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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 15:49

1873, NAUFRAGES ENTRE PORSMOGUER ET LES BLANCS-SABLONS

 

Le début de l’année 1873 a été secoué par de violentes tempêtes sur nos côtes.

Si aujourd’hui par mauvais temps le seul navire au mouillage dans la baie des Blancs-Sablons est le remorqueur Abeille-Bourbon, au temps de la voile, des flottilles entières venaient y chercher un abri. Mais quand le vent tournait, c’était bien souvent la catastrophe.

 La-plage-des-Blancs-Sablons_-06.jpg

        La plage des Blancs-Sablons au début des années 1900

 

A témoin ce 2 février 1873, 25 navires mouillés pendant l’ouragan chassaient sur leurs ancres et menaçaient d’aller se perdre sur les rochers. Le canot de sauvetage du Conquet, le Mallats-Desmortiers a été mis à l’eau pour leur porter secours, mais « malgré les efforts de nos canotiers, il leur a été impossible de refouler le courant et les lames qui déferlaient avec force ». N’ayant donc pas pu doubler Kermorvan l’embarcation est revenue à l’abri de la digue Saint-Christophe, en fin de construction.

Le canot a effectué deux tentatives, vaines.

1ère sortie, patron Ollivier Morvan, brigadier Jacques Goaster, canotiers Pierre Petton, Michel Bossard, Jean-Louis Lucas, Barthélemy Piton, Victor Podeur, Fiacre Marec, Auguste Marc, Yves Guyot, François Richard et Alexis Calloch.

2e sortie, patron Ollivier Morvan, brigadier Yves Guyot, canotiers Pierre Petton, Jean-Louis Lucas, Victor Podeur, Auguste Marc, François Grovel, François Richard, Hamon Perrot, Alexis Calloch, Gabriel Tanguy et Fiacre Marec.

 csligue.jpg

 

Le registre de désarmement des rôles, conservé aux archives de la Défense à Brest, (2P7 502-503) nous livre quelques précieuses informations sur les navires les plus touchés.

 

Le chasse-marée Saint Malo construit à Means en 1851, armement Chrétien de Méans, capitaine Cretzé de Damgan, plus quatre hommes, tous sains et saufs, le bateau a, me semble-t-il, été totalement perdu.

 

La goélette La Pensée,  74 tonneaux, construite en 1854 à La Rochelle, à Ourhain et cie, capitaine Mequin Auguste, plus quatre hommes, tous saufs après naufrage dans la baie des  Blancs Sablons.

 

La goélette Pacifique construite à Vannes en 1857, 123 tonneaux, à Dano Jean Louis, capitaine-armateur de Sarzeau. Immatriculée à Vannes. Le navire s’est échoué dans la baie de Porsmoguer le 2 février 1873, il a été condamné par procès-verbal d’expertise du 28 février. La vente de l’épave a eu lieu à la diligence du capitaine, par un officier ministériel, le 12 mars, suivant jugement rendu par le Tribunal de Commerce de Brest à la date du 7 mars 1873. Le bateau faisait route de Boulogne sur Brest avec des phosphates.

 

La goélette Deux sœurs et Marie, construite en 1851 à St Valery sur Somme. 78.92 tonneaux, à Le Diabat Théodore, capitaine Jean Joseph Marie d’Ars. Naufrage à Illien le 2  février 1873, tout le monde d’Ars sauf.

 

Le brick Bois-Cholet naufrage dans la baie de Porsmoguer  le 2 février, 113 tonneaux, construit en 1846 à Trentemoult, capitaine Thomas Guéno, en route de Cardiff (parti le 18/1)

 

La goélette d’Auray, Aimable Rose, d’Auray, naufragée près du Conquet, capitaine Guézel Vincent de Quiberon et deux hommes disparus dans le naufrage. Guézel Louis mousse, fils ou parent du capitaine  et un ou deux matelots rescapés et débarqués au Conquet le même jour.

 

Les Annales de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés (SCSN) nous renseignent sur ce drame. Le 2 février par une tempête de sud-est, la goélette Aimable Rose, venant de Cardiff avec un chargement de houille, chassa sur ses ancres et fut jetée sur les rochers des Blancs-Sablons. Aussitôt prévenu, le capitaine des douanes fit transporter l’espingole porte-amarre (petit canon de marine que l’on fixait au plat-bord d’une embarcation par un étrier) sur le lieu du sinistre ; malheureusement toute la brigade des douanes était disséminée sur la côte, et il lui fallut avoir recours à des personnes dévouées, mais nullement habituées  à la manœuvre du chariot. La première flèche dévia  et tomba à bâbord du bâtiment ; la seconde cassa la ligne, au moment de tirer la troisième, le capitaine des douanes s’aperçut que des pêcheurs venaient de se mettre à l’eau dans le courant pour se saisir d’une bouée qu’on venait de filer du bord ; il fut alors possible d’établir le cartahu et la bouée.

 Le mousse et deux hommes de l’équipage furent immédiatement sauvés ; mais on ne put décider le capitaine Guézel et son maître à abandonner le navire ; ils furent bientôt tous deux enlevés par les lames et on ne les revit plus.

On lit dans le registre des décès de Ploumoguer : « le corps retrouvé le 10 mars 1873 aux Blancs-Sablons doit être celui de Vincent Guézel capitaine de l’Aimable Rose… »

cabane-canon-porte-amarre.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

  

 

Quai du Drellac'h, à gauche sur le cliché (détail de carte postale), en clair, la cabane

de la Douane où étaient remisés canon et fusils porte-amarres.

 

Il y a eu, bien sûr, au cours des temps, des quantités d'autres naufrages dans la baie des Blancs-Sablons, j'en citerai certains à l'occasion.

                                                          JPC 11 nov 2010

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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