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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 18:37

L’église de Lochrist, trêve de la paroisse de Plougonvelin.

 

Le village d’origine s’étant installé sur une hauteur en retrait de la côte, c’est tout naturellement qu’on y trouva au XIe ou XIIe siècle la première église, dédiée à la « Sainte-Croix ». Bâtiment sommaire puis reconstruit moult fois, l’origine de celui qui nous intéresse ne m’est connu que par une mention dans un registre d’état-civil. (Voir aussi article sur Lochrist)


« L'édifice dont la construction a commencé vers l'an 1500, deux cents ans plus tard, ne possède toujours pas de flèche de clocher, faute d’argent. »

 


Ajout de la flèche :

 

Le monument est achevé grâce à une généreuse donatrice et au concours bénévole de certains paroissiens : l'évènement est rapporté par le recteur de l'époque dans le registre de l'état-civil de 1727 : "La même année que dessus, a été finie la tour de l'église de Lochrist qui était imparfaite, puisqu'elle était élevée seulement jusqu'à la première chambre, et est demeurée dans cet état plus de deux cents ans, et elle a été rendue dans l'état où elle est à présent sans qu'il n'en ait rien coûté à la fabrique de Lochrist,  ni aux habitants du Conquet.

Les tréviens de la campagne, plus zélés, ont fait le charroi gratis et cela par les soins du recteur qui régnait en ce temps et les deniers d'une personne dévote qui mérite qu'on prie pour le repos de son âme.

                                 Resquescat in pace"

 


Dessin de Le Guennec, d'après Lesage, vers 1848


eglise-loch-guennec.jpg

Sépulture de Dom Michel Le Nobletz :

 

Après sa mort le 5 mai 1652 au Conquet,le corps de  Dom Michel Le Nobletz, exposé un temps dans la chapelle Saint-Chrisophe,  fut inhumé dans l’enfeu de la famille du Halgouët, en l’église de Lochrist.  Le 25 juin 1701, en présence de monseigneur Le Neboux de La Brosse, évêque et comte de Léon, ses restes furent transférés dans un tombeau en marbre situé dans le chœur.  En 1750, Caffieri sculpta la statue en pierre blanche du missionnaire agenouillé en prière, placée sur le tombeau.

Le tombeau de Dom Michel Le Nobletz dans l'église du Conquet a été classé "monument historique" par arrêté du Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts  du 10 novembre 1906.

Confrérie du Rosaire : Archives de Léon, B1686, document disparu.
Aveu fourni par Paul Siviniant et Tanguy Le Drast, marguilliers de l'église de Lochrist, au nom de la dite église de la Confrérie du Rosaire qui y est érigée et du général de la paroisse de Plougonvelin pour les maisons presbytérales de Lochrist et de Plougonvelin, les halles et étaux situés à Lochrist et diverses terres.

L'organisation de la trêve :

 

Elle a à sa tête le recteur, assisté de plusieurs prêtres, elle est administrée par le « général de paroisse », composé du recteur et de plusieurs laïcs.

 

Pour donner un exemple, en 1763 le « général de la trêve de Lochrist-Le Conquet » se compose de :

Guillaume Carquet,    recteur                  
René François Le Verge, marguillier               

Maître Noël François Le Gléau,  procureur fiscal de St Mathieu

 Laurent Créac'h, Marc Du Bosq, Francois Provost, Joseph Lamour, Guillaume Siviniant, Corentin Lannuzel, Pierre Floc'h, Jacques Podeur, Guillaume Le Scao, François Menguy,   membres, tous anciens marguilliers ou syndics.

(Syndic: il désigne le représentant de la communauté, élu pour un an, chargé de défendre les intérêts de ses concitoyens auprès du seigneur suzerain. Le marguillier est lui aussi élu pour un an, il est chargé de la gestion financière et de la défense des intérêts de l'église.)

