu’écrit J.F Brousmische en 1829 : « On est frappé de tristesse en entrant au Conquet, cette ville ne sera bientôt plus qu’une misérable bourgade dont une moitié des maisons sera bientôt en ruines … Sur trois maisons c’est à peine si on en trouve une qui soit habitable ; la ronce et le lierre couvrent les débris des autres. Le Conquet est la ville la plus mal pavée du Finistère ».

La révolution de 1830 n'a aucune incidence sur la vie au Conquet, le maire se contente de prêter serment à Louis Philippe et reste en place au renouvellement de 1832.

Une remarque du sous-préfet sur une lettre du 11 juin 1831 : « le journal Le Finistère, annonce que dimanche dernier, jour de la procession, on remarquait sur la bannière de votre église une énorme « fleur de lys ». Sans attacher à cette remarque plus d’importance qu’elle n’en mérite, vous devez d’après les instructions qui ont été données par le gouvernement, il y a déjà quelques mois, faire disparaître ces signes qui n’ont rien à voir avec les cérémonies religieuses. »

 

A la fin de 1837, il quitte cette fois définitivement la vie publique. Non sans avoir pris en février de cette année-là un arrêté de salubrité publique : tous les décombres et immondices répandus habituellement dans les rues, les venelles et les routes, seront déposés désormais dans la grève de Portez ou sur le terrain vague avoisinant.

Les activités personnelles de Le Guerrannic pendant cette époque sont liées au commerce maritime puisque l’armement Le Guerrannic et consorts possède au Conquet les sloups Marie-Claudine, Jules, Providence, Saint-Joseph, Saint-Jean, Père de Famille et Eugène, le brick Amélie, et la bisquine Amélina,  qui font des transports - locaux entre Brest, Le Conquet et les îles, - nationaux en Manche, Atlantique et même Méditerranée avec des marchandises diverses, - et internationaux avec surtout le trafic du charbon du Pays de Galles vers la Bretagne. Le plus « gros » de ces navires fut l’Amélina, du prénom d’une de ses petites filles, un bateau à un pont et deux mâts gréé en lougre, longueur hors-tout 18 mètres. Quand Jean Marie Le Guerrannic se retire, les travaux des cales du Drellac’h sont en cours.

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:45

LABBE DE BLANCHARD

 

    Bénigne Félicité                                                                                              Marie Joséphine

 Labbé de Blanchard  (le chevalier)                                                                         Bordelot         

  |______________________________________________________________________|         /                                /                                            /                                       /

 

   Joseph                    Marie-Françoise           Bienaimé Yves Marie          Marie Josseline

né en 1775                    née en 1778                      né en 1783                      née en 1789

 

 

 

L’affaire du tabac :

 

Le dimanche 2 août 1818, tapis dans la dune, deux hommes aux allures de conspirateurs surveillent les manœuvre d’un sloup qui entre à Pors-Paol. Une heure plus tard le voilier est rejoint par un autre bateau. Nos deux guetteurs s’éclipsent, ils en savent assez. Faisons leur connaissance : l’un se nomme Vital Dupuis, il est propriétaire terrien, l’autre est André Allard, le garde-champêtre. Ils ont eu vent d’un trafic de marchandises prohibées, mais n’ont pas été invités à se joindre aux fraudeurs. Pour se venger, ils vont dénoncer les participants.

La nuit tombée, nos deux hommes sortent de chez Yves Le Noret, cabaretier, et descendent vers le port pour épier la suite des opérations. Par malchance pour eux, ils tombent sur un groupe d’une quinzaine d’hommes qui remontent de la grève des caisses et des ballots vers le magasin de Charles Balanger. Dupuis réussit à s’enfuir, mais Allard démasqué reçoit une sérieuse correction et on lui prend même son fusil. A la première heure le lendemain matin nos deux compères vont expliquer l’affaire au maire et au juge de paix, puis portent plainte. Les autorités acceptent de considérer les coups et blessures, mais ne veulent pas entendre parler de soupçons de fraude, toute l’île s’adonne à la contrebande, il n’est pas nécessaire d’attirer l’attention du continent sur ce sujet.

Dépités ils sortent et c’est l’occasion pour Allard d’être à nouveau rossé, cette fois par le fils Balanger qui l’attendait. C’en est trop pour le garde-champêtre qui se fait conduire en bateau au Conquet puis gagne Brest, et revient dans l’île accompagné du receveur des contributions indirectes et de son adjoint.

Conscients du danger, les contrebandiers avaient rapporté à bord du sloup la plus grande partie des marchandises, mais coincé par la morte-eau le bateau ne flottait plus. Les deux inspecteurs découvrent sur le sloup 66 balles de tabac, dépourvues des marques des manufactures de France, puis conduits par Dupuis, ils font saisie de 4 livres de tabac dans le grand clos de Balanger, de 2 livres de tabac en poudre dans le jardin du Gouverneur et enfin de 5 kilos de tabac cachés dans un tas de gazon chez Le Noret.

 

L’enquête va fournir abondance de détails sur l’affaire :

D’abord le sloup : il s’appelle Les Cinq Sœurs et appartient à Bienaimé Labbé du Conquet. C’est un de ces bateaux que l’on appelle « cendrier » car son principal trafic est de transporter depuis l’archipel de Molène les cendres de goémon, engrais réputé, vers les port de la rade de Brest et en particulier Landerneau. Le patron habituel en est Fiacre Cariou, mais pour la circonstance Labbé l’a remplacé par Jean Louis Berthelé, pilote d’Ouessant, compétent pour assurer une navigation au large. L’équipage est à la solde de Balanger d’Ouessant. Un personnage mystérieux  est aussi du voyage, il disparaîtra au retour à Ouessant. Il s’agit  du sieur Dubois de Douarnenez. Le bateau quitte Molène le 12 juillet 1818,  et arrive sans encombres à Guernesey. Là, Dubois négocie avec un nommé Henri de Garis, un chargement de tabac, 5 tonnes de charbon et diverses marchandises. Les Cinq Sœurs appareille bientôt, destination officielle Gibraltar, mais en réalité nous venons de le voir, Ouessant.

 

Tous les complices identifiés se retrouvent convoqués devant le tribunal correctionnel à Brest le 19 septembre à savoir :

Berthelé Jean Louis, pilote lamaneur

Malgorn Jacques, matelot

Balanger Baptiste Théodore, novice

Calvarin Charles, cultivateur

Cozan Thomas, marin

Cassol François, marin

Balanger Charles, négociant

Labbé de Blanchard Bienaimé, négociant

Le Noret Yves, débitant de boissons

Stéphan Paul, marchand

Ils sont prévenus de colportage de tabac étranger et de voies de fait sur un garde-champêtre. Le fils Balanger est signalé absent à l’audience (embarqué sur le brick l’Euryale), Berthelé, Malgorn, Balanger père, Labbé et Le Noret y sont représentés par un un avoué, monsieur de la Porte.

Témoins :

des soldats de la garnison,

André Allard, commissionnaire faisant fonction de garde-champêtre, 37 ans

Vital Dupuis, propriétaire à Ouessant, 37 ans

Noël Cariou, capitaine habituel du navire Les Cinq sœurs,  41 ans, demeurant à Molène

Jean Marie Cariou, marin, 16 ans, demeurant à Molène

 

 

Les prévenus affirment que l’île d’Ouessant étant affranchie du régime des Douanes par l’article 2 de la loi du 10 juillet 1791, l’est par suite de celui des contributions indirectes en ce qui concerne les tabacs. Le tribunal correctionnel renvoie l’affaire devant le tribunal de première instance.

 

En ce qui concerne les voies de faits, Balanger fils, Calvarin, Cozan, Cassol et Stéphan sont condamnés à dix mois de prison chacun, d’une amende solidaire de cent francs et du paiement des frais de procès 178 francs, puis Paul Stéphan est relaxé.

 

Au cours du procès sur la contrebande, Dupuis explique qu’avec Allard, ils étaient depuis longtemps convaincus que le sieur Balanger se livrait avec sécurité aux spéculations d’un trafic frauduleux qu’il faisait avec succès. Il était l’âme d’une société de contrebandiers organisée par ses soins à Brest, au Conquet, à Ouessant et ailleurs. Et il ajoute, j’ai appris que dans le courant de juillet, Labbé négociant au Conquet avait équipé un navire pour une expédition secrète que je soupçonnais être les îles anglaises de la Manche. Quelques temps plus tard, poursuit Dupuis, les intéressés inquiets du sort de leur navire qui a été signalé aux Douanes, s’entendent avec Marc Chaouen ancien patron du bateau de la ligne sémaphorique, pour aller à sa rencontre et lui donner des instructions. Sachant que le retour des bateaux doit se faire sur Ouessant, et que les magasins de Balanger sont prêts à recevoir les marchandises, Dupuis précise avoir écrit au commandant militaire de l’île pour l’en aviser. Celui-ci un nommé Dorée qui se trouvait alors au Conquet, a fait prévenir le garde-champêtre de mener l’enquête et Dupuis s’est offert en volontaire pour l’accompagner, c’est ainsi que les deux hommes se sont retrouvés pour surveiller la baie de Lampaul.

