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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 14:46

Passage du Croaë au Conquet         

 

La traversée de l’aber du Conquet a toujours été une nécessité pour les voyageurs, les paysans, les soldats qui se rendaient de Saint-Mathieu, de  Lochrist et du Conquet vers Saint-Renan, Ploumoguer et le nord du Léon.

Le passage à gué le plus ancien rejoignait la pointe est de l’anse de Poulconq, à l’îlot de Coz-Castel, puis au chemin montant, qui longe à l’Est l’actuelle propriété du Cosquies.

 

Une autre solution consistait à passer sur la digue de l’étang de Kerjan, mais cela constituait un détour pour ceux qui se rendaient vers la presqu’île de Kermorvan et les Blancs-Sablons. Ceux-là privilégiaient la traversée entre le Croaë, (côté Conquet) et la langue de galets du Bilioc (en Ploumoguer  jusqu’en 1961, rive nord de l’aber).

 

A marée basse, chevaux et charrettes passaient sans trop de problèmes dans quelques décimètres d’eau, mais pour les piétons il avait fallu construire un chemin de dalles afin qu’ils ne se mouillent pas les pieds. De ce passage subsistent quelques rares dalles éparses (en gros deux mètres de long sur 60 à 80 cm de large) et la marque de l’embarcadère côté sud.

 

A marée haute il n’y avait d’autre solution que celle du canot pour les piétons.  On sait que ce mode de transport était ponctuellement utilisé au XVIIIe par les soldats dans des canots réquisitionnés par l’autorité militaire, et par les Conquétois  se rendant aux  foires et  « pardons » dans les paroisses voisines (pour la fête de Saint-Pierre à Lamber en particulier).

 

Un service de passeur, organisé, débute en 1864, mis en place par les Ponts et Chaussées (donc sous Napoléon III). Un règlement écrit précise le matériel : canot,  aviron, débarcadères, et les tarifs : tant par piéton, colis, petit animal, (et plus tard vélo), le nombre de personnes admises à bord (12 avec le passeur), le contrat (pour six ans) est signé par le responsable des Ponts et Chaussées et l’adjudicataire du service. Dans les années 1900-05, quand fut prise la photo de la carte postale, le service  était assuré par Jean Marie Larsonneur.

 

 

 

 

 

 

1868, un barrage-route, cette année-là, la municipalité de Ploumoguer interroge les pouvoirs publics sur la possibilité de transformer tout le fond de l'aber en un vaste polder de 25 hectares. Dans les avantages cités : le barrage-route établi sur l'axe du passage du Croaé au Cosquiès, serait "d'une grande utilité pour amener le canot de sauvetage de son abri à la pointe Saint-Christophe jusqu'à une mise à l'eau aux Blancs-Sablons ou à Ilien et ainsi éviter aux canotiers la dure épreuve du passage à la rame de la pointe de Kermorvan et de l'Ilet par gros mauvais temps. (La station de sauvetage du Conquet a été créée l'année précédente). Il est répondu aux élus de Ploumoguer qu'il est impossible de barrer les deux ruisseaux venant l'un de Trébabu et l'autre de l'étang de Kerjan (qui alimente au flot comme au jusant), un moulin à marée. L'affaire s'arrête là. (Jusqu'à être reprise en 1953). 

 

 

Le service du bac a perduré jusqu’à l’occupation allemande en 1940. Pendant la guerre les occupants ont construit une passerelle en bois pour relier les deux rives de l’aber, mais accessible seulement aux piétons, aux cavaliers et aux vélos. Edifiée en bois vert, l’ouvrage se dégrada rapidement et dut être remplacé. La passerelle actuelle en béton avec son pont-bascule au milieu pour laisser passage aux bateaux, date de 1950. (La photo ci-dessous, bien que de mauvaise qualité, montre la passerelle en bois contruite par
les Allemands).

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  • : Sujet : histoire locale du Conquet et histoire maritime d'un point de vue plus général. Mise en ligne de mes dossiers constitués à partir de recherches dans toutes sortes de documents et d'archives depuis 1970. Je demande seulement qu'en cas d'utilisation de tout ou partie d'un dossier, la source en soit citée, et que pour une utilisation commerciale j'en sois informé. JPC
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