 

Les marguilliers sont au Conquet généralement des bourgeois, gens de mer. Si par exemple on regarde la liste des marguilliers de 1755 à 1763:

     1755...  François Provost

     1756...  Michel Helcun

     1757... Yves Masson

     1758... Yves Le Hir

     1759... Hervé Morain

     1760... Joseph Lamour

     1761... Pas de candidat (temps de guerre)

     1762... Pas de candidat (temps de guerre)

     1763... René François Le Verge

Tous sont capitaines de commerce, ayant des parts dans des barques.

 

Les réunions du conseil de paroisse se tiennent le dimanche matin après la grand-messe, dans une salle au-dessus de la sacristie. Le registre des délibérations se trouve dans un coffre fermé par trois serrures : le recteur a une clé, le marguillier une autre et l'un des membres du conseil la troisième.

 

On peut préciser que si en période calme la fonction de marguillier ou de syndic est acceptée comme un honneur pour celui qui est élu, en période troublée (en particulier occupation du Conquet par des troupes en temps de guerre), la charge est fuie par tous comme génératrice d'innombrables soucis. Pendant la guerre de 7 ans, (1756-1763), en janvier 1762, Philibert Le Hir, bourgeois et armateur, élu à son insu, syndic du Conquet s'est retrouvé emprisonné dans le colombier de Sainte-Barbe, par ordre de monsieur de Woarem, brigadier des armées du Roi, commandant au Conquet, pour n'avoir pas fourni les chevaux nécessaires à monsieur de Serrou, officier au corps royal d'artillerie au  Conquet.

 

Les prêtres :

 

Les différents prêtres de la paroisse, tirent une partie de leurs revenus de fondations faites par des particuliers à l’église. Pour exemple :

Nomination d’un prêtre à Lochrist :

Le 24 mars 1730, comparaît maître Jean François Fyot , sous-diacre, demeurant au Conquet, lequel nous a exposé que le jour-même, noble et discret messire Guillaume Carquet, recteur de Lochrist, discret messire Hervé Le Bris, prêtre curé de Lochrist, messire Jean Baptiste du Mescam, prêtre de Lochrist, et les sieurs Yves Cleirec, Allain François Provôt, François Le Bars, Ollivier Prigent, François Ollivier, Corentin Lannuzel et Barthelemy Ely, tous habitants et composant la « maire-voye » et corps politique de la dite trêve de Lochrist, lui ont accordé par délibération du dit jour, pour lui servir de titre clérical, les revenus de 9 livres de rente à prendre annuellement sur la fondation de 60 livres de rente annuelle léguée par fond d’héritage à l’église de Lochrist par demoiselle Marie Anne Mareau le 23 mars 1720. A charge de dire ou de faire dire pendant sa vie durant, chaque année, à l’autel marqué par la dite fondation, 6 messes à chant.

Pour la prise de possession, il est entré dans l’église,  a pris de l’eau bénite, et a adoré le Saint-Sacrement de l’autel.

 

Epoque de la Révolution, interdiction du culte, prêtres réfractaires et assermentés :

 

A l’époque de la Révolution, l’église est fermée au culte, et utilisée un temps comme atelier salpêtrier, étape dans la production de poudre à canon. Je traiterai une autre fois de l’exercice du culte au Conquet sous la Révolution et l’Empire).

 

Le transfert de l’église au Conquet :

 

L’édifice se dégrade. Au milieu du XIXe siècle son état est tel qu’il faut décider, ou bien le détruire et le reconstruire sur place ou bien le transférer au centre de la population agglomérée la plus nombreuse, c’est-à-dire en ville du Conquet.

 

Dilemme qui va pendant de longues années agiter les séances du conseil municipal. La municipalité du Conquet est traditionnellement coupée en deux, et cela était vrai aussi sous l'ancien régime. Il y a ceux de la campagne pour qui Lochrist est le lieu de ralliement, et ceux de la ville pour qui devoir faire les deux kilomètres qui séparent l'église du  centre du Conquet, est un pensum.

 

Si l'église est trop dégradée, excellente occasion pensent le maire Jean Marie Le Guerrannic (fils) et cinq de ses conseillers pour en faire construire une neuve en ville. Les sept conseillers « paysans » y sont farouchement opposés. En novembre 1850, la crise atteint son paroxysme, le maire et ses partisans démissionnent, puis reprennent leurs fonctions, pour défendre avec encore plus d'acharnement leur position.