 

Nouvelle relation des faits :

 

Dupuis a rencontré Allard sur la dune le dimanche 2 août à une heure de l’après-midi : « Vois-tu ici ce sloup, et vois-tu là cet autre grand bateau, celui de Chaouen ? »

Les deux navires mouillent à Pors-Paol et trois étrangers conduits par François Cassol, Thomas Cozan et Michel Colin descendus du sloup se rendent chez Balanger. Dupuis et Allard vont alors chez le maire qui ne trouve pas nécessaire de visiter les papiers du sloup, ils passent alors chez Paul Stéphan, gendre de Balanger où ils ont confirmation qu’un sloup chargé de tabac a mouillé en rade et que la marchandise doit être transférée chez Balanger à 11 heures du soir. Nos « enquêteurs » en partant se poster à nouveau dans la grève, passent chez Yves Le Noret, cabaretier intéressé dans la cargaison du sloup. Cinq ou six insulaires, hommes de main de Balanger sont là à consommer. Dupuis et Allard en sortant de l’estaminet tombent sur un convoi de quinze à vingt hommes portant chacun une caisse de tabac ou une caisse de sucre. Le garde-champêtre est saisi à la gorge par Calvarin et désarmé de son fusil. Théodore Balanger le jeune fils de Balanger père, lui porte un coup de crosse au visage. Dupuis dit qu’il a été aussi maltraité et s’est enfui. Dans la nuit, Allard et Dupuis sont allés porter plainte devant le maire et le juge de paix, le maire veut bien accepter la plainte mais à condition qu’on ne parle ni de sloup ni de tabac, quant au juge de paix, il est le père de Paul Stéphan impliqué dans l’affaire. En sortant Allard et Dupuis rencontrent le jeune Balanger qui rosse une nouvelle fois le garde-champêtre.

Le 3 à 6 heures du matin,  Charles Calvarin, Thomas Cozan, François Cassol, Yves Le Noret, Paul Stéphan, Balanger père et fils, interpellés par le maire et le juge de paix, soutiennent qu’ils n’ont pas connaissance de tabac embarqué sur un sloup et qu’ils n’ont pas rencontré le garde-champêtre et Dupuis.

 

Allard part en bateau au Conquet et de là à Brest d’où il revient le 6. Le 7 août, deux employés de l’administration des contributions indirectes venus de Brest fouillent l’île et ne trouvent rien chez Balanger. Le lendemain montent à bord du sloup de Labbé et y saisissent 66 balles de tabac exotique, pour un poids d’environ 1 800 kilos, dépourvues des marques des manufactures royales de France. L’île d’Ouessant n’étant pas soumise au régime général des Douanes, les préposés de la régie prennent seulement note des autres marchandises trouvées à bord du sloup, à savoir mousseline, velours, sucre etc…

Selon Dupuis, Charles Balanger avait fait reporter de nuit le tabac à bord du sloup,  Conquet, si la mer avait monté d’un pied plus haut, le sloup aurait flotté et avec Balanger fils aîné arrivé du Conquet, Cozan et Cassol, auraient quitté Ouessant.

On assiste ensuite à la découverte de 4 livres de tabac dans le grand clos à Balanger, de 2 livres de tabac en poudre dans le jardin du Gouverneur, de 5 kilos (trouvés par Dupuis) dans un tas de gazon sec chez Le Noret.

Dupuis toujours dans sa déclaration au tribunal, fait allusion à une affaire de sel. Il accuse Balanger d’être le voleur de 3 milliers de sel . Allard et un nommé Vivenol, pas clairs dans cette affaire, craignant d’y être impliqués, refusent de témoigner contre Balanger.

 

Par jugement du 7 mai 1819,  le tribunal  civil de première instance de Brest condamne Labbé et Balanger chacun à 500 francs d’amende, à la confiscation du tabac et du sloup, et ensemble aux frais de procédure soit 608 francs. Leurs complices au nombre de 8 ont été condamnés à une amende personnelle de 300 francs. Jugement confirmé par le tribunal de Quimper.

Balanger a été nommé syndic des gens de mer à Ouessant,  malgré la mauvaise opinion du Préfet.

 

Pièce jointe :

2e division, 2e bureau.

Note pour le Ministre

Le sieur Dupuis, propriétaire à l’île d’Ouessant adressa à son Excellence en août dernier un mémoire justificatif de la conduite qu’il avait tenue avec le garde-champêtre Allard à l’occasion d’un débarquement de tabac et autres marchandises prohibées effectuées sur cette île en août 1818 par le sieur Balanger et consorts. Cette pièce contenant quelques accusations très graves contre le maire, il paraît constant d’après le rapport du préfet du Finistère, que tous les habitants d’Ouessant se livrent à la fraude, que le sieur Balanger, ancien maire, que Malgorn nouveau maire, Allard et  Dupuis eux-mêmes se sont rendus coupables de ce commerce illicite. Il y avait autrefois inimitié entre Balanger et Malgorn, estompée depuis que Balanger est devenu syndic des marins. Les habitants d’Ouessant semblent être tous des fraudeurs qui se dénoncent quand ils ne participent pas aux actions ou qu’on n’achète pas leur silence, (copie de mémoire venant de la préfecture du Finistère).

 

 

Autre pièce

Henri de Garis, négociant à Guernesey a sous loué par charte-partie à monsieur Pierre Bois jeune, négociant à Douarnenez le 18 juillet 1818, le sloup Les Cinq Sœurs du Conquet alors à Guernesey, capitaine Berthelé et trois hommes d’équipage, pour aller à Gibraltar.

Que l’exposant a chargé à l’ordre du porteur du connaissement (détail du tabac)

Que conformément à la même charte-partie, le sieur Bois avait chargé pour son propre compte à bord du navire à Guernesey cinq tonnes de charbon et quelques ballots de marchandises à destination d’Ouessant

Le sieur de Garis porte plainte contre le directeur général de l’administration des contributions indirectes de France

-pour saisie irrégulière du navire

-de son tabac

-des pertes de temps

 

Autres pièces,  7U3 21 AN

Cariou dit le 2 avril 1819 que Labbé l’a prié de faire le voyage en disant que c’était pour faire de la fraude.  Il a refusé de faire le voyage, disant qu’il ne voulait par continuation ne faire que des voyages de cendres vers la rivière de Landerneau. Labbé se rend à Ouessant le 12 juillet et revient à Molène où est mouillé le bateau, avec Jean Louis Berthelé, pilote lamaneur et un équipage. Dans la même nuit du 12 au 13 vers 3 heures du matin, Cariou est débarqué, illégalement,  sans lui donner le temps de prendre ses effets. Sans nouveau rôle d’équipage, le bateau met à la voile  avec à bord un sieur Bois comme passager.

Cariou fait cette déclaration au maire de Molène le 13 juillet et au bureau des classes au Conquet le 18 juillet.

 

Balanger qui a 44 ans est originaire du département du Cher

Labbé de Blanchard bienaimé, 35 ans, négociant patenté de 1ère classe au Conquet, y demeurant, le bateau Les Cinq Sœurs lui appartient.

 

L’objection de franchise tombe, car si Ouessant reste exempte des droits de Douanes, elle reste soumise à la règle générale en matière de prohibition. Or les tabacs étrangers étant prohibés à l’entrée du royaume, ils le sont aussi à Ouessant

 

Complément concernant la journée du 6 août :

 

Le receveur à cheval des contributions indirectes, arrivant de Brest au Conquet, va chez le commandant d’Ouessant le 6 août au soir, puis chez le le contrôleur de la brigade des Douanes qui lui arrange la patache des douanes pour le lendemain. Mais le commissaire des classes expédiant sa péniche à Ouessant,  le receveur y embarque à midi et arrive dans l’île à 6 heures du soir. Le sloup Les Cinq Sœurs se trouvaient dans le port de Lampaul, amarré en dedans de la jetée en pierre.

A Ouessant avant l’arrivée du receveur, une partie du tabac débarqué pouvait déjà être achetée auprés de Paul Stéphan, interrogatoire des soldats qui en ont acheté.

Tentatives de corruption par Balanger des soldats qui montent la garde devant son magasin.

