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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 18:05

L'ILE BENIGUET, située à une distance moyenne de 5 km du Conquet a une superficie de 57 hectares, sa forme générale ressemble vaguement à un os allongé, elle est orientée sud-ouest/nord-est. .. Cette île n'a jamais eu d'autonomie ni de gouvernement propre, son "histoire" se rattache donc à celle de ses propriétaires : comtes de Léon, religieux de St-Mathieu, famille de Kerlec'h, puis à sa dépendance administrative : commune de Ploumoguer jusqu’en 1899, puis commune du Conquet.

 

EPOQUE MEGALITHIQUE. L'île était habitée, des ensembles de pierres levées en témoignaient encore au siècle dernier. Fréminville écrivait: "dans l'île de Beniguet il y a quelques menhirs et deux de ces dolmens d'une construction particulière que les anciens auteurs désignaient du nom de "Cellae" (loges ou cellules),  parce qu'ils sont fermés de toutes parts, car composés de 4 pierres plates plantées verticalement en carré et soutenant la plateforme. Des ossements humains y ont été recueillis".  Le lieutenant de vaisseau Devoir, archéologue passionné, ajoutait : "L'île conservait encore en 1835, trois allées couvertes, précédées par une double rangée de menhirs, côté sud. Quelques sarcophages (pierres plantées de champ formant rectangle  et recouvertes par une dalle plate), contenant des ossements humains ont été exhumés près de la maison du fermier.

 

EPOQUE GALLO-ROMAINE. "Beniguet : l'île est toute jonchée de fragments de poteries romaines. Les Romains y eurent donc un établissement d'une certaine importance" (Devoir.  La Bretagne Touristique 1922).

 

MOYEN AGE.  L'île appartient alors aux comtes de Léon dont la cour réside à Lesneven. En 1169, ils la lèguent aux moines de St Mathieu, l'île est réputée bonne terre agricole et bonne pâture. Les religieux la font exploiter par des fermiers, les revenus viennent s'ajouter à ceux déjà importants de l'abbaye.

 

XVIe SIECLE. 1559, les moines cèdent Beniguet pour 8 livres de rente par an, à Jean de Kerlec'h, sieur du Plessis (Plessis-Quinquis, manoir sur la route du Lannou à Ploumoguer).  En 1680, la famille de Kerlec'h est toujours propriétaire "d'une isle appelée l'isle bénite, située dans la mer océane et d'elle entourée, contenant une lieue et demy de circuit, en laquelle il y a une maisonnette couverte de gleds, non habitée, avec la ruine d'une vieille chapelle Notre-Dame, regardant du midy la dicte paroisse de Plougonvelin et l'abbaye de Saint-Mathieu et d'eux éloignée de trois à quatre lieues, tenue en ferme par François Le Gal et Guillaume Quellec, pour en payer par an la somme de vingt-sept livres.............................................................................
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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 17:23

LA DEUXIEME MOITIE DU XXe SIECLE ET LA DISPARITION DE L'ACTIVITE

Le dernier bateau construit par Belbéoc'h alors âgé de plus de 80 ans, a été la Marie Elisabeth une vedette de 4,39 tonneaux, équipée d'un moteur Baudouin de 10 cv, mis à l'eau en 1951 pour son beau-fils Jean Jestin. Le bateau a été vendu à Camaret en 1953.

 

 

CHANTIER  EMILE LE BRIS, le chantier  Emile Le Bris a dû s'installer au Croaë dans l'immédiat après- guerre. Il existe en 1948 car Le Bris embauche pour un contrat d'apprentissage de deux ans le 10 octobre de cette année-là  le jeune Jean Cozan, originaire de Ouessant, fils d'un gardien de phare de Saint Mathieu. Emile Le Bris a construit en 1951  le Saint-Yves, 2.79 tonneaux,  moteur Bolinders 6 cv, pour Yves Le Bris qui ne l'a conservé que jusqu'en 1959. Je pense (à vérifier), que Le Bris faisait surtout de la réparation, sa cabane, pas très grande,  était au bord de la grève, perpendiculaire à celle de Belbéoc'h, mais côté ouest de l'entrée de la passerelle,

 

CHANTIER MIRIEL

 

Gilles Miriel a pris en 1953 la succession de Pierre Belbéoc'h en lui achetant la cabane-abri du chantier. Dans ses débuts, Miriel a été associé à Emile Le Bris. La série "pêche" de chez Miriel commence avec le lancement du Notre-Dame de Lourdes en 1959

 

