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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 11:16

MARASME ECONOMIQUE ET PAUVRETE AU CONQUET AU XIXe SIECLE

DEUXIEME PARTIE

 

Pauvres – indigents – mendiants

 

Définitions de dictionnaire (internet)

 

La pauvreté est l'insuffisance de ressources matérielles, comme la nourriture, l’accès à l’eau potable, les vêtements, le logement, et des conditions de vie en général, le non accès à l’éducation, à l’exercice d’une activité valorisante, l’absence de respect reçu des autres citoyens.

 

Indigent : c’est celui qui est privé de ressources suffisantes, qui manque des choses les plus nécessaires:

 

Mendiant : il peut s’agir d’une situation temporaire ou d’un quasi-métier avec son savoir-faire, ses usages, sa réglementation. Les enfants peuvent mendier, seuls ou en compagnie d’adultes. Le mendiant est habituellement sans domicile fixe et se déplace dans la campagne ou dans une ville

 

Dans les documents municipaux que j’ai utilisés pour cet exposé, les termes sont employés les uns pour les autres, et désignent des individus dans le besoin qui vivent du pain de la charité.

 

 

De la misère au Conquet tout au long du siècle.

 

On sait par une note municipale qu’en 1806, la ville fourmille de pauvres, qu’il faudrait pouvoir placer à Brest,  pourquoi ?  tout simplement parce qu’ils ne sont pas Conquétois d’origine. Ces individus sont venus s’établir au Conquet pendant les guerres de la Révolution et de l’Empire, dans l’espoir de trouver du travail en remplaçant les Conquétois absents.

 

On aurait pu penser que la paix revenue, chacun regagne sa commune mais ce n’a pas été semble-t-il le cas.

 

Des études plus globales sur la pauvreté dans le Finistère évaluent pour les communes rurales, environ ¼ de gens aisés ou riches, ½ d’individus qui suffisent à leurs besoins, ¼ de personnes qui doivent être assistées 

 

Qui sont les pauvres ? :

 

L’Etat-civil ne nous donne que des renseignements fragmentaires. Dès qu’un individu cesse une activité qui lui permettait de vivre et de nourrir sa famille, quelle que soit cette activité, il est réduit à la misère. L’âge est aussi un facteur de déchéance sociale. Les veuves, représentent un fort pourcentage d’indigentes, et avec elles leurs enfants. 

 

 Deux cas : la famille Soliman, le père est instituteur, il meurt en 1832, la femme a un emploi à la mairie qui lui permet de survivre avec ses enfants (admis en souvenir du père élèves gratuits à l’école), elle devient factrice, puis en 1844, à la suite de la création d’un nouveau bureau, elle n’est pas retenue comme distributrice à la poste. La voilà au chômage, indigente.

C’est le cas aussi de Gabriel Mazé, une vie active de maître charpentier de marine au Croaé, quand il ne peut plus travailler, on le retrouve mendiant à 67 ans.

 

 

Exemples dans l’Etat-Civil

 

1828, décès de Anne Falhon, indigente née au Conquet, veuve, 76 ans, déclaration par son fils charretier à Brest et par un voisin couvreur

1829, 11 février décès de Annette Le Moing, 67 ans, veuve, mendiante.

1830, 14 mars, décès de François Cornen, mendiant, 72 ans, né à Lanildut, déclaration par son fils.

1857,  30 août, Françoise Kermaïdic, veuve, mendiante, 73 ans, née à Kerangoff, domiciliée au Conquet

1857, 18 décembre, Jean Kervran, mendiant 72 ans, né à Ploumoguer, domicilié au Conquet

1860, 11 février, Paul Marie Cornen, mendiant, 75 ans, né à Molène, domicilié au Conquet

1870, Gabrielle Mazé, indigente, 59 ans, née à Prat Melou.

 

Une rue dédiée aux indigents :

 

 Recensement de 1856, Rue Dom Michel Le Nobletz, Balcon Yves, pêcheur,  57 ans, sa femme Humbert Françoise est mendiante, ses deux filles 16 et 9 ans, mendiantes, le fils 7 ans, mendiant.

