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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 12:36

UNE  FAMILLE QUI A MARQUE LE CONQUET :
           MAZE-LAUNAY


 

 

-Jean Mazé, honorable marchand, décédé avant 1693. Son épouse Marguerite Morel, meurt au Conquet en 1712, âgée de 84 ans, elle est enterrée dans l’église de Lochrist. Ce couple a eu des enfants dont un fils :

 

-Laurens Mazé, qui se dit sieur de Launay, né vers 1660,  se marie au Conquet avec Anne Rioualen, d’une famille de maîtres de barques. Le couple a au moins un fils, né le 27 août 1697, aussi prénommé Laurens.

Laurens, le père, marin, disparaît au cours d’un voyage effectué en 1710.

 

 Le garçon patiente jusqu’à ses 30 ans, en 1727, quand le décès du père est reconnu par les autorités, pour être émancipé et obtenir sa part de succession. Pendant tout ce temps, célibataire, il vit chez sa mère sur, ou tout près de la place du Marché.

 

Lorsque Anne Rioualen meurt en 1741, âgée de 72 ans, l’estimation de ses biens non fonciers (s’il existe du foncier, je ne le connaît pas), atteint seulement 187 livres, autant dire rien. Il faut préciser qu’entre le décès d’une personne et la venue du notaire royal, il pouvait se passer des semaines, voire des années !

 

Mais revenons un peu en arrière, Laurens Mazé, qui s’était attribué le « sieur de Launay », est le principal protagoniste en 1732 d’une « affaire ». Un long procès nous apprend par le détail, qu’il a abusé d’une voisine, jeune fille un peu simplette, et qu’un enfant est né de leurs relations. Condamné à être saisi de justice, mais prévenu largement à temps, il est absent lors de l’interpellation à son domicile.

 

Affaire Mazé-Launay / Kervajan, série 11B  ADF Brest, procédures criminelles Saint- Mathieu. 1732.

 

L’intérêt de ces comptes-rendus de procès, réside dans la multiplicité de détails sur la vie quotidienne au Conquet qu’on y relève.  Dans tous les cas, les « enquêteurs » s’installent pour un ou plusieurs jours, et toute personne qui a quelque chose à révéler doit impérativement témoigner, sinon risque d’être poursuivie comme complice. La peur est telle que plusieurs individus s’empressent de venir dire qu’ils n’ont rien vu, rien entendu.

L’appel à témoignage avant les premières auditions est annoncé au prône de la grand-messe. En cas d’insuffisance de témoignages, on publie les « réaggraves » qui rendent coupables ceux qui ont négligé les premières audiences.

 

Le fond de l’histoire : Laurens Mazé-Launay est accusé d’avoir à plusieurs reprises abusé d’une voisine, Marie-Catherine Kervajan, jeune fille un peu sotte (selon la rumeur publique), qui se retrouve enceinte.

 

C’est la mère de la victime, Ambroise Russaouen, épouse d’Yves Kervajan absent en mer, qui soutient l’accusation au nom de leur fille, victime de subornation.

 

15 juin : Comparait la jeune fille, Marie-Catherine Kervajan, 20 ans, taille moyenne, cape de camelot brun, robe de chambre et tablier d’étamine bruns, coiffe unie et souliers noirs, demeurant au bourg du Conquet.

Déposition :

Elle passait revenant de la fontaine « doumar ? » avec du linge, devant la fenêtre de la cuisine de Mazé Launay qui la vit et la fit entrer puis poser le linge sur une chaise et la fit s’asseoir sur une autre. Il lui offrit une prise (tabac en poudre) qu’elle accepta. La mère Launay était absente. Puis il la renversa sur la table qui était fort basse et lui mit la main sous ses jupes et jouit d’elle sans qu’elle put s’en défendre. [Elle déclare] qu’elle voulut d’abord crier mais qu’il lui mit la main sur la bouche pour l’en empêcher, lui recommanda de ne rien dire à sa mère, ni à personne, et qu’on faisait de même à toutes les filles pour se mieux porter, et il la fit sortir.

