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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:12

REVOLUTION

DIRECTOIRE ET CONSULAT (1795-1804)

 

Présidence du canton puis municipalité

CREAC’H Christien-Joseph

 

Issu d’une famille aisée de négociants, maîtres de barques, armateurs,   il est né au Conquet le 18 octobre 1736   fils de Laurent Créac’h maître de barque et de Marie Catherine Le Verge. En 1763, il a 27 ans et épouse Marie Vincente Masson.

Il est aux avants postes dès le début de la Révolution, cité sous le nom de Créac’h aîné, pour ne  pas le confondre avec Créac’h le jeune, alors avocat en parlement et procureur fiscal de Saint-Mathieu puis membre du district à Brest. Lieutenant-maire en 1790-92, signataire de la pétition contre Thomas en juillet 1793, agent national en vendémiaire an III, il accède à la plus haute marche locale le 17 nivôse an VI, quand le directoire exécutif considérant que les administrateurs du canton du Conquet sous la présidence de Le Bail ont publiquement accueilli des prêtres émigrés et déportés rentrés, qu’ils ont au mépris des lois, permis l’exercice du culte au son des cloches, et qu’ils ont corrompu l’esprit public, les destitue.

Séance du 16 ventôse an VI : Administration centrale du Finistère ;  vu la loi du 22 germinal qui interdit l’usage des cloches pour le service d’un culte :

L’administration centrale instruite qu’au niveau de cette loi et des divers ordres donnés à ce sujet, … plusieurs communes se permettent de sonner les cloches pour l’exercice de leur culte … considérant qu’il est instant de réprimer cet abus qui semble annoncer un culte dominant,  considérant que le son des cloches ne doit se faire entendre que pour le service public pour annoncer la publicité des lois et les fêtes nationales où tous les vrais amis de la liberté doivent se trouver réunis.

Le  commissaire exécutif entendu (Le Goazre),

                                                             Arrête

-art 1er : tout son de cloche est interdit quand il s’agit d’exercer un culte quelconque

-art2    : chaque agent ou adjoint de commune prendra tous les moyens nécessaires pour empêcher cet abus. Il se tiendra dépositaire des clefs des tours ou clochers qu se trouvent dans son arrondissement et ne s’en dessaisira que lorsque le bien public l’exigera.

 Christien-Joseph Créac’h, bourgeois, ancien capitaine garde-côtes, vivant de ses rentes, est, bien que faisant partie de l’administration cantonale révoquée, nommé président du canton du Conquet (Le Conquet, Plougonvelin, Trébabu, Molène et Ouessant)  le 17 nivôse an VI, François Monté ci-devant maire est  nommé agent municipal pour Le Conquet, Jean Podeur cultivateur est son adjoint. Tous trois jurent haine à la royauté et à l’anarchie, attachement et fidélité à la République et à la Constitution de l’an III.

Christophe Petton qui l’était déjà, reste commissaire du directoire exécutif, il sera remplacé le 11 prairial an VI par Guillaume Largouarc’h.

Les problèmes majeurs sont toujours les soldats : l’état-major du 4e arrondissement des côtes réside au Conquet. Sur le canton il y a plus de dix forts occupés par plusieurs compagnies de canonniers. L’armée ne paie pas les propriétaires dont les maisons servent de casernes, parfois depuis six ou sept ans, et sont très  dégradées.

 

Le canton supprimé, Christien Joseph Créac’h est tout naturellement nommé maire du Conquet par arrêté préfectoral, le 30 thermidor an VIII (août 1800) il a pour adjoint Robert Menguy, les conseillers municipaux sont au nombre de 9.

Toujours des soucis avec la troupe, le 16 vendémiaire an IX, le maire se plaint que le cantonnement fort des 161 hommes d’un détachement de la légion et des 45 hommes d’un détachement d’infanterie pèse trop lourd sur sa commune, car ils viennent en plus de la 11e  compagnie d’artillerie pour la garde-côte qui est au Conquet depuis trois ans. « Les habitants s’en plaignent beaucoup car ils ont acquis tant de connaissance de ce pays et font tant de liaison avec les mauvais sujets de l’endroit que des vols très multiples et très conséquents se commettent… » Peu de temps après le maire écrit au commandant du 4e arrondissement : «  les militaires armés quittent leurs postes la nuit et courent la campagne volant et semant la terreur. » Et, le 27 pluviôse an IX, entre huit et neuf heures du soir a été commis en cette commune un assassinat sur la personne de Marie Michelle Quéouron, commerçante, les assassins ne sont point connus. Cette dame est la mère de François Monté.

Créac’h démissionne en l’an X et meurt à 74 ans, le 14 juillet 1811.

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