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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 12:01

Le Souffleur était un aviso à roues, construit à Indret d’après les plans de Gervaise. Commencé en juin 1847, il est mis à l’eau le 17 septembre 1849, et armé le 1er septembre 1850 .
Longueur 49 mètres, largeur 8 mètres 32, largeur à l’extérieur des tambours 14 mètres 80,  machine de 200 chevaux, 2 bouches à feu.

Stationnaire à Brest du 1er septembre 1850 au 18 avril 1854, armé en guerre part le 4 mai 1854 pour la Baltique, revient à Brest en septembre. Nombreux voyages aux côtes de France, croiseur en Manche pendant la guerre de 1870, puis en station à Brest jusqu’au 12 juillet 1887, il devient alors bâtiment de servitude à l’arsenal jusqu’en 1899.


(Photo extraite de Marines -  Bruno Corre, l'ouvrage contient d'autres documents sur le Souffleur)


Commandant en 1873, lieutenant de vaisseau Thiebault

                       en 1874, capitaine de frégate Paqué

                       en 1876, capitaine de frégate Regnier-Vigouroux.

 

L’accident du Souffleur

Le récit suivant est essentiellement composé à partir de documents des archives du Service Historique de la Marine à Brest, compilés en 1991-1992. (JPC)

 

1875, 2A 601, Troisième République. Lettres du vice-amiral, baron Méquet, commandant la Marine à Brest, au ministre, l’amiral de Montaignac de Chauvance.

   tableau-miriel-souffleur.jpg

16 novembre 1875.

 Le Souffleur qui a quitté Brest le 15 novembre à 9 heures et ½ pour porter secours au bâtiment russe Neutral a touché en passant entre les roches des Moines et Saint-Mathieu. Une forte voie d’eau s’est déclarée et le commandant (capitaine de frégate Paqué) a réussi à échouer son navire à 400 mètres de l’entrée du Conquet vers 11 heures 45. L’eau envahissant le navire. Il a fallu évacuer le Souffleur, ce qui a été fait sans le moindre accident. Le bateau est complètement submergé à marée haute, il découvre jusqu’au pont à marée basse, il est droit sur un fond de sable et de galets. Toutes les ressources du port de Brest en pompes et scaphandriers sont sur place, ainsi que les vapeurs Flambeau, Porteur et la citerne Le Mirage.

La rade de Brest se trouve démunie de stationnaire et on se propose de réarmer l’Alecton.

La photo ci-dessus est celle d'une lithographie que madame Miriel (le Cosquies) m'a permis de photographier en 1991. Le dessin bien que fantaisiste dans la chronologie de l'évènement, fourmille de détails intéressants : Un brick-goélette à l'échouage, mais on ne voit pas la digue Saint-Christophe pourtant terminée en 1873, le voilier à la hauteur de la roue à aubes tribord du vapeur, porte à son mât le pavillon de pilote. C'est bien entendu le commandant du navire qui se tient sur la passerelle, devant la cheminée qui fume alors que les chaudières envahies d'eau étaient éteintes depuis longtemps....
Lettre du 17 novembre, le 16 on a réussi à faire avancer le Souffleur d’une centaine de mètres. On a vidé les compartiments avant et arrière mais au flot le bateau s’est rempli à nouveau. On n’a pas découvert la voie d’eau qui est tout à fait dessous. Comme elle s’est produite à la suite d’un léger choc, on présume de plus en plus que le Souffleur a touché une épave. Les opérations vont recommencer aujourd’hui, je demande l’Euménide à Lorient.

Autre lettre du 17, au ministre  à Versailles pour demander une ou deux pompes rotatives de la plus grande puissance  mais inférieure à la force de 40 cv qui est celle de nos locomobiles.

 

Le 17 à 6 heures et demi du soir, le Souffleur est rapproché à 50 mètres de la jetée Saint-Christophe, il échoue dans 1 mètre d’eau à basse mer. La voie d’eau semble localisée sous le cylindre bâbord. Mais plus tard dans la soirée, au flot : « la porte du compartiment avant a cédé, le bateau est maintenant envahi d’eau, il s’est mis en travers, parallèle à la jetée et s’est incliné sur bâbord.

 

Le 18, l’Euménide, le Phoque et le Flambeau sont sur place, ainsi que le Porteur mais celui-ci a des ennuis de machine et sa coque est en mauvais état.

 

C’est alors que l’on émet l’hypothèse que le Souffleur a touché l’épave du vapeur Gabrielle naufragé le 9 novembre 1874 sur la pointe de Penzer, le Phoque va faire des sondages.  Le commandant du Souffleur, Paqué est un habitué des lieux et le pilote était à bord lors de l’accident.

Les opérations de sauvetage sont dirigées par Paqué et l’ingénieur Saglio.

 

Lettre du 19 novembre, on a réussi à flotter le Souffleur et à le rentrer dans le port du Conquet.  On annonce du mauvais temps de sud-ouest. Le bateau est maintenant échoué à 100 mètres dans l’est de la jetée Saint-Christophe, à 50 mètres de terre.

Les jours suivants :

Les déchirures de la coque sont alors bien identifiées, il y en a trois,  une de 40 centimètres sur 20 centimètres,  parallèle à l’axe du navire et deux autres de 6 à 8 centimètres. Le bateau a coulé à nouveau à cause du mauvais temps. Mais les réparations sont jugées possibles.

 

Les deux bateaux-pompes le Mirage et le Clairon sont bien utiles, mais à cause du mauvais temps les deux bugalets sont à l’abri au fond du port.


A la demande du major de la Flotte, un grill de carénage est construit en quelques jours, le 24 novembre le Souffleur est échoué sur le platin avec une gîte favorable aux travaux. Ceux-ci sont rapidement menés, le 26 novembre, le Faou, l’Euménide et le Flambeau sont prêts à remorquer le Souffleur à Brest, à 2 heures de l’après-midi le convoi met en route. A 6 heures 30 le Souffleur est à Brest, l’Euménide s’en retourne aussitôt à Lorient.

souffleur dessin  

   La litho ci-dessus extraite d'un journal de l'époque (non identifié), est légendée : "Brest, l'Euménide remorque l'aviso le Souffleur dans le port, d'après le croquis de Mr Recoing, lieutenant d'infanterie de Marine". En fait le convoi vient de sortir du Conquet.
Les travaux consécutifs au séjour sous l’eau du navire seront longs, on prévoit au minimum trois mois, il faudra en particulier démonter et mettre à terre les chaudières. (Ce qui sera fait et le Souffleur remis en état aura encore une longue carrière devant lui)

 

Le bateau mis en sécurité à Brest,  il est temps pour l’Amirauté de convoquer la commission d’enquête, mais il convient de laisser quelques jours de repos au commandant qui est exténué. Dans une lettre du 7 décembre, le ministre de la Marine demande au vice-amiral commandant à Brest, « concernant les propositions d’avancement à l’équipage du Souffleur, veuillez me faire parvenir les propositions dont il s’agit. Je vous donne la même autorisation concernant les marins vétérans dont vous me signalez la belle conduite »

 

On note dans ce même dossier un télégramme de sympathie et de remerciements au commandant Paqué et à l’équipage du Souffleur. Message venant de Saint-Petersbourg, signé par le président Pogreboff de la Société d’Encouragement du Commerce et de l’Industrie, « Pour s’être portés au secours du navire russe Coquette ( ?) »

 

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Je dois à monsieur Didier Cadiou les documents suivants, extraits de "Le Journal Illustré" N° 48 du 28 novembre 1875, pages 381-82  (Ajout février 2011)

La perte du Souffleur

Dans la nuit de dimanche à lundi, un trois-mâts russe était signalé en détresse dans les parages de l’île de Molène. Le Souffleur reçut l’ordre de se porter à son secours. Il appareilla aussitôt.

Vers neuf heures du matin, il quittait son mouillage. Comme les opérations de sauvetage nécessitent la plupart du temps des travaux de force, outre son équipage ordinaire, le Souffleur avait embarqué 54 novices de la division, ce qui portait son effectif à 180 hommes environ.

En passant vers onze heures et demi entre la pointe Saint-Mathieu et le récif des Moines, on ressentit à bord un long frôlement, une sorte de déchirement sans secousses dont on ne put s’expliquer la cause. Aussitôt les hommes de la machine signalèrent une voie d’eau, et le navire commença à se remplir avec une rapidité effrayante. Dans cette circonstance critique une seule chance de salut restait : gagner au plus vite la plage la plus rapprochée où l’on pût trouver un abri. C’est à ce parti que se décida, avec une prompte détermination monsieur le capitaine de frégate Paqué, commandant du Souffleur. Il fit mettre le cap sur Le Conquet. Mais la mer étant basse, le Souffleur dont le tirant d’eau augmentait à chaque instant, ne put gagner le port, et échoua près de la pointe Sainte-Barbe ; ce fut là que s’effectua dans le plus grand ordre, le sauvetage de l’équipage. Il ne s’était pas écoulé un quart d’heure depuis l’accident de la pointe Saint-Mathieu. On se mit à enlever du navire tout ce qu’il était possible d’emporter. Les effets de tout l’équipage, officiers et matelots furent sauvés. Les canons eux-mêmes furent débarqués ; on allégea du mieux que l’on put le navire ; mais rien n’y fit, et à marée haute le Souffleur fut entièrement couvert par la mer.

 Autant qu’on a pu en juger par une visite au scaphandre, c’est dans le compartiment des machines et des chaudières que la voie d’eau s’est déclarée. Elle ne peut être aveuglée à l’extérieur vu l’ensablement du navire.  Et d’autre part les pompes envoyées du port de Brest sont insuffisantes à épuiser l’eau entre deux marées, dans un temps assez court pour permettre une visite à l’intérieur du navire.

Mercredi on remarquait au Conquet les petits vapeurs de la direction du Port : le Porteur, le Flambeau, le Phoque, la Citerne, envoyés au secours du Souffleur. Dans l’après-midi, après avoir vidé du mieux qu’on a pu les compartiments extrêmes de l’aviso, on est arrivé à lui passer à l’arrière sous la quille, une chaîne qui a été raidie d’un côté par le Flambeau, de l’autre par le Porteur. On a pu ainsi soulager un peu le navire qui a été traîné de 150 à 200 mètres vers le port du Conquet.

Le Souffleur ne s’est pas échoué sur la pointe de Penzer ; mais en passant au large de cette pointe il a rencontré une épave qui a crevé ses fonds, non loin de la quille par bâbord. On suppose que l’épave doit être le grand mât de la Gabrielle, vapeur perdu en 1874 et dépecé sur la pointe de Penzer. Ce grand mât qui n’avait pas pu être enlevé était resté sous l’eau dans une position qui devait faire croire qu’il ne nuirait pas. Il a fallu que le mauvais temps de ces derniers jours le redressât pour le rendre dangereux.

Perte-du-Souffleur.-Le-Conquet.-1875-1-.jpg

 

 

  Lithographie de Auguste Mayer (Brest 1805-90)

  En 1875, le peintre illustrateur faisait partie de la    commission pour la mise en place d'un Musée

pour la ville de Brest.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

25 février 2011 / JPC.

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 18:08

                                                       LA GRANDE VINOTIERE (suite)

 Les accidents n’en continuent pas moins

1903, Le Chouan, dans le journal  « Le Finistère » du 13 juin : une contravention a été infligée à  Eugène Lessillour capitaine du dundée Le Chouan de Perros Guirec, pour avoir le 10 février précédent, accidentellement détérioré la tourelle de la Grande Vinotière, et n’avoir pas fait de déclaration. 5 Francs d’amende avec sursis.

 

1903, Naufrage de la Sainte-Eugénie, brick à voiles de Concarneau, 109,22 tonneaux, 37 ans, équipage 7, en route de Swansea sur Pornic avec 200 tonnes de charbon.  Le vendredi soir 13 août, à 10 heures, par mer houleuse, forte brise de suroit et  brume intense, le brick a été drossé par un fort courant de jusant sur la tourelle de la Vinotière que son équipage  ne pouvait voir. Le navire s’est crevé sur la roche et a coulé en quelques minutes. L’équipage s’est sauvé dans le canot du bord. Le capitaine Le Courant, et ses six hommes, ont débarqué dans le youyou à la pointe des Renards à 11 heures du soir et ont gagné le Conquet à minuit.

