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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 12:25
Je remercie le Centre Généalogique du Finistère d'avoir indiqué sur son forum l'adresse de mon blog  . Voici à l'intention de monsieur Olivier Moal, la généalogie de la branche familiale Clochon de Porspoder.

J'aimerai monsieur Moal avoir votre adresse mail, pour échanger nos connaissances sur la presqu'île Saint-Laurent à Porspoder, dont nous fûmes "propriétaires" par nos ancêtres communs les Le Scanff, maîtres de barques, bourgeois et armateurs aux XVIIe et XVIIIe siècle.

Généalogie : CLOCHON

 

Nom commun à plusieurs régions françaises, il s'écrit Clochon ou Glochon et peut indiquer un rapport avec les cloches: fabricant de cloches, sonneur de cloches ou se rapporter à une infirmité, celui qui cloche du pied, le boiteux.

 

Plusieurs familles Clochon ou Glochon ont existé et existent encore en Bretagne et dans la région parisienne, et peut-être aussi en Angleterre. Dans un album des "Pieds-Nickelés", le détective anglais s'appelle Clochon.

 

Ancien régime, époque de Louis XIV à Louis XVI,  la branche qui nous intéresse ici vit au XVIIIe siècle en Haute Bretagne dans le fief de Gaël à l'ouest de Rennes. Les Glochon sont des ouvriers agricoles employés par des métayers.

 

Le premier couple de notre ascendance se compose de:

 Clément Glochon et de Marie Duval, ils sont nés aux environs de 1700, se sont mariés un peu avant 1730 et ont eu de nombreux enfants dont:

François Glochon né en 1731. François sera ouvrier agricole, habitant chez Pierre Poignant à Gaël dans l'une des métairies des Portes. En 1763, à 32 ans il épouse une jeune fille de 17 ans, Mathurine Daniel qui est née à Rennes, paroisse Saint Etienne et habite à Broons. Le couple a plusieurs enfants dont

Joseph, né le 15 septembre 1771 à Lesnée en Gaël.

 

De la Révolution à l'Empire, en 1789 Joseph Glochon a 18 ans, volontairement ou non le voilà enrôlé comme marin sans doute à Saint-Malo, car Gaël bien que située au milieu des terres dépend de l'évêché de Saint-Malo. Au cours d'une escale ou d'une affectation à la garde-côtes près d'Argenton ou de Porspoder il rencontre Marie Josèphe Kerberennes qu'il épouse. Le couple s'installe à Kermerien, hameau entre Porspoder et Melon.

 

Le 3 ventose an IV (1795), Marie Josèphe accouche d'une fille: Marie Anne Clochon, voilà le nom changé,  la mutation du G en C. Il ne faut pas s'en étonner car aujourd'hui encore si vous allez dans la région de Gaël, la prononciation des C s'entend G. L'officier d'état-civil à Porspoder s'est permis une rectification qu'il jugeait bonne.

Ce jour-là Joseph est absent en mer, c'est un petit homme, 1,48 mètre, aux cheveux châtains, il est matelot aide-timonier et, comme tous les marins de l'époque embarque tantôt sur les navires de l'Etat tantôt sur ceux du commerce. En l'an XI par exemple il  a 32 ans et navigue à bord du Solide, un brick de 61 tonneaux à Philippe Lion et Brunswick armateurs, capitaine Guillaume Kerneau de Porspoder, équipage total 6 hommes. Le navire fait du cabotage mais surtout des voyages Bordeaux Brest avec du vin.

D'autres enfants naissent: Marie Gabrielle (1798), Michel (1799) que l'on retouvera embarqué à 14 ans en 1815 comme mousse à bord de la Sophie, un brick de 95 tonneaux à Chauchard armateur à Brest, capitaine Rivoalan de Pleubian,  le père Joseph Clochon qui a 43 ans est alors matelot sur ce même navire. Entre temps, le 22 pluviose an XII (12 février 1804) est né Jean François Martin.

 

De la fin de l'Empire à aujourd'hui

 

Après 1815, Joseph continue à naviguer, du brick la Sophie il passe comme patron en 1817-19 sur le canot de pêche l'Aigle avec son fils Jean François Martin (12 ans) comme mousse, remplacé peu après par le petit dernier Jean Marie Clochon. Ce dernier doit renoncer à 16 ans à la navigation "étant toujours malade en mer" comme indiqué sur son fascicule de marin. La pêche ne rapportant pas suffisamment, Joseph retourne au commerce. En 1823, il est matelot sur la goélette jeune Lise, puis sur le sloop St Nicolas, puis sur l'Adolphe et enfin en 1830 sur la goélette Petite Pauline. Approchant les soixante ans et touchant sa demi-solde d'ancien marin de l'Etat, il met alors sac à terre à Kermerien, s'occupant de son potager et de quelques volailles. Il y décédera en 1851, un peu avant d'atteindre ses quatre-vingts ans.