A propos du bateau parti à la rencontre du sloup, il appartient à divers propriétaires de l’île, il est presque aussi grand que le sloup, il est commandé par Marc Chaouen qui a été pendant cinq ou six jours en croisière dans la Manche pour prévenir le sloup qu’il pourrait être arrêté par la Douane .

Marc Chaouen chez Paul Stéphan : j’ai donc trouvé le bateau, le voici arrivé.

Berthelé déclare : arrivés à Ouessant, Bois m’a payé pour le voyage et, je suis rentré chez moi. A Guernesey on lui avait demandé de conduire le bateau à Ouessant mais qu’il ne savait rien des papiers enfermés dans une boîte en fer blanc.

Balanger dit qu’il n’a rien à voir avec Bois, celui-ci lui a demandé son magasin pour quelques jours. Il connaît Labbé pour avoir participé à des ventes dans l’île comme associé avec lui.

 

Le sloup Les Cinq Sœurs ayant son nom derrière, plat-bord blanc, hiloire jaune, Labbé dit : je n’ai jamais proposé le voyage à Cariou que ne sait ni lire ni écrire et qui était « yvre » au débarquement à Molène.

« Les cinq sœurs », sont les  filles de Bienaimé Labbé et de Perrine Guillemette Barbé 

Marie Françoise Olimpe, (1807-1820)

Clarisse Marie, 1808

Jeanne Joséphine Atalie, 1810

Marie Aimé Josseline, 1812

Hortense Victorine, 1815-1821

 

Le samedi 8 août,  Jean Louis Berthelé, Jacques Malgorn et Balanger fils sont en prison pour navigation sans rôle d’équipage, sur ordre de La Fosse commissaire des classes au Conquet, par Pennec syndic à Ouessant

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:39
NAPOLEON 1er – LOUIS XVIII – CHARLES X

 

Municipalité

LE GUERRANNIC Jean-Marie

1e retour

 

 

 

-Premier retour... Requis donc par l'autorité préfectorale, il revient à contre coeur à la mairie :"Messieurs, explique-t-il à ses conseillers,  n'ayant pas été en naissant comblé par la fortune, j'avais cru qu'après avoir rempli pendant six ans les fonctions gratuites et onéreuses de maire, surtout dans un temps assez critique et difficile.... j'avais rempli ma tâche comme habitant et citoyen.. j'eus bien voulu m'éviter ces fonctions qui ne sauraient que nuire à mes intérêts personnels.. mais comme nous sommes dans un temps où il faut faire des sacrifices. J’accepte provisoirement les fonctions de maire et je promets fidélité à Sa Majesté Napoléon 1er."

En cette année 1809, les maires des communes concernées se sont réunis pour discuter du tracé de la nouvelle route qui doit conduire de Recouvrance au Conquet. Les notables s’entendent sur le parcours Recouvrance, village de la Trinité, bourg de Plouzané, pour aboutir à la grand-route Saint-Renan - Le Conquet à l’endroit appelé Kerzeveon. Il n’est pas question alors de faire passer la voie le long de la berge sud de l’étang de Kerjan qui est un marécage impraticable.

Le Guerrannic n'est ni un "politique", ni un homme de parti ou de régime. Nommé par l'autorité préfectorale, il semble indifférent aux bouleversements que connait la France. En effet, le 5 décembre 1813, s'il écrit dans le cahier des délibérations: "En ce jour anniversaire à jamais mémorable du couronnement de Sa Majesté Empereur et Roi, nous J.M Le Guerrannic, maire de la commune du Conquet, avons fait chanter un Te Deum en mémoire et action de grâces de l'heureux avènement de Napoléon à l'Empire français..", cela ne l'empêche pas quelques mois plus tard, après la chute de Napoléon, d'assurer Louis XVIII  de... "la vive joie dont sont pénétrés les habitants du Conquet de l'évènement heureux qui leur a rendu leur souverain légitime et les a délivrés de la tyrannie odieuse sous le joug de laquelle ils gémissaient depuis trop longtemps." Cette année-là on repave la Grand-Rue du Conquet depuis le monticule en-dessous du corps de garde (actuelle place de Brest) jusqu’à la rue Moan qui conduit au quai. On restaure un peu la rue Bernard avec des cailloux et des pierres de grève, quant aux autres, la rue Etroite, la rue Kerdacon, la rue Saint-Christophe et la rue Neuve, elles sont dans un tel mauvais état que le budget de la commune ne peut rien y faire. Jean François Le Quellec est retenu par la municipalité pour amener les pierres de Béniguet et Molène et pour effectuer les travaux ; les indigents valides, hommes et femmes seront employés au chantier par économie et il leur sera accordé «  une légère et proportionnelle rétribution ».

Les renouvellements quinquennaux de 1816 et 1821  confortent Le Guerrannic dans son poste. Après la mort de Louis XVIII, il fait crier à la foule "Vive Charles X le Bien-Aimé, Vive les Bourbons!", un an plus tard il se retire des affaires publiques (1824).

La misère est alors très présente au Conquet,  le 31 mars 1817, on y recense 160 pauvres, dont 74 qui ne sont pas originaires de la commune. Le conseil municipal est d’avis que les pauvres qui ne sont pas nés au Conquet, soient renvoyés dans leurs communes respectives par les soins de la gendarmerie.  On sait par ailleurs que seule une partie des plus démunis, possède une autorisation de mendier sur la voie publique, délivrée par la mairie.

Premier mai 1821, à l’occasion des fêtes célébrées pour la naissance du duc de Bordeaux, la municipalité fait distribuer cent francs de pain aux pauvres.

Par contre les paysans éleveurs de chevaux se débrouillent bien, leurs bêtes remportent des prix dans les  concours, ainsi aux foires de La Martyre en août 1821 où les sieurs Lannuzel Jean Marie, Floc’h Yves, Le Bras Goulven et Le Ven Ambroise gagnent plusieurs médailles.

-1821 : en pleine époque de disette, le 18 décembre, un navire inconnu chargé d’oranges s’éventre sur la pointe de Penzer. Les caisses viennent rapidement à la côte, mais la population avide de ces beaux fruits ne pourra pas s ‘offrir un luxe inattendu, la fièvre jaune sévit en Espagne, tout ce qui est susceptible d’en provenir est frappé d’interdit. Douanes, Inscription Maritime, municipalité, dressent un cordon sanitaire le long des grèves et font immédiatement brûler toute épave venant à la côte.

-Ouverture des ateliers de charité, on paye 10 centimes par jour les ouvriers embauchés pour l’entretien des chemins vicinaux.  Des carrières de pierres plates sont mises en exploitation à Portez et au Bizlou, mais elles coûtent bientôt plus qu’elles ne rapportent.

-Pour l’anecdote : une prime de 15 francs est allouée à Cariou René de Plougonvelin , à Mazé, Gillet et Floc’h Michel du Conquet pour la destruction d’une louve le 14 juin 1822.

 

1818 / Affaire de la contrebande de tabac à Ouessant. Inculpation de Bienaimé Labbé ancien préposé de l’Inscription Maritime du Conquet.
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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:20
                EMPIRE (NAPOLEON 1er)

 

Municipalité  PITOT François Marie

1808-1809

 

François Marie Pitot, né à Morlaix le 24 janvier 1767, capitaine de vaisseau, s’installe au Conquet en l’an IX comme commerçant, et y épouse  Angélique Marie Jeanne Renée Provost-Pennanrü (fille de François Marie Provost-Pennanru et de Elizabeth Helcun et donc petite fille de Michel Helcun, capitaine de commerce.

Pitot, enseigne de vaisseau commandait le lougre de l’Etat le Hook, quand il a pris sur les Anglais la Françoise-Marie de Torbay le 30 janvier 1793 et l’a amenée à Brest.

Vendémiaire an XI, parmi les navires préhendés pour l’Etat et amenés à Camaret en frimaire an XII on note une Marie-Françoise au citoyen Pitot, valeur 5 000 F.

Le 7 avril 1808 le voilà désigné comme maire par la préfecture.

10 septembre 1808, pour le  casernement d’une brigade de gendarmerie à pied, réquisition de la petite maison sise sur la place d’Armes au Conquet, au bout oriental de celle de Robert Menguy. Elle doit appartenir aussi à ce dernier,  car il doit la vider des objets qui s’y trouvent, la balayer pour le 12 de ce mois et en faire réparer les vitres.  La place d’Armes est sur le cadastre de 1841 entourée des parcelles 250, 262,  ( « hrs » Robert Menguy, sans doute « héritiers »), 263, 264, 282 et fait face au sud aux numéros 330 et 333)

La population du Conquet se décompose ainsi (mai 1809) : 556 hommes et garçons de tous âges, 643 femmes et filles, soient 1 199 individus dont 129 sont absents au service de terre et de mer.