 

Podeur François, marin, 52 ans, vit avec sa femme et sa belle-mère qui est indigente, dans la même maison qu’un nommé Bergot, 65 ans, marin, y logent aussi Marie Vincente Le Duff, mendiante, 52 ans, sa fille naturelle, 19 ans, mendiante, + d’autres, toute la rue….

 

Mazé Gabriel, ancien charpentier de marine du Croaé, 67 ans, mendiant y vit avec sa femme Marie Perrine Cariou, et son dernier fils, Théodore, 11 ans.



 La rue Dom Michel Le Nobletz, avec la chapelle ND de Bon-Secours.

 













 

A deux reprises dans le siècle, les disettes (famines) se font plus cruellement ressentir

 

Une première période catastrophique autour de 1816-17

 

L’enquête préfectorale du 8 juin 1816  demande aux municipalités de dresser un état des pauvres de leur commune, en constatant leur situation, leurs infirmités, leurs ressources, leur âge, ainsi que le nombre de leurs enfants. Ceci pour isoler les individus vraiment dans la nécessité de mendier, à qui le maire pourrait délivrer des permis de quêter. Les autres devant chercher du travail.

 

Le résultat : en mars 1817, pour une population évaluée à 1 100 ou 1 200 individus, on dénombre 160 pauvres dont 74 étrangers,   en juin : leur nombre a augmenté : 180 ou 200 pauvres, plus un certain nombre de pauvres honteux.

 

Le conseil municipal est d'avis que les pauvres qui ne sont pas originaires du Conquet, soient renvoyés dans leurs communes d'origine par la gendarmerie

 

La croissance de la misère est attribuée à de mauvaises récoltes qui génèrent l’augmentation du prix des céréales.

 

Une explication aux mauvaises récoltes de ces années-là

 

La décennie 1810-19 a été selon des scientifiques  la  plus froide des 500 dernières années,  On a assisté à des dérèglements climatiques qui ont eu des effets sur les récoltes et ont provoqué des disettes dans de nombreuses régions du monde.

Des études récentes accusent deux éruptions volcaniques, l’une en 1809, volcan non identifié, et l’autre les 10 et 11 avril 1815, celle du volcan Tambora en Indonésie.

 

Les effets de l’éruption du Tambora sur le climat terrestres (source Internet)
 En l’espace quelques mois les poussières et aérosols, projetés dans la stratosphère se répandirent dans l’atmosphère terrestre ce qui provoqua des modifications climatiques pendant plusieurs années à l’échelle planétaire.  A ces altitudes en effet, le dioxyde de soufre se transforme en gouttelettes d'acide sulfurique, gouttelettes qui agissent alors comme un véritable parasol réduisant l'énergie solaire reçue au sol.

Ainsi, avec l'éruption du Tambora il y eut un an plus tard, en 1816, une année sans été. En effet, cet été fut froid et pluvieux aux Etats-Unis et en Europe, avec pour conséquences des récoltes désastreuses à l’origine de famines. En France, le mois de juillet présenta un déficit de température moyenne mensuelle de 3 °C et à Paris, la pluviosité y atteint 2 à 3 fois la norme mensuelle calculée sur de longues périodes.


La misère n’est pas l’apanage du Conquet :

1830, Armand Duchâtellier évalue pour l’année 1830 le nombre des mendiants dans le Finistère à 32 000, pour 500 000 habitants.

 

Une autre période désastreuse 1845-47

 

1845, hiver froid, été pluvieux, mauvaises récoltes de céréales, doublées de la maladie de la pomme de terre (des milliers de morts en Irlande), 1846, printemps et été secs et très chauds,  manque d’eau … 1845-46-47, sont considérées comme des années de disette. De plus en 1847, une grosse crise économique sévit en France. Elle fut l’un des déclencheurs de la Révolution de 1848.

 

Dans le journal l’Océan du 16 janvier 1847, journal des Intérêts maritimes et constitutionnels :

Saint-Pol - Roscoff la misère est à son comble, il y a des troubles dus à la cherté des grains

Saint-Renan, l’hectolitre de blé est à 35 francs

Pont-Labbé, troubles engendrés par la population qui s’oppose à l’exportation de pommes de terres.