 

Jean François Martin Clochon (1804-1845), Nous l'avons vu enfant, mousse à 12 ans sur le canot de son père. A 15 ans il est mousse au commerce sur le chasse-marée Marie-Geneviève, un bateau qui navigue beaucoup entre Bordeaux et la Bretagne. Novice puis matelot sur différents navires, il doit, l'âge venu, faire son service militaire sur les navires de l'Etat. En 1826, il est à bord de la gabarre Le Chameau, puis passe sur le vaisseau Le Conquérant. Trois longues années au service de la France puis il est démobilisé en 1829 et retourne au commerce sur des sloups ou des bricks, (l'Auguste, la Bonne Mère, le Bas-Breton). Le Bas-Breton est un brick de 58 tonneaux construit au Conquet en 1824 qui fait des voyages vers Bordeaux, Douarnenez, Swansea (Pays de Galles), Rouen, Morlaix, Dunkerque... transportant d'un port à l'autre diverses marchandises: vins, tabac, céréales, sel, sardines pressées etc..)

En 1835 Jean François Martin obtient son diplôme de maître au cabotage, le voici désormais capitaine de commerce. Son premier commandement il l'assure à bord du sloup Marsouin, 61 tonneaux, appartenant à Launay de Brest. Sur le Marsouin Jean François Martin a 3 matelots et un mousse. Armé au cabotage, le voilier transporte diverses marchandises de port en port entre Bayonne et Dunkerque.

Après le Marsouin, JFM prend le commandement d'une vieille petite gabare nommé les Quatre-Frères, jaugeant 29 tonneaux, construite à Laber-Ildut avant la Révolution et appartenant à Biacabe, armateur à Brest. Vieux bateau mais certainement bon bateau. Avec lui et ses quatre hommes d'équipage, Clochon sillonne toutes les côtes de France. A noter qu'en 1838, son mousse a 7 ans !.  D'autres commandements suivront pour divers armateurs.

Selon son livret maritime, JFM est un homme d'1,60 m, poil châtain, yeux roux, front ordinaire, nez moyen, bouche moyenne, menton rond, visage ovale.. Il est marié à Marie Yvonne Perrot avec qui il habite à Kermerien, puis à Kerveoden (Porspoder)

 

Le couple a eu plusieurs enfants:

-Hervé: né le 16 avril 1831, marin, mort de maladie ou d'accident le 21 septembre 1877 à bord de l'Ernest, trois-mâts de 100 tonneaux,  capitaine Jean Marie Prat de Porspoder, armateur Chevillotte de Brest. Déclaration de décès faite au consul de France à Swansea (Pays de Galles).

 

-Jean François, né en 1833, maître au cabotage (brevet du 15 mai 1858), il a commandé plusieurs goélettes et bricks, marié à Marie Michelle Victorine Perchoc, a eu plusieurs enfants. Son premier fils Yves se mariera en 1909 avec Marie Yvonne Morvan, son deuxième fils Alexandre-Barthélemy est quartier-maître voilier quand il épouse Alexandrine Capri le 18 novembre 1900, le troisième enfant est une fille Marie Françoise née en 1876 après la mort de son père. Marie Michelle Victorine Perchoc s'est donc retrouvée veuve à 35 ans avec 3  jeunes enfants.

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Le naufrage de l'Anaïse-Louise
(contribution de monsieur Olivier Moal)
-Victor, né en 1835, mousse à 11 ans, capitaine de commerce à 28 ans, époux de Marie Françoise Bazil, commerçante, a eu plusieurs enfants à Kerveoc. Angelina (1871-?), Marie-Joséphine (1872-1882), Jeanne-Françoise. (1879-1882)

-Quimper le 14 novembre 1874   (AD 29 série .. M)

J'ai l'honneur de vous informer que dans la nuit du 10 au 11 courant le sloop Anaïs Louise, en se rendant d'Audierne à Portsall, avec un chargement de soude, a sombré dans le raz de Sein. L'équipage, composé de quatre hommes, s'est sauvé dans le canot du bord et a pris terre au fond de la baie des Trépassés... signé 
le commissaire de l'inscription maritime, Leplat du Plessis.


Un ascendant direct de monsieur Olivier Moal, le matelot Hervé Le Moal se trouvait à bord du sloup commandé par Jean François Clochon.

 

-La commission d'enquête chargée de juger de la responsabilité du maître dans l'accident rend ses conclusions en décembre. On lit dans l'Océan ou l'Armoricain (j'ai oublié la réference) :

 

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-Yves, né à Kerveoden le 5 avril 1840, c'est son grand père  Joseph Glochon qui vient déclarer sa naissance à la mairie de Porspoder. Orphelin de père  à cinq ans, (Jean François Martin est mort jeune, à 41 ans en 1845),  on l'embarque comme mousse dès que possible. Il fait une carrière de matelot à la pêche et au commerce. En 1866 il est avec son frère Jean François sur l'Adèle, un petit canot de pêche. En 1874, il est à bord du sloup Anaise-Louise toujours avec son frère (donc aussi naufragé dans le raz de Sein). Je ne connais pas ses autres embarquements, sinon en fin de carrière, où (1898) il fait la pêche seul avec un mousse sur un canot de Porspoder, le Prince. Yves Clochon s'est le 23 août 1868 marié à Marie Louise Thépaut, cultivatrice, habitant Mesbian ou Mesbian Vihen.