Autre statistique de juin 1809, 30 hommes présents sont en état de porter les armes, 21 d’entre eux ont des fusils. Il y a dans la commune 30 charrettes, 30 chevaux de train et 6 chevaux de selle.

La mairie se déplace pour aller rue Neuve, les séances du conseil ont lieu dans une chambre au premier étage d’une maison appartenant à François Kéruzoré, pour un loyer de 36 francs par an.

Le 26 décembre 1808, entre au Conquet une prise anglaise la Diana de Dungarvan en Irlande, capturée par trois bateaux de Molène et la péniche garde-côte Telenir du Conquet.  Le 13 mai 1809,  à la vente aux enchères du bateau et de sa cargaison, Pitot emporte un lot de beurre et le bateau avec ses apparaux pour 4 200 francs. La Diana est un brick-senau construit en 1807 d’une longueur de 15 mètres.

En octobre 1809, Pitot écrit au préfet : je ne puis marcher, je suis absolument privé de l’usage de la main droite et très souvent je ne puis me servir de la gauche (il n’a pourtant que 42 ans), il réclame d’être relevé de ses fonctions et propose pour le remplacer Jean Marie Le Guerrannic.

François Marie Pitot meurt le 11 septembre 1816 au Conquet, il est âgé de 49 ans.

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:19
     CONSULAT puis NAPOLEON 1er

LE SENATUS-CONSULTE DU 28 FLOREAL AN XII (18 MAI 1804)  CONFIE LE GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE A UN EMPEREUR QUI PREND LE TITRE D’EMPEREUR DES FRANÇAIS.

 

Municipalité

LE GUERRANNIC JEAN-MARIE (père)

 

JEAN MARIE LE GUERRANNIC, né à Plougonvelin vers 1775, fils de Martin Le Guerrannic et de Marie Françoise Raguénès,  vient épouser au Conquet le 20 messidor an VII, Marie Françoise Cochohan qui exerce la profession de marchande.

Le 30 thermidor an VIII (août 1800) Christien Joseph Créac’h est nommé par arrêté du  préfet du Finistère, maire du Conquet, Le Guerrannic est au nombre de ses conseillers. Un an plus tard Créac’h démissionne, Jean Marie Le Guerrannic est désigné pour le remplacer, c’est la période du Consulat nous sommes en 1801 (ventôse an X)

Même si les denrées sont rares un arrêté municipal pris en l’an XII réglemente les marchés (chaque mardi) et foires (deux fois par an) et surtout précise la place attribué à chaque catégorie de marchandises : marché aux beurres, au-dessous du puits central de la ville, marché aux blés, au-dessus du puits, foire aux chevaux, sur le grand chemin près du Champ de bataille, et en temps de paix sur le Champ de Bataille (plus tard elle émigrera à Gorre-Conq à l’entrée de la ville, foire aux cochons dans la Grand-Rue, sur l’emplacement vis-à-vis de la demeure de Thérèse Ely (plus tard elle sera déplacée près de la croix de Sainte-Barbe),  foire aux bœufs et aux vaches le long de la Grand-Rue, marché aux fruits en bordure de la place d’Armes, marché de laines et de grains dont les habitants d’Ouessant sont dans l’habitude de faire emplette, place d’Armes, près de la maison neuve de Robert Menguy etc…

 

12 germinal an XII,  nous, maire, rapportons avoir loué de la citoyenne Elizabeth Helcun une cuisine, deux salons, une cave, un grenier et une portion de jardin pours servir de logement au citoyen Cariou vicaire du Conquet pour 90 francs/an. 60 francs sur les revenus communaux, 30 francs par le dit Cariou.    (E. Helcun, belle-mère de François Marie Pitot)

17 themidor an XII, bénédiction de la nouvelle cloche de l’église de Lochrist, elle pèse 1 285 livres et a été fondue à Brest.

La citoyenne Marie Renée Cochohan  loue à la municipalité au moins depuis le début de l’an XII, la maison commune, elle lui fournit aussi le bois, les lumières, l’encre, les plumes

Joseph Provost, propriétaire du presbytère de Lochrist reçoit par an pour le loyer du desservant Jacques Le Gall, au moins depuis floréal an XII, 90 francs/an. En 1808, le loyer est payé à madame Provost 60 francs, c’est sans doute la part de la commune, l’ecclésiastique payant le complément)

 

Le maire est confronté à tous les problèmes d'une ville de garnison en temps de guerre, avec la menace permanente des vaisseaux anglais en Iroise faisant le blocus de Brest.  Le 30 janvier 1807 au soir, 4 chaloupes anglaises venant de ces vaisseaux s’attaquent à un convoi marchand de 28 voiles en relâche sur rade du Conquet. La fusillade est vive, les Anglais finalement se retirent avec des pertes. A bord du Printemps, cotre convoyeur, qui a subi le plus dur de l’assaut, on déplore 2 tués et quinze blessés. (Edouard Corbière était mousse sur ce bateau). Les garnisons côtières sont renforcées, nouveaux soucis pour le maire qui écrit au sous-préfet : « je vous annonce qu’il est arrivé 445 hommes de troupe du 70e régiment dans la commune du Conquet, il y a 4 hommes logés chez chaque habitant aisé. On m’annonce l’arrivée de 2 compagnies de 135 hommes chacune. Il est impossible de les accepter ici, la plupart des militaires n’ont pas de lit et dorment sur la paille ».

Le Guerrannic reste à la tête de la commune (qui compte 1 200 habitants en 1806), pendant toute la durée du Premier Empire à l'exception d'une courte période, en effet s’il démissionne en avril 1808, son remplaçant  François Marie Pitot, ancien lieutenant de vaisseau, abandonne rapidement ses fonctions « en raison de ses infirmités » et la préfecture rappelle Le Guerrannic, en octobre 1809.

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:12

REVOLUTION

DIRECTOIRE ET CONSULAT (1795-1804)

 

Présidence du canton puis municipalité

CREAC’H Christien-Joseph

 

Issu d’une famille aisée de négociants, maîtres de barques, armateurs,   il est né au Conquet le 18 octobre 1736   fils de Laurent Créac’h maître de barque et de Marie Catherine Le Verge. En 1763, il a 27 ans et épouse Marie Vincente Masson.

Il est aux avants postes dès le début de la Révolution, cité sous le nom de Créac’h aîné, pour ne  pas le confondre avec Créac’h le jeune, alors avocat en parlement et procureur fiscal de Saint-Mathieu puis membre du district à Brest. Lieutenant-maire en 1790-92, signataire de la pétition contre Thomas en juillet 1793, agent national en vendémiaire an III, il accède à la plus haute marche locale le 17 nivôse an VI, quand le directoire exécutif considérant que les administrateurs du canton du Conquet sous la présidence de Le Bail ont publiquement accueilli des prêtres émigrés et déportés rentrés, qu’ils ont au mépris des lois, permis l’exercice du culte au son des cloches, et qu’ils ont corrompu l’esprit public, les destitue.

Séance du 16 ventôse an VI : Administration centrale du Finistère ;  vu la loi du 22 germinal qui interdit l’usage des cloches pour le service d’un culte :

L’administration centrale instruite qu’au niveau de cette loi et des divers ordres donnés à ce sujet, … plusieurs communes se permettent de sonner les cloches pour l’exercice de leur culte … considérant qu’il est instant de réprimer cet abus qui semble annoncer un culte dominant,  considérant que le son des cloches ne doit se faire entendre que pour le service public pour annoncer la publicité des lois et les fêtes nationales où tous les vrais amis de la liberté doivent se trouver réunis.

Le  commissaire exécutif entendu (Le Goazre),

                                                             Arrête

-art 1er : tout son de cloche est interdit quand il s’agit d’exercer un culte quelconque

-art2    : chaque agent ou adjoint de commune prendra tous les moyens nécessaires pour empêcher cet abus. Il se tiendra dépositaire des clefs des tours ou clochers qu se trouvent dans son arrondissement et ne s’en dessaisira que lorsque le bien public l’exigera.

 Christien-Joseph Créac’h, bourgeois, ancien capitaine garde-côtes, vivant de ses rentes, est, bien que faisant partie de l’administration cantonale révoquée, nommé président du canton du Conquet (Le Conquet, Plougonvelin, Trébabu, Molène et Ouessant)  le 17 nivôse an VI, François Monté ci-devant maire est  nommé agent municipal pour Le Conquet, Jean Podeur cultivateur est son adjoint. Tous trois jurent haine à la royauté et à l’anarchie, attachement et fidélité à la République et à la Constitution de l’an III.

Christophe Petton qui l’était déjà, reste commissaire du directoire exécutif, il sera remplacé le 11 prairial an VI par Guillaume Largouarc’h.