 

 

1905, la perte du Justin, vapeur de cabotage de Dunkerque, 1 047 tonneaux, 24 ans, équipage 20, en route de Bilbao sur Dunkerque avec du minerai de fer.  Le 28 août, 22 heures 30, sous des grains violents répétés et une mer grosse. Il est allé par manque de visibilité se jeter sur la partie sud du plateau de la Grande Vinotière et y est resté engagé avec de sérieuses déchirures. L’équipage a pu se sauver par le canot et la baleinière du bord.

Le journal « Le Finistère » du samedi 2 septembre :       Venant de Bilbao en Espagne avec un chargement de 2 000 tonnes de minerai, le Justin s’est échoué lundi dernier sur le plateau de la Vinotière dans un gros grain empêchant de voir le feu. Machine inondée par voie d’eau, les fusées lancées à 23 heures ne sont vues de personne. L’équipage abandonne dans le canot du bord et la baleinière. A minuit trente les deux embarcations abordent aux Blancs-Sablons.

Justin, 84 mètres, armement Beck de Dunkerque, capitaine Le Coq. Evalué avec son chargement à 200 000 Francs, perte totale. A marée haute les deux mâts et la cheminée marquée BK émergent.

Journal le « Courrier du Finistère » : Parti de Bilbao le 25 août, le vapeur a subi du mauvais temps pendant toute la traversée. En entrant dans le chenal du Four un gros grain lui a masqué les feux de la côte et d’Ouessant. Il naviguait un peu au hasard quand il est venu toucher les roches de la Vinotière. En quelques minutes l’eau a envahi la machine. Le capitaine Le Coq a fait évacuer son navire, l’équipage sain et sauf a fait côte aux Blancs-Sablons.

6 septembre, dans la presse locale : des maraudeurs ont été aperçus à bord de l’épave du Justin qui émerge à marée basse. Les coupables sont des goémoniers des îles.

 

1905, Marie, (Inscription Maritime Le Conquet et rôle), bateau non ponté, pilote Nr2 d’Ouessant (Stephan) 14,76 tonneaux, 6 ans, équipage 2, allant du Conquet à Ouessant avec du bois et des vaches. Le 11 septembre, à deux heures et demi de l’après-midi par mer belle et beau temps, cherchant à manœuvrer entre la tourelle de la Grande Vinotière et l’épave du Justin a été drossé contre la tourelle par le courant et a crevé des bordés sur les crampons en fer qui servent d’échelles. Il a coulé au bout de deux heures. (Comme on peut le noter, les pilotes avaient aussi un rôle de bornage ou équivalent selon les époques, qui leur permettait de transporter passagers et marchandises. JPC)

 

1909, IM Conquet, Hawthorn, dundée de cabotage de Saint-Malo, 66,61 tonneaux, 22 ans, de Cherbourg sur Brest avec du charbon en briquettes, le 6 août par très beau temps et faible brise, mer belle, par suite de fausses manœuvres et du manque de vent, a été drossé par le courant sur la tourelle de la Vinotière, y a cassé son beaupré, et s’est échoué aussitôt après sur le plateau rocheux. Equipage 5 hommes, sauvés dans le canot du bord. Bateau entièrement submergé le 18 août, navire et cargaison perdus.

 

1909, IM Conquet, Yvette, trois-mâts morutier de Granville, 13 ans, 175,56 tonneaux, 24 hommes d’équipage, venant de Terre Neuve sur Granville. A repris la mer après relâche à Camaret le 2 octobre et par mer belle et brume a talonné sur la Grande Vinotière où il a perdu son gouvernail. L’équipage dans les doris a tenté de remorquer le navire sur une grève de sable dans la baie des Blancs-Sablons. L’opération a mal tourné, le morutier s’est échoué L’Yvette a été entièrement démolie par la mer le 8 octobre. Dans le « Courrier du Finistère » on précise une perte de 80 000 morues

 

Une goélette accroche la tourelle

-1914 , La tourelle de la Grande Vinotière a été abordée et son feu éteint dans la nuit du 3 au 4 juin  En fait il ressort du rapport du capitaine Alexis Geoffroy déposé à Audierne : la  goélette La Réussite descendant le chenal du Four est tombée à deux noeuds le 3 juin vers midi quarante, par manque à gouverner, sur la tourelle de la Vinotière. Après avoir détérioré avec ses vergues le réservoir du feu crevant la tuyauterie de gaz, la goélette raclant contre la maçonnerie a eu la malchance de passer sur l’épave du Justin et de s’y déchirer. Par suite de ses voies d’eau, le bateau chargé de ciment a coulé. L’équipage sauf semble avoir débarqué à Audierne où a été déposé le rapport.

Dégâts constatés sur la tourelle le 4 à 15h30 : le garde-corps et deux montants faussés et descellés, le tuyau de communication du réservoir au bec faussé, bout arraché. 18h30, tuyauterie remplacée, réservoir rempli de gaz, les ouvriers des Ponts et Chaussées quittent la tourelle,.

 

Quelques mois plus tard, nous somme dans le temps de la Guerre 14-18, la tourelle présente des dégradations importantes

-1915, le 29 novembre,  des fissures importantes ayant été constatées dans la maçonnerie, le feu est éteint, le réservoir à gaz démonté, une bouée provisoire à feu est mouillée à proximité. Quelques mois plus tard alors que la question se pose de faire basculer la tourelle à l’eau en la faisant tirer par le baliseur Léon Bourdelles ou de la détruire à l’explosif, une autre solution est approuvée qui consiste à enserrer l’édifice dans une gaine de béton.

Les travaux commencés courant 1916 avancent lentement, du fait de la guerre, et du peu de jours où les ouvriers peuvent accéder à l’ouvrage. Mais ils progressent.

 

La tempête des 16 et 17 décembre 1917 remet tout en question

Ces deux journées sont funestes car les vagues en furie arasent la Vinotière au niveau du cerclage de béton en cours de réalisation. Il ne reste plus qu’à nettoyer la roche des restes et à reconstruire.

 

Le 8 janvier 1918, le ministère donne son autorisation pour reconstruire la Grande Vinotière. Il peut sembler surprenant qu’en pleine guerre, les autorités s’intéressent à un ouvrage de balisage secondaire. Mon avis  est que les navires marchands, devant contourner la Bretagne, se trouvaient sous la menace des sous-marins allemands en embuscade. Ils préféraient longer les côtes au plus près pour leur échapper. Donc le balisage côtier était de la plus grande importance pour la survie de notre commerce maritime.

 

La fin des soucis

-18 octobre 1919, la maçonnerie est terminée, le feu blanc de la tourelle neuve est rallumé le 15 novembre. Il ne semble pas que depuis la Vinotière ait connu de problèmes notables. La couleur de l’édifice et la nature du feu, ont été adaptés à la réglementation maritime en vigueur.



















 

























La tourelle perd sa tête

Il y a quelques années, pour l’alimentation électrique du feu, des panneaux solaires ont été posés au sommet du réservoir à gaz désaffecté. Ce même réservoir a été récemment démonté « défigurant » le monument, lui donnant désormais un air de « pas fini ».

 












En guise d’épilogue
 

la Grande Vinotière veille depuis un certain 18 juin 1940 sur l’épave de l’aviso Vauquois détruit sur une mine avec la majorité de son équipage, alors qu’il quittait Brest pour l’Angleterre. (Voir cet article)

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 18:04


LA GRANDE VINOTIERE

 

 

C’est à l’origine une roche isolée dans le chenal du Four, en face de la presqu’île de Kermorvan, d'environ 5 mètres x 5 mètres, précédée de deux petits rochers, l'un au sud-ouest, l'autre au sud-est. Ils séparent le courant de flot en deux parties, le remous qui en résulte entraîne sur la Vinotière les bateaux qui s'en approchent de trop près. Les accidents avec pertes de navires  y sont très nombreux, particulièrement par temps de brume ou par calme plat, (les voiliers ne peuvent alors manœuvrer et sont le jouet des courants). La roche principale reste à trois mètres hors d’eau aux grandes-marées basses pendant deux heures environ. Dans les plus grandes marées hautes, la roche est couverte de quatre mètres d’eau environ. Par mauvais temps la mer s’y brise avec force.

 

Les accidents y sont fréquents

1846, Alexis-Hilaire, 3 août, gabare allant de Laberildut sur Brest avec des pierres de taille a touché sur la Grande Vinotière. Le patron Deudé a eu cependant le temps de venir échouer son bateau dans le port du Conquet où il a été réparé.

 

1851, Journal « L’Océan »  du 8 avril :  le 1er avril à 11h du soir, par calme plat, la bisquine l’Emile de Saint-Vaast la Hougue, 34 tonneaux, capitaine Landais, équipage 4 hommes, a été drossée par les courants et a touché la Grande Vinotière à deux milles dans le nord-ouest du Conquet. Le bâtiment a coulé immédiatement. L’équipage muni de quelques effets s’est sauvé dans le canot du bord et est arrivé au Conquet à minuit et demi. Le bateau faisait route de Pont-Labbé sur Plymouth avec des pommes de terre.

Le 2 avril la patache des douanes s’est rendue sur le lieu du sinistre, monsieur le capitaine Guérin était à bord, mais n’a pu découvrir aucune trace du bâtiment perdu.

Rôle de l’Emile : bisquine à Levesque et le Landais, construite en 1833, touche la roche dans le nord-ouest de la Vinotière le 1er avril et coule vers minuit à trois encablures de la roche. Equipage 4 hommes sains et saufs dans le canot du bord (2P6 –113)

 

1852, 14 novembre en séance, le conseil municipal du Conquet  demande l’implantation d’une balise sur la Grande Vinotière : depuis six mois à peine, trois navires chargés de valeurs, ont touché cet écueil invisible par temps brumeux. Il serait urgent, dans l’intérêt de l’humanité et du commerce, de placer sur ce danger une marque quelconque.

 

Un début de réalisation :

-1853: une perche métallique de 9 mètres de haut, terminée par un globe est implantée sur la roche.  (Donc émergeant à grande marée, de 5 mètres).

 

Le 25 mai 1855, le commissaire de l’Inscription Maritime au Conquet signale que le globe qui terminait la balise de la Grande Vinotière a été enlevé de sorte qu’il est assez difficile de reconnaître la position de ce dangereux écueil. L’ingénieur des Ponts et Chaussées lui répond : « j’ai été obligé d’enlever le globe pour le mettre en couleur et y peindre des chiffres, le tout conformément aux instructions ministérielles ».

 

Il ne reste bientôt plus qu’un morceau d’espar métallique plus dangereux qu’utile

-1857, 29 octobre,  un navire a dû casser le poteau car on lit dans un rapport : « le tronçon de balise qui était resté en place après la rupture de la balise a encore pu jusqu’à un certain point signaler la roche ; il y a en projet  l’édification d’une balise, tour pleine de 3 mètres de diamètre à sa base, mais il y aura de grosses difficultés à descendre sur la roche ».

 

Construction d’une petite tourelle vite détruite

-1861 la tourelle a dû être construite mais le 1er mai 1861 on apprend qu’elle a été renversée et qu’une bouée rouge surmontée d’une boule sphérique a été mouillée provisoirement à 80 mètres dans l’est de la Vinotière. Cette bouée culmine à 3m50 au-dessus de l’eau, elle est peinte en rouge pour indiquer qu’on doit la laisser à tribord en descendant le Four et conformément à une décision récente de la commission des Phares et Balises. Cette bouée portera prochainement une couronne blanche au-dessous du sommet. Le 3 mai le préfet maritime écrit à l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées : «  je viens de publier un avis pour faire connaître aux navigateurs la disparition de la tourelle de la Vinotière remplacée par une bouée.