 

-Marie-Josèphe (1842-1916), trois fois mariée, trois fois veuve.

 

  

CONTINUATION DE LA LIGNEE 

 

                                YVES CLOCHON      ET     MARIE LOUISE THEPAUT

                                          1835-1907

 

Ils habitaient Melon et  ont eu pour enfants:

-Marie Yvonne Victorine           1869 - 1961

Mariée en 1897 à  Ernest Méral, préposé des douanes

 

-Marie Jeannie                             1871-1906

 

-Yves                                             1874-?

Marié en 1899 à Aimable Orsi d'origine italienne a eu des enfants dont Augusta Clochon

 

-Benoît-Marie                               1877-1949

(Voir plus loin)

 

-Hervé                                           1880-1921

Boulanger, époux de Marie Yvonne Renaut, décédé des suites d'un accident de charrette à cheval. Plusieurs enfants dont Henri, Mimi (boulangère à Porspoder), Annick...   Henri Clochon, fusillier-marin est le père d'Henri Clochon bien connu dans la région avec son entreprise  "Ouest-Manutention" Locmaria-Plouzané, lui-même père de Arnaud Clochon.

 

-Marie Aimée Victoire                1882-1962

Epouse de Gabriel Caroff, gardien du phare du Four, veuve à 32 ans, son mari a été tué à la bataille de Dixmude en 1914, elle a élevé de 1923 à 1927 les enfants de son frère Benoît.

 

-Séraphine Marie Augustine      1885-1906

Décédée à 21 ans.

 

-Louis                                             1891-1966

Cordonnier, marié à Annette Trébaol de Landunvez il a eu une fille Lisette Clochon, épouse Colin. Annette Trébaol est morte en 1921, elle avait 28 ans. Louis s'est remarié à Philomène Renaut dont il a eu deux enfants, Yvonne décédée à 40 ans en 1964 et Albert. Louis Clochon avait abandonné le métier de cordonnier pour celui de marbrier (voir les tombes du cimetière de Porspoder, Louis Clochon travaillait pour Ruz à Brest).

 

 

 

Continuation de mon ascendance directe par Benoît Clochon

Né à Melon le 13 août 1877, à onze heures du soir, son père étant absent en mer, il commence sa carrière de marin comme mousse en Méditerranée sur les yachts de monsieur Paul Chauchard, armateur brestois.

Anecdote, Benoît a 18 ans en 1895, il est matelot à bord de la Sainte-Andrée quand il se jette à l'eau dans le port de Nice pour sauver une femme qui se noyait. Cet acte courageux lui a valu une médaille de bronze et un diplôme.

Revenant à Porspoder entre deux embarquements, il est appréhendé par deux gendarmes à son domicile, car il aurait dû partir au service militaire.

Le service fait, Benoît a navigué au commerce, puis a été un moment employé des Douanes, et enfin il est entré comme vétéran à l'arsenal de Brest d'où il est sorti à l'âge de la  retraite  avec le grade de premier-maître. En retraite il a continué à faire de petits métiers, employé chez un marchand d'ameublement, bagagiste de car etc... A la fin de sa vie, il habitait à Prat-Paul entre Porspoder et Melon.

 

Benoît Clochon s'est marié trois fois

1/Avec Jeanne Louise Aballain

2/Avec Eugénie Raymond

3/Avec Marie Louise Le Guen.

Veuf de Jeanne Louise Aballain, Benoît fait la connaissance d'Eugénie Raymond qui travaille dans un café et qui a déjà une grande fille Léonie. Ils se marient vers 1910 et ont quatre enfants

 

-Georges 1912-?, marié, il a exercé divers métiers dans l'hôtellerie

 

-Marie-Louise (Lisette) 1915-?, mariée à Alexandre le Guennou de Doëlan, mécanicien aéronavale.

 

-Louis 1918-1934 Mort de maladie à 16 ans

 

 

-Yves-François 1920- Plougonvelin 2000.

Il a trois ans quand sa mère s'en va vivre à Paris avec sa fille d'un premier mariage. Elevé par la tante Victoire de 1923 à 1927, il est ensuite mis en pension avec son frère Louis chez les frères "Quatre-Bras" à Saint-Marc et revient aux vacances à Porspoder.

En apprentissage à 13 ans au garage STEF à Brest il y apprend le métier de mécanicien qu'il exercera principalement dans la société des Transports Pondaven à Brest puis aux Docks des Cimenteries Réunies au  port de commerce à Brest.


Après le divorce avec sa seconde épouse, Benoît Clochon a épousé Marie Louise Le Guen veuve Colvez qui avait déjà un enfant Auguste Colvez. La famille vit jusqu'à la fin de la guerre  rue Algésiras à Brest. Benoît Clochon est mort de maladie en 1949.

 

Nous revenons à : Yves François Clochon, marié à Madeleine Valentine Causeur (1920-1978), Yves Clochon (1920-2000) a eu deux enfants:

 

Jean Pierre Clochon né en juillet 1946 auteur de ce petit mémoire généalogique.

Elisabeth Françoise Clochon née en 1950.

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