 

 

 

 

 

 

 

1959

Nd de Lourdes

7252

5.42

16

diesel Baudouin

Yves Le Bris

1959

Jeannot

7301

5.50

 

 

Barbaro (Beniguet)

1960

Petite Helene

7320

6.68

24/28

essence Baudouin

Louis Marec

1964

Stereden Breiz

7352

7.41

30

 

Yves Quéméneur

1964

San Josef

7370

4.64

24

 Baudouin

Alexis Vaillant

1964

Gwerc'hez Vari

7450

4.87

32/35

Perkins

Marcel Riou

1964

Etoile du Matin

7469

5.04

44

Bolinders

Jean Le Goaster

1964

Coup de Roulis

Erquy

 

80

 

Louis Duclos

1965

La Venus

7500

2.29

39

Bolinders

Le Dot Emile

1965

Christian Marie

7532

10.70

80

diesel

Jean le Bris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis Miriel qui avait pour compagnon Eugène Paugam, ferme son chantier en 1969, le terrain tombe à l'abandon. Le site sera repris en 1985 par les frères d'Alançon.

 

AGMAR 1985 – 1989

 

Dans un hangar neuf au Croaé, les frères Bertrand et Marc d'Alançon relancent la construction navale au Conquet, construisant ou habillant des coques en résines synthétiques et bois. De leur atelier qui sera transféré dans les anciens locaux de l'entreprise de bâtiment Tanguy près du stade, sortent des unités de plaisance ou de pêche, jusqu'à une douzaine de mètres. Mais pour amener les bateaux neufs d'un certain tonnage sur remorques à travers les rues du Conquet jusqu'à la cale de Poulconq ce n'était pas une mince affaire avec les traversées d'aériens d'EDF et du téléphone.

En 1989, Agmar quitte Le Conquet pour les quais du Corniguel à Quimper. L'un de leurs premiers navires construits sur les bords de l'Odet sera le Moby Dick un catamaran de pêche de 11,50 mètres pour Yvon Lagadec du Conquet.

 

 

PLASTI-BOIS  1990 – 1992

 

En 1990, la société Plasti-Bois, fondée par deux jeunes, transfuges d'Agmar, un Conquétois et un Molénais, Ronan le Noach et Fred Le Bousse, reprend le hangar d'Agmar et se lance dans la construction navale "plastique et bois" et dans la réparation, car la flottille de pêche du Conquet forte d'un peu moins de quarante unités, navires en bois, polyester, ou même métal a besoin d'un chantier sur place, capable d'intervenir dans de brefs délais, sur la moindre avarie ou pour des travaux de maintenance ou de transformation plus lourds.

Plasti-bois a vécu une aventure particulière avec la construction du Leier-Eussa,  réplique pour Brest 92 d'un bateau dit "pilote d'Ouessant", sorte de petite gabare pontée d'environ 8 mètres, utilisée grâce à ses qualités de voilier manoeuvrant et assez rapide, pour mettre des pilotes à bord des navires qui en sollicitaient ou bien se trouvaient en difficultés aux abords d'Ouessant.

Fin 92, Le Noach et Le Bousse abandonnent le grand hangar, bien placé mais mal commode pour travailler du Croaé, et reprennent des bâtiments industriels à quelques kilomètres du Conquet pour continuer leurs activités, cette fois sur la commune de Plougonvelin.

 

Depuis il n'y a plus de chantier naval au Conquet

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 17:19

QUELQUES NAVIRES CONSTRUITS PAR BELBEOC’H AU CONQUET

 

 

 

 

 

 

1907 (21/01)

Petit François

2129

2.90

 

1907 (30/03)

Emilie

2155

3.14

 

1907 (02/12)

Ste Anne d'Auray

2232

12.17

 

1910

Nd de Trézien

2475

4.45

 

1910

Vierge de Massabielle

2516

12.16

Pilote

1912

Ste Anne

3082

12.61

 

1912

St Jean

3159

4.45

 

1912

Talisman

3169

12.61

 

1913

Nd d'Esperance

3281

 

Molène?