 

Un voilier non maître de sa manœuvre démolit un ouvrage en construction

1861, 16 décembre / Keruzoré, maître de port au Conquet écrit : « Fâcheuse nouvelle, la charpente en fer de la Vinotière a été jetée à bas cette nuit, le temps étant calme, c’est un bateau dérivant qui l’aura abordée et démolie. Avec une longue-vue j’aperçois quelques barres qui sont couchées sur la roche. Hier vers 10 heures, la charpente était encore debout »

 

Enfin on passe à un projet d’envergure

-1894, la décision est prise d'implanter sur la Vinotière une grande balise de 18,50 mètres de haut avec feu.

 

L’année suivante commence la campagne des travaux

-1895: campagne de travaux, 123 accostages sur la roche pour 665 heures de travail. Fin décembre la tour s'élève à 12,65 mètres.

 

Mauvais début d’année, tout est à recommencer

-1896, 2 janvier, la tourelle inachevée percutée par le steamer  "Nantes-Bordeaux" est arrachée de sa base et bascule d'un bloc, le travail est à refaire.

Vers 18 heures, le 2 janvier 1896 le steamer Nantes-Bordeaux de la Compagnie du Nord installée à Dunkerque, descend le chenal du Four. Il heurte de plein fouet la tourelle et la bascule à l’eau, scellements arrachés.  Le vapeur de construction solide a seulement l’étrave écrasée et une voie d’eau dans le peak avant, ce qui ne l’empêche pas de gagner Brest seul, et d’aller s’échouer sur la grève du Château, pour s’y faire réparer. Des charpentiers lui confectionneront une étrave provisoire en bois et il pourra continuer son voyage.

(La Revue Maritime et Coloniale de 1900, statistique des naufrages pour 1896, on y note le Nantes-Bordeaux coulé dans les roches de Portsall !)

Le Baliseur N°3 constate que la tourelle ayant arraché ses scellements est renversée d’une pièce au pied de la roche. Elle y est toujours.

 

La décision de reconstruire est vite prise

-1896, 4 février, proposition en vue de la reconstruction d’une tourelle octogonale avec  feu, hauteur 10 mètres environ, grande base cercle de 5 mètres.

 

Moins de trois ans plus tard un nouveau feu s’allume dans le chenal du Four

-1898, 22 novembre, fin des travaux. Le feu fixe blanc de la Vinotière, tourelle en maçonnerie, de forme octogonale, peinte en noir, s'élevant à 11,50 mètres au-dessus des hautes mers, est allumé le 1er décembre.

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 14:56

JEAN LOUIS CAUSEUR ET ELISA LANNUZEL,  25 ANS A BENIGUET

 

Jean Louis Causeur, la fête des noces terminée installe sa femme à Béniguet.

Les parents Causeur qui n’attendaient que cela quittent l’île et viennent s’établir au Conquet. Selon la tradition familiale, ils comptaient acheter ou avaient acheté la grande maison de pierre, qui faisait autrefois partie du manoir de la Rochedurant à l’angle de la place Saint-Christophe au Conquet, mais ils ne pouvaient encore y habiter. Donc ils s’étaient installés dans une maisonnette un peu plus haut dans la même rue Dom Michel Le Nobletz, à toucher la chapelle. A la fin de l’année 1864, François Causeur est très malade,  Marie Jeanne Gilet voit la fin prochaine de son mari, elle prépare déjà ses obsèques quand le destin lui joue un tour, c’est elle qui meurt la première le 11 novembre 1864 à une heure du matin, François la suivra dans la tombe le 20 novembre. C’est Jean Louis Causeur qui fait les déclarations de décès de ses parents à l’Etat-Civil du Conquet, il se fait appeler et signe depuis son mariage Louis Causeur. Sur l’acte de décès de Marie Jeanne, le second témoin est François Corre 35 ans, leur gendre, domicilié à Lannilis. Et sur l’acte de François Causeur, le deuxième témoin est Jean Yves Salaun, pêcheur, beau-frère du défunt, domicilié au Conquet.

 

Les enfants de (Jean) Louis Causeur et de Marie Elisée (Elisa) Lannuzel :

 

Les premiers vont naître à Porspoder, car Elisa quand vient le temps d’accoucher quitte Béniguet pour Radenoc où vit toujours sa mère Marie Françoise Quéméneur.

 

Naissent donc dans l’ordre :

 

-Marie-Françoise, née le 9 avril 1864 à Radenoc, c’est Jean Marie Léostic, époux de Josèphe Lannuzel la sœur d’Elisa qui fait la déclaration à l’Etat-Civil. Le bébé porte le prénom de sa grand-mère et l’officier d’Etat-Civil écrit sur son registre « Caoseur » comme on le prononce à Porspoder. Marie Françoise que l’on appellera Marie, puis la tante Marie, est restée célibataire, elle est morte à Brest en 1922 où elle tenait un café sur le port de Commerce.

 

-François Joseph, né le 10 mars 1866, aussi au Radenoc est déclaré par son père. (Père de Elisa Causeur, on en reparlera plus loin, il est décédé en 1923)

 

-Léonie Marie Joséphine, née le 30 janvier 1868, chez sa grand-mère au Radenoc

 

-Philomène, née le 24 avril 1870, il semble alors que Louis Causeur et sa femme habitent temporairement au Radenoc. Philomène épousera à Brest le 7 mars 1910, Philippe Joseph Guerre dont la famille exploite un cirque itinérant.

 

-Pierre-Marie, né le 9 mai 1872, ses parents sont toujours au Radenoc. Pierre sera capitaine de commerce. (Entré à la compagnie Chevillotte-Frères, il y commandera le même vapeur l’Aulne pendant 22 ans). Il est décédé en 1925. En retraite depuis peu, il est mort subitement au port de commerce à Brest dans un bateau qu’il avait acheté pour son plaisir.

 

-Joséphine, née le 3 juillet 1874, elle est déclarée par Jean Marie Léostic qui habite maintenant Pen ar Vur. Louis Causeur est à Béniguet au moment de la naissance. Joséphine Causeur épousera Jean Marie Kerjean, maraîcher à Brest. Elle est décédée en 1958, (mère de Paul et Marcelle Kerjean).

 

( 1875, c’est l’époque des procès pour la coupe des goémons sur les rives de la presqu’île Saint-Laurent à Porspoder, la famille Lannuzel-Léostic-Causeur y perd l’essentiel de ses biens)

 

-Jean Louis, (mon grand-père), il serait né sur le bateau qui amenait sa mère de Béniguet au Conquet et aurait été transporté avec elle dans l’abri du canot de sauvetage (qui se trouvait alors en haut de la point Saint-Christophe) ou bien l’accouchement a eu lieu dans ce même abri du canot de sauvetage, le  26 janvier à une heure du matin, et n’a été déclaré que le même jour à six heures du soir à la mairie du Conquet par son père, accompagné de deux témoins Louis Parquer, garde maritime et Pierre Bleze, gendarme maritime.

 

ADIEU BENIGUET, LES CAUSEUR   S’EN VONT A QUEMENES EN 1877

 

Une dispute éclate alors dans la famille entre les Causeur et les Copy également fermiers à Béniguet. Au plus fort de la querelle, dans son acharnement à tout partager avant de quitter l’île, Louis Causeur aurait même coupé en deux un canot à coups de hache. Louis Causeur et Elisa Lannuzel vont s’installer à Quéménès où le travail est le même qu’à Béniguet, goémon, culture et élevage. Il est probable que les Causeur prennent la suite de la famille Cornen-Le Gouerec au printemps 1877. Hervé Cornen étant décédé en juillet 1876.

 

A Quéménès, Elisa conçoit à 45 ans son 8e et dernier enfant :

 

-Estelle Louise, née au Conquet le 31 mars 1879, célibataire, elle tenait avec sa sœur le café du port de commerce a Brest, où elle est décédée en 1938 

 

Au sujet de la querelle :

A Béniguet vivait depuis 1865 un autre jeune couple de Causeur : Jean Marie Causeur et sa femme Marie Louise Quellec. Des parents proches, puisque Jean Marie né au Cosquies du troisième mariage de Yves Causeur est donc un demi-frère à François Causeur.

Ce sont eux qui ont acheté en 1872 la grande maison sur le quai du Drellac’h, maison qu’ils ont louée en partie aux gardiens du phare des Pierres Noires.

Ces Causeur auront plusieurs enfants dont un  Louis Causeur, « navigateur », disparu en mer sur les côtes du Brésil, il était le parrain d’Estelle Causeur, et une fille Marie Jeannie, née en 1870, qui épousera un François Marie Corre, goémonier de Lannilis, connu pendant la saison de goémon à Béniguet. Nous les verrons  plus loin mourir du choléra à Quéménès.

Marie Louise Quellec se retrouve tôt veuve de Jean Marie Causeur, elle épouse en secondes noces Ambroise Copy, le couple reste à Béniguet.

La querelle mentionnée à Béniguet éclate donc entre Jean Louis Causeur époux de Elisa Lannuzel  et  Ambroise Copy époux de Marie Louise Quellec, veuve  de Jean Marie Causeur. Jean Louis Causeur et sa famille vont « émigrer » à Quéménès.

Veuve de Ambroise Copy, Marie Louise Quellec ira vivre à Trielen chez sa fille et son gendre puis reviendra  après le drame du choléra tenir  une des cinq fermes de Béniguet. En 1906, à 63 ans elle y gouverne encore, seule, dix domestiques.

 

 

 

FINI LE TEMPS DES  ILES,  l’INSTALLATION A BREST

 

Il est probable que 1886 ou 1887 est l’année où les Causeur quittent Quéménès pour Brest. En 1886, Louis Causeur a fait l’acquisition d’une petite gabare :  L’Espérance. Comme il n’a pas le diplôme requis pour la commander, il embauche des patrons molénais et embarque lui-même comme armateur-matelot. Le bateau fait des voyages, transportant toutes sortes de marchandises entre Audierne limite sud, Douarnenez, Brest, Le Conquet, Ouessant, Molène… et L’Abervrac’h limite nord.

En 1890,  son fils François Joseph, que l’on appelle Joseph ou Job Caoseur, devient le patron de la gabare. A cette époque Louis Causeur et sa femme habitent quai de la Douane à Brest. C’est là que décède l’année suivante (1891), Elisa Lannuzel à 57 ans.

Louis Causeur âgé alors de 54 ans continue à faire le matelot pendant plusieurs années avec son fils Joseph. L’Espérance est alors vendue à Hervé Kérébel de Lampaul-Plouarzel  pour être remplacée par un sloup plus gros : L’Eclipse. Louis Causeur est du voyage pour ramener le bateau qu’ils viennent d’acheter à Lannion en janvier 1899, et qu’ils ont chargé de 40 tonnes de blé pour Brest. A bord les deux Causeur, plus un matelot Jean Labous de Lanvéoc et un passager particulier : Louis Marie Langlois qui est en titre le capitaine pour la traversée car il possède le diplôme pour commander hors du quartier maritime de Brest, ce que n’a pas Joseph Causeur. Au mois de mai de la même année l’Eclipse va amener du charbon au Guilvinec et en revient avec 30 tonnes de sardines.

Louis Causeur « prend alors sa retraite » à 62 ans. Il vivra quai de la Douane jusqu’à ses 79 ans puisqu’il est mort en 1916.

Il sort cependant de sa retraite à 64 ans pour commander une gabare la Marie Yvonne de 17,32 tonneaux qui appartient à monsieur Troussey. En janvier 1901 il fait avec ce bateau quelques allers-retours Brest-Le Conquet-Molène-Béniguet.

 Quant à L’Eclipse  elle sera vendue par Joseph Causeur aux Copy  de Béniguet en juillet 1904. Lui-même poursuivant avec d’autres gabares (voir plus loin).

 

 

LE CHOLERA AUX ILES 1893

 

L’épidémie de « Choléra morbus » a sévi à Molène pendant l’été 1893, provoquant le 15 août la mort de 7 personnes puis de 37 autres dans les dix jours suivants. Le bois manquait pour la confection des cercueils, le recteur a démonté le toit du préau de l’école pour avoir des planches nécessaires à cet usage.