1851: Les héritiers de mademoiselle Lannuzel de Kerraret offrent un terrain au-dessus du port pour y construire une église, à condition que les travaux  soient engagés avant le 1er mars 1853. Aucun accord municipal n'étant survenu, le legs s'est trouvé annulé, la date limite dépassée.

 

Enfin, le 4 avril 1855, à la faveur ou la défaveur de démissions, le vote du conseil à 6 voix contre 5 impose la construction d'une nouvelle église ... en ville.

Les intéressés voudraient une église pouvant accueillir 1 200 fidèles, pour un coût de construction inférieur à 70 000 francs. Ce qui est impossible de l'avis de l'architecte du département Jugelet.

 

 

Alors se met en place un scénario semble-t-il mûri d'avance : Le Guerrannic, maire du Conquet, marchand de vins et armateur, se propose de vendre pour 5 000 F, à Tissier directeur de l'usine d'iode, le 14 juillet 1855, un terrain en ville du Conquet ce qui est fait le 20 du même mois, par acte établi devant maître Le Roy, notaire au Conquet. Par un autre acte notarié, le même jour, en présence de Michel Patrice Marchand, lieutenant de vaisseau en retraite, et Félix Penfrat syndic des gens de mer,  Tissier offre à la ville du Conquet représentée par l'adjoint-maire François Marie Podeur, le terrain en question pour y construire une église. Le terrain a quarante mètre trente cinq d'ouverture sur la rue Poncelin, et il est mitoyen au nord avec celui de madame Le Coat de Saint-Renan.
Depuis ce jour et à perpétuité, la famille Tissier est titulaire de quatre places réservées dans l'église du Conquet.


 

La construction de l’église : le 25 septembre ,  Jézéquel, menuisier-entrepreneur au Conquet est adjudicataire des travaux. Aussitôt l'église de Lochrist lui est livrée pour démolition et on l'advise qu'il pourra disposer de la chapelle Saint-Christophe pour la démonter le 1er février 1856.

Le 29 janvier 1856, en présence du recteur Le Gloaguen, pose de la première pierre. Le plan du bâtiment a été dressé par l'architecte du département, monsieur Bigot, il est de "style ogival", dans le genre de celui de Landéda récemment achevé.

Les charrois sont faits gratuitement par des paysans ou par des particuliers disposant d'attelages, aidés par des paroissiens bénévoles. Les pierres proviennent de la démolition de l'église de Lochrist, de la chapelle Saint-Christophe et de carrières ouvertes aux Blancs-Sablons et à Laberildut.

Pendant les travaux qui durent 2 ans, la messe est dite dans les chais à vins de Le Guerrrannic, mis à la disposition du clergé et des fidèles.

 

Le coût des travaux s'est élevé à  62 380 Francs,  ainsi financés :

 Souscription populaire       31 932  F

 Fonds de la fabrique           4 000 F

 Secours départemental        3 000 F

 Emprunt                            15 000 F

Complément de l'Etat           8 448 F

 

Cette facture ne tient pas compte du mobilier. Le nouvel édifice, ouvert au culte en 1858,  a reçu deux tableaux : l'un "Assomption de la Vierge" par monsieur Paris Persenet, don du ministère de l'Intérieur, et l'autre "Adoration des bergers" offert par le ministre de l'Instruction Publique et des Cultes.

 

Consécration de l’église du Conquet, translation des restes de Dom Michel Le Nobletz.


Le marché du Conquet se tient "historiquement" tous les mardis. Mais à circonstance exceptionnelle, décision exceptionnelle : en raison de la consécration de l'église le 20 avril 1858, le marché a été décalé au 21.
 

Compte rendu de Jean Marie Le Guerrannic, maire du Conquet...

 

Nous, maire de la commune du Conquet, Finistère....Rapportons que pour consacrer notre église paroissiale, monseigneur Sergent, évêque de Quimper et de Léon était attendu le 19 avril, veille de cette fête brillante et, dès le matin les autorités du Conquet et les "étrangers de destination qui s'y trouvaient" (sic), ont été convoqués pour aller au premier son de cloches recevoir monseigneur l'évêque à son arrivée au Conquet.