 

Quelques jours après, étant à sa porte filant sa quenouille, Mazé se présenta sous le ballet (petit toit au-dessus d’une porte)  où on expose la viande à vendre. Il la fit entrer chez lui et la prit sur un banc dossier. Une autre fois, elle allait à la chapelle Sainte-Barbe, il l’invita chez lui et la même chose se passa sur le lit dans la cuisine.

 

Place du Marché, les commentaires  vont bon train … Les femmes sont les plus nombreuses à s’exprimer.



La place du Marché dessin de Louis
Le Guennec, d'après Lesage.


 













Anne Quoniam, veuve, marchande, 50 ans, qui était chez Marie Moal, veuve de Joseph Provost, marchande de vin en gros, filant sa quenouille près de la fenêtre qui donne sur la place du Marché, lui dit : « venez voir Marie Moal les deux jolies personnes qui s’entretiennent là ! » et elle vit le dit Mazé debout et Marie Catherine Kervajan assise sur une pierre près de  sa boutique, qui causaient.

Kervajan passe pour sotte parce que Catherine Siviniant a dit que son mari, Noël Le Verge vit un Anglais qui marchandait une poule à la dite Kervajan, il en offrait 6 sols, elle n’en voulait que 3 !

 

A la fontaine de Portez, plusieurs femmes en parlent en lavant le linge au doué.

 

A la suite de la première série d’auditions, il est ordonné à la dite Kervajan de se faire examiner par un médecin. Toujours courant juin, une matrone de Brest comparait devant les enquêteurs et déclare qu’elle a trouvé Kervajan enceinte de 7 mois.

 

Sans date, Catherine Salaun, femme de François Sévère, matelot, un jour de dimanche, remarqua de sa fenêtre qui est vis-à-vis de la rue sur laquelle donne la maison du dit Mazé, la dite Kervajan assise près de la porte de Marie Françoise Campion, qui parlait à quelqu’un dans l’entrée, qu’elle ne voyait pas. Puis elle vit Kervajan partir vers la chapelle Sainte-Barbe et Mazé mettre sa tête à la fenêtre d’en-haut,  sortir et partir vers la chapelle Saint-Christophe.

Elle dit alors à Marie Françoise Campion d’aller avertir le recteur.

 

Donc l’une part par la rue Etroite, et l’autre par la  rue Saint Roc’h et descend…

 

Marie Mesgoff, jeune fille, domestique chez monsieur de Poulconq au bourg du Conquet, vit Kervajan qui redressait sa barattée de linge sur sa tête devant la porte de Mazé. Ensuite elle a vu sortir Mazé d’à côté mais ne sait pas de quelle porte, elles sont deux contigües.

Kervajan a continué en direction de la fontaine « donmar ? ».

 

 

Audition d’autres témoins début juillet 1732.

 

Marie Françoise Le Campion, 33 ans, jeune fille, maîtresse d’école dépose ainsi que tous les autres en breton : environ la mi-carême elle a su par Catherine Salaun que cette dernière avait vu quelques fois Kervajan devant chez Mazé et en avait averti le recteur.

 

Anne Campion, jeune fille, lingère, 29 ans, n’a rien remarqué

 

Marie Mazé, 15 ans, qui n’est pas parente avec Mazé-Launay, a vu Launay seul le jour de la Saint-Pierre vers la redoute, à la franchise du Téven. (Dunes des Blancs-Sablons)

 

Jacques Labbé (dit la joye), gardien à la pointe des Renards, sa femme et Azénore Déniel, dans le même bateau que le couple en question, qui les traversait (entre le Croaé et le Cosquiès) pour aller au pardon de la Saint-Pierre à Ploumoguer, ont vu Launay et Kervajan rester ensemble. Ils s’en sont moqués  car Kervajan passe pour une imbécile, et elle avait des tâches de puces sur ses manches.

