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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 14:03

Municipalités

MONTE FRANCOIS

1791-An III

 

Boulanger, mais aussi armateur, il remplace Thomas après les élections du 20 novembre 1791.

François Monté, fils de défunt Hervé Monté, maître de barque et de Marie Michelle Quéouron, encore mineur (19a), épouse en 1784 Marie Jeanne Le Scao, fille d’Yves Le Scao constructeur juré de navires marchands au Conquet, présence à la signature de l’acte : son oncle Guillaume Largouarch.

 

Le 29 novembre, le sieur René Chopier notable au Conquet communique au conseil un imprimé de 27 pages intitulé Lettre pastorale et ordonnance de monseigneur l’évêque de Léon, au clergé séculier et régulier et à tous les findèles de son diocèse, et commençant par ces mots : Jean François de la Marche par la miséricorde de Dieu … et qui en résumé leur prescrit de se comporter à l’égard des prêtres constitutionnels constitutionnels de la manière que l’Eglise le prescrit envers les intrus et les schismatiques, avec lesquels on ne peut sans se rendre coupable de leur usurpation et de leur schisme, communiquer dans l’exercice de leurs fonction et se termine par Donné à Londres le 20 août 1791.  Le conseil transmet la lettre au secrétariat du district de Brest.

 

 

LA NOUVELLE CONSTITUTION (elle date de ? peut-être 15 septembre ?

Le 4 décembre 1791 à une heure de l’après-midi, la population s’est rassemblée devant la maison commune, puis un cortège s’est formé, en tête la garde nationale commandée par Jean Provost, puis le maire, les officiers municipaux et les notables, puis la foule des citoyens. Après un tour dans les rues, retour sur la place visi-à-vis de la maison commune, puis lecture par le maire de l’Acte Constitutionnel, d’abord en français puis en breton. La population a répondu aux cris de Vive la Nation !, vive la Loi !, la garde nationale en armes a fait écho. Le cortège s’est ensuite rendu sur la place de Lochrist près de la croix, où le maire a repris son discours, puis tous sont entrés dans l’église entendre les vêpres suivies d’un Te Deum. Retour au Conquet près de la croix de Poulconq où le maire alluma un feu de joie, avant de remonter vers la maison commune vers 19 heures. Le soir la ville a été  illuminée.

 

Le 6 janvier 1792, la municipalité qui n’a plus de ressources et des dettes sur 1789-90-91 décide d’emprunter dans le coffre-fort de l’église de Lochrist 900 livres, remboursables en trois ans.

 

21 mai 1792, chaque canton devant en posséder une, on en crée une dans une maison Rue Nobletz, qui avec ses dépendances appartient à la dame Le Hir veuve Lannuzel de Kerarret.

 

L’argent des impôts doit alimenter les caisses de la Nation, le Conquet est divisé en 6 sections (28 mai 1792)

1/ La ville, 2/ Prat ar Calvez, 3/ Kermergant, 4/ Kerinou,  5/ Prat Melou, 6/ Keringar. Trois commissaires issus en général du conseil municipal sont chargés de faire payer aux propriétaires les contributions foncières.

 

22 juin le département a octroyé une somme de 3000 livres pour la réparation du port

 

Le 11 juillet 1792 la patrie est déclarée en danger par un acte du corps législatif. Les conseils généraux des communes doivent rester en état de surveillance permanente, la garde nationale doit être mobilisable au premier signal, tous les Français doivent porter la cocarde nationale. Un arrêté de l’administration départementale stipule que :

 

1/ tout ecclésiastique doit prêter sous huit jours le serment civique sous peine d’arrestation

2/ sinon il a le choix entre la détention au château de Brest ou la déportation sur les côtes d’Espagne, du Portugal ou d’Italie.

3/ les frais d’arrestation sont à prendre sur les fonds du culte

4/ une prime de 72 livres sera octroyée à celui qui conduira au district un prêtre non assermenté

5/ les municipalité négligentes seront sanctionnées.

 

Cahiers d’Etat-Civil : à partir du 11 juillet 1792, ils sont datés de l’an 4 de la Liberté, et à partir du 16 octobre 1792, de l’an 1 de la République.

 

Le 14 juillet 1792, François Monté et Michel Penvern sont désignés pour aller assister le 14 juillet 1792 à la fête de la Fédération à Brest.

 

9/10  AOUT 1792 LA MONARCHIE EST RENVERSEE

 

René Chopier, notable, est investi par un titre des administrateurs du Finistère du 3août, qui lui donne commission pour recruter dans toutes les municipalités du canton des hommes pour les « Volontaires nationaux » en garnison à Brest, à Morlaix, pour la réserve de l’intérieur ainsi que pour les compagnies de Chasseurs nationaux, troupes de lignes à pied et à cheval, et pour les frontières. Le 12 août Chopier et son adjoint Jean Provost ont gardé leur bureau ouvert, il ne s’est présenté personne. Par contre le 19 août, pour servir dans les batteries du goulet de Brest, 7 Conquétois déclarent s’engager volontairement.