Vers trois heures de l'après-midi, Monseigneur fut annoncé. Aussitôt le cortège réuni accompagna le dais, la croix, les bannières et le clergé jusqu'à l'entrée de la ville où le prélat venait de mettre pied à terre. Monsieur Gloaguen, recteur du Conquet, lui adressa une allocution touchante et après une de ces réponses improvisées et pénétrantes de monseigneur, il fut conduit processionnellement à la chapelle où reposaient les restes de Michel Le Nobletz. Monseigneur y pria quelques temps au pied du cercueil et, après avoir donné sa bénédiction, annonça la consécration pour le lendemain.

Puis la procession, musique en tête comme au moment de son arrivée, l'accompagna au presbytère où il reçut aussitôt toutes les autorités locales.

Le mardi 20 avril, la cérémonie protégée par un temps magnifique, commençait à 7 heures 1/2.

Un clergé composé de plus de cinquante prêtres entourait Monseigneur. Le curé archiprêtre de Châteaulin, malgré la distance, s'était joint aux curés de Brest, Saint-Renan, Ploudalmézeau, Ouessant, Plouguerneau etc..

Monseigneur (?), protonotaire apostolique, monsieur Evrard, chanoine secrétaire de l'évêché et monsieur l'abbé Téphany, pro-secrétaire assistaient le pontife consécrateur.

Monsieur le sous-préfet de Brest, le directeur des Douanes, le consul et le vice-consul anglais, monsieur Mével, membre du conseil général, monsieur Miorcec de Kerdanet, secrétaire de la commission nommée pour l'exhumation et la reconnaissance des restes de Michel Le Nobletz, monsieur Bigot, architecte du département, et monsieur L'Ermite de Saint Gonvel, accompagnaient le maire et les autorités du Conquet.

Tout le peuple s'était réuni devant l'église. La Douane et la Gendarmerie étaient sous les armes ayant à leur tête le capitaine et le lieutenant de Bertheaume. Les cérémonies préliminaires une fois terminées, tout le monde entra dans l'église. La musique se fit entendre et pendant un intervalle de suspension du chant religieux, un morceau d'ensemble fut exécuté à la tribune. Monseigneur fit alors la consécration du grand autel (la pierre d’autel est un don de François Tissier, elle porte une dédicace en bas à droite en regardant la nef)  et des douze croix, de murs et des piliers, puis la messe commença. Le pontife officiait et pendant la messe basse, les chants les plus harmonieux se firent entendre. Après le Domine Salvum, monsieur le curé de Brest est monté en chaire, puis la messe terminée, un Te Deum a complété l'auguste cérémonie. A une heure de l'après-midi, monsieur le recteur Gloaguen a réuni à un banquet dans le vaste local de l'église provisoire abandonnée, les 110 personnes qu'il avait invitées à l'honneur de dîner avec Monseigneur l'évêque. Pendant ce temps, le bateau à vapeur et les voitures publiques et particulières avaient répandu dans la ville une foule immense d'étrangers.

A trois heures, le nombreux clergé, le cortège des autorités et la population entière suivirent processionnellement Monseigneur jusqu'au lieu d'où devait partir le corps de Michel Le Nobletz, pour être transféré à l'église.

Des prêtres portaient le cercueil et se renouvelaient de distance en distance, les coins du poêle étaient tenus par messieurs les curés de St Renan, de Ploudalmezeau, d'Ouessant et par monsieur Yven, ancien curé de Plogoff. Le cercueil arrivé à l'église fut déposé entre la chaire et le monument. Quelques instants après, le curé de la paroisse natale du grand missionnaire, monsieur Rivoalen, monta en chaire. L'évêque monta après lui et son allocution terminée, il a fait l'absoute. On a enlevé les cachets qui scellaient la bière, la chape a été découverte, et on a pu voir les traits de Michel Le Nobletz qui étaient exactement reproduits par l'enveloppe de plomb qui contenait ses ossements. Puis le corps a été déposé dans le monument et la cérémonie religieuse s'est ainsi terminée. La musique avant de se séparer est allée donner une sérénade à monsieur le sous-préfet, à monsieur l'évêque et au maire.