 

Cécile Le Guilcheur, 50 ans, femme de Christien Créac’h, maître de barque, n’a rien remarqué.

 

Marie Causeur, jeune fille, servante de Jean Mazé au bourg du Conquet, n’a rien remarqué.

 

Etc   

 

Il est ordonné que la dite Kervajan soit visitée par un autre chirurgien juré, pour une plus grande vérification de sa grossesse. Commis d’office, ce sera Pierre Navarre, demeurant à Brest. En fait c’est un autre praticien qui assure l’expertise : le 4 juillet, le médecin, Gabriel Le Blanc a visité Kervajan, lui a trouvé le sein fort gros avec du lait dedans, et par le gros de son ventre et par le mouvement de l’enfant dedans et par le lait de ses mamelles l’a déclarée enceinte de 7 mois ½

 

Les juges déclarent Laurens Mazé-Launay coupable.

 

Le mardi 9 septembre 1732, jour de Marché, fête de la Nativité de la Vierge, Tanguy Hervé Ollivier, audiencier à la cour royale de Brest, en compagnie du sergent de la juridiction de Saint-Mathieu demeurant à la Trinité en Plouzané, et un aide de justice de Lambézellec, se place à l’endroit ordinaire des bannies et proclamations de justice. Vincent Desserant, tambour de Brest, demeurant rue des Sept-Saints, bat la caisse à défaut de trompe. La foule s’amasse.

Mazé est décrété de prise de corps pour être conduit à Pontaniou, attendu qu’il n’y a pas de prison à Saint-Mathieu.

La proclamation est renouvelée devant chez Mazé-Launay qui ne sort pas. La feuille est clouée sur sa porte, portant ordre à huitaine de se rendre à Pontaniou.

Mais déjà le 8 août, il était dit que Mazé était absent du Conquet depuis six ou sept semaines.

 

4 octobre 1732, un nouveau courrier à monsieur le sénéchal, seul juge de Saint-Mathieu, on y apprend que Mazé a été décrété de prise de corps  pour avoir séduit et abusé Marie Catherine Kervajan.

Celle-ci, selon sa mère, a confirmé les faits, même dans les douleurs de l’enfantement, réputées péril de mort.

L’enfant est alors en nourrice à Porsmilin à 6 livres par mois, la grand-mère du bébé Ambroise Russaouen demande à la justice d’obliger Launay à payer cette somme.

 

Le dossier n’en dit pas plus. Launay est-il incarcéré quelques temps ? Rien ne le prouve.

 

Ce que je sais :

 

L’enfant : son acte de baptême est particulièrement intéressant. D’abord on lui donne en premier prénom celui de son père supposé :

 

Laurens-Mathieu, fils naturel de Marie Catherine Kervajan, fille de Yves Kervajan, maître esté de barque, et d’Ambroise Russaouen, et d’un père inconnu, jusqu’à finition du procès. Né le 24 septembre 1732 selon le rapport que nous ont fait Barbe Pichon, femme d’Hamon Cadiou, ménagers du village de Kerinou, trêve de Lochrist, et Marie Lestideau, veuve, demeurant au bourg du Conquet, toutes deux sages-femmes.

 

En présence de : (on s’aperçoit que la demoiselle Kervajan n’a pas été rejetée par le milieu des maîtres de barques et bourgeois du Conquet, bien au contraire), Jeanne Guitton, veuve de François Keriou, en son vivant maître de barque,  de Marie Amis, épouse de honorable homme Tanguy Lespagnol, maître de barque, de Françoise Bisien, épouse d’Hervé  Le Bourhis, marchand mercier, de Jeanne Laot, épouse de François Keranuran marchand de drap de la paroisse de Saint-Renan.