Les problèmes majeurs sont toujours les soldats : l’état-major du 4e arrondissement des côtes réside au Conquet. Sur le canton il y a plus de dix forts occupés par plusieurs compagnies de canonniers. L’armée ne paie pas les propriétaires dont les maisons servent de casernes, parfois depuis six ou sept ans, et sont très  dégradées.

 

Le canton supprimé, Christien Joseph Créac’h est tout naturellement nommé maire du Conquet par arrêté préfectoral, le 30 thermidor an VIII (août 1800) il a pour adjoint Robert Menguy, les conseillers municipaux sont au nombre de 9.

Toujours des soucis avec la troupe, le 16 vendémiaire an IX, le maire se plaint que le cantonnement fort des 161 hommes d’un détachement de la légion et des 45 hommes d’un détachement d’infanterie pèse trop lourd sur sa commune, car ils viennent en plus de la 11e  compagnie d’artillerie pour la garde-côte qui est au Conquet depuis trois ans. « Les habitants s’en plaignent beaucoup car ils ont acquis tant de connaissance de ce pays et font tant de liaison avec les mauvais sujets de l’endroit que des vols très multiples et très conséquents se commettent… » Peu de temps après le maire écrit au commandant du 4e arrondissement : «  les militaires armés quittent leurs postes la nuit et courent la campagne volant et semant la terreur. » Et, le 27 pluviôse an IX, entre huit et neuf heures du soir a été commis en cette commune un assassinat sur la personne de Marie Michelle Quéouron, commerçante, les assassins ne sont point connus. Cette dame est la mère de François Monté.

Créac’h démissionne en l’an X et meurt à 74 ans, le 14 juillet 1811.

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:10

LA CONSTITUTION DE L’AN III, LE NOUVEAU PAYSAGE MUNICIPAL

LE BAIL DE PLOUGONVELIN, PRESIDENT DU CANTON

 

Seuls ceux qui possèdent un bien peuvent voter dans les assemblées primaires au chef-lieu de canton. Les communes sont désormais groupées sous la direction d’administrations municipales de canton et l’exécutif est représenté auprès de chaque administration municipale par un commissaire nommé. Les commissaires du Directoire  requièrent et surveillent l’exécution des lois, assistent aux délibérations des assemblées, surveillent les fonctionnaires publics.

 

Un président de canton

Un agent municipal et un adjoint par commune

Le commissaire du directoire exécutif

 

Le Conquet est chef-lieu d’un canton en frimaire an IV, qui regroupe Le Conquet, Plougonvelin, Trébabu, Molène et Ouessant, cette année-là l’abbaye de Saint-Mathieu en ruines et soumise au pillage depuis le départ des moines, est mise en vente (27-29 juillet 1796). Budoc Provost, marchand de vins au Conquet en fait l’acquisition pour 1 800 livres et, à l’exception de l’église et de sa tour à feu, vend pierre à pierre tous les bâtiments conventuels.

 

Jean Le Bail de Plougonvelin est président du canton, chaque commune est représentée par un agent municipal et un adjoint, pour Le Conquet, Robert Menguy est l’agent municipal, Yves Le Bars est son adjoint. Jean Provost qui était capitaine de la garde nationale est nommé commissaire provisoire du directoire exécutif auprès du canton du Conquet. Jean René Le Hir-Quéreon le remplace comme capitaine avec François Monté comme lieutenant (29 germinal an IV).

A propos de Jean René Le Hir, il possède un canot qui est réquisitionné le 14 floréal an IV pour trois mois à 5 livres par mois pour le passage des canonniers au Croaé.

L’administration municipale du canton déménage alors la maison commune pour l’installer dans un immeuble appartenant à la citoyenne Dubosq, rue de la Chapelle, pour un loyer d’un quintal de froment par mois, ou valeur équivalente.

Les réquisitions de toutes sortes continuent :

-24 nivose an IV : considérant … l’affreuse disette des subsistances en viandes où sont réduits la place et le port de Brest, les garnisons de Landerneau, Lesneven, Saint-Renan et les côtes de Crozon, considérant que depuis près de 40 jours l’armée de terre n’est nourrie que de viande salée … un versement de 1 800 bœufs est nécessaire pour l’approvisionnement pendant un mois de Brest  et des garnisons ou cantonnements désignés.

L’administration départementale arrête : il sera fourni par les communes du ci-devant district de Brest, à raison de 20 bœufs par canton  ……….. 180 bœufs.

Le paiement aux cultivateurs fournisseurs, après présentation et expertise des bêtes sera fait sous trois mois. Signé Miorcec.

-15 fructidor an IV,  il est fait pour la subsistance des armées une réquisition de bœufs qui sera fournie

….

Par le canton du Conquet à la concurrence de 5 000 livres de viande de bonne qualité

-aucun bœuf ne sera admis s’il ne pèse 300 livres

-les bœufs seront pesés vivants

-la livre de bœuf vivant est fixée à 4 sols

 

Clergé : Ce jour 22 messidor an V de la République Française une et Indivisible, a comparu au bureau de l’administration municipale du canton du Conquet, le citoyen Jean Pierre Le Corre, curé de Plougonvelin, ayant fait sa soumission à la loi, lequel a déclaré que le jour de hier, 21 du présent, environ les quatre heures de l’après-midi, il fut requis d’aller sur la commune de Trébabu, tant pour son ministère que pour autres affaires. Il se fit accompagner d’un autre citoyen. Etant rendus sur le grand chemin conduisant de Saint-Renan au Conquet, entre Trébabu et la chaussée du moulin de Kerjan-Mol, il rencontra un grand nombre d’individus à lui inconnus, de l’un et l’autre sexe,  lesquels l’apercevant commencèrent à l’invectiver  en passant, et à crier après lui  comme après un loup enragé : « tu arrives trop tard diable noir ! » et à son compagnon « où vas-tu avec le diable ? » et répétèrent  de plus qu’il fallait chasser le diable du pays. Lui et son compagnon ne firent aucun cas de ces huées épouvantables, passèrent leur chemin sans répliquer à ces invectives.

De laquelle déclaration il demande acte, et a signé avec nous.

                                                            Jean Pierre Le Corre, curé de Plougonvelin

                                                            Christien Créac’h, adjoint municipal

                                                            Le Gléau, adjoint municipal

                                                            Lannuzel.

 

 

Pour en revenir à Monté :

Adjoint de Créac’h au canton du Conquet, (voir plus loin),  il ne le reste pas longtemps, (en fructidor an VI, il est déjà remplacé par Le Bars),  pour  se consacrer à ses activités professionnelles. En l’an XII, il est toujours boulanger, mais aussi marchand de vins et d’eaux de vie, il a un cellier sur le port.

Décédé le 23 octobre 1818 à 54ans, alors qu’il était revenu au conseil comme  maire-adjoint  de Le Guerrannic.

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:03

Municipalités

MONTE FRANCOIS

1791-An III

 

Boulanger, mais aussi armateur, il remplace Thomas après les élections du 20 novembre 1791.

François Monté, fils de défunt Hervé Monté, maître de barque et de Marie Michelle Quéouron, encore mineur (19a), épouse en 1784 Marie Jeanne Le Scao, fille d’Yves Le Scao constructeur juré de navires marchands au Conquet, présence à la signature de l’acte : son oncle Guillaume Largouarch.

 

Le 29 novembre, le sieur René Chopier notable au Conquet communique au conseil un imprimé de 27 pages intitulé Lettre pastorale et ordonnance de monseigneur l’évêque de Léon, au clergé séculier et régulier et à tous les findèles de son diocèse, et commençant par ces mots : Jean François de la Marche par la miséricorde de Dieu … et qui en résumé leur prescrit de se comporter à l’égard des prêtres constitutionnels constitutionnels de la manière que l’Eglise le prescrit envers les intrus et les schismatiques, avec lesquels on ne peut sans se rendre coupable de leur usurpation et de leur schisme, communiquer dans l’exercice de leurs fonction et se termine par Donné à Londres le 20 août 1791.  Le conseil transmet la lettre au secrétariat du district de Brest.

 

 

LA NOUVELLE CONSTITUTION (elle date de ? peut-être 15 septembre ?

Le 4 décembre 1791 à une heure de l’après-midi, la population s’est rassemblée devant la maison commune, puis un cortège s’est formé, en tête la garde nationale commandée par Jean Provost, puis le maire, les officiers municipaux et les notables, puis la foule des citoyens. Après un tour dans les rues, retour sur la place visi-à-vis de la maison commune, puis lecture par le maire de l’Acte Constitutionnel, d’abord en français puis en breton. La population a répondu aux cris de Vive la Nation !, vive la Loi !, la garde nationale en armes a fait écho. Le cortège s’est ensuite rendu sur la place de Lochrist près de la croix, où le maire a repris son discours, puis tous sont entrés dans l’église entendre les vêpres suivies d’un Te Deum. Retour au Conquet près de la croix de Poulconq où le maire alluma un feu de joie, avant de remonter vers la maison commune vers 19 heures. Le soir la ville a été  illuminée.

