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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 19:18

LES PRESBYTERES DE LOCHRIST ET DU CONQUET

 

Ethymologie : du latin ecclésiastique « presbyterium » qui désigne l’ordre des prêtres, le sacerdoce, puis le lieu où se tiennent les prêtres. Le mot a d’abord désigné la partie du sanctuaire réservée au clergé dans les anciennes basiliques, puis l’habitation du clergé dans une paroisse (1456-57) . Sens qui s’est imposé. (Le Robert, dictionnaire historique de la langue française, Alain Rey.)

 

 

LE PRESBYTERE DE LOCHRIST

 

Du temps où l’église se trouvait à Lochrist, le presbytère y était attenant. Vendu comme bien national pendant la Révolution, il devient la propriété de la famille Provost. En l’an XII avec le retour des prêtres, Joseph Provost loue le presbytère à la commune pour y loger le desservant de l’église de Lochrist, Jacques le Gall, pour 90 francs/an. En 1808, le loyer du vicaire est payé à madame Provost. Le bâtiment sera quelques années plus tard racheté par la commune et mis en vente en 1859 pour couvrir les frais d’achat du nouveau presbytère de la rue Kerdacon. L’ancien presbytère de Lochrist est aujourd’hui une résidence privée.

                                                                                                                             

Extrait du cadastre de 1841.
Lochrist, l'église et le presbytère

















LES PRESBYTERES DU CONQUET

 

Lorsque l’église est transférée au Conquet, il faut héberger à proximité les prêtres qui vont la desservir à partir d’avril 1858.

Un don à la municipalité (François Podeur, maire) de mademoiselle Marie Margueritte Launay en 1859 (4 septembre)  permet l’achat d’une maison qui deviendra le presbytère. Mademoiselle Launay a offert 3 000 francs, le reste du solde a été apporté par la vente du presbytère de Lochrist.

(Mademoiselle Marie Margueritte Mazé-Launay était la fille de Noël Mazé-Launay et de Marie Créac’h. Née au Conquet, elle y est décédée à 78 ans, propriétaire, vivant de ses rentes, en 1870)

 

 

La maison du presbytère, rue Kerdacon (actuelle rue de Verdun) :

 

Cette maison et ses dépendances, répertoriée au cadastre de 1841, appartient alors aux quatre enfants héritiers de Louis Marie Désiré Jacolot, notaire, et de sa femme demoiselle Désiré Victoire Marie Provost (belle-sœur de Jean Marie Le Guerrannic fils, alors maire du Conquet). La propriété est vendue pour 5 000 f en 1842 à Charles Bérubé, percepteur des impôts à Lambézellec, demeurant au Conquet.

 

Sollicités par la municipalité du Conquet en 1859, les propriétaires Bérubé, père et fils et madame Caroff acceptent de vendre leur bien pour 4 997 F 50, valeur estimée par l’expert Stanislas Poullaouec de Ploumoguer. Une note du 25 novembre 1859 nous indique que le curé du Conquet est déjà locataire dans la susdite maison.

 

L’acte de vente du 11 juin 1860, donne une description assez complète des lieux :

 

Une maison couverte d’ardoises, avec un rez-de-chaussée composé d’une cuisine au bout sud et d’une salle au bout nord et séparée par une entrée ayant une porte à l’est sur la rue Kerdacon et une autre à l’ouest sur l’arrière. Le premier étage est fréquenté par un escalier de pierre et composé de deux chambres à feux (chambres avec cheminées), une à chaque bout et d’un cabinet au milieu. Un grenier est fréquenté par un escalier en bois. La maison fait 12 mètres sur la rue et 6 mètres de profondeur.

A l’ouest, autre maison couverte d’ardoises avec rez-de-chaussée et un étage.

Une maison à buée (buanderie) ayant une porte au sud, cour close, puits, petit appentis, crèche ayant une grande porte sur la rue Kerdacon.

 

Tout ce qui précède est au cadastre sous le numéro 168

Jardin entouré de murs de trois mètres, cadastré numéro 169

Courtil terre labourable, cadastré numéro 170

 

La propriété est bornée au sud par une terre à mademoiselle Mazé-Launay, à l’ouest par une terre à la famille Le Bourc’h et au nord par la propriété de monsieur Charles Morain.

 

En 1902, le presbytère de la rue Kerdacon est dans un tel état de délabrement qu’il est à peine habitable. En 1904, les discussions sur le bâtiment et son éventuelle reconstruction ou sa donation à la fabrique, n’aboutissent sur rien de concret. A une date que j’ignore, la maison a été vendue à des particuliers, a été restaurée, et a pris le nom de  villa « Les Tamaris ». Une plaque émaillée sur la façade en témoigne toujours.

 

 

 Un hébergement provisoire :

 

Des locaux de l’école Dom Michel accueilleront pendant quelques temps, le domicile des prêtres qui ont abandonné la rue Kerdacon.

 

Le presbytère de la rue Lieutenant Jourden (ex Grand-Rue)

 

Actuel n° 24. Au cadastre de 1841, c’est une maison qui appartient à madame Marie Jeanne Claudine Guéguen, veuve Jean-Marie Le Vessel, et à ses enfants. La façade donne sur la Grand-Rue. Côté nord, un grand jardin se prolonge en surplomb du Drellac’h.

Devenue propriété du notaire Prosper Marie Michel*, la demeure a été donnée à la cure par madame Michel, après le décès de son mari, en 1916.


 












Le presbytère, rue Lieutenant Jourden
(2009)














En 2009 c’est toujours le presbytère, occupé par le recteur de la paroisse, Jean Paul Gélébart.


 Note :
 Le Courrier du Finistère, 16 septembre 1916. "Nous avons eu le regret d'apprendre la mort de monsieur Prosper Michel, ancien notaire, décédé lundi matin. Les obsèques ont eu lieu mercredi, au milieu d'une foule de parents et d'amis que l'église pouvait à peine contenir, et par le maintien de cette nombreuse assistance, par son recueillement, on sentait l'hommage respectueux rendu à l'homme de bien dont toute l'existence a été, pour ses concitoyens, un modèle de bonté, de droiture et de vie chrétienne.
Monsieur le chanoine Grall, curé de Ploudalmézeau, présida à la levée de corps, la messe fut célébrée par monsieur le chanoine Lejacq, curé de Crozon. Monsieur le chanoine Cozic, curé de Lesneven donna l'absoute et conduisit le corps au poétique cimetière de Lochrist, où il repose à côté du monument à Le Gonidec.
En monsieur Michel, le Courrier du Finistère perd un ami affectueux de toujours et la société de la presse libérale du Finistère un administrateur aussi dévoué qu'éclairé.

 

 

 

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