Le petit Laurens-Mathieu a été tenu sur les fonds baptismaux par maître Cézar Le Gléau, bourgeois et notaire royal et par demoiselle Françoise Keriou, veuve du sieur Valentin Michel. La mère Ambroise Russaouen était aussi présente au baptême, le père Yves Kervajan était absent en mer.

 

Laurens Mazé-Launay, le retour, le mariage, le décès.

 

Convaincu qu’il ne risque rien, que sa réputation n’est pas entachée, il réapparaît très vite au Conquet et épouse Jeanne Elisabeth Le Veille-Beaumont, fille de François Le Veille-Beaumont, chirurgien-major de la Marine.  Le couple a au moins un enfant, Cézar François Mazé né en 1735, qui héritera à la mort de son père Laurens Mazé-Launay en 1738, du « de Launay ». 

 

Jeanne Elisabeth, veuve Mazé-Launay, convole en deuxième noce, avec Noël Pohon, ancien maître de barque, puis commissaire de la Marine au Conquet et syndic des Classes.

 

Cézar François Mazé-Launay, vit avec sa mère et son beau-père. Tout naturellement, à la mort de Noël Pohon en 1764, il lui succède comme syndic des Classes. Sur le point d’être muté à Porspoder en 1767, il refuse et démissionne. On lui donne en échange la place de garde magasin d’artillerie, sans doute dans le grand bâtiment construit à l’ouest du Cosquiès une dizaine d’années auparavant. Plus tard, après la révolution de 1789, en plus de la fonction d’inspecteur des batteries, il occupera celle de procureur de la commune du Conquet, nommé le 9 novembre 1792. (Je passe sur son activité pendant la Révolution, j’en reparlerai dans un autre sujet).

 

En 1754, Cézar François Mazé-Launay a épousé Catherine-Josèphe fille de Cézar Le Gléau, notaire royal au Conquet.

 

Le couple a eu de nombreux enfants dont :

 

-Noël Marie Mazé-Launay, né le 7 mars 1756, capitaine de commerce, 1787/92  à bord du Coureur.  Il prête serment à la République et obtient son brevet d’enseigne des vaisseaux, le 29 décembre 1792,  « je jure de maintenir ….    puis après l’an XI, inspecteur des signaux depuis le Portzic jusqu’à Saint-Mathieu, marié en 1780 à Marie Jeanne Lannuzel, puis en 1791 à Marie Créac’h dont il a eu au moins un fils Christien-Joseph Mazé-Launay, né en l’an III de la République et une fille née au Conquet le 7 frimaire an V, Marie Margueritte Mazé-Launay.

 

Noël Mazé-Launay est mort au Conquet le 28 mars 1822, âgé de 66 ans, Marie Créac’h elle a vécu jusqu’à 90 ans, puisque décédée en 1846. Les deux époux sont réunis sous l’une des plus vieilles pierres tombales du cimetière de Lochrist. La dédicace de lettres en fort relief, sculptée après la mort de la dame, comporte une étonnante erreur qui attribue à son mari le prénom d’Emmanuel au lieu de Noël !

 























-François Marie Mazé-Launay né en 1758 - ?

 

-Jean René Mazé-Launay, né en 1761, capitaine de commerce, commande en particulier le Gordon en 1789, au sieur Edern de Recouvrance.

 

-Christien Marie Mazé-Launay, né en 1762, reçu maître en 1787, capitaine de commerce, commande la Marie-Jeanne de 1788 à 1794.

 

- Cézar Yves Marie Mazé-Launay, né en 1764, clerc tonsuré, prêtre assermenté, vicaire de Recouvrance en l’an IV, touche la pension ecclésiastique, 800 livres par an  comme curé de Guipavas en l’an V

 

- Une fille mariée au citoyen Mevel  (note du 7 juin 93)

 

- Peut-être une autre fille Marie-Gabrielle Mazé-Launay, épouse Provost (vérifier)

 

Cézar François Mazé-Launay est mort le 28 fructidor an III environ 5 heures du soir, dans la maison commune (mairie) du Conquet. Déclaration par ses fils Noël et Cézar (ministre du culte).