 

Le 6 janvier 1792, la municipalité qui n’a plus de ressources et des dettes sur 1789-90-91 décide d’emprunter dans le coffre-fort de l’église de Lochrist 900 livres, remboursables en trois ans.

 

21 mai 1792, chaque canton devant en posséder une, on en crée une dans une maison Rue Nobletz, qui avec ses dépendances appartient à la dame Le Hir veuve Lannuzel de Kerarret.

 

L’argent des impôts doit alimenter les caisses de la Nation, le Conquet est divisé en 6 sections (28 mai 1792)

1/ La ville, 2/ Prat ar Calvez, 3/ Kermergant, 4/ Kerinou,  5/ Prat Melou, 6/ Keringar. Trois commissaires issus en général du conseil municipal sont chargés de faire payer aux propriétaires les contributions foncières.

 

22 juin le département a octroyé une somme de 3000 livres pour la réparation du port

 

Le 11 juillet 1792 la patrie est déclarée en danger par un acte du corps législatif. Les conseils généraux des communes doivent rester en état de surveillance permanente, la garde nationale doit être mobilisable au premier signal, tous les Français doivent porter la cocarde nationale. Un arrêté de l’administration départementale stipule que :

 

1/ tout ecclésiastique doit prêter sous huit jours le serment civique sous peine d’arrestation

2/ sinon il a le choix entre la détention au château de Brest ou la déportation sur les côtes d’Espagne, du Portugal ou d’Italie.

3/ les frais d’arrestation sont à prendre sur les fonds du culte

4/ une prime de 72 livres sera octroyée à celui qui conduira au district un prêtre non assermenté

5/ les municipalité négligentes seront sanctionnées.

 

Cahiers d’Etat-Civil : à partir du 11 juillet 1792, ils sont datés de l’an 4 de la Liberté, et à partir du 16 octobre 1792, de l’an 1 de la République.

 

Le 14 juillet 1792, François Monté et Michel Penvern sont désignés pour aller assister le 14 juillet 1792 à la fête de la Fédération à Brest.

 

9/10  AOUT 1792 LA MONARCHIE EST RENVERSEE

 

René Chopier, notable, est investi par un titre des administrateurs du Finistère du 3août, qui lui donne commission pour recruter dans toutes les municipalités du canton des hommes pour les « Volontaires nationaux » en garnison à Brest, à Morlaix, pour la réserve de l’intérieur ainsi que pour les compagnies de Chasseurs nationaux, troupes de lignes à pied et à cheval, et pour les frontières. Le 12 août Chopier et son adjoint Jean Provost ont gardé leur bureau ouvert, il ne s’est présenté personne. Par contre le 19 août, pour servir dans les batteries du goulet de Brest, 7 Conquétois déclarent s’engager volontairement.

 

20 septembre, le port du costume ecclésiastique est interdit en dehors de l’exercice du culte, les cloches et l’argenterie sont enlevées des églises , les biens des fabriques sont mis en vente.

 

NOM

 

 

Date de l’absence

AMELIN

 

Curé du Conquet

1792

CARIOU François

 

Vicaire

1791

GOUZILLON DE KERMENO (2)

 

Ex-nobles

1792

KERMERGANT René

 

Curé

1792

KERSAUZON DE GOASMELQUIN

 

Officier de marine

1792

LANNUZEL DE KERARRET René Marie

 

Pilotin

1792

LE GALL Jacques

 

Vicaire

1792

MARC Guillaume

 

Vicaire

1792

OALENNEUR

 

Prêtre

1792

QUERE Jacques

 

Vicaire

1792

TUAL

 

Prêtre

1792

 

 

9 novembre 1792, Monté est réélu maire, Guillaume Thomas est  rentré dans le conseil.

 

6 décembre 1792, pétition d’Elisabeth Le Hir, veuve Lannuzel, tentant de se soustraire au paiement d’une somme de 1101 livres 14 sols, qu’elle doit en vertu de la loi du 12 octobre dernier pour la solde, l’habillement et l’équipement de deux gardes nationaux, volontaires soldés, en remplacement de son fils émigré ou censé tel, ne pouvant pas prouver sa résidence en la République. Elle est accompagnée d’un inventaire fait chez elle au décès de son mari. Veuillez bien délibérer et nous renvoyer le tout sous le plus court délai, revêtu de vos informations. Signé Mével.

 

La grande affaire qui survient est celle du vote négatif conquétois le 26 juillet 1793 concernant l’Acte Constitutionnel. La Constitution de l’An I est ratifiée par le peuple français avec 1 800 000 « oui » pour seulement 17 000 « non » et les électeurs conquétois ont voté « non ».

Le responsable en est l’ancien maire Guillaume Thomas, qui a harangué les électeurs en breton, pour les dissuader d’accepter l’Acte Constitutionnel. François Monté et son conseil municipal, faisant fonction de comité de surveillance, le font arrêter le 7 frimaire an II. Transféré à Brest au Fort la Loi, le 24 thermidor Thomas qui a alors 33 ans, est condamné à la déportation, et à la confiscation de ses biens, Jean Provost et Jean François Corric notables sont désignés comme commissaires aux séquestres conjointement avec le juge de paix du canton Largouarc’h.

Sur le registre des contributions foncières de l’an III, Suzanne Lamour est dite veuve Thomas, donc l’ancien maire est mort entre-temps mais où  et comment ?

Le séquestre est mis sur les biens de Thomas en date du 15 fructidor, il est levé en prairial an III, René Thomas et Suzanne Thérèse Lamour obtiennent les clés des armoires.

En même temps que Thomas, sont arrêtées par le citoyen Terrier commandant de la force armée en cantonnement au Conquet, 14 personnes suspectes dont 11 femmes, parents d’émigrés et « fanatiques outrés ».

Le conseil général de la commune effaré par les conséquences possibles du mauvais vote du canton s’empresse sous l’impulsion du procureur Cézar François Mazé-Launay, dès le 29 juillet, d’envoyer au président de la Convention Nationale le billet suivant :

« Le conseil général du Conquet ainsi que les citoyens présents  considérant  l’importance de l’Acte Constitutionnel et vu que l’intrigue a prévalu sur leur civisme dans l’assemblée primaire du canton et que malgré tout leur zèle à faire accepter le dit acte, les électeurs ont voté contre :

- Ils arrêtent qu’ils acceptent à l’unanimité l’Acte Constitutionnel sans restrictions et que si la cabale a prévalu dans l’assemblée primaire, ils ne l’ont vue qu’avec douleur triompher. Suivent une cinquantaine de signatures du maire et des conseillers,  de fonctionnaires publics, de patriotes.

 

François Monté et son conseil municipal doivent répondre à toutes les réquisitions de l’administration centrale, le district de Brest.

-fournitures de chevaux

-fourniture de logements pour la troupe

-fourniture de grains, de fourrages et de viandes etc…

Le conseil estime impossible de satisfaire aux réquisitions de céréales, car la commune doit déjà fournir des vivres aux habitants de Molène, des biscuits aux navires de Laber-Ildut, de Brest…, aux barques en relâche sur les rades du Conquet ainsi que dans le port. Les administrateurs du district de Brest se fâchent, accusent les élus conquétois de laisser les terres de la commune non cultivées … « Citoyens !… nous tremblons pour vous sur les suites qu’entraînera votre négligence. Nous vous en prévenons une dernière fois, la loi fera le reste. Que des commissaires nommés par vous inspectent donc les terres et les fermes de votre commune ; qu’ils rapportent sur le champ leur procès-verbal de celles qui sont négligées… Si au contraire tout est cultivé comme d’ordinaire, pourquoi refuser de nous rendre ce compte satisfaisant ? Plus de tiédeur : elle est funeste au Gouvernement Révolutionnaire ;  réponse sur le champ. »  Billet signé Branda, Nicolas Duval et Contregalant, administrateurs du district de Brest.