1914 (15/01)

Oiseau des Mers

3296

15.98

 

1914

Ste Marie

3364

14.69

Pilotage / Molène

1914

Alfred

3375

14.69

 

1914

Lucia

3391

10.11

Pilotage / Portsall

1915 (24/04)

Général Joffre

3405

11.55

 

1907

Genêt

3375

1.33

 

1922

As des As

3908

8.33

 

1923

Ste Marie

4200

8.33

 

1926

Reine des Iles

4702

5.93

 

1927

Fleur des Algues

4860

7.46

 

1927

Dom Michel

4875

7.46

 

1928

Aimé et André

 

11.70

Molène

19

Madeleine

6008

1.89

 

1930

Triple Entente

6520

14.72

 

1948 (février)

Mont Pelé

6736

10.93

 

1948

Croix de Lorraine

6737

16.00

 

1948

 

6776

10.71

 

1949

Savorgnan de Brazza

6823

10.00

 

1950

Croix du Sud

6849

2.55

 

1951

Marie Elisabeth

6891

4.39

 

 

 

 

 

 

 

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 17:17

ACTIVITES AU CROAE DANS LA PREMIERE MOITIE DU XXe SIECLE

 

CHANTIER BELBEOC’H. Jean Pierre Belbéoc'h est né à Camaret en 1870, constructeur de navire en ce port, il le quitte en 1906 pour la raison suivante : le terrain où est établi son chantier ne lui appartient pas et il va devoir le quitter. Il ne veut pas déménager pour un terrain disponible à Camaret, mais trop près de chez ses concurrents. Il prospecte un peu alentour et choisit de venir s'installer au Conquet au Croaé où la place est disponible, et surtout, où il pourra avoir la clientèledu Conquet, celle des îles de Sein ,Ouessant, Molène et, peut-être Laberildut, Portsall etc..


Le bois d'une frégate en démolition, achetée à la Marine, sert à la construction de la première cabane- abri du chantier et en 1907 en même temps que Belbéoc'h fait construire sa maison du Croaé, un premier bateau important est mis à l'eau., c'est la Sainte Anne d'Auray LC2232, 12,17 tonneaux pour Pierre Marie Le Goaster (francisation du 2 décembre 1907), ce sloup bien que non ponté, fera encore dans les années 1923, la pêche l'été aux Scillies avec Louis Lucas.


A Camaret Belbéoc'h employait 22 personnes, au Conquet le nombre des ouvriers n'excédera jamais  13. Les poulies, vergues, espars sont fabriqués sur place, en même temps que le bateau, mais les voiles sont confectionnées par Hippolyte Meilard de Camaret. La longueur de la cabane, 11 mètres, conditionne la taille des navires.

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 16:25

LE CHANTIER DU CROAE, DE LA RESTAURATION DES BOURBONS (1815), A LA FIN DU XIXe

 

Après la chute de l'Empire, la paix revenue, on note à côté des canots de pêche quelques unités plus importantes essentiellement des sloups.

 

Vigilant 18 tonneaux, construit en 1817, armé aux transports intérieurs

L'Union construit en 1817, 29 tonneaux, armateurs Gautier-Dubois

St Joseph, construit en  1817, 45 tonneaux, armé au cabotage

La Marie Claudine, construit en 1820, 23 tonneaux, petit cabotage

St Jean, construit en 1823, 27 tonneaux, armé au cabotage

Le Jules, construit en 1827, 29 tonneaux, armé au petit cabotage

etc..

 

Les Mazé (suite)

Gabriel Mazé vit au Croaé avec sa femme Perrine Cariou et leurs enfants. Charpentier de marine, il exerce au moins de 1831 à 1851. Mais au recensement de 1856, notre homme qui a près de 70 ans est notifié "mendiant", il habite alors avec sa femme et le dernier de leurs enfants (?), qui n'a que douze ans, dans la rue Dom Michel Le Nobletz.

 

Quelques réalisations:

1833, certificat de construction par Mazé d'un sloup de 13,17 tonneaux, le Père de Famille, 9,10 m X 2,93 m X 1,60 m pour Le Guerrannic et Le Louet d'Ouessant, petit cabotage.

 

1841, Jeune Marie Yvonne, 1 tonneau, 4,33 m X 1,68 m  pour Le Louet sloup de pêche.

 

1875, Mazé Robert Gabriel, charpentier de marine en retraite construit au Conquet un côtre de 9,33 m pour 8,84 tonneaux la Margueritte, pour Henri Marie Guyho

 

Constructeurs de navires "résidents temporaires"

 

Des maîtres-charpentiers extérieurs à la commune viennent s'installer au Conquet le temps d'un chantier, on recense ainsi quelques réalisations :

 

Alphonsine, construit en 1841, 12,37 m pour 30,08 tonneaux par Mathias Salaun, maître constructeur à Brest pour Jean Marie Le Guerrannic et cie.