Le lendemain, il restait deux autels à consacrer et une dernière solennité devait servir de complément à la fête religieuse. Cette consécration a eu lieu avec les mêmes cérémonies, Monseigneur (?) prélat apostolique et monsieur Mercier, curé de Saint-Louis de Brest ont eu les prémices des deux autels, en y célébrant aussitôt et en même temps le sacrifice de la messe. Puis Monseigneur l'évêque s'est disposé à donner la Confirmation aux personnes qui s'éaient préparées à recevoir ce sacrement et qui ont eu la communion de sa main, à la fin de la messe épiscopale.

Durant ces trois jours les édifices et les maisons particulières étaient pavoisés. Le mardi, jour de la consécration, le navire de l'Etat Le Capelan fut envoyé par ordre de l'amiral préfet maritime, en rade du Conquet. Par une salve il salua l'ouverture de la fête et en même temps on le vit se couvrir de pavillons des formes et des couleurs les plus variées.

Enfin, le soir du même jour, il y eut dans la ville de brillantes illuminations. Ainsi s'est terminée cette fête brillante qui laissera dans les coeurs des impressions ineffaçables.

       Au Conquet le 25 avril 1858

                                                         Le maire : Jean Marie Le Guerrannic.


Un don à l'église :
Par legs testamentaire du 9 mars 1869, Rose Félicité Lombard donne 2 000 francs à l'église du Conquet, à charge qu'il y soient célébrées douze messes par an à perpétuité.

 
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L'église du Conquet, par Maurice Utrillo.

Musée de Sannois.










Un inventaire difficile 1903-1906

L’église au début de ce siècle allait vivre des années lourdes de menaces. Sans doute ces années-là, la paroisse étant dans l’aisance avait-il été question de la doter d’un "Suisse" qui relèverait encore le faste des offices. Sans doute, pour la première fois avait eu lieu le 15 mars 1903, la bénédiction de la mer, cérémonie émouvante, mais la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, allait brusquement rompre les rapports de bon voisinage entre autorités civiles et religieuses. En arriverait-on à fermer les églises ?

En 1905, le maire avait voulu dresser l’inventaire de l’église du Conquet, on l’en empêcha. Il fut ensuite prévu pour le 14 mars 1906 à 9 heures, mais dès l’aube, femmes et enfants avaient pris place dans l’église qui fut refermée ensuite, les hommes entourant le recteur resté à l’extérieur pour attendre l’agent des Domaines qui fut contraint de s’en retourner sans avoir pu pénétrer à l’intérieur. Le lendemain mais par surprise, il fut plus heureux et mena tant bien que mal son inventaire. Malgré cette situation tendue, la messe de minuit de l’année 1906, la seule de la région sera célébrée avec une ferveur inaccoutumée. (Notes Le Boité, secrétaire de mairie).

*Suisse : employé d'église en grand uniforme, chargé d'organiser les cortèges et de veiller au bon déroulement des cérémonies.
 

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A propos des cloches :

 

La plus grosse est aussi la plus âgée, elle a été faite à Brest en septembre 1831 pour l’église de Lochrist, la moyenne et cadette a vu le jour en 1868, la benjamine est jeunette encore puisqu’elle a été baptisée le 15 juillet 1888, c’est sans doute cette cloche qui remplaça celle qui vit le jour au lendemain de la Révolution dans les circonstances suivantes. Le premier messidor an 12, le maire du Conquet écrivait à Caffarelli, préfet maritime à Brest sous le Consulat et l’Empire, pour l’informer que l’une des cloches fondue en 1699 « Jeanne Françoise », était actuellement fêlée et ne pouvait plus appeler les habitants aux armes en cas de débarquement de l’ennemi.