 

Un bilan en 1847, le 18 février : il existe dans la commune pour 1 249 habitants :

-Pauvres valides sans travail, 50

-Mendiants et invalides, 125 (hommes femmes et enfants en bas-âge et incapables de travailler)

-Pauvres honteux 36.

 

Ces pauvres sont dans une misère telle, que la charité publique est forcée de leur venir en aide, mais dans ces moments les secours sont pour ainsi dire insignifiants.

 

Dans le même temps le maire poursuit des pistes pour trouver des grains aux meilleurs prix.

Il écrit le 15 mars 1847 à des négociants du Havre, les Mazurier le Jeune et fils.

Les malheureux du Conquet sont plongés par la cherté des grains dans la misère la plus profonde. Ayant su que votre place est surchargée de grains et farines*, je viens, au nom de l’humanité vous prier de bien vouloir me faire connaître par retour du courrier, à quel prix pourriez-vous me procurer le quintal de froment en grains et en farine, afin que je puisse vous autoriser, si toutefois il vous convenait de me rendre ce service signalé, à faire venir quelques quintaux de chaque espèce. J’attendrai votre réponse avec la plus vive impatience. En attendant agréez, messieurs, mes civilités très empressées. Le Guerrannic fils.

 

*Pour la première fois semble-t-il on assiste à l’importation de céréales étrangères et particulièrement de blé russe. Sans doute des cargaisons ont-elles été débarquées et stockées au Havre.

 

1851, population 1 370 habitants, dont 22 militaires et marins et 43 mendiants.

 

L’assistance aux pauvres

 

Aide alimentaire

 

-Par leurs concitoyens : (1817), le tiers des ménages de la commune est hors d’état de faire aucune aumône, vu la cherté des grains. Il faudrait prélever sur les habitants les plus riches un secours de 300 francs par semaine pour fournir à peine une livre de pain par jour à chaque pauvre.

Le maire et le conseil ont décidé à leur grand regret qu’ils ne peuvent prendre aucun moyen coercitif pour faire fournir aux pauvres du pain

 

-Par la municipalité :

 

Distribution de pain

 

-Le 14 juillet 1816, fête dans diverses villes de France pour célébrer l’anniversaire  de l’heureuse arrivée de sa majesté Louis XVIII sur le sol de la patrie … réunion à huit heures le matin des fonctionnaires publics et habitants notables, puis tout le monde se rend à la grand-messe à l’église de Lochrist. Le maire de retour à la mairie a fait des distributions de pain aux pauvres nécessiteux de la commune.

 

-Premier mai 1821, à l’occasion des fêtes célébrées pour la naissance du duc de Bordeaux, (petit-fils du futur Charles X),  la municipalité a fait distribuer pour cent francs de pain aux pauvres.

 

Et ainsi à chaque célébration « nationale ».

 

Une fausse joie, les oranges.

Dans la nuit du 17 au 18 décembre 1821, un navire chargé d’oranges a péri sur la pointe de Penzer. Des caisses de fruits sont arrivées à la côte, mais interdiction d’y toucher, la fièvre jaune sévissant en Espagne. Sous les yeux de la population, tout ce qui de l’épave est venu à la côte a été brûlé. La douane accompagnée du sergent de police Jean Ely a perquisitionné chez les particuliers, a confisqué et a détruit une assez grande quantité d’oranges.

(Voir dans ce blog, l’évocation de ce fait-divers, dans la rubrique « choléra »)

 

 Fourniture d’emploi

 

Carrières, la municipalité qui manque toujours autant de ressources pour venir en aide aux nombreux malheureux du Conquet pense alors, vers 1840,  à ouvrir de nouvelles carrières de pierres plates (schistes), dans les terrains incultes de Pors-Feunteun (Le Bilou) et de Portez qui lui appartiennent.

 

Double but : faire entrer de l’argent pour subvenir aux besoins des pauvres en vendant les pierres aux communes environnantes et fournir du travail aux carriers qui seront payés pour les pierres de 25 cm à 1,25 m, un centime par pièce ou un franc par cent et pour celles de 1,25 m et au-dessus, deux centimes par pièce. On accusera plus tard les carriers d’avoir complètement détruit le relief rocheux naturel prolongeant en mer la pointe Sainte-Barbe  et offrant au Conquet un rempart contre la houle de sud-ouest.