En même temps le mal s’attaquait à l’île Trielen, deux morts le 15 août, cinq morts le 17 août dont les patrons de la ferme : François Corre et sa femme Marie Jeannie Causeur, ainsi qu’un  jeune cousin Copy, qui faisait des études de séminariste à Pont-Croix et passait des vacances à Trielen. Trois morts le 18 août, un mort le 19 août, et trois morts le 20 août dont un autre cousin Copy, jeune homme de 14 ans, aussi en vacances. Donc 13 morts au total.

Le choléra avait tué François Corre et sa femme Marie Jeannie Causeur mais avait épargné leur fillette Estelle Corre et la grand-mère Louise Quellec (veuve d’un Jean Marie Causeur)

Curieusement le mal qui avait fait au Conquet une quinzaine de victimes ne touchait pas les autres îles, mais revenait en octobre et seulement à Béniguet provoquant en trois jours la mort de quatre domestiques.

 

 

 

LES BATEAUX DES CAUSEUR DE 1837 A 1923

 

 

-Marie-Anne 1,94 tonneau, sloup non ponté, construit au Conquet en 1837, à Causeur François domicilié à Balanec, bateau démoli en 1854 à Ouessant.

-Angélique, sloup construit en 1849 à Laberildut, acheté le  6 juin 1855 par François Causeur, passé à la plaisance en 1858

-Léonie, 2,68 tonneaux, construit et francisé au Conquet le 17 juin 1851, pour François Causeur, passé à la plaisance en 1860

-Marie Anne un sloup d’1,84 tonneau, construit à Landéda en 1837, propriétaire en 1851/52 François Causeur.

-Belle France, sloup de 6,55 mètres de long, 2,52 mètre de large au bau maximum, jaugeant 4,30 tonneaux. Avec vaigrage mais sans faux tillac et serrage.Construit par Jean Marie Ven de Prat Paul en Porspoder et livré le 28 juillet 1862 à François Causeur demeurant à Beniguet, propriétaire unique.

François Causeur a fait naviguer le bateau à la pêche, patron Rocher de Molène de 1862 à 1866, puis l’a utilisé à titre personnel pour ses déplacements sur le continent, c’est à dire de Beniguet au Conquet ou à Porspoder. Le bateau était alors armé à la plaisance.

On lit sur l’acte de propriété : « l’Administration Maritime soussignée certifie que le bateau Belle France a été enlevé par deux domestiques de Béniguet le premier juin 1874 et supposé perdu corps et biens ». Aucune trace du sloup n’ayant été retrouvée, il a été définitivement rayé de la matricule le 13 juin 1876.

-Marie, sloup de 6,80 mètres pour 4,47 tonneaux de jauge, bateau creux sans faux-tillac ni vaigrage ni serrage, construit à Porspoder pour Jean Louis Causeur par Jean Marie Ven, livré le 7 juin 1865. Le bateau a été démoli à Portsall en 1881.

-Saint-François, sloup non ponté, 3,56 tonneaux  construit au Conquet en 1859 pour Guiziou François, et acheté par Jean Louis Causeur, fermier de Béniguet, le 6 janvier  1867. Causeur revendra plus tard le bateau à Jean René Cuillandre de Molène. Le Saint-François sera démoli à Molène en 1876

-Joseph, sloup 2,34 tonneaux, acquis par Jean Louis Causeur en 1867, et armé au bornage (transports) avec Guiziou comme patron.

-Espérance, B 658, sloup ponté de 15,50 tonneaux, construit à Paimpol en 1884, (petite gabare) acheté par Jean Louis Causeur en 1886 à Jules Troussey de Brest pour faire tous les transports entre L’Abervrac’h et le raz de Sein. Vendue en 1899 à Hervé Kérébel de Lampaul-Plouarzel. Lors du naufrage du grand steamer allemand Triefels sur les Pierres Noires, l’Espérance, patron Causeur, fera des voyages entre l’épave et Brest avec des marchandises sauvées de la cargaison, en particulier des balles de coton. D’autres navires participeront également au déchargement du Triefels, dont le vapeur Brestois de chez Chevillotte.

-Eclipse, LC 1469, gabare pontée de 21,37 tonneaux, construite à Paimpol en 1891. Les Causeur qui ont acheté le bateau vont le chercher à Lannion le 26 janvier 1899 pour le ramener à Brest. Le propriétaire sur le rôle est Joseph Causeur. Le bateau sera vendu aux Copy lorsque Joseph mettra en chantier l’Espérance. L’Eclipse continuera plus tard sa carrière en rade de Brest et finira par être démolie en 1929 sur une grève de l’Hôpital-Camfrout.

-Espérance, LC 2038, deuxième du nom. Gabare de 27,72 tonneaux, construite à Camaret pour Joseph Causeur en 1904, marraine Elisa Causeur (2 ans). Avec ce bateau Joseph Causeur assure tous les transports de port en port, entre Audierne et L’Abervrac’h. Parfois le bateau va à Jersey ou Quiberon chercher de la soude brute pour les usines du Finistère, mais Joseph Causeur qui n’a pas de diplôme de maître au cabotage doit alors embarquer un « capitaine porteur » pour le voyage, ce qui coûte cher. L’Espérance est vendue à Colleau de Lampaul-Plouarzel en 1917. Le nouveau propriétaire ajoutera un tape-cul au sloup et fera de nombreuses années le bornage avec ce très joli bateau.

 -Petit Jean, LC3259, 24,64 tonneaux, bateau déjà ancien, construit en 1908 à Paimpol, mais possédant un gui à rouleau c’est-à-dire un système permettant de prendre facilement des ris par mauvais temps en enroulant la voile. D’où moins d’efforts et de fatigue pour l’équipage quand il faut réduire la toile dans la tempête, car Joseph Causeur n’est plus en très bonne santé. En fait Job Causeur n’a acheté que la moitié du sloup, l’autre part est à Combarelle, l’entrepreneur de travaux maritimes à Brest qui a des contrats pour enlever du sable à Laberildut. En 1919 Causeur vend sa part à Allançon de Lampaul-Plouarzel.

-Mathieu, sans doute pour garder un rôle et compléter ses années de navigation pour la retraite des marins, Joseph Causeur achète ce petit canot, mais la maladie ne lui permet pas d’y embarquer souvent. Joseph Causeur meurt en 1923. (En fait en 1920 on lit sur le rôle du Mathieu que le bateau appartient à Joseph Floc’h, capitaine au long-cours, (né à Molène en 1882 - c’est le père de Marie Ange Morvan -  y sont embarqués à la petite pêche Joseph Causeur et son fils Léon Causeur.

 

 

Revenons à la succession directe par Jean Louis Causeur :

 

Jean (Louis) Causeur, septième enfant de (Jean) Louis Causeur et d’Elisa Lannuzel est donc né au Conquet le 26 janvier 1877. Son enfance se passe à Béniguet (pas longtemps) et à Quéménès. Il a environ dix ans quand ses parents viennent habiter Brest. Il sera capitaine au cabotage, en grande partie dans la compagnie Chevillotte à Brest. Marié en 1908 à Emilie Claquin, ils auront cinq enfants. L’une des filles Madeleine Valentine  Causeur  (ma mère) épousera Yves Clochon de Porspoder, issu d’une famille localisée depuis les années 1600 dans la région de Gaël (Ille et Vilaine) et dont un garçon mobilisé dans la garde-côte à l’époque de la Révolution a fait souche à Porspoder en 1791.

 

Je dois à ma tante Elisa (Zaza) Causeur, que beaucoup ont connue comme institutrice au Conquet, de m’avoir piloté dans les archives de notre commune quand j’y suis arrivé, pour des raisons professionnelles en 1968, et de m’avoir encouragé dans les recherches historiques que j’ai menées par la suite. JPC.
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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 14:53

Parfois un événement survient qui trompe la monotonie des jours, ici l’imprévu vient de la mer, et c’est bien souvent sous la forme d’un drame.

 

Le naufrage du « Général Decaen »

 

1857 Lundi 16 mars on lit dans le journal « L’Océan »,  Le brick français Général Decaen  a fait naufrage aux  Pierres Noires :

-La corvette Le Souffleur a appareillé allant à la recherche de l’équipage d’un navire qui depuis quatre jours avait fait naufrage sur les Pierres Noires. Ces malheureux ont réussi à gagner un plateau de roches plus élevé sur lequel ils ont passé quatre jours. Au nombre de huit lors du naufrage, le mousse a succombé. La corvette patrouille en tirant du canon, puis vient au Conquet. L’équipage du navire s’y trouve, sauvé par une embarcation du pays, qui a surmonté de grandes difficultés. Les hommes sont dans un hôtel du Conquet où ils reçoivent des soins.

Puis dans le même journal quelques jours  plus tard  on a connaissance des détails : « On nous écrit du Conquet le 18 mars. Le terrible coup de vent qui a eu lieu du 14 au 15 courant s’est fait sentir sur nos côtes d’une manière bien déplorable le dimanche 15. Sur les grèves et en particulier aux Blancs-Sablons on a trouvé toutes sortes d’épaves mais aussi des oranges, du liège etc..

Lundi 16, le capitaine Calvé dont le navire est en charge au Conquet, faisant une tournée sur la côte, à l’aide de sa longue-vue a aperçu 7 hommes sur les sommités de la roche nommée La Chaise qui fait partie du groupe dangereux des Pierres Noires.

Le capitaine Calvé en informa l’administration de l’Inscription Maritime et fit tout de suite traîner à l’eau l’embarcation de son lougre qu’il envoya avec ses matelots au secours des naufragés. A l’exemple du généreux capitaine, toutes les embarcations disponibles prenaient la mer, l’administrateur de la Marine et le syndic étaient de l’expédition. Aucun résultat ne fut obtenu ce jour ni la nuit suivante.

Le mardi vers 8 heures ils ont réussi à les sauver et à les ramener au Conquet vers 9 heures 30.

Toute la population était émue à l’aspect navrant qu’offraient les pauvres marins meurtris sur la roche où de mer haute il leur fallait s’amarrer pour ne point être enlevés par les lames. Conduits à l’hôtel de Bretagne chez monsieur Joubert, ils ont été l’objet de soins empressés. Monsieur Gloaguen le recteur les visita, chacun allait les voir et s’enquérir de ce qui pouvait être utile, en particulier des vêtements. Ils voulaient ces malheureux en débarquant aller à l’église rendre grâce à Dieu mais les forces leur ont manqué. On ne saurait trop louer le zèle, le dévouement, l’abnégation et la charité des marins et des habitants du Conquet en cette circonstance du naufrage du brick français de 78 tonneaux Général Decaen, capitaine Dazon-Delamare. Le navire était parti de Madère le 3 février avec un chargement de vins, liège, orseille, pour Le Havre  et avait fait naufrage dans la nuit du 13 au 14 mars sur la Chaise. Le navire a été entièrement brisé par la mer qui était monstrueuse. Les hommes se sont sauvés par le beaupré en escaladant à l’aide d’un filin la roche la plus élevée du plateau. Le mousse s’est noyé. Les 7 hommes sont restés sans nourriture et mouillés par les vagues du 14 au 17 mars, jour où à 10 heures du matin ils ont été recueillis par 3 bateaux de pêche et ramenés Conquet.

Témoignages de satisfaction à :

Le Guerrannic, maire, Le Guerrannic Prosper et Ernest, proprétaires , Liquide Pierre commissaire de la Marine, administrateur du quartier du Conquet. Le Borgne Michel, matelot, Penfrat Louis, syndic des gens de mer, Kéruzoré Martial, maître de port, Guiziou Pierre, patron de bateau, Mingant Yves, fermier de Trielen, Causeur François et Causeur Jean Louis, cultivateurs à Béniguet qui avaient essayé plusieurs fois et en vain d’accoster la roche des naufragés, Menguy Louis, maître au cabotage, Cuillandre Jean, matelot, Luneau Joachim ancien marin.