 

St Pierre, bateau pilote d'Ouessant,  construit en 1853, 6,62 mètres  pour 3 tonneaux, par Jean Etienne Adam.

 

Michel Le Nobletz, construit en 1859,  sloup de 6,30 tonneaux, par Antoine Josse pour Ernest Le Guerrannic

 

St Jean, francisé en juin 1860, 6,80 m, 5,42 tonneaux par Antoine Josse pour Ernest le Guerrannic

 

Deux frères "étrangers" à la commune se sont installés de manière durable au Conquet: François et Louis Thépot, maîtres-menuisiers, originaires de Plouarzel. Louis habite sur le quai où sa femme est aubergiste, François demeure avec sa famille rue Poncelin.

Une réalisation connue : en 1866 la Marie Hortense, bateau poste d'Ouessant, sloup non ponté de 7,20 m, construit par  Louis Thépot pour Paul Stéphan. Au recensement de 1876, les deux frères sont toujours conquétois.

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 16:15

EPOQUE DE LA REVOLUTION

 

31 juillet 1791: proposition du conseil municipal du Conquet adressée au Directoire du district de Brest.: " Il est de la plus grande importance qu'il y ait une horloge publique au Conquet tant par rapport à l'heure fixée pour la messe nationale que par rapport au grand nombre des ouvriers et journaliers qui travaillent dans les chantiers de construction, au gréement, calfatage et entretien des bâtiments, tant dans ce port qu'ailleurs, lesquels faute de savoir l'heure, commencent et finissent leurs journées quelquefois plus tôt, quelquefois plus tard. " Réponse du district : "Considérant que dans un temps où le port du Conquet offrait une plus grande population, un chantier de construction beaucoup plus mouvant qu'il ne l'est depuis plusieurs années, une horloge n'est pas nécessaire... etc... (août 1791)

 

Adresse du canton du Conquet 25 brumaire an III (1793)


En ce qui concerne la construction navale:.. "la construction des navires y avait été portée à un point de solidité qu'on ne trouvait pas ailleurs. La République y fait encore construire des chaloupes et des canots pour les vaisseaux et pour le port de Brest... Il y a une telle analogie entre les constructions de l'Etat et les constructions marchandes que nous jugeons utile qu'il y ait une école d'architecture navale dans différents ports et qu'il y en ait une particulière pour le charpentage et pour le calfatage. On calfate très mal dans le Ponant. L'école de Marseille est la seule et la meilleure de France... les hommes se perfectionnent en raison du degré d'instruction qu'ils ont reçu, ou en raison des difficultés qu'ils ont à vaincre. Les constructeurs du Conquet devant proportionner leurs barques en raison de la force du ressac qu'elles éprouvent dans le port ont dû atteindre un point de solidité qu'il est rare de trouver ailleurs... On a vu jusqu'à dix bâtiments à la fois sur le chantier et il y a même un en ce moment de 300 tonneaux (25 brumaire an III) [* ndlr sans doute en réparation, pas en construction].

 

QUELQUES CONSTRUCTIONS SOUS LE PREMIER EMPIRE

 

An 9, (1800-1801), Le Glaneur, 17 tonneaux, sloup pour Le Guerrannic et consorts, le bateau fait le service des marchandises entre Le Conquet et Brest, ce qui lui vaudra d'être canonné par la batterie de Bertheaume et d'avoir un matelot tué.

 

An 11,  Chère Agnès, construit en germinal an 11, préhendé pour le service de la flottille le 5 fructidor même année

 

An 13, (1804 - 1805)  Grand Père, 15 tonneaux, sloup, tirant d'eau 1,14 / 0,80 mètre, appartient au sieur Ambroise Lannuzel de Port-Launay quand il fait naufrage dans la baie de Landévennec le 23 décembre 1808.

An 14, (1805), sloup la Bonne Foi, 63 tonneaux, tirant d'eau en charge 2.58 mètres, 1.62 mètre à vide, un pont, appartenant à Taylor et cie de Landerneau (en 1808), maitre Jean François Pilvin de Porspoder.

Angelique 3tx

Robert Marie, 13 tonneaux à Pilvin et Kerestiven de Lannion

 

1807, l'Entreprenant, sloup 22 tonneaux bateau ponté pour Labiche de Brest.