 

20 septembre, le port du costume ecclésiastique est interdit en dehors de l’exercice du culte, les cloches et l’argenterie sont enlevées des églises , les biens des fabriques sont mis en vente.

 

NOM

 

 

Date de l’absence

AMELIN

 

Curé du Conquet

1792

CARIOU François

 

Vicaire

1791

GOUZILLON DE KERMENO (2)

 

Ex-nobles

1792

KERMERGANT René

 

Curé

1792

KERSAUZON DE GOASMELQUIN

 

Officier de marine

1792

LANNUZEL DE KERARRET René Marie

 

Pilotin

1792

LE GALL Jacques

 

Vicaire

1792

MARC Guillaume

 

Vicaire

1792

OALENNEUR

 

Prêtre

1792

QUERE Jacques

 

Vicaire

1792

TUAL

 

Prêtre

1792

 

 

9 novembre 1792, Monté est réélu maire, Guillaume Thomas est  rentré dans le conseil.

 

6 décembre 1792, pétition d’Elisabeth Le Hir, veuve Lannuzel, tentant de se soustraire au paiement d’une somme de 1101 livres 14 sols, qu’elle doit en vertu de la loi du 12 octobre dernier pour la solde, l’habillement et l’équipement de deux gardes nationaux, volontaires soldés, en remplacement de son fils émigré ou censé tel, ne pouvant pas prouver sa résidence en la République. Elle est accompagnée d’un inventaire fait chez elle au décès de son mari. Veuillez bien délibérer et nous renvoyer le tout sous le plus court délai, revêtu de vos informations. Signé Mével.

 

La grande affaire qui survient est celle du vote négatif conquétois le 26 juillet 1793 concernant l’Acte Constitutionnel. La Constitution de l’An I est ratifiée par le peuple français avec 1 800 000 « oui » pour seulement 17 000 « non » et les électeurs conquétois ont voté « non ».

Le responsable en est l’ancien maire Guillaume Thomas, qui a harangué les électeurs en breton, pour les dissuader d’accepter l’Acte Constitutionnel. François Monté et son conseil municipal, faisant fonction de comité de surveillance, le font arrêter le 7 frimaire an II. Transféré à Brest au Fort la Loi, le 24 thermidor Thomas qui a alors 33 ans, est condamné à la déportation, et à la confiscation de ses biens, Jean Provost et Jean François Corric notables sont désignés comme commissaires aux séquestres conjointement avec le juge de paix du canton Largouarc’h.

Sur le registre des contributions foncières de l’an III, Suzanne Lamour est dite veuve Thomas, donc l’ancien maire est mort entre-temps mais où  et comment ?

Le séquestre est mis sur les biens de Thomas en date du 15 fructidor, il est levé en prairial an III, René Thomas et Suzanne Thérèse Lamour obtiennent les clés des armoires.

En même temps que Thomas, sont arrêtées par le citoyen Terrier commandant de la force armée en cantonnement au Conquet, 14 personnes suspectes dont 11 femmes, parents d’émigrés et « fanatiques outrés ».

Le conseil général de la commune effaré par les conséquences possibles du mauvais vote du canton s’empresse sous l’impulsion du procureur Cézar François Mazé-Launay, dès le 29 juillet, d’envoyer au président de la Convention Nationale le billet suivant :

« Le conseil général du Conquet ainsi que les citoyens présents  considérant  l’importance de l’Acte Constitutionnel et vu que l’intrigue a prévalu sur leur civisme dans l’assemblée primaire du canton et que malgré tout leur zèle à faire accepter le dit acte, les électeurs ont voté contre :

- Ils arrêtent qu’ils acceptent à l’unanimité l’Acte Constitutionnel sans restrictions et que si la cabale a prévalu dans l’assemblée primaire, ils ne l’ont vue qu’avec douleur triompher. Suivent une cinquantaine de signatures du maire et des conseillers,  de fonctionnaires publics, de patriotes.

 

François Monté et son conseil municipal doivent répondre à toutes les réquisitions de l’administration centrale, le district de Brest.

-fournitures de chevaux

-fourniture de logements pour la troupe

-fourniture de grains, de fourrages et de viandes etc…

Le conseil estime impossible de satisfaire aux réquisitions de céréales, car la commune doit déjà fournir des vivres aux habitants de Molène, des biscuits aux navires de Laber-Ildut, de Brest…, aux barques en relâche sur les rades du Conquet ainsi que dans le port. Les administrateurs du district de Brest se fâchent, accusent les élus conquétois de laisser les terres de la commune non cultivées … « Citoyens !… nous tremblons pour vous sur les suites qu’entraînera votre négligence. Nous vous en prévenons une dernière fois, la loi fera le reste. Que des commissaires nommés par vous inspectent donc les terres et les fermes de votre commune ; qu’ils rapportent sur le champ leur procès-verbal de celles qui sont négligées… Si au contraire tout est cultivé comme d’ordinaire, pourquoi refuser de nous rendre ce compte satisfaisant ? Plus de tiédeur : elle est funeste au Gouvernement Révolutionnaire ;  réponse sur le champ. »  Billet signé Branda, Nicolas Duval et Contregalant, administrateurs du district de Brest.