 

Le 29 mars 1859, Jean Louis Causeur de Béniguet a obtenu une médaille d’honneur de 2e classe, en argent, pour s’être jeté à la mer et avoir sauvé les marins d’une embarcation en péril le 11 novembre 1858.

 

Vers 1860, François Causeur vient de dépasser les cinquante ans, son épouse Marie Jeanne a eu huit enfants dont la plupart sont morts en bas-âge. Travaillant sans relâche depuis leur enfance ce sont des gens fatigués. Mais ils jouissent d’une certaine aisance, (François Causeur figure parmi les 10 personnes les plus imposées du Conquet), le couple souhaite se retirer sur le continent laissant la ferme à leur fils Jean Louis. Seulement Jean Louis qui a 23 ans, n’est pas encore  marié. Heureusement l’occasion va bientôt se présenter.

 

SOUS LE SECOND EMPIRE, LES « CAUSEUR » CROISENT LA GENEALOGIE DES « LE SCANFF »  D’ARGENTON-PORSPODER PAR LES « LANNUZEL-QUEMENEUR  DE PLOURIN.

 

Depuis quelques années les Causeur ont des bateaux pour faire le goémon l’été et la pêche l’hiver. Début 1862 François décide de mettre en chantier un bateau neuf.  Un charpentier de marine a alors une grande réputation, il s’agit de Jean Marie Ven, de Prat Paul en Porspoder. Les Causeur vont le voir et font affaire, le bateau sera un sloup de 6,55 mètres. Un bateau se paye en général en trois fois : le premier tiers à la pose de la quille, le second tiers la coque terminée, le troisième tiers à la mise à l’eau, gréément et voiles en place. La surveillance de la construction et le règlement des échéances conduisent souvent Jean Louis Causeur à Porspoder. Il y fait la connaissance d’une couturière de trois ans son aînée, Marie Elisée Lannuzel que tout le monde appelle Elisa et qui habite au Radenoc, non loin du port d’Argenton.

Le 28 juillet 1862, François et Jean Louis Causeur viennent prendre livraison de leur sloup qu’ils ont nommé Belle France. La relation entre Jean Louis et Elisa va-t-elle s’arrêter là ? Non car le 2 février 1863 toute la famille Causeur arrive endimanchée à Porspoder, les cloches de l’église Saint-Budoc sonnent à toutes volées, Jean Louis « Caoseur », cultivateur 25 ans, né à Molène le 18 décembre 1837, demeurant à Béniguet, fils majeur de François Causeur et de Marie Jeanne Gilet épouse Marie Elisée Lannuzel, couturière, 28 ans, née à Plourin le 1er avril 1834, demeurant au Radenoc, fille de défunt Jean Marie Lannuzel (décédé à Porspoder le 8 septembre 1860) et de Marie Françoise Quéméneur, propriétaire, demeurant au Radenoc.

Parmi les témoins au mariage on note Jean Marie Ven charpentier de Prat Paul et son fils Yves, qui ont construit le bateau des Causeur et Jean Marie Léaustic cultivateur, 40 ans, beau-frère de la mariée. (On écrit aussi bien Léaustic que Léostic, c’est la forme francisé du breton An Eostig qui signifie le rossignol)
(à suivre)

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 14:47

Pourquoi vous intéressez vous tant à l’histoire du Conquet et des environs? Vous n’êtes pas d’ici ! La question m’ayant été souvent posée, voici un aperçu de ma généalogie maternelle, (Causeur), qui allié à un goût personnel pour l’histoire en général, peut servir de réponse. JPC.

 

LA FAMILLE « CAUSEUR »

 

Le nom s’écrit en breton « Caozer » « Caoser ou « Kaozer » et signifie comme en français « le parleur ». La branche dont je suis issu, vit au début du XVIIe siècle, sous Louis XIII, dans la paroisse de Ploumoguer en Bas-Léon. Les Causeur sont laboureurs, c’est-à-dire qu’ils possèdent ou louent des fermes et  des terres qu’ils cultivent avec leur propre matériel, et élèvent leur propre bétail. Ils sont assez aisés.

 

LES ORIGINES A PLOUMOGUER SOUS LOUIS XIII

 

Dans les années 1640, Robert (Roparz) Causeur et sa femme Anne Page sont fermiers du lieu noble de Mesgouez en Ploumoguer (en bordure de la route Le Conquet – Saint Renan). Lieu noble signifie qu’en plus de la location du bail, les Causeur doivent payer à la seigneurie dont dépend Mesgouez un impôt en nature ou en argent.

 

Ces Causeur là ont de nombreux enfants dont Pierre Causeur qui naît le 30 décembre 1650. (A la même époque, dans un hameau de la même paroisse de Ploumoguer, chez Sébastien Causeur et Magdeleine Lhuel naît un fils : Jean Causeur qui deviendra le centenaire que l’on connaît, j’en reparlerai)

 

Non loin de Mesgouez, le manoir de Keranguen est tenu en ferme par Pierre Keranuran et sa femme Marie Caouron. Eux-aussi ont de nombreux enfants dont Marie Keranuran, née en 1651.

 






Keranguen, état vers 1970, photo JPC










Le manoir de Keranguen appartient en 1534 à Robert de Kermorvan, archer en brigantine et page, puis en 1636 à Gabriel du Drenec, capitaine de la ville du Conquet. Il montre encore un beau corps d'hôtel du XVIe en pierres de taille, avec porte en anse de panier à arcature saillante et fenêtre coupées de meneaux en croix. Il était en 1674 au seigneur de le Lannoster-Gouriou et a conservé un colombier ainsi qu'une chapelle convertie en grange.  (Brest et sa région - Louis Le Guennec 1935)



La chapelle de Keranguen, état vers 1970, photo JPC















DE PLOUMOGUER A PLOUGONVELIN

 

Adulte, Pierre Causeur va épouser  Marie Keranuran.

Le couple s’installe à Keranguen chez les parents de Pierre ; sans doute le travail ne manque-t-il pas à la ferme. Plusieurs enfants vont naître de cette union. Le premier est un garçon, né le 30 juin 1675, comme son père il est prénommé Pierre. Quelques années plus tard, le bail de Keranguen se terminant, ou bien la maison était devenue trop petite pour une famille qui s’agrandit, je ne sais, mais les Causeur  qui ont maintenant 4 enfants,  déménagent vers une ferme voisine, Kerdonniou. C’est là qu’en 1688, Marie Keranuran met au monde son cinquième enfant, prénommé Jean. Le bambin n’aura qu’une courte existence car il est mort à quatre ans, mais déjà orphelin de sa mère, Marie, décédée quelques mois avant lui.

Voilà notre Pierre Causeur, veuf avec quatre enfants, dont l’aîné  arrive sur ses 16 ans.  Pierre Causeur ne reste pas seul longtemps, le 4 juillet 1693, âgé de 45 ans, il convole en seconde noce avec une voisine, Guillamette Le Gall, de la ferme toute proche de Kerzeanton, dont il aura quatre enfants.

Il est temps pour Pierre Causeur de régler la succession des biens lui venant de sa première femme Marie Keranuran. Le partage doit se faire avec sa belle-mère Marie Caouron et avec son beau-frère Jean Keranuran qui est prêtre. Mais rien ne presse et ce n’est seulement que 8 ans après le décès de Marie que Pierre Causeur se décide à convoquer le notaire. Entre temps Marie Caouron et Jean Keranuran sont morts. Pierre reste donc seul héritier de sa défunte femme, avec ses enfants du premier lit.

Le 26 avril 1700, tout l’avoir de Pierre Causeur est inventorié, le document notarié compte plusieurs pages (il se trouve aux Archives Départementales du Finistère dans la liasse Procès, Successions, Tutelles de la juridiction abbatiale de Saint-Mathieu).

Pierre Causeur est aisé, maison à deux étages, étable bien garnie : six vaches, trois génisses, deux taurillons, un veau non sevré, deux bœufs et  dans l’écurie un cheval, deux juments, deux poulains, une pouliche, plus une jument dont il vient d’hériter de sa mère Jeanne Page, et dans un pen-ty près de la maison est logée une truie. En terres, les notaires dénombrent de nombreuses parcelles, où l’on cultive l’orge, le froment, le seigle et l’avoine. En bref une estimation non compris la valeur de la maison et celle des terres, évaluée à 1 741 Livres, ce qui pour l’époque représente une jolie somme.

 

 

DE PLOUGONVELIN A PLOUZANE ET A PLOUMOGUER

 

Pendant ce temps Pierre Causeur le fils, est devenu adulte. A sa majorité il épouse une demoiselle de la paroisse voisine de Plougonvelin, Marie Le Foll. Le jeune couple de cultivateurs trouve à louer une ferme, l’ancien manoir de Kerscao dans la paroisse de Plouzané. Leur premier enfant y naît en 1703 et s’appelle Jeanne Causeur. Un bail se libérant à Kerivin Vao, ferme voisine de celle de Pierre Causeur (le père) toujours à Kerdonniou, Pierre Causeur (le fils) et Marie Le Foll s’y installent. Leur famille grandit vite. L’un des garçons né à Kerivin Vao le 12 août 1710, se prénomme François, on va le suivre car notre lignée continue par lui.

François Causeur travaille avec ses parents à la ferme et reste longtemps célibataire. Son père Pierre Causeur meurt à 60 ans le 13 janvier 1735, sa mère Marie Le Foll décède le 29 octobre 1746 âgée de 65 ans. François  Causeur atteint ses quarante ans en 1750 quand il se décide à épouser Birgit Le Drévès, de la ferme-manoir de Lanhevel en Plouzané, fille d’Yves Le Drévès et de Jeanne Mazé, née le 28 décembre 1726, elle n’a que 24 ans.

 

François Causeur  et sa femme continuent à exploiter les terres de Kerivin Vao, ils ont plusieurs enfants, dont l’un Yves Causeur, né le 3 avril 1754,   travaille à la ferme avec ses parents et ses frères et sœurs jusqu’au moment où adulte à son tour il épouse Catherine Meneur de la paroisse de Ploumoguer.

 

 

 

DE FERME EN FERME, LES CAUSEUR ARRIVENT SUR LA RIVE DU PORT DU CONQUET, MAIS TOUJOURS DANS LA PAROISSE DE PLOUMOGUER.

 

Yves Causeur et Catherine Meneur s’installent d’abord dans une ferme à Lanfeust (Ploumoguer), puis prennent en bail la ferme du Cosquies, ancien manoir donnant sur la rive nord du port du Conquet, tout en étant dans la paroisse de Ploumoguer. Voilà donc les premiers « Causeur » qui voient la mer de leur maison ! Eux-aussi ont de nombreux enfants, dont l’un né le 23 septembre 1778 est prénommé Yves comme son père. Le gamin qui a 11 ans en 1789, aube de la Révolution Française, va vivre son adolescence dans une ambiance bruyante, agitée et colorée. Les troupes gardes-côtes ont pris position au Conquet, leur magasin général d’artillerie est à cent mètres de la ferme des Causeur. Le chantier naval du Croaé juste en face sur la rive sud du Conquet, accueille pour les réparer  les navires de commerce et les corsaires malmenés par les escadres anglaises qui tout près, devant Saint-Mathieu, font le blocus de Brest. Le garçon en prend plein les yeux.  Catherine Meneur sa mère, meurt le 6 prairial an XII et son père Yves Causeur le 29 avril 1807. Mais notre Yves Causeur (fils) est déjà marié depuis longtemps.

 

 

Yves Causeur, trois femmes quatorze enfants :

 

Yves Causeur (fils) s’est marié en 1796 (le 21 fructidor an IV) avec Marie  Jacquette Trébaol de la ferme de Mesquernic en Ploumoguer, ils ont tout deux 18 ans et s’installent d’abord à la Maison Blanche non loin du Cosquies et donnant aussi sur le port du Conquet, puis vont vivre dans le manoir-ferme du Cosquies. Tous les deux ans environ Marie Jacquette accouche d’un enfant qui meurt à la naissance ou ne survit pas bien longtemps. Après le 5e mort-né en 1806, Marie Jacquette sans doute épuisée, meurt le 2 avril 1808, elle avait tout juste 30 ans.

