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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 14:54

LIle d’Ouessant. 1917-1924

 

Lorsque la Louise a été désarmée, le Travailleur et le Cotentin ont pris sa suite pour le transport des passagers, des marchandises et des dépêches entre le continent et les îles de Molène et d'Ouessant.

( Photo : Brest - le Travailleur à quai et le Cotentin à couple), J'aurai l'occasion de reparler de ces bateaux.






La guerre
: courant 1916, le service des vapeurs est interrompu, il est remplacé par les voiliers conquétois de Pierre Le Goaster, la Reine de France pour Ouessant (bateau blanc sur la photo de droite) et l’Oiseau des Mers à Jean-François Menguy, pour Molène. (ci-dessous).

La Reine de France  était commandée par Louis Marie Jézéquel, et Pierre Marie Le Goaster était sur le rôle propriétaire-embarqué.


Le 14 août 1917, en pleine guerre, c’est un joli vapeur tout neuf qui fait sa première traversée au départ du Conquet. LIle d’Ouessant est en effet sorti des chantiers Ollivier de Binic, il y a seulement quelques semaines. Long de 24 mètres pour 92 tonneaux, une machine de 300 cv le propulse à un peu plus de 10 nœuds. La capacité en passagers est de 300 personnes. L’armateur Alfred  Blasse domicilié à  Nantes, est un habitué du Conquet où il a une résidence. (On distingue sur la photo du Drellac'h, à la cale est, une petite vedette, premier bateau à moteur du Conquet, appartenant à Alfred Blasse)





Le baptême de l'Ile d'Ouessant a eu lieu au Conquet le dimanche 9 septembre 1917, en début d’après-midi. Le parrain en était monsieur Albert Louppe, président du conseil général, et la marraine madame Hippolyte Malgorn d’Ouessant. Monsieur le recteur du Conquet nous dit le « Courrier du Finistère », procéda à la bénédiction du bateau devant lequel il prononça une charmante allocution. Les invités se rendirent ensuite à l’hôtel du Port, où monsieur Blasse l’armateur, leur offrit un vin d’honneur. Tour à tour, monsieur Andrieux, monsieur Malgorn, adjoint-maire d’Ouessant, Gayet, conseiller général et Le Frapper, prirent la parole, se félicitant de ce que les insulaires aient enfin un moyen pratique de communication avec le continent, et remerciant tous ceux qui ont contribué à faire aboutir le projet, monsieur Louppe tout le premier.
 Monsieur Louppe répond qu’il est heureux, qu’à défaut de l’Etat, qu’il ne peut louer en la circonstance, le conseil général ait compris la nécessité de rétablir au plus tôt le service à vapeur entre les îles et le continent. Le continent dispose d’un réseau complet de voies ferrées, le vapeur sera le prolongement de ce réseau à travers le Fromveur. C’est une œuvre de justice que le conseil général a accomplie.

En terminant monsieur Louppe assure les assistants qu’ils peuvent compter sur son appui pour obtenir une nouvelle cale d’accostage à Ouessant et une jetée plus large au Conquet. (Ndlr, on doit à Jules Albert Louppe, ancien sénateur, photo ci- contre - site Internet du Sénat-  la mise en chantier du pont de Plougastel)

 

Son entreprise étant en déficit, Blasse interrompt le service le 10 juin 1918, pour le reprendre seulement le 1er juillet 1919. Entre temps l’Ile d’Ouessant fait à Brest,  le service de rade pour les paquebots américains qui débarquent des troupes. Blasse vend le bateau en 1920 au Service Maritime Départemental, qui le met en 1922 en régie à la Cie des Chemins de Fer Départementaux.

 

Le 18 février 1922, le « Courrier du Finistère » publie : « Le Conquet - Nous apprenons que le vapeur Ile d’Ouessant du S.M.D, attaché jusqu’à ce jour à notre port, sera dorénavant attaché au port de Brest » Puis le 25 novembre 1922, dans le même journal : « Service d’Ouessant- La Cie des Chemins de Fer Départementaux vient de faire installer, sur l’ancien abri du canot de sauvetage (actuel magasin de la coopérative maritime), un disque-signal peint en gris. Cette marque est destinée à prévenir le capitaine du vapeur postal Ile d’Ouessant, que des voyageurs pour les îles ont pris place dans le tramway électrique de Brest au Conquet [et qu'il faut donc les attendre]. Cette invention rendra les plus grands services dans les communications. » (Ndlr, il faut rappeler que la ligne du tramway est à cette époque aussi gérée par les Chemins de Fer Départementaux)

 

L’accident et le naufrage du 6 juin 1924, l’Ile d’Ouessant fait alors au départ de Brest avec escale au Conquet, Molène et Ouessant, le trajet deux fois par semaine.

Ce 6 juin, l’Ile d’Ouessant a quitté Brest vers 8 heures du matin. A 10 heures, il a fait escale au Conquet, à 11 heures à Molène, tout va bien à bord, voyage de routine par temps maniable.

 

Soudain, dans le Fromveur, aux abords du phare de la Jument, « une vague sourde » jette le vapeur sur la roche « pouilloudoun »,  lui occasionnant une importante voie d’eau. Les canots sont mis à la mer, les 40 passagers y prennent place. Le capitaine Nizou fait donner de la sirène, les secours arrivent rapidement. Le vapeur des Phares et Balises, Eugène Potron prend les baleinières en remorque. L’équipage (7 hommes) de l’Ile d’Ouessant a abandonné à son tour le vapeur qui dérive, entraîné par le courant et  finit par couler à 500 mètres dans le suroît du Corce en baie de Lampaul. Un marin s’apercevant qu’une vache entravée sur le pont allait couler avec le bateau, était retourné à bord pour  la libérer. L’animal remorqué  par une embarcation, a fini le voyage à la nage, mais sans mal.

L’Ile d’Ouessant est perte totale.


Un cotre à moteur Le Loustic appartenant à monsieur Disseaux, mareyeur à Brest, va assurer provisoirement le service des îles, en attendant l’arrivée d’un nouveau vapeur, ce sera l’Enez-Eussa, j’en reparlerai. JPC

Concernant les "bateaux à vapeurs pour les îles", on peut aussi consulter le très bon dossier de Marc Escudié, publié dans un des premiers numéros du Chasse-Marée".

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