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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 18:24

USINE DARRASSE, une usine d’iode éphémère

1912-1914

 

Si on connait bien l’usine d’iode Tissier, la plus ancienne du Finistère, si l’on se souvient aussi de l’usine Giroux-Cougny-Lefèvre de Poulconq-Izella, ouverte en 1921-22, l’usine Darrasse n’a pas laissé grand souvenir dans la mémoire locale, et ce n’est pas seulement parce qu’elle était implantée sur la rive nord de l’aber du Conquet, c’est-à-dire en Ploumoguer.

 

Des espions allemands ?

Le 19 octobre 1912, le « Courrier du Finistère » titre une rubrique : l’envahissement étranger : « Quelques journaux signalent depuis déjà longtemps l’envahissement lent et méthodique de la France par les Allemands. Ceux-ci installent un peu partout leurs industries et presque toujours aux endroits stratégiques.

Il y a là un danger dont l’opinion publique se préoccupe à juste titre. Il y a quelques temps, le représentant d’une société allemande arrivait au Conquet , visitait les alentours avec attention, puis tout à coup s’aboucha avec des propriétaires pour l’achat de terrains à la pointe de Kermorvan.   Il devait, disait-il, y monter une usine pour extraire l’iode de la cendre de varech selon un procédé nouveau.

L’industrie de l’iode existe, on le sait, sur la côte. Mais il faut se souvenir que cette pointe de Kermorvan est la pointe la plus extrême du Finistère dans l’océan, qu’elle est donc un point stratégique. L’armée l’a bien vu, puisqu’elle y a établi une batterie.

On  voit les graves inconvénients de l’existence d’une industrie à capitaux allemands à cet endroit précis. Est-il bon que des Allemands puissent surveiller, sans se déranger, tout ce qui se fait aux endroits stratégiques, pour la défense nationale?

Le public ne le pense pas et serait heureux que l’administration, jusque là inerte, ne facilite pas un envahissement dont le commerce national et peut-être la défense nationale aurait à pâtir.

 

L’usine Darrasse

Quelques articles, début 1914, du journal « La Dépêche », nous indiquent qu’en 1912 ou 13, messieurs Darrasse frères, gros fabricants parisiens de produits chimiques, ont implanté une usine au Conquet. Cette usine est placée sous la direction d’un industriel parisien, monsieur Marcilly, elle a pour directeur technique monsieur Greitz, ingénieur chimiste, ancien élève d’une université allemande et inventeur de procédés se rattachant à la fabrication de la soude et de l’iode.

A la veille de la guerre, la présence de Greitz, qualifié d’ex-allemand, (ndlr : sans doute Alsacien) et d’un autre chimiste allemand, fait jaser.

 

La fermeture de l’usine

Une dispute de prérogatives entre Marcilly et Greitz dégénère en pugilat. « La Dépêche » en fait écho dans son édition du samedi 7 février 1914. Peu après l’usine ferme ses portes, le personnel disparaît. Ma tante, Elisa Causeur qui avait 10-12 ans à l’époque me  racontait que les machines avaient été démontées et déménagées de nuit, « à travers le port !».  JPC

 

 

Compléments ajoutés novembre 2013

 

INTERNET :

Nombreux articles sur la maison Darrasse Frères à Paris, qui a une réputation indiscutable pour son organisation et la qualité des produits chimiques et pharmaceutiques qu'elle fabrique et qu'elle met en vente... plusieurs usines et nombreuses succursales. 

  

 

Papiers du notaire A.

 

9 février 1913

Billet à messieurs Léon et Etienne Darrasse , négociants, 13 rue Pavée, Paris.

Messieurs, vous aviez exprimé à monsieur de Marcilly le désir que le secret de votre acquisition fut conservé le plus longtemps possible. J'avais en conséquence, d'accord avec lui reculé la formalité de la transcription hypothécaire de votre titre, formalité qui livre nécessairement au public le nom de tout acquéreur d'immeuble. Comme j'ai conservé d'autre part le prix de vente entre mes mains, je crois que ce retard ne peut présenter d'inconvenient pour le moment.

Je ne pourrais pourtant le prolonger indéfiniment à moins d'instructions formelles de votre part. Veuillez donc me dire si vous croyez de votre avantage  de retarder encore l'accomplissement de cette formalité necessaire....  Veuillez...

 

13 juin 1913

Du même aux mêmes...

Conformement aux instructions contenues dans votre lettre du 11 Juin, je vais faire procéder dans la quinzaine à la formalité de la transcription de vos acquisitions d'immeubles en Le Conquet....

 

 

                         

Etude du même notaire conquétois :

14 septembre 1913

A monsieur Nauleau, notaire

7 rue Boileau à Nantes

Cher confrère

Il n'est pas exact que des capitaux allemands aient jamais dû entrer en jeu pour l'établissement d'une usine de produits chimiques au Conquet. Ce qui est vrai c'est que cette usine qui vient d'être établie avec des capitaux français, possède un ingénieur originaire d'Altkirch dans l'Alsace annexée...  Votre...

 

 

                                                                              A SUIVRE....  jpc 

 

 

 

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