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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 18:24

HÔPITAL, SERVICE DE SANTE, MALADIES

Pièces pour une étude de la vie quotidienne au Conquet, hygiène, santé, soins.

Hôpital du Conquet :
1624, mention d’une donation faite en 1624 à l’hôpital près de la chapelle Saint-Christophe. Caserne de l’hôpital : souvent citée à l’époque du Directoire, exemple 13 brumaire an VII. (Chapitre à compléter).
Sachant que l'on considère généralement le pan de mur avec des baies soulignées de briques rouges, sur la gauche au bout de la corniche de Sainte-Barbe, avant d'arriver à la place Saint-Christophe, comme un reste du bâtiment de l'hôpital du Conquet).

 

 

 

 







X, reste de mur présumé, de l'ancien hôpital de la Marine











Officier de santé / Noyés

 Lettre du maire du Conquet au substitut du procureur impérial à Brest, 8 thermidor an XIII :

Je vous fais passer ci-joint un procès-verbal constatant le genre de mort de Vincent Péron, noyé près Le Conquet. N’ayant point de chirurgien dans cette commune, il m’a fallu faire visiter le cadavre par monsieur Dufaur, officier de santé. Je crois qu’il n’y a que les chirurgiens qui soient compétents ad-hoc. Néanmoins on ne peut s’en procurer qu’en ayant recours à ceux de Brest et qui souvent se refusent à de pareilles commissions, vu l’éloignement.

Le 10 décembre 1809, le maire du Conquet écrit : il fait ici défaut de chirurgien, d’officier de santé, de chirurgien accoucheur. Nous n’avons que le sieur Dufaur, âgé de 75 ans, impotent.

(En 1813, la situation de carence est confirmée, le port du Conquet et les troupes du cantonnement font affluer dans cette ville et commune, divers malades qui se trouvent privés des premiers secours de l’art)

 

6 mai 1810, je profite dit le maire, de l’occasion du bateau Le Glaneur, patron Laudrein qui est à Brest, afin de faire prendre la boîte contenant les drogues nécessaires pour rappeler à la vie les noyés.

 

27 mai 1810, le maire du Conquet aux membres de la commission d’administration de l’hospice civil de Brest : « j’ai l’honneur de votre lettre… par laquelle vous m’avisez que, d’après l’ordre de monsieur le Préfet, vous tenez à ma disposition une fourniture pour l’ameublement d’une chambre destinée à recevoir les noyés et établie au Conquet. Je charge Yves Le Bian, commissaire du Conquet, de prendre cette fourniture sous récépissé.


Maladies et soins, au XIXe siècle.
 

Petite vérole :
L’an XII ont été vaccinés contre la petite vérole, plus de 110 enfants, dont 12 gratuitement. Ces vaccinations ont été faites à la maison presbytérale. 1811, 31 enfants de la commune ont été vaccinés cette année.

 

 

Gale:
9 août 1810, lettre au sous-préfet à Brest : conflit entre le maire du Conquet et le chef de bataillon du 24e régiment, commandant le 4e arrondissement du Conquet. Ce dernier veut faire traiter des galeux dans une chambre au Conquet au lieu de les faire diriger sur l’hospice de Brest

 

Fièvre jaune :

1821, une épidémie de fièvre jaune venue des Antilles, sévit cette année-là en Espagne. De nombreuses restrictions sont appliquées aux navires venant de ces pays, pour la libre-pratique des ports français.

Le 18 décembre 1821, le maire de la commune du Conquet, a été  informé qu’un navire chargé d’oranges a péri la nuit dernière dans l’Iroise, près de la pointe de Penzer et que le matin de ce jour-ci, on a vu un pont de navire qui passait au gré des flots, du sud au nord, par le chenal du Conquet et qu’il y paraissaient trois ou quatre hommes qu’on a en vain tâché de sauver par une embarcation de ce port.

Le maire, considérant qu’il paraît à la côte de cette commune et même dans le port du Conquet, des oranges que l’on ne peut recueillir, vu les mesures sanitaires prescrites par l’arrêté de monsieur le préfet du Finistère du 25 octobre dernier, arrête :

- qu’il est interdit de toucher aux fruits

- que des poursuites seront engagées sur les contrevenants

- qu’il est interdit de toucher à tout autre effet provenant du naufrage

- que nul n’est censé ignorer l’arrêté du préfet.