 

Année

Nom

Tonnage

Port

1810

Théodore

1

Porspoder

1810

Ste Anne

3

Ouessant

1810

Marie Sylvie

3

Molène

1810

St Michel

2

Ouessant

1810

Providence

2

Ouessant

1810

Bateau Nr 9

2

Ouessant

1810

St Charles

3

Ouessant

1810

St Nicolas

2

Ouessant

1811

Marie Yvonne

4

Ouessant

1811

Guillaume François

2

Ouessant

1811

Trois Dauphins

3

Ouessant

etc..

 

 

 

 

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 16:00

 

LES ORIGINES

 

A la fin du moyen-âge, " .. le roi d'Ecosse achète des navires  bretons : un en 1495,  deux en 1504, l'un à Michel Denis, marchand du Conquet, l'autre à Martin Le Naut. Ce dernier lui fait construire au Conquet l'année suivante, la Trésorière qu'il va livrer en Ecosse avec un équipage breton. Martin Le Naut qui n'est payé qu'en plusieurs versements échelonnés en 1505 et 1506, en profite pour obtenir exemption des coutumes sur les cuirs qu'il sort de Dumbarton, de 1504 à 1508, et  sur les cuirs et laines qu'il exporte d'Edimburg en 1508 et 1509.

(Voir Henri Touchard, le Commerce maritime breton à la fin du moyen-âge, annales littéraires de l'université de Nantes, Les Belles Lettres, Paris 1967.)

 

(On retrouve Martin Le Naut, capitaine de La Cordelière au combat devant St Mathieu en 1512)

 

Il est probable que le chantier continue d'exister aux XVIe, XVIIe siècles,  mais je n'en retrouve trace qu'avec les rôles du XVIIIe qui mentionnent Le Conquet comme port de construction de navires.

 

CHANTIER AU XVIIIe  SIECLE

 

Une famille de constructeurs: les Mazé.

 

Novembre-décembre 1739

Inventaire des biens délaissés par défunt René Mazé, veuf de Marie le Mao. Le tuteur des enfants mineurs est Jean Mazé,  frère du défunt. Sont présents Guillaume Mazé de Penzer et Jacques Le Mao de la métairie de Kerjan en Trébabu.

.

On note " bois à la grève du Conquet, la part des mineurs s'élève  400 livres, le surplus qui est une moitié, appartient à Paul Siviniant associé avec le dit René Mazé"

René Mazé est mort au bord de Lopérec en Cornouaille, "où il était allé pour son commerce  et marché de bois qu'il avait au dit Lopérec vers Quimerc'h en société avec Paul Siviniant" Le greffier Le Bihan fait le déplacement à Lopérec en compagnie de Louis Soliman maître charpentier demeurant au Conquet. Nos deux hommes font étape au Faou à l'hôtel de la Croix-Blanche et le lendemain arrivent à Quimerc'h. en fait les bois achetés dans la paroisse de Quimerc'h sont présentement au bord de la rivière de Pont de Buis. Il y a là 32 pieds d'arbres coupés et écarrés, valeur estimée 96 livres, d'autres arbres sont sur la paroisse de St Ségal, il y en a 20 pieds pour 120 livres et sur la grève de Trégarvan près d'Argol le greffier inventorie pour 200 livres d'autres bois.

 

 Estimations des parts de René Mazé dans des barques du Conquet.

 

Nom du navire

Nom du maître

Part

Valeur de la part

ST PIERRE

Tanguy Le Guerrannic

1/32e

50 livres

 

MARIE FRANCOISE

François Le Hir

1/32e

60 livres

 10 sols

STE ANNE

Cézar Daniel

1/24e

124 livres

 

MARIE JEANNE

J. Baptiste Ayraud

1/32e

56 livres

5 sols

ST GUENOLE

Noël Pohon

1/32e

56 livres

 

 

 

 Mazé, suite..

Succession en 1788, Noël Mazé est décédé.

Inventaire et liquidation:

Présents: Marie Gabrielle Petton, veuve de Noël Mazé,

Jean Marie Mazé, maître constructeur de navires, époux de Catherine Le Roi, demeurant ensemble au Croaé

 

Jean Joseph Le Bail et Marie Jeanne Mazé du Conquet

Joseph Marie Quéméneur et Marie Margueritte Mazé demeurant Recouvrance

Gabriel le Stanc et Marie Renée Mazé demeurant Recouvrance

 

Biens et effets de Noël Mazé rachetés pour 50 livres par Jean René Mazé

 

Expertise des biens mobiliers par Sebastien Le Quellec demeurant Poulconq: 140 livres payées sur le champ par Jean Marie Mazé et sa mère.