 

-Après un court veuvage Yves se remarie le 25 juillet 1808 avec Marie Charlotte Le Vaillant (25 ans, née à Ploumoguer en 1783, fille de Jean Le Vaillant et Marie Françoise Pellé) dont il aura quatre enfants.

 

-A nouveau veuf à 40 ans avec une petite dernière Marie Françoise Causeur qui n’a pas deux ans, il épouse en troisième noce le 11 janvier 1819, Marie Anne Le Gall  (31 ans) de la trêve de Lamber en Ploumoguer dont il aura cette fois cinq enfants.

 

Reprenons la succession par Yves Causeur et sa seconde femme Marie Charlotte Le Vaillant :

Les aînés sont deux garçons, François Nicolas Marie né en 1809 et Yves comme son père et son grand-père, né en 1813, suivront deux filles  Marie Jeanne en 1815 (elle épousera Joseph  Copy de la ferme de Kermorvan)  et Marie Françoise en 1817

 

Je descends de François Nicolas Marie, mais avant de parler de lui, quelques mots de son frère cadet : Yves Causeur, né le 24 mai 1813 sera le premier marin de la famille. A 18 ans il est novice à bord de l’Elisa, capitaine Darlan. Pendant les quatre années suivantes, il trouve ses embarquements à Bordeaux. En 1832, il est novice sur le lougre Le Menteur, en 1833 novice sur le paquebot Le Bordelais allant à La Havane, puis novice sur La Désirée,  puis sur la Bonne Louise allant à la Martinique. En 1835 il fait un voyage aux Indes. Puis le 11 mai 1835 il est levé par le bureau des Classes pour son service militaire. Embarqué sur la gabarre La Loire pour les Antilles il y arrive le 14 juillet et passe sur la goélette Jacinthe, mais il tombe malade et meurt à 23 ans à l’hôpital de Basse-Terre le 25 juin 1836.

 

LE CULTIVATEUR DEVIENT GOEMONIER DANS LES ILES DE L’ARCHIPEL DE MOLENE 

 

Je reviens à mon ancêtre François Nicolas Marie Causeur, fils de Yves Causeur et de Marie Charlotte Le Vaillant, né au Cosquies en 1809 le 2 juin, et déclaré à l’Etat-Civil par son père Yves et par son oncle Jean Marie Mevel, gardien de batterie. Son enfance et son adolescence, il les passe à la ferme où comme tous les jeunes, il aide ses parents aux travaux des champs.

Il a vingt ans quand le chimiste François Tissier  s’installe au Conquet. Tissier vient de mettre au point un procédé industriel d’extraction de l’iode à partir des cendres de végétaux marins. Pour arriver à produire de l’iode il faut : des marins avec leurs bateaux pour récolter des algues en mer, des charretiers avec leurs attelages pour en faire le transport à terre jusqu’aux lieux de séchage, des ouvriers pour brûler les goémons secs et confectionner les « pains de soude », des chimistes et des ouvriers d’usine pour réaliser les opérations permettant d’extraire  le précieux iode de la soude brute.

Tissier a foi dans les débouchés commerciaux de l’iode, il n’a aucun mal à convaincre les propriétaires de l’usine de Poulconq, la famille Guilhem, qui produisait déjà des sels de soude à l’usage particulièrement des verreries de Rouen de l’embaucher et de se lancer dans une aventure industrielle hautement rentable. Les Guilhem sont alors propriétaires des îles de Quéménès, Trielen et Bannec dans l’archipel de Molène. Pour couper et travailler les algues nous l’avons dit, il faut une abondante main d’œuvre saisonnière, c’est ainsi que François Nicolas Causeur délaisse l’été la ferme paternelle pour s’embaucher comme « journalier pour la soude » à Quéménès.

L’année 1833, la saison de goémon finie,  François (Nicolas) Causeur décide de se marier. Il Il a 23 ans. Le 22 octobre à 9h du matin,  il épouse Marie Jeanne Gilet, jeune boulangère de vingt ans, née à Mesprat en Plouzané, demeurant à Lanrivinec dans cette même paroisse, mais dont la famille paternelle est originaire de la pointe Saint-Mathieu.

 

LE FERMIER-GOEMONIER DE BALANEC

 

François a appris son métier d’agriculteur avec ses parents à la ferme du Cosquies, il a appris le métier de goémonier à Quéménès, la vie aux îles a dû le séduire, aussitôt marié le couple Causeur-Gilet prend en bail la ferme de l’île Balanec en bordure du Fromveur. 1834. Survient la naissance d’un premier enfant, Marie Anne, le bébé est déclaré à l’état-civil de Molène (Marie Anne épousera au Conquet en 1855 Tanguy Marie Créac’h préposé des Douanes).

 

L’INSTALLATION A BENIGUET

 

Le 18 décembre 1837, naît le premier garçon : Jean Louis Causeur, lui aussi est inscrit sur les registres de Molène, il n’a pas quatre ans quand la famille Causeur laisse Balanec pour Béniguet. Mazé-Launay, industriel concurrent de Tissier, vient de proposer à François Causeur le bail de Béniguet au départ du fermier Corolleur prévu a la Saint-Michel 1841. L’affaire est intéressante, l’île est plus grande, plus douce, les terres cultivables plus étendues, les relations avec le continent plus faciles, Le Conquet est juste en face. François Causeur a donc 32 ans quand  le 29 septembre  1841 il débarque sur Béniguet avec bagages et famille.

Sur l’île, à la saison c’est le goémon qui occupe l’essentiel des activités, mais le reste de l’année les Causeur sont cultivateurs (blé, choux-panais, légumes divers, la terre sablonneuse a de bons rendements), éleveurs (bovins, moutons et chevaux, porcs et volailles) et approvisionneurs de galets qui sont chargés depuis les grèves de l’île sur les gabares qui les transportent à Brest pour la construction.

 

La famille Causeur s’agrandit régulièrement :

 

-Marie Gabrielle née à Béniguet le 4 avril 1843

 

-Margueritte Marie née au Conquet le 29 juin 1844

 

-Prosper Marie né au Conquet le 9 juin 1846, au domicile de Françoise Causeur sa tante, mariée avec François Allonch cordonnier. Un oncle Jean Marie Causeur, aubergiste à Brest, est au Conquet le jour de cette naissance et signe comme parent le registre d’état-civil. Hélas Prosper Marie ne vit pas bien longtemps.

 

-Prosper Marie, né au Conquet le 15 juin 1849 porte le même prénom que son frère décédé. Marie Jeanne Gilet a accouché au domicile de Isidore Porsmoguer, maître cordonnier et vieil ami de la famille puisqu’il était déjà témoin au mariage Causeur – Gilet à Plouzané en 1833.

 

-Noël Marie, né au Conquet le 9 mars 1851, au domicile de ses parents sur le quai du Drellac’h. L’enfant est déclaré à la mairie par son parrain Noël Marie Masson pilote et par Jean Roué expert maritime, ami de la famille.

 

-Anonyme, né et mort au Conquet le 13 décembre1854.

 

La vie à Béniguet s’écoule au rythme des saisons, l’hiver l’île est presque vide, les travaux agricole sont ralentis, seules les bêtes nécessitent des soins journaliers. Les fermiers en profitent pour remettre le matériel en état : charrettes, outils agricoles, on répare les murs de pierres des granges et des champs, on restaure les fours à goémons… on pratique un peu la pêche,  au printemps et à l’automne, labours et récoltes mobilisent tous les actifs, l’été avec l’arrivée des travailleurs saisonniers pour la coupe et le brûlage des goémons emplit l’île d’une foule bruyante et besogneuse. Les goémoniers construisent ou restaurent dans les replis abrités du vallon, non loin de la fontaine, leurs cabanons : murs de pierres et toits de fagots couverts de mottes de terre, où ils vont vivre jusqu’à l’automne.

(à suivre) 

 

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 10:15

-Tombes anglaises

En poursuivant vers le sud-ouest de la chapelle, quatre petites tombes blanches attirent l’attention  Ce sont des sépultures d’aviateurs abattus pendant la seconde guerre mondiale.

Le port de Brest où sont alors basés les grands navires de guerre allemands qui écument l'Atlantique, constitue une cible prioritaire pour l'aviation alliée. Dans la nuit du 5 au 6 juillet 1943, un bombardier Wellington anglais qui revenait d’avoir largué des mines au large du Toulinguet, touché par la DCA ou en panne de moteurs, est tombé dans la baie de Porsliogan, entre Saint-Mathieu et Le Conquet.  Trois hommes qui ont gagné le rivage à bord d’un radeau de survie,  sont abattus par des soldats allemands, un quatrième chute et se tue en essayant d’escalader la falaise à gauche de la plage, le cinquième, le lieutenant Frank Darbyshire, bombardier,  ne sera jamais retrouvé.

Avec l’autorisation de l’occupant, les corps du pilote, le lieutenant-colonel JJ Owen, anglais, du navigateur, le lieutenant E.H Swain, anglais, du radio, le sous-lieutenant A.M Long, canadien, du mitrailleur, le sous-lieutenant J.F Ray, anglais, ont été inhumés à Lochrist le 8 juillet, en présence d’une foule recueillie, et d’un peloton de soldats allemands en armes, rendant les honneurs militaires.

 

 

-Le caveau Tissier

 Un peu au nord, l’œil est attiré par un caveau, une croix de mission et un monument particulier, sorte de clocher de chapelle en miniature.

 Le monument funéraire, caveau de la famille Tissier. Le nom de Tissier est associé au Conquet et sur les côtes nord du Finistère à la récolte du goémon et à l’industrie de l’iode.

 

Dans le mausolée on remarque principalement les plaques commémoratives de :

Nicolas Tissier, né à Lyon en 1775, mort à Brest en 1847, inhumé à Lochrist en 1851.
Docteur ès sciences, pharmacien en chef des armées de Napoléon, professeur de chimie de  la ville de Lyon, Membre de plusieurs sociétés savantes françaises et étrangères.

 

François Benoît Tissier, né à Lyon en 1803, mort au Conquet en 1873, chimiste-manufacturier, chevalier de la Légion d’honneur, maire du Conquet de 1870 à 1873, conseiller général du Finistère

 

Frédéric Alexandre Tissier

Né à Paris le 4 mars 1827, mort au Conquet le 5 octobre 1878, chimiste-manufacturier, propriétaire du journal  « Le Républicain du Finistère », franc-maçon, chevalier de la couronne d’Italie, maire du Conquet de 1876 à 1878, conseiller général du Finistère.

 

C’est François Benoît Tissier qui a lancé en 1830 dans son usine du Conquet la production industrielle de l’iode créant une nouvelle population de gens de terre et de mer : « les goémoniers ». De nombreux livres et articles traitent du sujet. Je rappelle seulement ici la chaîne : des « paysans-marins » récoltent en bateaux les laminaires qu’ils détachent du fond de l’eau avec une longue faucille emmanchée. Les algues sont séchées sur les dunes côtières, puis incinérées dans des fours, longues rigoles tapissées de pierres plates, les cendres compactées prennent le nom de « pain de soude », elles sont amenées à l’usine Tissier au fond de la ria du Conquet au lieu-dit Poulconq. Différents traitements permettent d’en extraire le précieux iode, qui en solution dans de l’alcool donnait la teinture d’iode, l’antiseptique universel dont les armées faisaient une très forte consommation. C’est ainsi que la famille Tissier s’est prodigieusement enrichie, possédant bientôt en quantité terres, maisons, fermes, jardins, parcs, tant au Conquet, qu’à Plougonvelin, Ploumoguer, Plouarzel et dans les îles de l’archipel de Molène.