 

La défense expresse de recueillir à la côte rien de ce qui pourrait provenir du dit naufrage, est publiée à son de caisse sur la place du  marché, et dans les lieux habituels des annonces municipales.

 

Le 20 décembre à 9 heures du matin, en présence du maire, de l’administrateur des classes, du contrôleur de la brigade des Douanes de Laberildut, ont été brûlées à Portez, 6 caisses d’oranges et un coffre contenant des hardes (mot synonyme de  vêtements à l’époque). Un autre coffre contenant des lettres et des livres a été examiné côté nord du port du Conquet. Il a été brûlé avec ses livres. Les lettres passées au vinaigre pour être examinées par l’officier de santé Guillaume Colin, ont semble-t-il été mises de côté.

Guillaume Colin, né au Conquet le 27 février 1790. A été reçu dans sa charge à Brest le 28 septembre 1818, par le jury médical. Il réside au Conquet.

 

La Douane, accompagnée de Jean Ely, sergent de police, a ensuite perquisitionné un peu partout, pour découvrir dans divers lieux, une assez grande quantité d’oranges, qu’ils ont détruites.

 

Le maire ayant renseigné le sous-préfet de Brest, celui-ci fait répondre le jour-même, 20 décembre, concernant les vêtements et objets divers qui pourraient être apportés par les flots au rivage : « on allumera du feu sous le vent des dits objets et on les y attirera au moyen de longues perches armées de crocs ». Quant aux dépouilles de marins, la procédure est similaire. Il est défendu de s’en approcher, il faut creuser sous le vent du cadavre une fosse d’une profondeur suffisante, et l’y attirer au moyen de longues perches munies de crocs. La fosse doit être comblée immédiatement, toujours en se tenant au vent.

 

Vaccination
A cette époque 1821, une note municipale indique que la vaccination (contre quoi ?) des enfants semble régulièrement effectuée. Un médecin de Saint-Renan se déplace au Conquet à cet effet. Pour octobre 1821, les séances gratuites sont prévues le mercredi matin à 9 heures.

 

 Affirmation contredite les années suivantes : en 1823, « malgré la publicité, aucun enfant ne s’est présenté à la vaccination, les 20 juin, 28 juin et 6 juillet 1823, signé Rolland. (Il doit s'agir toujours de la vaccination contre la petite vérole).

 

Choléra :

1832, menace d’une épidémie de choléra. Le mal sévit à Brest, le maire du Conquet écrit au sous-préfet, le 15 juillet : le progrès toujours croissant du choléra à Brest, et la promptitude avec laquelle ce fléau se propage, … me portant à croire… que ma commune ne peut tarder à être atteinte par la contagion, [m’incitent à solliciter] de disposer d’une somme de 150 ou 200 francs pour acheter des médicaments et autres choses utiles au traitement de cette maladie,

Le maire demande au colonel du Génie à Brest de pouvoir utiliser les corps de garde se trouvant dans les batteries de Sainte-Barbe, des Renards et de Pors-Fontaine, où l’on pourrait disposer et soigner les indigents qui viendraient à être atteints de la maladie.

 

Juillet 1832, délibération municipale pour venir au secours des indigents qui seraient atteints du « Choléra Morbus ». Vote de 400 francs sur le budget.  Ces 400 francs se répartissent en ceintures de flanelle, briques, bois de lit, paillasses, matelas, couvertures de laine, draps, traversins de balle, médicaments et pour 105 francs de sangsues.

 

Le choléra appelé par les musulmans « mordechim » (mort d’entrailles, devenu mort de chien), serait venu de l’Inde en 1781-82, puis à nouveau en 1817, pour apparaître à Paris en 1832.

 

Quarantaine :

Le maire au président de l’intendance sanitaire à Brest, le 22 août 1833

Un sloup a heurté des roches au large de la terre le 20 au soir. Un pilote s’est rendu à bord et l’a conduit dans la rade foraine de Lochrist (Porsliogan).