Une cloche neuve est donc fondue et le 17 thermidor an 12 : «  nous, maire de la commune du Conquet, rapportons avoir fait fondre à Brest une cloche pesant 1 285 livres pour servir à la desserte du culte catholique de l’église succursale de cette commune, et a été ce jour bénite par monsieur Poullaouec, curé de Saint Renan et a été de suite mise en place en la tour de l’église dite de Lochrist. Que cette cloche a été d’après une pétition par nous adressée à monsieur Joseph Caffarelli, préfet maritime à Brest, grand officier de la Légion d’Honneur, fondue par le citoyen Beurriée aux dépends de l’Etat, payée en matières délivrées au dit Beurriée par la bienveillance du dit Caffarelli et ce attendu qu’en cas de tentative de descente de l’ennemi ou d’incendie, la dite cloche doit servir pour assembler le peuple qui portera des forces de secours, qu’elle est enfin, une propriété communale.

 

Dans le clocher (1991) :

Cloche côté port :

Faite à Brest en septembre 1831,

Parrain Jean Marie Le Guerrannic, maire

Marraine madame Angelique Marie Jeanne Renée Provost, veuve Pitot (maire).

Monsieur François Tuviser, Recteur

Monsieur  Robert Marie Mazé, trésorier

Faite par Alphonse Viel à Brest

Cloche côté opposé :

En l’honneur de Saint Joseph j’ai été faite pour la paroisse du Conquet en 1868, mon parrain a été monsieur Dominique Masson, ma marraine madame Anne Massé

Monsieur Charles Gras, recteur

Monsieur Alexis Tanniou, trésorier

Faite à Brest par Briens aîné, fondeur.

Il existe au-dessus ce ces deux là, une troisième cloche plus petite.

 

1933 : installation des vitraux, (voir article Micheau-Vernez)  relatant la vie de Dom Michel (Recteur l’abbé Le Chat)

 

Le temps de la guerre 1939-45 :

egl-silh-44.jpg

 

Flèche détériorée, toit crevé.





































Le 8 mai 1941, un obus éclate dans la cour de la maison Raguénès, le vitrail de Dom Michel est criblé d’éclats.

1er septembre 1944, un obus frappe le transept, un autre la nef, le troisième endommage le vitrail du chœur.

Dans les jours suivants, le toit de l’église est crevé, le clocher très abîmé. Dans la joie de la Libération, il restait à panser de terribles blessures. Quelques jours plus tard, la flèche qui menaçait ruine est abattue à la hâte. Trop rapidement, puisqu’une pierre tomba, passa à travers le toit et alla briser les fonds baptismaux en marbre rose des Pyrénées.


 egl-ss-clocher-neige.jpg


Eglise du Conquet, photo prise sans doute, vu la neige exceptionnelle, le 1er mai 1949.















Février 1955 : le vitrail du chœur, représentant la passion du Christ,  est remis en place après avoir été restauré.

La flèche du clocher est reconstruite d’avril à septembre 1955. On a profité des travaux pour électrifier les cloches.

 

Les transformations :

 

Déplacement du tombeau de Dom Michel Le Nobletz (mars-avril 1970)egl-sarcophage-de-dmichel.jpg

 

Rapport de monsieur Le Goaster, recteur :

 

Dans le projet initial, ce déplacement devait s'opérer en même temps qu'on installait l'autel face au peuple (autel des Trépassés), c'est-à-dire en mars 1969. En réalité, la mission paroissiale obligea les ouvriers à scinder  les travaux en deux. Ce n'est que le mardi 31 mars à 18h30 que monsieur Jean Louis Kerguiduff, artisan marbrier à Taulé, me téléphona que ses ouvriers devaient arriver le lendemain. Je n'eus que le temps d'avertir monsieur le maire du Conquet qui ne jugea pas bon d'entrer en relation avec les Beaux-Arts comme prévu, (le tombeau et la statue étant monuments historiques), et avec l'évêché en la personne de monsieur Théodore Gélébart, notaire de l'Officialité Diocésaine. Par ailleurs je pus communiquer avec Monsieur Pierre Kervennic, vicaire général. Toute confiance me fut accordée, moyennant rédaction d'un rapport à faire signer par les témoins.