La transition avec le monument voisin se fait d’elle-même puisque la « croix de mission » qui porte la date « Mission 1873 » a été érigée aux frais de Tissier aîné, conseiller général, monsieur Toulemont étant recteur et monsieur Taniou, trésorier, comme le mentionne le texte écrit sur le socle de la colonne. La famille Tissier a d’ailleurs fait beaucoup de dons à la commune du Conquet, entre autres, le terrain pour bâtir la nouvelle église, l’autel de ce monument, la maison d’école qui fut aussi mairie etc…

 

Monument à Le Gonidec : « Piou eo ar Gonidec ?» demandait Anatole Le Braz à un menuisier de Lochrist le 12 octobre 1913, et celui-ci de répondre « Douetuz eur Zaoz », manifestant son ignorance. Et pourtant ce jour-là on célébrait en présence de nombreuses personnalités religieuses et civiles,  la restauration et l’embellissement  du monument élevé sur la tombe du rénovateur de la langue bretonne.

Jean François Marie Maurice Agathe Le Gonidec est né au Conquet en 1775, fils de Charles Robert Le Gonidec, chevalier, commis de la ferme des devoirs. Sa femme décédée, le père de l’enfant l’abandonna. Il fut recueilli à l’âge de trois ans par madame de Kersauzon sa marraine, au château de Kerjan-Mol (Trébabu). Plus tard il fit ses études au collège de Tréguier. Emprisonné comme aristocrate pendant la Révolution, il fut libéré en décembre 1794. Olivier Le Gall « Le Gonidec et son tombeau 1845 », enjolive cette période de la vie de son héros : « Le Gonidec est conduit à Brest, on le jette dans un cachot, il est condamné à mort. Un coup de main audacieux le délivre comme  on le conduisait au supplice ; la femme d’un fougueux terroriste le cache pendant quelques heures, il se rend sur la côte et un pêcheur se hasardant à passer sur la mer, le débarque sur le rivage de la Cornouaille insulaire. » Plus tard rentré clandestinement en France, Le Gonidec aurait été lieutenant-colonel de bandes de chouans dans l’ouest de la France. Bénéficiant de l’amnistie du 18 brumaire 1804, il quitte la Bretagne pour Paris, sa vie littéraire commence tandis qu’il travaille au quotidien pour l’administration forestière.

-          En 1806, il publie une étude sur la similitude des noms de lieux et patronymes en Bretagne, Ecosse, Irlande, Pays de Galles et Cornouaille Anglaise.

-          1807, il rédige une grammaire bretonne

-          1819, il publie un dictionnaire celto-breton

-          1821, parution du dictionnaire breton-français complété plus tard par La Villemarqué

-          1827, en collaboration avec deux pasteurs gallois il traduit la bible en breton

-          On lui doit aussi des traductions de livres pieux en breton, « Katekiz historik de Fleury, Testamant coz, Testamant nevez etc…

-          1838, il anime avec La Villemarqué, Brizeux, Price et Jones, le « Mouvement de la Renaissance celtique ».

-          Mort à Paris le 12 octobre 1838, il est inhumé au cimetière de Montmartre.

 

Ses amis, Brizeux, La Villemarqué, Souvestre, Pol de Courcy… lancent alors une souscription pour lui élever un monument dans son pays natal. En 1845, une stèle est dressée à la mémoire de Le Gonidec dans le cimetière de Lochrist. Ses cendres arrivées de Paris par la malle-poste dans un sac, sont placées dans le tombeau qu’on a préparé à cet effet et sur lequel on peut lire :

                    Peûlvan diskit d’ann holl hano ar Gonidek

                   Den gwisiek ha für, tad ar gwir breïzonek

                   Pierre apprends à tous le nom de Le Gonidec

                  Homme savant et sage, père du véritable breton.

Les années ont passé depuis, l’œuvre  de Le Gonidec est tombée dans l’oubli, du moins de ce côté-ci du « Channel », car depuis que la commune du Conquet est jumelée avec celle de Llandeilo au pays de Galles, les délégations galloises ne manquent pas le détour par le cimetière de Lochrist.

 

Jean Pierre Clochon pour l'association "Phase", marche de printemps 2006 complété octobre 2006

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 10:13

Lochrist, trêve de la paroisse de Plougonvelin :

l’ancien bourg, l’église, le cimetière

 

Le village d’origine s’est bâti selon la coutume des populations côtières de l’époque, à quelque distance de la mer, sur une hauteur, de façon à voir arriver l’ennemi et organiser la défense, ou fuir en emportant ses biens les plus précieux. Les historiens associent volontiers les appellations de lieux bretons en Loc-Christ ou dédiés à la Vraie-Croix ou à la Sainte-Croix, à l’existence de moines templiers dans la région. L’église de Lochrist, trêve de Plougonvelin, s’appelant église « Sainte-Croix », nous admettrons donc que le petit bourg a pris son nom actuel dans le courant du XIIe siècle. 
Succédant à l’établissement religieux d’origine, l’église de Lochrist, trêve de Plougonvelin,  a été bâtie au début des années 1500.

 

Le bilan de la descente anglo-hollandaise de 1558, quand environ dix-mille soldats débarquèrent le matin aux Blancs-Sablons, ravagèrent tout, du Conquet à Lochrist, Saint-Mathieu et Plougonvelin pour retrouver leurs navires le soir à Bertheaume, fait état de quantité de maisons détruites mais ne signale pas de dégâts à l’église. Le rapporteur reste aussi muet sur le nombre des victimes.

L’église on le sait n’était pas terminée puisque la flèche de son clocher n’a été édifiée qu’au début du XVIIIe. Le monument est achevé en 1727, grâce à une généreuse donatrice, et au concours bénévole de certains paroissiens. L'évènement est rapporté par le recteur de l'époque dans le registre de l'état-civil de 1727 :

    « La même année que dessus, a été finie la tour de l'église de Lochrist qui était imparfaite, puisqu'elle était élevée seulement jusqu'à la première chambre, et est demeurée dans cet état plus de deux cents ans, et elle a été rendue dans l'état où elle est à présent sans qu'il n'en ait rien coûté à la fabrique de Lochrist ni aux habitants du Conquet.

Les tréviens de la campagne, plus zélés, ont fait le charroi gratis et cela par les soins du recteur qui régnait en ce temps et les deniers d'une personne dévote qui mérite qu'on prie pour le repos de son âme.                                    Resquescat in pace »


(La représentation de l'église est un dessin de Louis Le Guennec, publié dans Brest et sa Région, par les Amis de Louis Le Guennec)
 

Sous l’ancien régime, on enterrait les morts dans les églises, ce qui, avec la putréfaction des cadavres, générait des odeurs pestilentielles et provoquait parfois des épidémies. Dans les années 1980, des travaux sur la place de Lochrist ont mis à jour une succession de tombes orientées est-ouest, aux squelettes parfaitement conservés. Cet alignement correspondait à l’allée centrale de la nef de l’ancienne église,  ou à l’un des collatéraux, ce qui est confirmé par le plan cadastral de 1841. Différents édits royaux et  arrêts du Parlement de Bretagne ont réussi au cours du XVIIIe à interdire ce mode d’inhumation dangereux pour la santé des fidèles, sauf pour les familles possédant des enfeus. Les « enfeus » sont des niches funéraires ménagées dans les murs des cathédrales, églises, chapelles, cloîtres…. Ils sont souvent surmontés d’un arc ou d’une accolade portant un blason sculpté. Les pierres d’enfeus portant le blason de la famille « Maucarze » d’or à trois roses de gueules et celui aux trois ancres de marine, (bien effacé) de la famille Mol, figurent toujours dans l’inventaire de l’ancien musée du Conquet.

 


A gauche "Maucarze" (fondu en Mocaer), à droite "Mol"










L’église de Lochrist renfermait le tombeau de Dom Michel Le Nobletz, célèbre prédicateur breton, né à Plouguerneau en 1577, mort au Conquet « en odeur de sainteté » en 1652 et inhumé dans l’enfeu de la famille du Halgouët, jusqu’au transfert de ses restes en 1701 dans un tombeau au chœur de l’église, en présence de Mgr Le Neboux de la Brosse, évêque et comte de Léon. En 1750, une statue en pierre blanche due au ciseau de Charles Caffieri fut installée sur le mausolée. Epargné par la Révolution, le monument se trouve aujourd’hui dans l’église du Conquet.

 

L’église paroissiale fermée au culte pendant les époques troublées de la Révolution devint un temps atelier salpêtrier, mais l’exploitation non rentable fut rapidement abandonnée. Au milieu du XIXe, l’édifice vétuste nécessitait d’importants et coûteux travaux de réfection. Au bout de cinq ans de querelles entre les bourgeois de la ville du Conquet et les gens de la campagne, l’église de Lochrist fut démolie, les matériaux réutilisables servirent avec de la pierre des carrières Laber-Ildut à l’édification d’une nouvelle église sur plan Le Bigot, au bourg du Conquet. (J'en reparlerai en détail)

 

 Le cimetière :

 

On peut y voir :  

-deux croix anciennes, une du XVe à l’entrée sud (porte principale qui donnait sur le parvis de l’église), d’un côté le Christ en croix, de l’autre une vierge à l’enfant, les motifs sont très effacés. Dans la partie est, sur un socle à deux marches, une croix plate du XVIe en schiste, comme il y en a plusieurs dans la région.

 

-la stèle à la mémoire de la famille Reed, William le père, Margaret la mère, Alice la fillette, qui ont péri dans le naufrage du Drummond Castle le 16 juin 1896. Pour mémoire, le paquebot anglais pris dans la brume a heurté une roche aux Pierres-Vertes dans le Fromveur, entre Molène et Ouessant. 241 victimes, 3 survivants. (Il faut visiter le musée du Drummond Castle à Molène). L’obélisque porte la marque du sculpteur Jules Poilleu de Brest.

 

-La chapelle de Saint-Michel ou de l’Ange-Gardien, elle date sans doute du milieu XVIIIe. Récemment restaurée, elle renferme quelques statues dont un « Saint-Jérôme » portant à la main la pierre dont il se frappait pour se punir d’avoir péché et un « Saint-Michel » terrassant à ses pieds un démon, figuré par un personnage contorsionné qui ressemble à un pirate.
(à suivre)

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 12:07

MUNICIPALITE FAUSTIN RIGOLLET  1881-1887

 

Né le 15 février  1814 à Saint-Aignan (Loir et Cher), fils d’un maître boulanger, il se marie au Conquet à 28 ans, le 24 janvier 1843, avec Anne Louise Lestic de Kerhor, fille d’un receveur retraité des « droits réunis ». La dame exerce la profession de marchande de tissus. Quant à lui il est « ex sergent-major » Sur l’acte de mariage on lit : avec l’autorisation du maréchal de camp commandant la subdivision et  signent l’acte plusieurs officiers du 60e.

 

Il habite avec sa femme et une servante Grand-Rue.

Adjoint-maire sous Frédéric Tissier, il est démissionné par le préfet en raison de son attitude hostile à l’administration (octobre à décembre 1877)

 

1880 construction de la « Louise », armateur Rigollet, premier bateau à vapeur (et à hélice), assurant le service des passagers, des marchandises et des dépêches entre Le Conquet et Ouessant-Molène.

 

Il est élu maire en 1881, Hervé Poullaouec est son adjoint.

 

-Constatation de la destruction de la pointe Sainte-Barbe par les carriers :

« 10 septembre 1882, le conseil fait observer qu’autrefois l’importance du Conquet était considérable, son commerce maritime très étendu, mais que depuis la destruction par les carriers du prolongement de la pointe Sainte-Barbe qui formait le bras gauche du port en le garantissant des tempêtes de sud-ouest, seuls vents redoutables dans ce port, les navires de commerce ont  cessé d’y atterrir, l’importance de la localité a disparu, la population a considérablement diminué, beaucoup de maisons sont inhabitées, en ruines, ou habitées par des indigents. »

-Février 1883 : afin d’empêcher les particuliers de déposer sur la place de l’église des ordures et immondices et afin que les enfants n’aillent plus casser les vitres de l’église, il sera fait du côté de l’ouest, aux frais de la fabrique,  un mur haut de 0,53 mètre, surmonté d’une grille.