 

Entretien des chemins vicinaux, utilisation des chômeurs indigents à l’extraction et au transport des pierres, pour la réfection des chemins vicinaux. Mais la commune qui par exemple a voté en janvier 1847 une somme de 150 francs pour financer cette opération voit vite l’argent épuisé et se trouve dans l’impossibilité de faire un plus grand sacrifice.

 

Aide exceptionnelle

 

Loterie de 1847,  la commune compte alors 1 249 habitants dont 212 sont plongés dans la  plus grande détresse.

 

Organisation d’une loterie : « je propose dit le maire, 800 billets à 50 centimes pièce, les bénéfices seront utilisés à l’achat de pain pour les malheureux ».

 

Le maire sollicite le comte de Las Cases député du Finistère à Paris, pour demander à la famille royale « quelques lots pour soulager notre profonde misère, nous les recevrons, dit-il, avec la plus vive reconnaissance et nous bénissons le ciel d’avoir élevé une dynastie dont la sollicitude constante est de veiller au bonheur de tous les Français. 

La reine Louise Marie Amélie de Bourbon, princesse des Deux-Siciles,  expédie une caisse qui, reçue le 16 mars 1847, renferme un sachet de satin blanc, brodé soie et or, et une cassette en velours brun surmontée d’un médaillon de soie de couleur.

 Les autres lots sont une génisse d’un an, une montre d’argent, une quantité assez considérable de pain* et tous les objets mobiliers que les habitants de la commune se feront le plaisir d’offrir.

 

*Au vu de la date, il est probable que Le Guerrannic a pu obtenir grains ou farines des Mazurier du Havre, voir plus haut.

 

Autour de 1855, pour la fête du 15 août, la suppression des surtaxes d’octroi a empêché la caisse communale de voter des secours aux pauvres. Pour marquer la sainte Marie,  seront employés pour les indigents les 50 francs versés par l’empereur. Pour le remercier les habitants sont invités à pavoiser et à illuminer. Le maire regrette de ne pouvoir venir en aide aux familles des victimes de la guerre de Crimée.

 

 

L’aide aux pauvres est toujours parcimonieuse, faute d’argent dit-on, mais  par contre il n’y a aucun problème majeur, pour trouver l’argent nécessaire à la construction d’une église neuve :

 

Pour mémoire : devis pour la construction de l’église :

 Le coût des travaux s'est élevé à     62380 Francs,  ainsi financés:
 Souscription populaire   31 932 F
Fonds de la fabrique        4 000 F

 Secours départemental    3 000 F

Emprunt                         15 000 F

Complément de l'Etat       8 448 F

 

 

Scolarisation des enfants « indigents », élèves « gratuits » 

 

Le décret du 3 brumaire an IV stipule qu’il y ait  une école au moins par canton.

-Chaque école sera divisée en deux sections, une pour les filles, l’autre pour les garçons.

-Les  instituteurs seront examinés par un jury d’instruction primaire, sur présentation des administrations municipales, par les administrations départementales.

-Ils auront droit à un logement

-Leur traitement sera réduit à une rétribution payée par les élèves (taux fixé par département)

-Un quart des élèves pourra être exempté de rétribution, par l’administration municipale, à titre d’indigents.

 

L’école au Conquet est installée le 21 germinal an XII, elle accueille aussi les enfants de Plougonvelin et de Trébabu.

 

Loi Guizot : 28 juin 1833 pour la première fois, toutes les communes françaises sont tenues de pourvoir à l’entretien des maîtres et des écoles.

Les maîtres ajouteront au traitement assez modique versé par la commune, la rétribution scolaire payée par ceux des parents d’élèves qui ne sont pas indigents, soit 1f pour la plus petite classe, 1,50 f pour la seconde, 2f pour la troisième section.

 

C’est le maire et son conseil municipal qui dressent la liste des enfants admissibles gratuitement à l’école primaire, par suite de l’impossibilité où se trouvent leurs parents de payer la rétribution mensuelle.