 

Les Mazé doivent 4 livres 10 sols à la Saint Michel chaque an, à dame Marie Olive Pohon, épouse de noble homme François Tilly de Chef du Bois, ce dessus les héritages dépendant du fief de Poulconq.

Les Mazé sont propriétaires de la maison du Croaé par contrat du 3 avril 1767, consenti par Elisabeth le Veil et noble homme Pohon. Description .. "dans l'endroit nommé Poulyar ou le Croaé, une maison couverte de gleds ayant une porte au levant et une autre au couchant, un appentis ou crèche au bout du midi et un autre au bout du nord, aussi couvert de gleds et contenant y compris le fond sous les édifices dix (illisible) .. et cernés du levant sur la rive de la mer, de la "construction", du midi et d'occident du chemin, et du nord, la terre à Elisabeth Siviniant, épouse du sieur Cottel, ayant leurs fossés tout autour." plus " au dit terroir, un jardin cerné au couchant des terres d'Etienne (illisible), du midi terre à monsieur Le Dall de Kéreon et (illisible)  sur le chemin menant du Conquet à la chapelle Nd de Poulconq, ayant ses fossés au midi et au nord."

Lesquels héritages sont jouis et manoeuvrés par Jean Marie Mazé et femme.

 

Septembre 1792, Jean Marie Mazé achète la maison du Croaé 650 livres et en décembre 1792, il s'affranchit d'une dette de son père à 4 livres 10 sols / an aux Pohon et qui s'élève à 91 livres.

 

Quelques unités construites au Conquet au XVIIIe

Le Coureur, sloup pour Landerneau, 55 tonneaux, construit en 1766 tirant d'eau 2.59 / 2.10 mètres, un pont. Ce bateau qui navigue toujours en 1815 appartient à Lacaze aîné de landerneau, maître François Marie Gourguen de Porspoder

 

La Belle Suzanne, brick, construit en 1768, 58 tonneaux, tirant d'eau 2.91 / 1.62 mètres, un pont. En 1808, il navigue pour le compte de Bazil et Thomas du Conquet, capitaine Jean François Marie jaouen de Porspoder, pour sa défense, nous sommes en temps de guerre, il a un canon.

 

La Fortune, brigantin 90 tonneaux, construit en 1781, un pont, un gaillard, le navire appartient au sieur Febvrier de Brest et société, maître Christien Marie Mazé-Launay du Conquet en 1791.

 

(On construit alors au Conquet selon un rapport de Chardon, conseiller du Roi en mission, trois à quatre navire par an)

 

Eudoxie, brick, 64 tonneaux, construit en 1787, tirant d'eau en charge 2.60 mètres, le bateau qui atraversé la Révolution et l'Empire, est armé le 4 août 1815 pour aller sous le commandement de monsieur Le Sauvage du Havre, au banc de Terre Neuve avec un équipage de 10 hommes. L'armateur est le sieur Abeillé de Brest.

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 15:03

Municipalité

PODEUR FRANCOIS MARIE

1859-1870

 

Fils de Jean François Podeur et de Marie Jeanne Durand, il est né au Conquet le 29 avril 1809.  A 24 ans il épouse le 2 octobre 1830,  Marie Françoise Mazé, fille de Robert Marie Mazé, marchand au Conquet, elle a 30 ans.
Cultivateur, il est aussi conseiller municipal, puis adjoint-maire en 1853, où on le qualifie de "propriétaire".

Il habite rue Kerdacon, cultivateur et propriétaire au recensement de 1856, sa femme est commerçante, Le couple a deux fils et une servante.

Adjoint faisant fonction de maire sur la fin du mandat de Le Guerrannic, il est installé maire le 20 septembre 1859 avec Dominique Masson comme adjoint.

A noter :
-Achat du presbytère de la rue Kerdacon.

-Conflits avec Tissier pour des clôtures abusives de chemins ruraux

-Legs de mademoiselle Launay : elle offre un établissement de charité à la commune du Conquet et un don pour la congrégation des Filles du Saint-Esprit. Plus, une  rente annuelle de 800 francs et une maison et dépendances rue Kerdacon

 

-Projet d’aménagement du haut de la rue Saint-Roc’h (Casse-cou)

-Mauvais état des routes et rues

-Difficile implantation de la station de sauvetage 1866-67.