 

En 1883, c’est Poullaouec adjoint qui fait fonction de maire.

 

Affaire de l’école des filles. Nous sommes à l’époque où Jules Ferry tente d’imposer l’enseignement laïque, gratuit, obligatoire et dispensé par des laïcs. En l’absence du maire, Poullaouec, adjoint, fait prendre au conseil municipal une décision  qui, sous prétexte qu’il existe déjà une école congrégationniste pour les filles dans la commune, refuse l’implantation d’une école publique.  Le préfet au nom de la loi qui impose une école publique  de filles dans les communes de plus de 500 habitants, intervient. Poullaouec veut démissionner, il ne peut le faire car c’est sa révocation que prononce le préfet qui installe d’office une école de filles dans un ancien local scolaire et nomme une institutrice.

Dans un courrier daté du 23 avril 83, on apprend qu’il y aurait précédemment eu une école publique de filles au Conquet, mais supprimée parce qu’elle n’avait pas assez d’élèves.

 

1884, François Crenn, membre du conseil municipal propose d’empêcher les eaux sales de séjourner dans la Grand-Rue où les cochons et les oies viennent journellement se vautrer, de combler le ruisseau à partir de la pompe et de le remplacer par un canal qui aboutirait au casse-cou. Robert Menguy n’adhère pas à la proposition en disant que le ruisseau dont il s’agit est si peu profond qu’il suffit de prendre des précautions pour le franchir sans accident. (Robert Menguy habite alors une des maisons en face de l’entrée de la cour de la mairie, rue Kerdacon [actuelle rue de Verdun])

 

En 1887,  il prend la présidence de la station de sauvetage.

 

Le mandat de Faustin Rigollet s’achève en 1887, Hippolyte Levasseur prendra la succession à la mairie.

 

Fautin Rigollet, pionnier du transport maritime par navire à vapeur :

« La Louise »

 

De nombreux petits vapeurs sillonnent depuis plusieurs années la rade de Brest, transportant marchandises et passagers de Brest vers Landerneau, Le Fret, Lanvéoc, Le Faou et Port-Launay (Châteaulin), mais aucun armateur ne s’était proposé pour relier le continent aux îles de Molène et Ouessant. Les voyageurs qui désiraient se rendre dans ces îles, ou les marchands qui souhaitaient y faire commerce devaient négocier un passage sur un voilier armé aux transports intérieurs, au bornage ou au cabotage.

En 1879, adjoint faisant fonction de maire après le décès de Frédéric Tissier, Faustin Rigollet décide de se lancer dans l’aventure avec un bateau-poste qui effectuerait un service régulier entre Le Conquet et les deux îles précitées. Il traite avec le chantier naval Le Franc de la Melleraye sur Seine pour la construction du navire. Le petit vapeur, en bois et à hélice,  lancé quelques mois plus tard a une longueur de 25 mètres, il jauge 23 tonneaux et une machine de 23cv le propulse à 6 nœuds.

Le bateau porte le prénom de madame Rigollet, « La Louise », il est baptisé par sa marraine, en présence de Paul Deschanel, futur président de la République et alors sous-préfet de Brest.

Une machine à vapeur nécessite pour fonctionner du charbon et de l’eau. Rigollet achète alors la « Maison des Seigneurs » alors vide, uniquement pour son quai, sa cave et son jardinet donnant sur le port. Dans la cave est stocké le charbon, un réservoir pour l’eau est construit dans le jardin, des poteaux en bois sont dressés contre les pierres du quai pour l’accostage de La Louise, une grue rudimentaire tripode est installée pour la manutention des paniers de charbon entre la cave et la soute du navire. (On aperçoit sur la photo la grue en question)

 

De juin 1880 à mars 1909, sans incident notoire, le petit vapeur assurera son service entre Brest, Le Conquet, Molène et Ouessant, aux mains de différents patrons et pour le compte de divers armateurs : Rigollet, Peugeot, Pennors et Simon, Vapeurs brestois. (Photo d'équipage, assis au centre :" le père" Miniou.)

 

A pleine mer La Louise accostait à la cale Saint-Christophe pour embarquer et débarquer passagers et marchandises diverses.  A basse mer, le transbordement des passagers se faisait sur rade (la digue Sainte-Barbe n’existait pas à l’époque), par le canot du bord qui accostait à l’escalier de l’ancien vivier de la Pierre-Glissante.

 



On lit dans le Courrier du Finistère du 6 mars 1909, "Les réclamations répétées des habitants de Molène et d'Ouessant sur l'insuffisance du bateau postal, semblent avoir enfin secoué la torpeur administrative. Jeudi une commission s'est réunie à bord de la Louise. Souhaitons que cette inspection aboutisse au remplacement de ce sabot pour un bateau approprié au dur service qu'il sera appelé à remplir.
Le 13 mars on apprend dans le même journal que la Louise a été échouée à Brest au 3e bassin du port de commerce, elle est remplacée provisoirement et peut-être définitivement par un solide bateau en bois, le Travailleur.
Le 27 mars, le préfet du Finistère vient de refuser à la Louise le permis de naviguer à l'avenir.

Désarmée donc en 1909, La Louise a fini sa vie comme ponton-vivier à crustacé pour un mareyeur au Fret en rade de Brest.

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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 18:10

Hippolyte Levasseur devient directeur de l’usine Tissier et gérant des biens de la famille.

 

Né à Brest en 1837, cet ingénieur chimiste à l’usine Tissier, épouse madame veuve Frédéric Tissier, prenant ainsi la direction de l’usine et devenant le gestionnaire des immenses biens de la famille Tissier puisqu’il est déclaré  tuteur des trois enfants mineurs. Il s’installe dans la grande maison cossue de la rue Poncelin.

Levasseur succède à Faustin Rigollet dans le fauteuil de maire où il est élu le 20 mai 1888 à 11 voix contre une à Robert Menguy. Il restera à la tête de la municipalité jusqu’à sa mort en  1915.

 

Le domaine de Penhep : Il semble bien qu’après la mort de François Benoît Tissier, la grande maison de Penhep soit restée vide jusqu’au partage des biens entre la veuve et les enfants de Frédéric. Pendant environ quatre ans de 1878 à 1882, Hippolyte Levasseur administre les biens Tissier dans leur intégralité. En janvier 1882, survient un premier partage : l’ensemble des biens est divisé en deux lots, un pour madame veuve Tissier, un autre pour les enfants. En septembre 1886, partage entre les enfants puis en septembre 1904, partage des biens de madame Levasseur, veuve Tissier, leur mère : 2/3 au couple Levasseur qui a racheté des terres et des maisons aux enfants Tissier, 1/3 à Marie Tissier de Kerangalet.

 

Marie Divine Estelle Tissier, élevée par sa mère et son beau-père, elle hérite en 1886 du « château de Penhep », mais comme la demoiselle n’a alors que seize ans, la grande maison reste inhabitée. Les années passent et Marie  épouse le 3 mars 1892, Paul Marie Le Dall de Kerangalet, jeune homme de Camaret, âgé de 26 ans. Le contrat de mariage est établi devant maître Georges Billotte, notaire à Brest. Les Kerangalet ne semblent pas habiter Penhep à longueur d’année puisque leur demeure principale est à Brest, 6 rue de la Mairie. La grande maison n’est ouverte que pour des réceptions que l’on dit fastueuses.

Les relations entre Marie de Kerangalet et son beau-père Levasseur semblent être orageuses, d’autant plus qu’un conflit les sépare à propos de la contribution foncière de Penhep. Hippolyte Levasseur est maire quand il écrit en 1898 dans un courrier municipal : « … le dit château est  la propriété la plus somptuaire du Conquet, elle possède un parc de huit hectares, une grande maison avec sous-sol, seize salles, salons ou chambres de maîtres avec mobilier luxueux, des mansardes, deux serres de soixante mètres, écurie pour huit à dix chevaux, étable, porcherie, poulailler, clapier, pigeonnier, vaste bûcher, magasin à fourrage, cour d’honneur avec loge de concierge d’un côté et belle remise de l’autre, potager, verger  etc… ». En 1904, un procès court toujours entre la mairie du Conquet et les propriétaires de Penhep.

 

Le couple Kerangalet se sépare, le mariage est dissous par divorce le 5 décembre 1922. Cette année là, Marie Tissier vend Penhep à Nicolas Goaëc, photographe, 12 rue Jean Jaurès à Brest. Celui-ci transforme la maison d’habitation en hôtel : « Hôtel du Beauséjour » (J’en reparlerai ailleurs).

Hippolyte Levasseur et Alexandrine de Saint-Albin ont eu une fille Céline Eugénie Jeanne Alexandrine, née au château du Chevain dans la Sarthe (dont il semble que sa maman a hérité). En 1902 elle épouse un militaire : le lieutenant d’infanterie Aldolphe Frostin dont le nom est familier aux Conquétois, sans doute à leur insu, puisqu’il est la première victime de la  guerre 14-18, sur le Monument aux Morts du Conquet. (J’en reparlerai).

Cette même année disparaît Alexandrine de Saint-Albin le 19 août 1914, quelques jours avant son beau-fils Frostin. Après la mort de son épouse, Hippolyte Levasseur ne semble plus résider au Conquet, c’est son adjoint Le Roy qui gère les affaires municipales. Sans doute malade, il meurt en 1915 dans « son château du Chevain ».

 Ci-contre : le château du Chevain dans la Sarthe, les formes générales de Penhep, devenu Beauséjour, semblent en être inspirées. (Photo Wikipedia)

Revenons à la lignée Tissier :

De son premier mariage avec Fréderic Tissier, Alexandrine de Saint-Albin avait eu cinq enfants, deux décédés en bas-âge et François, Marie et Hortensius.

 

François Alexandre Tissier, né à Brest en 1864, je ne sais rien de lui, époux de Marte Augustine Amélie Marie Boutilly, industriel, il est décédé au Conquet en 1917, en son domicile de la rue Saint-Mathieu.

 

Hortensius Tissier, il est né à Paris en 1867 et succède à son beau-père Levasseur comme directeur de l’usine et comme maire du Conquet.  Il habite au bout de la Grand-Rue (n°1), dans l’angle de la place de la Gare. C’est un passionné de chevaux de course et de courses de chevaux. Il organise même des course sur la grève entre le Toul ar Blantoc et la «Vallée » en 1910. La façade d’une annexe de sa maison était, il y a encore quelques années, tapissée de plaques métalliques, "prix de concours hippiques". (La photo d'attelage porte la légende : Guénédour et Grincheux, demi-sang de la Montagne Bretonne, alezans 3 ans, par Soliman et Saint-Julien, appartiennent à monsieur Tissier de Saint-Albin  du Conquet. Supplément à la Bretagne Hippique du 10 juillet 1909  - cliché Mazé-Launay
1921, dans le "Courrier du Finistère" du 30 juillet :"Les courses de chevaux ont été disputées dimanche sur le terrain du Croaë. Cinq épreuves, 1° trot attelé 2 500 m, 2° galop, 2 500 m, 3° trot monté,  2 500m, 4° haies, 2 500 m, 5° course locale, allure libre 2 500 m.


Au recensement de 1906, Hortensius Tissier est dit propriétaire-éleveur, il vit seul avec un palefrenier et une cuisinière. Il ne semble qu’il est resté célibataire.

En 1906, l’usine emploie 34 personnes à savoir : un contre maître, 2 commis, 24 journaliers, 5 journalières, 1 charpentier, 1 maçon. Une photographie prise vers 1919, le montre posant au milieu du personnel de l’usine.

Il a quitté Le Conquet en 1935 à la fin de son mandant de maire. L’usine ayant changé de raison sociale pour devenir Tissier et S.I.A.M  

 

Ndlr : dans d’autres dossiers, récolte des algues, usines, église, cabotage, mairie  etc… je serai amené à citer l’un ou l’autre des Tissier, sur des sujets particuliers. JPC

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