Le sloup venant de Lisbonne a été consigné par risque de maladie. Des vivres lui ont été fournis dans un canot qu’il avait filé au bout d’une amarre.

Le pilote du Conquet a dû rester à bord jusqu’au Havre, destination du sloup, pour y être assigné en quarantaine.

(Sur ce sujet, en 1842, le conseil municipal délibère, sur l’utilité d’avoir au Conquet une commission sanitaire. Le port étant un lieu de relâche pour les navires étrangers qui se trouvent forcés d’y toucher pour réparations et autres  motifs urgents.

 

Choléra (suite)

 1849, l’épidémie de choléra qui se propage dans l’Ouest a fait au 14 juin, 113 morts à Lorient (202 en août). Cherbourg qui en 1832 avait déploré 168 victimes voit l’épidémie se répandre à nouveau.


Dans le journal l’Océan, on peut lire : « Conseils si on se sent quelques dérangements : diète absolue, prendre du repos, se mettre dans un lit chaud, prendre des infusions légères de thé, de mélisse ou de tilleul. C’est dans la nuit des dimanches aux lundis que les attaques de choléra sont les plus fréquentes. »

A Cherbourg on place dans les rues des images de la Vierge, les habitants font des neuvaines pour obtenir du ciel la cessation du fléau qui les décime. »

 

Publicité de la Gazette des Hôpitaux du 28 juillet 1849 :

Contre le choléra : utiliser le vinaigre de Jean Vincent Bailly.

-Il a des propriétés anti méphitiques

-Employé en frictions il rappelle la chaleur à la peau et active la circulation du sang

-Vaporisé sur des briques chaudes, il produit une fumigation énergétique qui ramène la transpiration en curation par excellence.

 

 Le 1er août 1849, le docteur Blanchart, praticien du Conquet quitte la ville. (En 1840, la commune du Conquet se flattait d’être pourvue d’un médecin chargé de traiter les indigents, à qui elle allouait une somme de 150 Francs, prélevée sur le budget)

La municipalité s’exprime : « un docteur qui se fixerait au Conquet, y trouverait une clientèle, grâce au port de relâche pour les bâtiments de commerce, grâce au passage pour les îles, et grâce aux nombreux  ouvriers employés aux travaux de fortifications.

 

Le Finistère est touché  par le choléra à l’automne, Brest (Lambezellec), Douarnenez, (véritable épidémie en octobre), Quimper… Dans les Côtes du Nord, le 23 octobre, 20 décès à Pontrieux, recrudescence à Brest en novembre..

 

Décembre 1849, registre municipal du Conquet : « mademoiselle Marie Bureau de la Salle, élève sage-femme à la maternité de Lorient, est décédée au Conquet d’une attaque de choléra. Elle était arrivée depuis quelques jours de Nantes pour des vacances. Depuis que le docteur Blanchard a quitté la ville, il n’y a plus de médecin au Conquet ».

 

Le choléra cadavérise celui qui en est atteint, et qui souffre de douleurs insupportables d’entrailles, de crampes qui crispent les jambes, de douleurs cyanosées, d’enfoncement des yeux et d’absorption de la partie colorante du sang. En France on a remarqué que les charbonniers (qui dans les forêts fabriquent le charbon de bois par combustion lente de bûches sous des tumulus de terre, métier dur dans la chaleur du feu, avec selon les saisons la canicule, le froid, la pluie ou la neige),  semblaient ne pas être atteints par le choléra.

 

D’où une préconisation médicale : « réduire 40 grains de charbon en poudre, les délayer dans 2 litres d’eau ordinaire, et administrer au malade la potion en clystère. Réduire simultanément 20 grains de charbon dans un verre d’eau chaude, à faire boire par le patient en même temps que le lavement.

Efficacité soit disant garantie.

 

30 novembre 1853, le maire du Conquet : « depuis quelques semaines, il s’exhale  de plusieurs tombes du cimetière de Lochrist des émanations fétides qui incommodent beaucoup les fidèles et peuvent être dangereuses.