 

 

 

 

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:59

LOUIS PHILIPPE – 2e  REPUBLIQUE -

NAPOLEON III

 

Municipalité

LE GUERRANNIC JEAN MARIE (fils)

1843-1859

 

Jean Marie Le Guerrannic (fils), devient maire par arrêté prefectoral du 2 décembre 1843. Né au Conquet en 1802, il épouse en 1826 Jeannie Provost, fille de bourgeois, qui lui donne plusieurs enfants : Amelina, Prosper, Alphonsine, Ernest. Comme son père il est marchand de vins en gros, négociant et armateur, possédant plusieurs bateaux armés au cabotage. Le Guerrannic (fils), conserve la mairie jusqu’en 1859 ce qui le contraint à prêter serment à trois régimes différents, au roi Louis Philippe d’abord, puis le 6 mars 1848 à la République : «  Citoyens, la monarchie vient de succomber et le gouvernement républicain lui a succédé, saluons avec orgueil l’étendard de la liberté, vive la République, vive l’ordre et la liberté ! » et enfin au prince-président Louis Napoléon Bonaparte qui deviendra par le plébiscite de novembre 1852 l’empereur Napoléon III. Sans être semble-t-il le moins du monde troublé, notre homme s’affirme donc tour à tour royaliste convaincu, républicain sincère et bonapartiste enthousiaste. Le 9 octobre 1852 il exhortait ainsi le futur empereur : « Monseigneur, nous sommes heureux de joindre nos voix aux acclamations unanimes de la France et d’adresser à votre Altesse Impériale le juste tribut de notre reconnaissance pour les bienfaits que vous doit le pays dans lequel vous avez ramené la paix et la tranquillité… Consolidez votre œuvre providentielle en acceptant l’Empire auquel vous convie la volonté nationale ; nos cœurs forment le même vœu ».

Notes :

-1848, 6 juillet, service (messe) en mémoire des citoyens morts à Paris pour la défense des libertés.

Il serait à désirer, citoyen sous-commissaire que la garde nationale soit pourvue d’au moins 50 fusils.

-29 juillet 48 : demande au citoyen commandant la garde nationale,  qu’elle soit en place pour maintenir l’ordre pendant les opérations électorales place aux Lards, le 30 juillet à 9 heures du matin.

-19 novembre 1848, promulgation de la Constitution, Te Deum

 

A noter pendant ses seize ans de mandats successifs :

-l’installation en janvier 1845 des trois premiers réverbères de la commune (des Luchaires commandés à Paris pour une facture de 1 273,50 francs.

La colonne du dernier lampadaire était toujours en place il y a quelques années, elle servait aux pêcheurs à étirer les cordages servant aux filières de casiers. Elle serait à l'abri dans un local communal.

-édification d’une borne-fontaine avec pompe sur le puits insalubre de la place du Marché en 1848 (plan de Jean Corvez, entrepreneur du phare de Kermorvan). « La pompe » que l’on peut voir sur de nombreuses cartes postales anciennes a été démontée sur ordre des Allemands en 1940, elle gênait le passage des véhicules militaires. Récupérée par la municipalité, elle attend d’être remontée en un lieu encore à définir (2008).

-Implantation de l’église neuve en ville après une longue crise municipale 1850-1855.  Pour les élus « de la ville », l’église devait être au centre de la population agglomérée, pour les élus « de la campagne », l’église devait être restaurée ou rebâtie là où elle avait toujours été, c’est-à-dire au bourg de Lochrist. Finalement à une courte majorité, le vote a été favorable à une implantation en ville, François Tissier a acheté à Le Guerrannic un terrain, qu’il a offert gracieusement à la municipalité,  la première pierre de l’église à pu être posée le 26 janvier 1856. C’est en grande pompe que la consécration en a été faite par l’évêque de Quimper et de Léon le 20 avril 1858, jour de la translation dans le nouvel édifice des restes de Dom Michel Le Nobletz.

-Démolition de la chapelle Saint-Christophe

-Travaux de la route départementale n°4 reliant Le Conquet à Brest  par Recouvrance, on les rapporte arrêtés au deuxième semestre 1848.

-C’est aussi à cette époque 1846-49 qu’a été édifié le phare de Kermorvan alors sur la commune de Ploumoguer et que plusieurs forts et redoutes ont été construits aux Blancs-Sablons, à l’Ilet, à Kermorvan et à Saint-Mathieu,  augmentant la population du Conquet de nombreux ouvriers attachés à la construction de ces ouvrages. Fin 1852, les travaux militaires sont terminés, la commune s’est vidée de sa population temporaire.

 

Population en 1851 : 1 370 habitants dont 22 militaires et marins et 43 mendiants. Le nombre des gens de mer au Conquet est alors très faible, c’est pourquoi les « Paimpolais » qui explorent discrètement à partir de 1849 les fonds de pêche aux crustacés autour du Conquet n’auront, quelques années plus tard, aucun mal à s’implanter dans un port sans pêcheurs.