 

Notes diverses concernant les Mazé-Launay

 

30 janvier 1813, Christien Joseph Marie Mazé-Launay, né au Conquet le 27 frimaire an III, assisté de son frère Noël,  ancien enseigne de vaisseau, a déclaré vouloir servir dans le 16e équipage de la flottille impériale de la Marine.

 

30 décembre 1817, Le Conquet : Mazé-Launay nommé adjoint-maire, par arrêté préfectoral

 

1829, décès de Eugène Marie Provost, 20 ans, aux hôpitaux du lazaret, ville de La Seyne, fils  de Michel Marie Provost et de Marie Gabrielle Launay, marin embarqué sur la gabare du Roi Le Volcan.

 

Chapelle-oratoire Dom-Michel Le Nobletz : dans l’année 1837, la famille Mazé-Launay qui, de temps immémorial, a orné avec soin et généreusement entretenu à ses frais cette chapelle,  fit agrandir sans la démolir l’ancienne maison du Vénérable Michel Le Nobletz. Cette même année, monseigneur de Poulpiquet, évêque de Léon,  permit d’y célébrer la sainte messe, le 8 septembre, fête patronale.

 

 

MAZE-LAUNAY et l’exploitation des algues :

 

-1824, Christien Joseph ? Launay exploite une fabrique de soude à Béniguet (fermier Corolleur). Note : en 1819 Yves Corolleur était encore à Trielen, un bail des 2/3 de l’île lui est alors consenti pour 120 francs par Guillaume Marie Prat et autres. Donc Corolleur prend Béniguet en location entre 1820 et 1824.

 

-1840 : bail de Béniguet, commune de Ploumoguer,  consenti par les propriétaires de l’île,

Christien Joseph Marie Launay, chevalier de la légion d’honneur, négociant, demeurant à Brest et sa sœur Margueritte Launay, propriétaire demeurant au Conquet, à François Causeur et à sa femme Marie Jeanne Gilet qui prendront la succession du fermier Yves Corolleur.

 

Dans le contrat :

-Causeur prendra pour l’engrais des terres de l’île tout le goémon dont il aura besoin, mais il ne pourra jamais ni vendre ni laisser enlever pr quiconque la moindre quantité de goémon sans le consentement par écrit des bailleurs.

-Causeur se charge de l’incinération du varech non employé comme engrais et s’oblige à fabriquer annuellement 75 à 100 000 kilos de soude de bonne qualité. Les soudes seront payées après livraison, 30 francs les mille quatre kilos si ce poids est constaté sur l’île et le même prix les mille kilos si les soudes sont pesées sur le continent. Cette différence est établie pour comparaison du déchet résultant du transport. Monsieur Launay aura faculté de prendre livraison sur l’île ou sur l’une des pointes du continent qu’il indiquera, mais le fret et les risques de mer seront toujours à sa charge. Le fermier réunira les soudes fabriquées dans le lieu ordinaire d’embarquement, il s’oblige à les mettre sous palan et à aider à l’arrimage. S’il arrivait que les soudes ne fussent pas de bonne qualité loyale et marchande, le degré d’infériorité serait déterminé par expert et le fermier subirait une réduction relative etc…

 

Monsieur Launay si la baisse des prix ou tout autre motif le déterminait à faire cesser la fabrication, abandonnerait le goémon au fermier qui le vendrait à son profit. Les livraisons se feront avant le mois de novembre de chaque année mais monsieur Launay aura la faculté d’ajourner à l’année suivante, dans ce cas le fermier couvrira les soudes pour les préserver des eaux pluviales et le prix convenu serait payé immédiatement.