 

La récolte du salpêtre : la France importait du salpêtre pour la fabrication des poudres à canons, elle décide d’en produire elle-même, des « commissaires au salpêtre » passent dans les communes former des responsables qui devront en assurer la production. Au Conquet Laurent Ely forgeron et Jean Provost  commandant la garde nationale locale vont suivre les démonstrations (ventôse an II) ;  par la suite toutes les cendres provenant des fours communaux et de ceux des boulangers sont en réquisition et sont tenus les fourniers de livrer leurs cendres au dépôt où elles seront pesées et où il leur sera délivré un bon pour être payés selon la taxe qui sera déterminée. Ils sont tenus de faire la première livraison la 3e décade de ce mois et de continuer toutes les décades sous peine d’être punis selon la rigueur des lois. Tout buandier ou particulier qui permet la lessive est requis de déposer ses cendres au dépôt après avoir blanchi son linge. Ces cendres doivent servir selon la lettre de la commission des armes et des poudres, à lessiver les terres pour obtenir le salpêtre.

L’agent du salpêtre au Conquet, un nommé Gurtler, employé des douanes, s’énerve : il écrit au maire « le travail ne se fait pas … la nécessité d’accélérer l’extraction du salpêtre exige d’aller à Beniguet pour faire brûler toutes les herbes ou broussailles pour en extraire le salin », et il demande un bateau pour se rendre dans l’île.  L’atelier choisi comme local industriel pour cette entreprise est l’église de Lochrist, mais les résultats doivent être bien mauvais car le 17 germinal an III alors que les travaux sont suspendus on ne sait depuis quand, le canton met en vente les matériels : 33 barriques, 13 demi-barriques, 3 berceaux, une grande écuelle de bois et environ une barrique de cendres. Le tout estimé à 352 livres.

Culte :

La loi du 11 prairial an III permet à tous les prêtres de célébrer le culte à condition de prêter serment aux lois de la République, René Kermergant, Jacques Le Gall puis Jean Pierre Le Corre déclarent s’installer au Conquet pour y exercer leur ministère. Le Corre  prête serment sous la forme : « Je reconnais que l’universalité des citoyens français est le souverain et je promets soumission et obéissance aux lois de la République », il ne semble pas que les deux autres ecclésiastiques en fassent autant car quelques temps plus tard ils figurent dans une liste de prêtres réputés réfractaires et dont le lieu de retraite est ignoré des autorités.

23 messidor an III l’église de Lochrist  est réouverte, tant pour les assemblées ordonnées par la loi que pour l’exercice du culte. Un litige s’élève quand à la propriété de la chapelle de Poulconq : la chapelle est absolument dans la grève au point qu’on ne peut la fréquenter que dans la morte-eau, cette chapelle n’a toujours été entretenue que par les âmes pieuses, au surplus la commune du Conquet ignore l’origine et le propriétaire qui prétend aujourd’hui s’emparer de cet édifice que la dite commune a toujours considéré comme un bien national. Suit l’inventaire fait en 1793 par la municipalité en compagnie de Marguerite Dubosq.

Concernant les presbytères :

L’administration centrale charge l’administration cantonale du Conquet de faire vider sur le champ le presbytère de Lochrist et tous ceux qui seraient occupés par des prêtres et les mettre en bail de 3 ans au plus offrant et dernier enchérisseur. En ce qui concerne Lochrist, des experts doivent fixer  le loyer que doit payer le prêtre qui en est expulsé pour y avoir résidé jusqu’à ce jour.

 

Garde-champêtres, la loi du 20 messidor an 3 ordonne l’établissement de gardes-champêtres dans toutes les communes rurales. Les administrations cantonales établiront le nombre de gardes-champêtres qu’elles croient nécessaire et proposeront le traitement qu’elle jugeront convenable. Ce traitement aura pour base une économie prudente qui offrira néanmoins un salaire honnête.

 

Le 16 pluviose an IV, la municipalité du Conquet reçoit un billet signé de Berthomme, président de l’administration centrale du Finistère : « Organisation de la fête de la juste punition du roi des Français. La cérémonie devra être simple pour éviter toute dépense extraordinaire, elle sera solennelle par la réunion des fonctionnaires publics qui en s’abstenant des prétentions futiles de préséance présenteront l’image intéressante d’une famille ayant pour chef le 1er magistrat du peuple dans chaque arrondissement. »

 

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 13:54
La Révolution
ASSEMBLEE CONSTITUANTE
Puis
ASSEMBLEE LEGISLATIVE 1er OCTOBRE 1791

 

Municipalité

THOMAS GUILLAUME

1790-1791

 

Le décret de l’Assemblée Nationale du 14 décembre 1789 définit la constitution municipale des Communes. Le 26 février 1790 le département du Finistère est créé, chef-lieu Quimper.

Guillaume Thomas, fils de François Thomas de Lampaul-Plouarzel, marchand de vins, se fixe au Conquet en 1785 par mariage avec Suzanne Thérese Lamour, fille de Joseph Lamour, maître de barque. Il est  tête de liste des signataires du cahier de doléances du Conquet en avril 1789

 

Au 7 mars 1790, le Conseil Municipal du Conquet se compose de Guillaume Thomas,   maire, il a pour l’assister 5 officiers municipaux dont Christien Créac’h dit Créac’h aîné lieutenant-maire, et 11 notables. Le procureur de la commune et un greffier assistent aux séances.

 

Le 20 mai 1790, Le Conquet devient chef-lieu de canton.

 

20 juin 1790,  au prône de la grand-messe à Lochrist les habitants sont convoqués pour le jour même à une heure de l’après-midi sur la place du marché au Conquet  pour procéder à la nomination des électeurs pour l’assemblée qui doit se tenir le lendemain à Brest afin de choisir les députés qui iront à Paris pour la Confédération des troupes nationales. 6 personnes  sur les 114 « militaires nationaux » présents dont François Monté, sont élues pour aller à Brest.

 

Le 11 juillet 1790, le maire prononce un discours devant son Conseil pour inviter tous les citoyens de plus de 18 ans capables de porter les armes, à se réunir le mercredi  14 juillet  sur la place du Conquet pour faire solennellement le serment  de la Fédération : «  Nous jurons de vivre libres ou de mourir à la même heure que la France entière ! »

 

Une proclamation du roi du 18 juin 1790 demande aux citoyens de s’inscrire pour la garde nationale, âge minimum 18 ans, au Conquet le registre reste vide, après une nouvelle annonce il est déclaré rester ouvert jusqu’au 3 octobre.

 

La municipalité de Brest s’insurge contre la fixation du chef-lieu du département à Quimper et réclame son implantation  à Landerneau. Le 5 septembre 1790, Michel Podeur, agriculteur à Kerinou, notable de l’administration municipale du Conquet,  est désigné pour aller avec les représentants des autres municipalités du canton, et ceux du district de Brest, à Landerneau pour y réclamer le report de la décision parisienne.

 

Le maire et son conseil ont pour soucis principaux :

 

-Identifier les émigrés et procéder à la saisie de leurs biens

 

-Régler les affaires religieuses (serment des prêtres exigé par la Constitution civile du clergé,  inventaire et acquisition des biens ecclésiastiques)  Les cinq derniers moines de Saint-Mathieu ont été expulsés en juillet 90. Mais quand  la municipalité du Conquet manifeste en novembre 1790 son intention de faire l’acquisition de tous les biens domaniaux et ecclésiastiques sur le territoire de la commune et en particulier les prairies du Goazel à messieurs les religieux, il est trop tard, le délai pour la soumission est expiré depuis septembre..

Détail des biens religieux :

Le lieu de Robine au bourg de Lochrist, maison couvertes de gleds, François Le Guen en est le locataire

Un coutil terrre chaude au terroir de Kernaffran et trois sillons au champ du moulin à vent du Bilou, affermés à René Le Gall

Le lieu de Kerengar consistant en maisons terres et dépendances, affermé à Jean Lucas

Deux parcs terre chaude au terroir Feunteun Doun près de Poulconq, affermés à Jean Le Rouzic

Une maison et crèches au village de Kermergant, plus un jardin et un petit courtil terre chaude et au terroir de Pors Padel (grève bleue) un parc terre chaude, et une parcellée au champ de Saint-Mathieu affermés à Robert Menguy.

Au terroir de Croas ar Veyer, quatre parcs terre chaude, affermé à René Menguy et consorts

Au terroir de Prat ar Calvez, deux  courtil , et une portion de courtil près de Kérivin, affermés à François Michel.

 

 

-Arbitrer les conflits entre prêtres assermentés et réfractaires

La constitution civile du clergé est votée par la Constituante le 12 juillet 1790, à partir de novembre, le serment de fidélité à la constitution du royaume est exigée de tous les prêtres. Les ecclésiastiques se divisent en deux factions ennemies, les assermentés ou constitutionnels ou « jureurs »,  et les réfractaires qui sont majoritaires dans l’ouest. . Aux élections municipales partielles de novembre 1790, qui ont lieu dans l’ancienne chapelle Sainte-Barbe, l’abbé Marc élu au conseiller, donne immédiatement sa démission.