23 août 1835, liste des enfants indigents admis, (entre 6 et 15 ans), 41 garçons et 44 filles

Traitement fixe pour l’instituteur 200 f par an

Indemnité de logement car la maison d’école n’est pas habitable 200 f

 

1844, les admis indigents sont : 29 garçons (21 familles), 12 filles (12 familles))

 

Classe de l’instituteur 24 garçons payants

Salle d’asile (maternelle) 20 garçons et 15 filles, 10 payants,

Classe de l’institutrice : 6 garçons, 34 filles, 26 payants.

 

1861-64, le plancher de la classe communale des garçons est à 50 cm au dessous de la rue, d’où une humidité permanente, la lumière est faible, les enfants n’y voient rien l’hiver, cependant 64 enfants viennent se grouper chaque jour dans ce réduit obscur.




 Bâtiment donné à la municipalité par Fréderic Tissier et sa mère en 1877, à usage de mairie et d'école.













Il faudra attendre Jules Ferry instituant
 l’école publique, laïque, gratuite et obligatoire, pour voir disparaître la catégorie "élèves indigents", en 1881-82.

 

Je raconterai prochainement dans ce blog, l’histoire de l’école publique au Conquet.

 

 

Pauvreté temporaire, cas des pêcheurs.

 

Les pêcheurs conquétois sont des saisonniers, (voir sur ce blog « les Paimpolais » si de Pâques à septembre, les crustacés, langoustes et homards ont été abondants et les prix satisfaisants, l’hiver sera facile à supporter. Dans le cas contraire beaucoup de marins et leurs familles seront en grandes difficultés.

On peut ajouter à cela la réputation des femmes « paimpolaises », cigales plus que fourmis, qui dépensaient sans compter l’argent des jours fastes, et l’hiver venu se trouvaient réduites à solliciter la charité publique.

 

En 1897, la liste des 28 patrons pêcheurs est annotée, sans doute par le syndic des gens de mer, trois noms sont qualifiés d’indigents.

 

 

Avec quels atouts, avec quels handicaps la commune du Conquet va-t-elle rentrer dans le XXe siècle ?

 

 

La pêche dynamisée : les « Paimpolais » cessent leurs migrations estivales à Sein en 1898, la ressource étant épuisée. Sur les traces des Camarétois, les pêcheurs Conquétois vont se lancer dans l’aventure de la pêche au large, jusqu’aux côtes d’Espagne et du Portugal, mais surtout en direction de l’Angleterre. (voir le sujet traité dans ce blog)

 

Côté aménagements portuaires, c’est le statut-quo, rien depuis la digue Saint-Christophe en 1876. En dépit de multiples projets avortés, Le Conquet est toujours un aber sans protection, qui s’ensable. Il n’y a plus aucun armateur au commerce.

 

La population augmente (1650 habitants) avec les naissances chez les « Paimpolais » et aussi avec le rattachement au Conquet des îles et îlots de Béniguet, Quéménès, Litiry, Trielen, Bannec distraits de Ploumoguer le 24 avril 1900.

 

L’usine d’iode Tissier continue à fonctionner avec une trentaine d’ouvriers et la noria des bateaux goémoniers de Landéda et Plouguerneau.

(1903 : rattachement (provisoire) de domicile administratif de 52 familles de goémoniers de la région de Plouguerneau, au Conquet, problème avec le gendarme conquétois)

 

Une activité commence à pointer, le tourisme, villas, hôtels et bientôt 1903, la ligne de tramway avec Brest, il faut dire que le maire, Hippolyte Levasseur y a donné de l’élan, il fut un temps président de la chambre de commerce de Brest.

 

Dernière note, pessimiste : l’abbé Le Chat recteur du Conquet à la fin d’un historique de la ville écrit en septembre 1936. « Aujourd’hui le port du Conquet traverse une crise plus sévère que toutes les autres et dont il ne se relèvera peut-être jamais, les deux industries côtières de l’iode et de la pêche sont gravement menacées :  Bientôt elle aura vécu la vieille cité maritime pour devenir simplement une petite station balnéaire et touristique … retrouvant un peu de mouvement, de gaité, d’animation factice pendant les jours d’été… pour devenir petite ville morte et lugubre pendant les sombres jours d’hiver ».

 

                                               JPC, décembre 2009

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