 

Note : Christien Joseph Marie Mazé-Launay, né au Conquet le 17-12-1794, négociant à Brest, représentant du Finistère, liste de droite, « conservateur », élu à l’Assemblée Législative sous la 2nd République, en mai 1849, 5e député sur 13,  s’est associé à tous les votes de la majorité.  Quitte l’Assemblée avec le coup d’Etat de Napoléon III,  02-12-1851. Mort à Brest le 1er août 1853.

 

Mazé-Launay possède un magasin sur le quai du Drellac’ h, endommagé par les travaux des cales. Il vend son bien pour démolition.

 

1841, la veuve Launay qui possède des maisons et terrains au Conquet (rues Saint-Christophe, rue Neuve, rue dom Michel Le Nobletz, quai du Drellac’h,… est Marie Créac’h, mère de Christien et de Margueritte.

Marie Créac’h était la fille de Laurent Créac’h et Marie Du Bosq, sœur de Christien-Joseph Créac’h, ancien capitaine garde-côtes, président du Canton puis maire du Conquet.

 

1869, Mazé-Launay propriétaire, demeurant à Guipavas demande à établir ses fours permanents pour la fabrique de soude brute de varech sur les îles de Béniguet et de Trielen qui lui appartiennent dans la commune de Ploumoguer

 

1875 : Albert Marie Mazé-Launay et Joseph Pellieux se sont associés pour créer une petite industrie utilisant les algues comme matières premières. L’usine se trouve au Petit-Cosquer à Kerhuon près de chez Mazé-Launay (plus tard emplacement d’installations ostréicoles).

 

Vie fastueuse des usiniers, la résidence de Mazé-Launay est une grande maison bourgeoise devenue depuis l’hôtel du Gué Fleuri, puis le C.I.E.L.

Productions de l’usine : iode et iodure, brome et bromure, sels de potasse et de soude, goémons secs pour l’agriculture, engrais chimiques, vente sur analyse garantie.

 

A. Mazé-Launay et J. Pellieux

Diplôme de mérite : Vienne 1876

Médaille d’argent : Paris

Usines à Audierne (Poullan)    établissement à vapeur

Laberildut (Toul ar bara)         établissement à vapeur

Portsall (Porscheffret)              établissement à vapeur

Ile Béniguet

Ile Trielen

 

1882 : faillite retentissante, orchestrée dit-on, par la concurrence (Tissier et autres), tous les biens sont vendus pour payer les créanciers.

 

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Retour sur Marie Margueritte Mazé-Launay, née au Conquet le 7 fructidor an V, fille de Noël Marie Mazé-Launay et Marie Créac’h.

 

En 1847, messieurs Obet, Le Guerrannic, Robert Mazé et mesdemoiselles Le Bourc’h et Launay, se voient confier la gestion du bureau de Bienfaisance qui vient d’être créé.

 

Lorsque l’église est transférée au Conquet, il faut héberger à proximité les prêtres qui vont la desservir à partir d’avril 1858.

Un don à la municipalité (François Podeur, maire) de mademoiselle Marie Margueritte Launay en 1859 (4 septembre)  permet l’achat d’une maison qui deviendra le presbytère. Mademoiselle Launay a offert 3 000 francs, le reste du solde a été apporté par la vente du presbytère de Lochrist.

 

Printemps 1861 (1855 selon le site Internet de l’école privée, Saint-Joseph), mademoiselle Margueritte Mazé-Launay offre à la commune du Conquet un établissement de charité, en même temps qu’elle fait un legs pour la congrégation des Filles du Saint-Esprit : rente annuelle de 800 francs, et une maison et ses dépendances rue Kerdacon au Conquet, à conditions que deux sœurs soignent gratuitement les indigents.

 

Mademoiselle Marie-Margueritte Mazé-Launay est décédée au Conquet le 24 mai 1870, célibataire,  propriétaire, âgée de 78 ans.

 

Ici s’achève provisoirement ce récapitulatif  historique (à compléter et corriger si nécessaire) concernant la famille Mazé-Launay)

                                                                                                     JPC/ Nov 2009

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