J’ai visité le cimetière sans pouvoir préciser la cause du mal qu’il serait pourtant nécessaire de connaître et d’effacer, au moment où le gouvernement vient d’indiquer l’invasion probable et assez prochaine du choléra ».

 

1893, journal  le Finistère, jeudi 24 août : « Ile de Sein – le médecin, le maire de l’île et le syndic viennent de faire afficher un arrêté en vertu duquel tous les bâtiments provenant du Conquet et de Molène devront être mis en observation. Cette mesure sanitaire a déjà été appliquée à un bateau de pêche qui voulait aborder l’île.

La quarantaine est appliquée à l’île de Molène, mais pas un seul décès n’a été constaté depuis une dizaine de jours, par contre au Conquet : un mort a été signalé vers la mi-septembre. »

 

Novembre 1893, remerciements au docteur Pethiot, et à la sœur Marie pour leur dévouement pendant l’épidémie cholérique.

Etat des dépenses faites par la commune : désinfectants, pulvérisateur, objets brûlés dont il faut rembourser la valeur, cercueils pour les indigents décédés, salaire du fossoyeur.


LE CHOLERA AUX ILES 1893

 

L’épidémie de « Choléra morbus » a sévi à Molène pendant l’été 1893, provoquant le 15 août la mort de 7 personnes puis de 37 autres dans les dix jours suivants. Le bois manquait pour la confection des cercueils, le recteur a démonté le toit du préau de l’école pour avoir des planches nécessaires à cet usage.

En même temps le mal s’attaquait à l’île Trielen, deux morts le 15 août, cinq morts le 17 août dont les patrons de la ferme : François Corre et sa femme Marie Jeannie Causeur, ainsi qu’un  jeune cousin Copy, qui faisait des études de séminariste à Pont-Croix et passait des vacances à Trielen. Trois morts le 18 août, un mort le 19 août, et trois morts le 20 août dont un autre cousin Copy, jeune homme de 14 ans, aussi en vacances. Donc 13 morts au total.

Le choléra avait tué François Corre et sa femme Marie Jeannie Causeur mais avait épargné leur fillette Estelle Corre et la grand-mère Louise Quellec (veuve d’un Jean Marie Causeur)

Curieusement le mal qui avait fait au Conquet une quinzaine de victimes ne touchait pas les autres îles, mais revenait en octobre et seulement à Béniguet provoquant en trois jours la mort de quatre domestiques

Au Conquet, sans pouvoir préciser qui est mort du choléra ou d'autre chose, on dénombre en 1893, 73 décès, contre 55 en 1892 et 38 en 1894.

 

Fièvres typhoïdes :

 

24 mai 1890, lettre du maire au sous-préfet de Brest. « Les fièvres typhoïdes et fièvres muqueuses peuvent être considérées comme endémiques dans notre localité. Il en existe toujours quelques cas et cette année il ne semble pas que ces cas doivent être plus nombreux que les années précédentes. Depuis plusieurs semaines on a constaté un seul malade, un enfant fréquentant l’école des garçons. Le dénouement a été fatal, mais ce triste évènement peut être attribué en bonne partie à un défaut d’hygiène et à des imprudences et, d’autre part au peu de ressources dont pouvait disposer la famille du jeune malade. Il n’y a donc pas lieu de s’alarmer ».

 

Fièvres muqueuses :

 

24 mai 1890  A signaler « plusieurs cas de fièvres muqueuses, pas plus nombreux que l’année dernière. Ils sont dus comme ailleurs, au défaut d’hygiène des habitants, à la misère, au manque de propreté de certaines habitations. Comme aussi au défaut d’aération de certains quartiers de la ville que la municipalité se propose d’assainir, aussitôt que l’autorité préfectorale l’aura autorisée à contracter l’emprunt de 5 000 Francs pour des travaux de voierie. »

 

Influenza :

Février 1895 :  il y a deux ans,  la population a été décimée par le choléra, aujourd’hui c’est l’influenza qui règne, mais heureusement avec un caractère bénin. L’influenza (grippe) est une infection du nez, de la gorge et des poumons. (Voir articles spécialisés sur Internet).


Fin provisoire, article à compléter

 

 

 

 

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commentaires

dissertation 22/08/2009 11:54

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