Donc le mercredi 1er avril 1970, à 13h30, les ouvriers de l'entreprise Kerguiduff de Taulé, à savoir messieurs Jean Kerguiduff, Gilbert Kerguiduff et Jean Quéré, tous trois de Taulé, commencèrent leurs travaux.

L'enlèvement de la statue à l'aide d'un palan fut une opération délicate, mais menée à la perfection. A 16h la dalle supérieure (plus d'une tonne) fut descellée et déposée sur le sol. On découvrit alors  une excavation parfaitement régulière, au fond de laquelle reposait, la tête appuyée sur une traverse de bois, la châsse de plomb contenant les restes de Dom Michel.

 

La châsse sortie, les personnes présentes constatèrent qu'elle répondait exactement à la description faite dans le "Journal de la Paroisse", lors de la reconnaissance canonique des restes en 1902 (pages 10 et 11 : le recteur d'alors, monsieur Henri Le Bihan y écrit..."Je fis alors (après le travail des soudeurs), adapter à la châsse un long cordon rouge qui l'enveloppa de manière qu'aucune ouverture ou section ne puisse se produire, sans que la violation de la sépulture soit évidente, si elle s'opérait jamais, et, à chaque extrémité de ce cordon, j'ai fixé une capsule en étain au fond de laquelle j'ai imprimé sur de la cire rouge le sceau de monseigneur l'évêque de Quimper. De plus sur le plomb même de la châsse, j'ai marqué deux soudures du même cachet, l'un du côté droit sur l'épaule, l'autre du côté gauche, au-dessus du genou de ce cercueil à forme humaine..."

Le 1er avril, nous trouvâmes les cachets, et les capsules d'étain intacts, mais le cordon rouge était pourri.

 

Description de la châsse :

Je rappelle d'abord les vicissitudes de la dépouille mortelle de Dom Michel..... Mort en odeur de sainteté le 5 mai 1652, à l'âge de 75 ans, dans une petite maison devenue la sacristie de l'actuelle chapelle, Dom Michel fut inhumé à Lochrist. C'est en 1701, que monseigneur Pierre Le Neboux de la Brosse, évêque et comte de Léon, fit tirer les reste du cimetière pour les faire déposer en sa présence dans ce cercueil de plomb, qu'il fit ensuite poser sous un tombeau de marbre en l'église de Lochrist. En 1856, l'église fut démontée et pierre après pierre, reconstruite au Conquet. En 1858, le tombeau contenant la châsse de plomb encore intouchée depuis 1701, fut transféré en l'église du Conquet et fixé dans le prolongement du dernier pilier droit de la nef. En 1902, on procéda à l'enlèvement de la statue et de la dalle supérieure, et à la reconnaissance canonique des restes, dans le cadre du procès de béatification. Assèchement de l'intérieur de la châsse, remise dans le sarcophage des restes enveloppés de soie, remplissage du volume restant par du charbon de bois, soudure hermétique: toutes les phases de l'opération sont minutieusement décrites dans le "Journal Paroissial" et certainement dans les pièces jointes en 1902 au dossier de béatification. C'est cette châsse qui fut extraite du tombeau le 1er avril 1970.

Dimensions de l'intérieur du monument: longueur 1,43m, largeur 0,50m, hauteur 0;80m (du sol à la face inférieure de la plaque supérieure). La châsse est de plomb, de forme humaine, sans bras ni jambes, simulant un corps mort "enseveli à la manière des Juifs". La tête était tournée vers l'autel, le visage plus grand qu'un visage naturel ressemble à celui de la statue du monument. La longueur totale est de 1,45m, la largeur de 0,30m au ventre, et de 0,25m à l'extrémité inférieure. Le reste de la châsse entre ces deux extrémités étant un peu aplati et affaissé comme dans un corps mort.

Il est évident pour tous les témoins que la châsse depuis 1902, est restée inviolée. Etaient présents: monsieur l'abbé Charles Le Goaster, recteur,  monsieur Charles Minguy  maire, monsieur Laurent Auffret sacristain, monsieur Jean Kerguiduff marbrier, monsieur Gilbert Kerguiduff marbrier, monsieur Jean Quéré marbrier, tous trois de Taulé, monsieur Louis Jestin officier de police en retraite, correspondant  local du journal "Le Télégramme" et monsieur Prévost secrétaire de mairie, correspondant local du journal "Ouest-France".