 

Juin et juillet 1859, deux Te Deum pour les victoires de Magenta et Solferino

Sire, pénétrés d’un profond sentiment d’admiration pour les pages glorieuses que l’Armée Française sous l’habile commandement de Votre Majesté vient d’ajouter à sa courte mais décisive campagne d’Italie. Pénétrés aussi d’une vive reconnaissance pour cette paix si opportune que Votre Majesté a offerte avec une loyauté chevaleresque qui n’appartient qu’à un grand monarque, le Conseil Municipal de la commune du Conquet, monsieur le Juge de Paix du canton de Saint-Renan et monsieur l’instituteur du Conquet prennent la liberté de déposer aux pieds de votre auguste personne l’hommage de leur inaltérable dévouement à Sa Majesté Napoléon III et à sa dynastie bien-aimée.

                                             Vive l’Empereur

 

Signature de Podeur, maire par intérim, Le Vessel juge de paix et Balay instituteur.

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:57
LOUIS PHILIPPE

 

Municipalité LOMBARD CHARLES

1837-1843

 

 

La France est sous le règne de Louis-Philippe depuis 1830.

Né à Dampierre (Haute-Saône) en 1773, Charles Lombard se fixe au Conquet après son mariage avec une Brestoise, Rose Marie Pélagie Le Hir. Ils ont un fils Marc Marie François Charles Lombard, né à Recouvrance le 23 frimaire an XII, qui en 1823 est élève en pharmacie à Brest.  En 1819, le couple fait l’acquisition d’une maison sur le port. Capitaine d’infanterie en retraite, chevalier de la Légion d’Honneur et de l’Ordre Royal de Saint-Louis, il est désigné comme maire en 1837. La mairie se trouve alors rue Saint-Christophe, actuel n°5. La population du Conquet s’élève à 1 273 habitants.

Lombard est aux premières loges, puisqu’il habite sur le quai quand les cales du Drellac’h en construction depuis 1836 et pas encore terminées, sont détruites par une violente houle conjuguée à la grande marée dans la nuit du 24 au 25 février 1838. Il ne reste plus qu’à les reconstruire. L’Etat en profite pour acheter afin de les raser deux des trois magasins, celui de Mazé-Launay (1839) et celui de  Bourhis (1840) qui bordaient encore la partie est du Drellac’h dans le prolongement de la cale amont, et les deux maisons Le Coat (1845) au-dessus de la cale aval.

Désormais les petits navires de commerce peuvent plus facilement manutentionner leurs marchandises en accostant le long des cales.

La municipalité qui manque toujours autant de ressources pour venir en aide aux nombreux malheureux du Conquet pense alors à ouvrir de nouvelles carrières de pierres plates (schistes), dans les terrains incultes de Pors Feunteun (Le Bilou) et de Portez qui lui appartiennent. Double but : faire entrer de l’argent pour subvenir aux besoins des pauvres en vendant les pierres aux communes environnantes et fournir du travail aux carriers qui seront payés pour les pierres de 25 cm à 1,25 m, un centime par pièce ou un franc par cent et pour celles de 1,25 m et au-dessus, deux centimes par pièce. On accusera plus tard les carriers d’avoir complètement détruit le relief rocheux naturel prolongeant en mer la pointe Sainte-Barbe  et offrant au Conquet un rempart contre la houle de sud-ouest.

La fin du mandat de Charles Lombard se traduit par un flottement dans la gestion communale, le marie septuagénaire est souvent malade, c’est son adjoint Louis Marie Jacolot, notaire, qui gère les affaires courantes.

Retiré des soucis municipaux, Charles Lombard se signale quelques années plus tard, début septembre 1848, en devenant le premier président de la Société Littéraire du Conquet, fondée par quelques notables locaux (Lombard, Tissier père, le Roy (notaire), Blanchard (médecin), Marchand Patrice Michel, buraliste et ancien lieutenant de vaisseau, chevalier de la Légion d’Honneur), Rigollet (négociant), Penfrat (propriétaire), et Gloaguen recteur, et qui a pour unique but la lecture, toute discussion politique y étant interdite (cela peut se comprendre, nous sommes dans les débuts difficiles de la Seconde République.

Charles Lombard décède fin 1851 en son domicile du Drellac’h, actuel N°23, une maison à escalier extérieur.

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