 

La récolte du salpêtre : la France importait du salpêtre pour la fabrication des poudres à canons, elle décide d’en produire elle-même, des « commissaires au salpêtre » passent dans les communes former des responsables qui devront en assurer la production. Au Conquet Laurent Ely forgeron et Jean Provost  commandant la garde nationale locale vont suivre les démonstrations (ventôse an II) ;  par la suite toutes les cendres provenant des fours communaux et de ceux des boulangers sont en réquisition et sont tenus les fourniers de livrer leurs cendres au dépôt où elles seront pesées et où il leur sera délivré un bon pour être payés selon la taxe qui sera déterminée. Ils sont tenus de faire la première livraison la 3e décade de ce mois et de continuer toutes les décades sous peine d’être punis selon la rigueur des lois. Tout buandier ou particulier qui permet la lessive est requis de déposer ses cendres au dépôt après avoir blanchi son linge. Ces cendres doivent servir selon la lettre de la commission des armes et des poudres, à lessiver les terres pour obtenir le salpêtre.

L’agent du salpêtre au Conquet, un nommé Gurtler, employé des douanes, s’énerve : il écrit au maire « le travail ne se fait pas … la nécessité d’accélérer l’extraction du salpêtre exige d’aller à Beniguet pour faire brûler toutes les herbes ou broussailles pour en extraire le salin », et il demande un bateau pour se rendre dans l’île.  L’atelier choisi comme local industriel pour cette entreprise est l’église de Lochrist, mais les résultats doivent être bien mauvais car le 17 germinal an III alors que les travaux sont suspendus on ne sait depuis quand, le canton met en vente les matériels : 33 barriques, 13 demi-barriques, 3 berceaux, une grande écuelle de bois et environ une barrique de cendres. Le tout estimé à 352 livres.

Culte :

La loi du 11 prairial an III permet à tous les prêtres de célébrer le culte à condition de prêter serment aux lois de la République, René Kermergant, Jacques Le Gall puis Jean Pierre Le Corre déclarent s’installer au Conquet pour y exercer leur ministère. Le Corre  prête serment sous la forme : « Je reconnais que l’universalité des citoyens français est le souverain et je promets soumission et obéissance aux lois de la République », il ne semble pas que les deux autres ecclésiastiques en fassent autant car quelques temps plus tard ils figurent dans une liste de prêtres réputés réfractaires et dont le lieu de retraite est ignoré des autorités.

23 messidor an III l’église de Lochrist  est réouverte, tant pour les assemblées ordonnées par la loi que pour l’exercice du culte. Un litige s’élève quand à la propriété de la chapelle de Poulconq : la chapelle est absolument dans la grève au point qu’on ne peut la fréquenter que dans la morte-eau, cette chapelle n’a toujours été entretenue que par les âmes pieuses, au surplus la commune du Conquet ignore l’origine et le propriétaire qui prétend aujourd’hui s’emparer de cet édifice que la dite commune a toujours considéré comme un bien national. Suit l’inventaire fait en 1793 par la municipalité en compagnie de Marguerite Dubosq.

Concernant les presbytères :

L’administration centrale charge l’administration cantonale du Conquet de faire vider sur le champ le presbytère de Lochrist et tous ceux qui seraient occupés par des prêtres et les mettre en bail de 3 ans au plus offrant et dernier enchérisseur. En ce qui concerne Lochrist, des experts doivent fixer  le loyer que doit payer le prêtre qui en est expulsé pour y avoir résidé jusqu’à ce jour.

 

Garde-champêtres, la loi du 20 messidor an 3 ordonne l’établissement de gardes-champêtres dans toutes les communes rurales. Les administrations cantonales établiront le nombre de gardes-champêtres qu’elles croient nécessaire et proposeront le traitement qu’elle jugeront convenable. Ce traitement aura pour base une économie prudente qui offrira néanmoins un salaire honnête.

 

Le 16 pluviose an IV, la municipalité du Conquet reçoit un billet signé de Berthomme, président de l’administration centrale du Finistère : « Organisation de la fête de la juste punition du roi des Français. La cérémonie devra être simple pour éviter toute dépense extraordinaire, elle sera solennelle par la réunion des fonctionnaires publics qui en s’abstenant des prétentions futiles de préséance présenteront l’image intéressante d’une famille ayant pour chef le 1er magistrat du peuple dans chaque arrondissement. »

 

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