 

-Identifier les émigrés et procéder à la saisie de leurs biens

-effacer les armoiries , écussons et autres marques des ci-devant  gentilhommes, dans tous les lieux apparents, portes, chapelles, églises … enlever les bancs seigneuriaux…

 

Le 4 novembre 1790, le procureur de la commune du Conquet remontre qu’il est urgent de pourvoir à la nomination d’un successeur au dit François Le Guen, marguillier de Lochrist  et aux autres marguilliers subalternes des églises et chapelles de cette municipalité..  et qu’il est urgent aussi de surveiller à la sûreté et à la conservation des fonds, titres et autres effets appartenant au dites églises et chapelles  … qu les fonds et titres étant renfermés dans la chambre haute de la sacristie de Lochrist y sont peu en sécurité. Les fonds peuvent être volés, les titres par l’humidité naturelle du pays peuvent se gâter. On ose même dire qu’ils sont gâtés vu qu’on a fait aucune ouverture pour y donner de l’air depuis huit ou neuf mois. Le procureur demande que ces papiers soient confiés à la municipalité.

 

 

Le 20 décembre 1790, l’assemblée primaire de tous les citoyens actifs du canton du Conquet  nomme (à main levée) Guillaume Largouarch, juge de paix, qui prête serment : «  je jure de maintenir de tout mon pouvoir la constitution du royaume décrétée par l’assemblée nationale et acceptée par le roi, d’être fidèle à la Loi et au Roi, et de remplir avec zèle et impartialité les fonctions de mon office.»

 

L’agitation réfractaire : l’agitation réfractaire est très vive dans le Finistère, les gens du peuple veulent garder leurs prêtres, ceux d’avant la Révolution, ces derniers, plus ou moins ouvertement continuent à célébrer le culte. Débordée, la Constituante autorise en mai 1791 le culte célébré par les réfractaires à condition qu’il se pratique en privé. Les constitutionnels s’émeuvent, risquant de perdre tous leurs fidèles, la guerre religieuse se déchaîne.

 

Fin mai 1791 : Renaud, Tilly, Esprit Dufaur et Michel Helcun signalent au conseil municipal du Conquet qu’elles s’alarment d’une assemblée suspecte qui s’est faite le 24 dans la chapelle de Poulconq. Le citoyen Le Gall ci-devant vicaire, convoqué, affirme qu’il ne s’agissait que d’une messe qu’il était venu dire sur la demande d’un particulier. Le conseil invite Le Gall à ne pas récidiver.

 

Louis XVI s’enfuit dans la nuit du 2 juillet 1791, il sera arrêté à Varennes

 

Un arrêté du 2 juillet 1791 ordonne la fermeture des églises et chapelles autres que les églises paroissiales, et l’arrestation des prêtres non conformistes et réfractaires. Au 25 juillet, les prêtres et vicaires « réfractaires », ont trois jours pour se rendre à Brest en état d’arrestation, les chapelles doivent être fermées dans les 24 heures.

Une nouvelle circonscription de paroisses regroupe Le Conquet, Lochrist, Plougonvelin, Saint-Mathieu et Trébabu (première quinzaine de juillet), ce qui totalise environ 3 000 âmes.

La chapelle Saint-Christophe rendant le service d’église paroissiale restera seule ouverte au culte, la messe du dimanche célébrée par l’abbé Marc sera retardée à 6h30 ou 7h pour la commodité des habitants les plus éloignés.

Gabriel Le Scao marguillier est prié de faire fermer la chapelle de l’Ange Gardien dans le cimetière de Lochrist.

Mademoiselle Margueritte Du Bosq agissant pour le ci-devant seigneur de Poulconq fermera celle de Poulconq

Le sieur Tilly fermera celle de Saine-Barbe

   

-Organiser l’accueil des troupes en garnison, le 2e bataillon du 39e régiment de l’Ile de France arrive le 1er juillet 1791, il n’y a aucun bâtiment convenable pour les loger donc on les place comme on peut chez des particuliers, puis on désigne comme casernes la maison d’Olivier Cornu rue Poncelin, deux maisons à Le Dall-Quéréon à Gorre-Conq, et comme corps de garde une petite maison sur la place au milieu du Conquet appartenant à madame veuve Tanguy Provost, pour le meubler un fanal, table, bancs et autres ustensiles nécessaires appartenant à la ci-devant province de Bretagne, qui se trouvent dans le magasin du sieur Louis Provost. Le 5 juillet  la troupe sous le commandement de monsieur de la Noesèche s’assemble sur la place du Marché et devant le maire et les officiers municipaux le serment civique est renouvelé (par écrit pour les officiers). Labbé commissaire des classes de la Marine prête également serment.

 

Le 14 juillet, grande cérémonie, les officiers municipaux se rendent en corps à la chapelle Saint-Christophe devant laquelle sont réunies les troupes de ligne et la garde nationale du Conquet dont les officiers ont été nommés par les citoyens actifs de la commune le 10 juillet. Après la messe dite par le curé Le Corre de Plougonvelin, le maire fait un discours insistant en particulier sur le serment civique. Puis les troupes défilent jusqu’à la place du Marché, où les officiers de la garde nationale prêtent serment. Le capitaine commandant le détachement des soldats prête à son tour serment au nom de ses officiers et de la troupe : « Je jure fidélité à la Nation, à la Loi, au Roi ! »

La garde nationale dite provisoire a pour état-major :

Jean Provost, commandant, François Le Cail premier capitaine, François Lannuzel second capitaine, Yves Marie Le Coat premier lieutenant, François Du Villard second lieutenant, Pierre Léger Renaud troisème lieutenant.

 

L’agitation réfractaire continue : affaire Le Gléau / Le Gall

 

L’ASSEMBLEE LEGISLATIVE SE REUNIT POUR LA PREMIERE FOIS LE 1er OCTOBRE 1791

 

Guillaume Thomas ne se représente pas ou n’est pas réélu le 20 novembre 1791, le scrutin se déroule dans l’ancienne chapelle Sainte-Barbe, Monté le remplace comme maire. Thomas revient au conseil comme notable en 1792, année où il achète une maison sur le quai du Drellac’h. Début 1793 on le retrouve commissaire pour examiner les biens laissés par les émigrés, puis c’est l’affaire de l’Acte constitutionnel où il perdra la vie.

Voir plus loin…

 

CHRONOLOGIE DES EVENEMENTS

 

9/10 AOUT 1792, LA MONARCHIE EST RENVERSEE

 

LOUIS XVI EST GUILLOTINE LE 21 JANVIER 1793

 

10 FEVRIER 1793, GUERRE CONTRE LA HOLLANDE ET L’ANGLETERRE

 

24 FEVRIER 1793, LEVEE EN MASSE DE 300 000 HOMMES

INSURRECTION DANS LES CAMPAGNES

 

9 MARS 1793, INSTAURATION DU TRIBUNAL REVOLUTIONNAIRE

 

5/6 AVRIL 1793, CREATION DU COMITE DE SALUT PUBLIC

 

JUIN 1793, FIN DE LA GIRONDE

JUILLET 1793, MISE EN ACCUSATION DES ADMINISTRATEURS DU FINISTERE

 

JUILLET 1793 CONSTITUTION DE L’AN I

INTRODUCTION DU CALENDRIER REVOLUTIONNAIRE

LE 22 SEPTEMBRE 1793 DEVIENT LE PREMIER VENDEMIAIRE AN II

 

OCTOBRE-DECEMBRE 1793,  DEBUT DE « LA TERREUR »

 

9 THERMIDOR AN II, CHUTE DE ROBESPIERRE

 

FRUCTIDOR AN III VOTE DE LA CONSTITUTION DE L’AN III QUI CONDUIT A LA MISE EN PLACE DU DIRECTOIRE : 26 OCTOBRE 1795

 

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 17:13
Bonjour à toutes et à tous, ouverture ce jeudi 8 janvier 2009 d'un blog destiné à recevoir des communications concernant l'histoire locale du Conquet (29) et l'histoire maritime dans un domaine plus large.

En un premier temps, j'alimenterai ce blog avec des textes issus de mes propres recherches commencées vers 1970.
                                                          
Jean Pierre Clochon     

                    Pour me contacter :  
jean.pierre-clochon@wanadoo.fr
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  • : Le blog de jean.pierre-clochon@wanadoo.fr
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  • : Sujet : histoire locale du Conquet et histoire maritime d'un point de vue plus général. Mise en ligne de mes dossiers constitués à partir de recherches dans toutes sortes de documents et d'archives depuis 1970. Je demande seulement qu'en cas d'utilisation de tout ou partie d'un dossier, la source en soit citée, et que pour une utilisation commerciale j'en sois informé. JPC
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