Le premier avril 1970, à 20h, j'ai eu l'idée de demander aux deux quotidiens régionaux de faire paraître une annonce dans les éditions du 2, prévenant les Conquétois que le cercueil de Dom Michel serait exposé toute cette journée. Il est venu une foule considérable, du Conquet et d'ailleurs... flashes toute la journée.                                                                  

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Inhumation définitive ?

Le 3 avril, un vendredi à 9 heures, le cercueil réintégra son mausolée, à quelques mètres de l'emplacement précédent, dans l'ancienne chapelle dite "des Trépassés", en présence de monsieur L'abbé Charles Le Goaster, recteur, monsieur L'abbé Pierre Loaëc, curé doyen de Saint Renan, monsieur l'abbé Albert Villacroux, chanoine honoraire, recteur de Plougonvelin, monsieur Charles Minguy, maire du Conquet, monsieur Pierre Laurent, ingénieur général de l'E.D.F, monsieur Louis Jestin du "Télégramme", les trois marbriers et le sacristain.

Le mausolée est désormais scellé dans la direction nord-sud. Le cercueil fut transporté par messieurs Le Goaster, Loaëc et Villacroux prêtres, et par monsieur Minguy, maire. Il fut descendu à l'aide de deux cordelettes au fond de l'excavation, gisant sur deux traverses de bois, la tête au nord.

Le cordon rouge qui entourait le cercueil et unissait les capsules d'étain étant détruit, les sceaux de monseigneur Dubillard étant décollés, je ne jugeai pas utile de replacer ces objets dans le tombeau. Ils se trouvent dans le coffre-fort du presbytère.


(Détail de la tête du sarcophage, photo JPC)

 

Rapport rédigé par monsieur Le Goaster, recteur ;  en foi de quoi tous les témoins ont signé:

      À  Le Conquet, le 30 avril 1970.

 

A la fin des opérations, Charles Minguy ne put s’empêcher en matière de provocation, de claironner en face de mademoiselle Causeur, farouche admiratrice de Dom Michel, « E finita la comedia ! » (Vieille histoire Copy-Causeur).       

 

A propos des statues de la façade

La façade ouest de l'église est ornée de quelques statues intéressantes. Dans l'angle de gauche, un petit saint Yves, dont la tête semble avoir été refaite. Saint Yves était avocat, défenseur des pauvres et des causes difficiles.  Dans l'angle droit, une statue de sainte Barbe,portant sa tour,  sans doute du XVIe siècle, et provenant de la chapelle Sainte-Barbe, proche de la pointe du même nom. Au centre un Christ de pitié, ou Christ aux liens, attendant la mise en croix. De part et d'autre de la porte, une statue féminine non identifée. Ce personnage tient dans sa main une sorte d'écharpe. Un enfant agenouillé, peut-être un ange, à demi couvert par les plis de la robe, tient l'extrémité du large ruban. A droite de la porte, une très belle statue de saint Jean, l'Evangéliste, tenant un livre. A ses pieds, son attribut habituel, un aigle, et devant lui un encrier. Depuis deux ans environ, Jean est "sans tête". A la suite de travaux d'entretien, la tête qui menaçait de se détacher, a été déposée et se trouve dans un local de la mairie. Je pense que la dépense ne serait pas bien grande, pour rendre à saint Jean cet élément essentiel de sa personnalité. D'autant plus que dans l'histoire sainte, c'est saint Jean Baptiste qui a eu la tête tranchée et non pas l'Evangeliste.



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                                  Saint Yves 

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                              Statue  féminine non identifée























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       Saint Jean (avec sa jolie tête bouclée)

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La statue de saint Jean aujourd'hui sans tête.( Restaurée courant 2010)


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                                       Sainte Barbe avec sa tour


                                                                  


                                                                                                             



FIN PROVISOIRE DE REDACTION / JPC

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